DVD/Blu-ray/VOD N°295
04/04/2016

DVD/Blu-ray/VOD N°295

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INTERVIEW 
THIERRY POIRAUD
RÉALISATEUR

Le révolté de l’an 2016
Coréalisateur d’ATOMIK CIRCUS et responsable du second segment de GOAL OF THE DEAD, Thierry Poiraud tente enfin l’aventure solo avec ALONE, dont il nous raconte ici la très longue gestation.


Goal of the Dead était une commande si je ne me trompe pas. Alone était-il un projet personnel ?

Oui. Nous avons écrit Alone bien avant avec Marie Garel Weiss, mais les financements tardaient. Pour nous faire patienter, nos producteurs, Capture The Flag, nous ont proposé le second segment de Goal of the Dead. Nous avons pu réécrire le film avec Marie, mais ça restait effectivement une commande. Alone était à l’origine censé être plus large, mais nous avons dû réduire son ampleur. Et à la base, on voulait vraiment traiter de l’adolescence, et situer l’action dans un foyer d’enfance difficile. L’idée de l’infection est venue par la suite. On a pensé un moment ne pas avoir le moindre adulte, et c’est comme ça que l’argument fantastique est venu se greffer à l’intrigue.

L’argument fantastique est justement ce qu’il y a de plus passionnant dans le film, car il soulève une question essentielle : quand devient-on réellement adulte ? C’est presque Les Révoltés de l’an 2000 à l’envers.

Tout à fait… même si je ne l’ai pas vu. Je vois donc très bien ce que c’est, car Fabrice Du Welz m’en a beaucoup parlé : il voulait en faire un remake.

Pourquoi le film a-t-il mis aussi longtemps à se monter ?

Nous avons présenté un premier dossier à Cannes, qui a été très bien reçu. Orange nous a suivis, puis Canal+. On avait la moitié du budget, donc nous sommes partis en quête d’un distributeur. Mais personne n’a voulu nous suivre, car ils trouvaient le sujet trop noir. L’idée d’avoir un film pour ados interdit au moins de 12 ans, avec des enfants qui tuent des adultes et des adultes qui tuent des enfants, ça ne marchait pas. Le sujet lui-même bloquait énormément.

Dans Alone, la vie des protagonistes déraille lorsqu’ils assument leurs responsabilités d’adultes. Utiliser un élément fantastique pour parler d’un tel sujet, c’est rare dans le cinéma fantastique actuel.

C’est tout le concept qu’on voulait développer. Je voulais aussi traiter la violence du monde adulte. J’ai des enfants et pour eux, le monde des adultes est affreux, surtout depuis les attentats de Paris. On lègue à nos enfants ce monde-là. L’idée était donc de travailler avec ces ados qui se retrouvent entre deux mondes, chassés par les adultes dans une première partie, puis chassés par les enfants. Être entre deux mondes, c’est précisément ça, l’adolescence. Après, être adulte, ça veut à la fois tout dire et rien dire. C’est une invention humaine, et nous avons voulu jouer avec. Dans le contexte du script, on quitte notre enfance quand on arrête de se focaliser sur soi-même pour s’occuper de l’autre. L’enfant est autocentré par essence. Selon cette logique, des égoïstes de 40 ans peuvent ne pas être adultes. Je n’ai pas la prétention d’avoir fait un film psychologique, mais on a travaillé dans cette optique-là. Ça nous fournissait une ironie du sort assez tragique : en devenant adultes, les personnages sont condamnés, mais ça ne signifie pas qu’ils sont mauvais. C’est aussi Peter Pan à l’envers.

J’ai été impressionné par le premier degré de la narration. Atomik Circus et Goal of the Dead ne l’étaient pas du tout. Le traitement de la violence en est impacté : elle est très sèche, brutale et parfois hors-champ. 

C’était une vraie volonté. On me demande souvent comment on peut passer d’un univers aussi débile que celui d’Atomik Circus et Goal of the Dead à celui d’Alone.

Je trouve ça cohérent, personnellement. Il s’agit d’un autre angle sur le même sujet.

