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DVD MAD (N°317)

Turbo Kid

TURBO KID DU COLLECTIF RKSS

Secoué et excessif, un film qui clame haut et fort sa passion des séries B ayant fait les beaux jours des vidéoclubs. À ce niveau d’hommage, c’est pratiquement un acte de dévotion !

Le Mad Max 2 québéco-kiwi du BMX ! « Si vous êtes né dans les années 80, si vous avez grandi en regardant des séries d’animation en pyjamas en mangeant des céréales bien sucrées et en jouant aux Maîtres de l’univers, ce film est pour vous ! » explique François Simard, l’un des trois réalisateurs de Turbo Kid avec Anouk Whissell et son frère Yoann-Karl Whissell. Tous membres du collectif canadien RKSS (RoadKill SuperStar), tous amoureux et nostalgiques de l’époque des VHS de séries B. Ensemble, ils commencent par réaliser une vingtaine de courts-métrages aux titres évocateurs : Total Fury, Ninja Eliminator… Puis, en 2011, arrive T is for Turbo, petit film de six minutes qu’ils destinent à l’anthologie The ABCs of Death. Recalé, mais l’un de ses producteurs, Ant Timpson, considère néanmoins que ces six minutes ont le potentiel d’un long. Un pastiche certes, mais surtout un coup de chapeau à tous les avatars italiens et philippins de New York 1997 et Mad Max 2 : le défi

Sous l’impulsion de Timpson, T is for Turbo devient deux ans plus tard une coproduction entre le Canada et la Nouvelle-Zélande. Naturellement, les ambitions sont revues à la hausse, mais l’esprit demeure : « Du Bugs Bunny gore ! » selon Anouk Whissell. Le trio imagine donc un univers post-apocalyptique qu’ils situent en… 1997. Un monde sans eau potable, dont les survivants circulent en BMX. Comme il se doit, un cruel despote borgne du nom de Zeus règne sur le secteur. Se dressent contre lui un adolescent affublé de la panoplie d’un super-héros de comic-book, un cow-boy à la main bionique digne de celle de Johnny dans Terminus, et une cyborg frivole toujours sur le point de vider ses batteries. Un trio iconoclaste qui doit faire face à des méchants tout droit sortis des Guerriers du Bronx et de Cherry 2000. Des références que les cinéastes assument fièrement dans un film qui synthétise deux des grands courants du cinéma populaire des années 80 : le gore décomplexé et la science-fiction tendance terrain vague et récup’. Foutraque certes, mais amusant, plein d’idées, de gags, de clins d’oeil plus ou moins appuyés. Dans le rôle de Zeus, Michael Ironside en fait des tonnes avec un plaisir évident. « Michael est non seulement une icône de la science-fiction canadienne, mais le méchant par excellence des années 80 » intervient François Simard. « Il a nourri notre imaginaire en tant que créateurs. Lorsqu’on écrivait les dialogues de Zeus, c’est sa voix qu’on entendait, sans jamais imaginer qu’il pourrait adhérer à notre délire. » Mais le comédien possède un solide sens de l’humour. « Si, avec Turbo Kid, vous vous attendez à Terminator ou à quelque chose de ce genre, vous risquez fort d’être déçu ! » en rigole-t-il. Pourtant, s’il ne fait pas d’étincelles dans les salles d’Amérique du Nord, Turbo Kid connaît un bon retour sur investissement en VOD et en ventes internationales. Si bon que l’écriture d’un Turbo Kid 2 est rapidement lancée, ainsi que No Tomorrow – A Turbo Kid Tale, court-métrage que revient sur le personnage d’Apple, la cyborg zinzin de l’original. Naissance d’une franchise ? Qui sait 

 

Marc Toullec