C’est un autre angle, exactement. Ça ne veut pas dire que je ne reviendrai jamais à quelque chose d’absurde. Atomik Circus était très foutraque au niveau du scénario, mais j’assume totalement son traitement. Il doit d’ailleurs beaucoup à mon frère Didier. Tout ceci est une question d’humeur. Pour Alone, je me suis servi de tout ce que j’avais appris en termes de découpage et de mise en scène pour le mettre au service d’une histoire, d’une émotion plus intime. J’aime beaucoup le cinéma fantastique, c’est vraiment mon genre de prédilection. Je m’en suis nourri et je ne regarde quasiment que ça. J’adore Cronenberg, Lynch...

Et j’imagine Carpenter.

Évidemment, c’est un de mes premiers chocs de cinéphile.

Le premier acte d’Alone semble très inspiré de Carpenter. Vous posez une réalité concrète, et vous la parasitez avec un élément bizarre, une atmosphère difficile à définir. Je pense notamment à ce plan dans le dortoir, avec la lumière des phares qui balaie lentement les murs.

Oui, c’est très Carpenter. Les premières notes de musique quand ils arrivent à la station sont également un hommage direct.

Vous avez aussi un discours assez proche. Dans Alone, des enfants manient des armes à feu sans le moindre scrupule, comme dans une séquence célèbre de Los Angeles 2013. Les enfants, un temps victimes, deviennent bourreaux.

Tout à fait. Je n’avais pas pensé à Los Angeles 2013, mais ça me paraît évident maintenant. On a tellement de souvenirs en tant que cinéphile que ça finit par ressortir de façon inconsciente. C’est dans l’ADN. On cherche des idées, des ambiances qui conviennent au sujet.

Le casting d’Alone est très juste.

Il s’est fait très tard, quand le financement s’est enfin débloqué. Ils changeaient d’ailleurs très vite, voilà pourquoi nous avons tourné dans la chronologie. Nous voulions tirer parti de leur évolution physique, mais aussi de leur évolution mentale. Pour eux, ils perdaient régulièrement leurs amis. On a commencé par passer quinze jours dans l’île avec eux, et ils se sont liés d’amitié. Petit à petit, ceux dont le personnage mourrait quittaient l’île, donc leurs amis. Régulièrement, on avait donc une séance d’adieux, comme à la colo. Jusqu’à ce qu’il n’en reste que deux. On ne peut pas beaucoup diriger des adolescents, il faut plutôt les installer dans un contexte. C’est pour ça que le film est assez libre dans sa seconde partie, ce qui peut être considéré comme un défaut. D’un film d’horreur, je me retrouvais à vouloir filmer une sorte de Balade sauvage romantique avec ces deux ados. L’équipe aussi se réduisait, car on avait besoin de moins de gens derrière la caméra.

Propos recueillis par Alexandre PONCET (Merci à Blanche-Aurore DUAULT) 




ALONE 
DE THIERRY POIRAUD
Zone B. Condor Entertainment.

Impossible de reprocher à Thierry Poiraud une ligne de carrière incohérente. Après avoir filmé une invasion extraterrestre chaotique dans le très plaisant Atomik Circus – le retour de James Bataille, réalisé avec son frère Didier, il suivait l’an dernier une pandémie zombiesque dans le second tome de Goal of the Dead, variablement apprécié dans nos pages. D’épidémie meurtrière, il en est également question dans Alone, mais celle-ci amène pour la première fois le cinéaste à assumer un premier degré rafraichissant, et à s’investir plus qu’à l’accoutumée dans des personnages complexes. Inversant la mécanique des Révoltés de l’an 2000 (qu’il n’a pas vu, cf. interview), Poiraud fait de tous les adultes des machines à tuer dégénérées, et des jeunes enfants des guerriers survivalistes sans merci. Entre ces deux factions erre un groupe d’adolescents livrés à eux-mêmes, plus vraiment des gosses, pas encore tout à fait grands. Cet entre-deux-mondes est ici exploré avec nuance, justesse et pudeur. La menace permanente de la maturité (un paradoxe en soi) élève à ce titre le projet au-delà du film d’exploitation lambda, sans que Poiraud ne prenne pour autant le genre horrifique de haut. Sous haute influence carpenterienne dans ses meilleurs moments (le premier acte évoque The Ward, l’île où se situe l’action semble tirée de Fog, l’image des enfants surarmés renvoie à Los Angeles 2013, etc.), Alone est une vraie bonne surprise, très justement récompensée par le Grand Prix du Public lors de la dernière édition du PIFFF.

Alexandre PONCET


Mais qui es-tu Luigi ?
FOOTPRINTS + THE POSSESSED

Zone B (Import Allemagne). Koch Media.

Réalisateur méconnu mais passionnant, Luigi Bazzoni est à l’honneur ce mois-ci avec la parution d’un digipack regroupant deux oeuvres totalement imprégnées du savoir-faire et du tempérament de leur défunt géniteur.
Sans être aussi populaire qu’un Dario Argento, un Lucio Fulci ou même un Sergio Martino, Luigi Bazzoni s’est forgé de son vivant une petite réputation auprès des cinéphiles grâce à une série de films hétéroclites, mais partageant un goût prononcé pour la symétrie et l’urbanisme. Tourné quatre ans après le très réussi Journée noire pour un bélier, Footprints (Le Orme dans son pays d’origine) ne déroge pas à la règle avec sa mise en scène pleine de décors rectilignes, de plans fixes et de contre-jours agressifs évoquant le travail d’un autre grand formaliste des seventies, Rainer Werner Fassbinder. Un style parfaitement adapté à une histoire fantasmagorique où se mêlent thriller, horreur et science-fiction. Préfigurant quelques « mindfucks » comme Bug ou Enemy, l’OVNI de Bazzoni se savoure ainsi pour ses multiples expérimentions qui permettent au réalisateur transalpin d’adopter le point de vue distordu d’une héroïne (Florinda Bolkan) hantée par un rêve cryptique situé sur la Lune. À condition de ne pas s’attendre à un déluge de sexe et de violence, l’ensemble s’avère assez fascinant en dépit d’un petit coup de mou lors du deuxième acte. Saturée et précise, la copie offerte par ce coffret supplante celle du DVD de Shameless, sans toutefois atteindre des sommets, la faute à quelques manipulations numériques privant les images du génial chef-opérateur Vittorio Storaro de la texture chimique des meilleures remasterisations du type Les Frissons de l’angoisse. Si les suppléments restent malheureusement réservés aux germanophiles, la présence d’un film « bonus » est un sacré plus puisqu’il s’agit de The Possessed (alias La Donna del lago), premier long d’un Luigi Bazzoni débutant. Tourné dans un magnifique noir & blanc, ce proto-giallo suivant les errances d’un romancier perdu dans une bourgade hantée par le meurtre d’une jeune femme mérite d’être (re)découvert, ne serait-ce que pour son onirisme envoûtant dont certaines idées seront reprises dans Footprints. Le transfert 1080p de cette rareté se montre extrêmement solide, même si l’on peut regretter l’absence de piste italienne dans la section audio, celle-ci ne proposant que des doublages anglais et allemands.

Jean-Baptiste HERMENT

 

Tranche(s) de monstres
LA REVANCHE DE LA CRÉATURE + LA CRÉATURE EST PARMI NOUS + LE MONSTRE DE LONDRES + SHE-WOLF OF LONDON

Zone 2 et Zone B. Elephant films. 

Après plusieurs DRACULA et FRANKENSTEIN, l’éditeur Éléphant Films puise à nouveau dans les réserves de la Universal pour achalander sa collection « Cinéma Monster Club »…
Malheureusement, La Revanche de la Créature ne s’élève pas au niveau de son modèle, L’Étrange Créature du lac noir. Si Jack Arnold reprend les rênes de la mise en scène, il ne fait preuve d’aucun zèle pour mettre en images un script conventionnel. Capturé par des scientifiques, le Gill Man (c’est ainsi que les Américains l’appellent) quitte son Amazonie pour un parc aquatique où il est exposé au public tout en étant soumis à des expériences. Naturellement, fou de rage, il se délivre de ses chaînes, effraie la foule, fait quelques victimes et enlève la belle de service… Un scénario singulièrement téléphoné. Mais malgré ses faiblesses, le film possède le charme des « creatures features » des années 50, ainsi que de bonnes prises de vues aquatiques. Il marque aussi les débuts d’un certain Clint Eastwood dans la blouse blanche d’un laborantin. Plus convaincant, La Créature est parmi nous n’est pas réalisé par Jack Arnold, mais par John Sherwood, qui fut son assistant sur le western Une balle signée X. Bien que le script n’échappe pas aux stéréotypes de l’expédition scientifique lancée sur les traces du monstre, il y ajoute des éléments inédits. Principalement la transformation progressive de la Créature après qu’un groupe de savants se soit penché sur sa carcasse calcinée. Enfermé dans un enclos par le généticien de l’équipe, auquel la jalousie fait perdre la tête, le Gill Man affaibli rassemble ses forces et repart vers l’océan. Couru d’avance, mais, dans l’ensemble, le film fonctionne, parfois assez émouvant à suivre cet homme-poisson féroce et intelligent.
Les créatures du Monstre de Londres et de She-Wolf of London sont d’une autre espèce, terrestre et velue. Encore que celle de She-Wolf, réalisé par Jean Yarbrough en 1945, réserve une surprise quant à sa nature de supposée louve-garou qui, la nuit tombée, ensanglante un parc de Londres. S’imaginant victime d’une malédiction ancestrale, une belle héritière affirme être la tueuse… Plus qu’un avatar de La Féline de Jacques Tourneur, il s’agit d’un charmant thriller victorien, superbement photographié, élégamment filmé. Et court : une heure seulement ! Le Monstre de Londres s’étale sur un quart d’heure supplémentaire. Antérieur au premier Loup-Garou avec Lon Chaney (il date de 1935), il délègue le rôle du lycanthrope à un botaniste qui, mordu lors d’une expédition au Tibet, se transforme les nuits de pleine lune. Pour ne rien arranger, une main inconnue l’a privé de son seul antidote : une fleur rarissime ! Une vraie curiosité dans le genre, par la personnalité pas vraiment sympathique de son héros et un maquillage très différent de celui qui fera le succès du loup-garou à l’écran. Nerveuse, plutôt stylée dans son ambiance gothique de rigueur, la mise en scène de Stuart Walker assure le spectacle.

Marc TOULLEC

 



L’ANTÉCHRIST D’ALBERTO DE MARTINO
Zone 2. Le Chat Qui Fume.

La France a enfin droit à la version intégrale du plus fameux des démarcages transalpins de L’EXORCISTE. Mais ce sous-genre n’est-il pas discutable dans son principe ? 
On l’oublie souvent, L’Exorciste repose sur une sorte de choc des civilisations : face à la possession de sa fille, une actrice WASP finit par avoir recours à des membres des minorités (des prêtres catholiques, un flic probablement irlandais) dont les rites et croyances doivent lui sembler aussi exotiques que celles d’un griot africain. Évidemment, cette opposition fait défaut dans les imitations du film de Friedkin produites par une Italie toujours fidèle au Pape, ce qui explique sans doute leur médiocrité générale – voir Le Démon aux tripes, Émilie, l’enfant des ténèbres, etc. L’Antéchrist (1974) surnage un peu dans le lot, grâce notamment à l’adjonction du thème de la métempsycose. Clouée dans un fauteuil roulant, l’héritière d’une riche famille romaine s’avère bientôt habitée par l’esprit de son ancêtre, jadis suppliciée pour avoir commercé avec le Diable… Le réalisateur Alberto De Martino peut ainsi jouer des ambiances, d’une fameuse intro quasi documentaire montrant l’extase mystique de pénitents autour d’une statue de la Vierge jusqu’aux déplacements de meubles inopinés, qui ne se font plus dans un intérieur bourgeois américain mais sous les ors d’un palais aristocratique. Autre bonne idée : souffrant d’une paralysie d’origine mentale, l’héroïne arrive à se lever de son fauteuil quand elle est cornaquée par son aïeule, mais si elle peut bouger les jambes, c’est surtout pour les écarter lors de coïts blasphématoires !
Pour autant, tout cela n’empêche pas la seconde moitié du film de s’empêtrer dans les séquences d’exorcisme à répétition, après que le psychologue incarné par Umberto Orsini a très significativement pris la porte de sortie, enterrant par-là même l’ambiguïté science/religion au profit de la grande puissance locale, à savoir le Vatican. En bonus, le fanzineux David Didelot et le cinéaste Christophe Gans se montrent beaucoup plus positifs, saluant avec justesse la qualité de l’interprétation (dominée par une Carla Gravina acceptant avec bravoure les impératifs de son rôle de possédée), les deux thèmes musicaux dus aux compères Ennio Morricone et Bruno Nicolai, ou encore l’apport du directeur photo Aristide Massaccesi, qui était alors déjà passé à la réalisation sous le nom de Joe D’Amato et enlumine ici une messe noire en flash-back ayant cependant de faux airs de spectacle des Folies-Bergères. Pour notre part, nous préférerons donc toujours l’autre film démonologique d’Alberto De Martino, Holocauste 2000, dont le modèle (La Malédiction) était sans doute plus dans les cordes d’un artisan du bis italien.

Gilles ESPOSITO

 


CRIMSON PEAK DE GUILLERMO DEL TORO
Zone All. Universal. 

On pouvait craindre que le petit écran étouffe la beauté vénéneuse de Crimson Peak, dont le niveau de détail atteint des sommets inédits dans l’Histoire du cinéma d’horreur gothique. Visuellement à couper le souffle, le long-métrage est un choc esthétique de tous les instants, et son production design narrativement et thématiquement chargé décuple constamment l’ampleur de son intrigue, en elle-même assez convenue. Joie, la copie Blu-ray fait honneur au travail de Guillermo del Toro, de son directeur artistique Thomas E. Sanders et de son chef-opérateur Dan Laustsen, à qui l’on devait déjà les superbes tableaux de Silent Hill. La charge graphique est à vrai dire si forte qu’elle transpire même dans les images de tournage : les coulisses baignent dans des couleurs, des textures et des ombres puissantes, suscitant l’émoi des différents acteurs. Tom Hiddleston se fait notamment un plaisir de guider le spectateur à travers l’immense décor érigé pour le film, tandis que del Toro révèle la signification profonde de chaque recoin de la demeure. La technique et l’artistique sont ici organiquement liés, y compris lorsqu’il s’agit d’évoquer les fantômes rougeoyants créés par David Marti, et majoritairement interprétés par le génial Doug Jones (Abe Sapiens dans Hellboy). Comprenant une heure quinze de suppléments filmés, ainsi qu’un excellent commentaire audio de del Toro, cette édition apparaît presque comme miraculée, compte tenu de l’échec invraisemblable de l’oeuvre dans les salles obscures.

Alexandre PONCET


MATALO ! DE CESARE CANEVARI
Zone 2. Artus Films.

L’opus le plus délirant du western italien, et peut-être même du bis européen dans son ensemble. C’est bien simple, absolument TOUS les effets du cinéma moderniste de l’époque sont au rendez-vous : flous, inserts stroboscopiques, arrêts sur image, coups de zoom, musique planante anachronique, etc., etc. Déjà décadent par rapport à son modèle américain, le genre est ainsi saccagé jusqu’à l’extrême limite, ce qui trouve un écho dans un décor en ruines. Le scénario (qui reprend le squelette d’un certain Dieu ne paie pas le samedi tourné trois ans plus tôt et écrit par le même Mino Roli, comme nous l’apprend Alain Petit en bonus) voit en effet des bandits en cavale se réfugier dans une ville fantôme, où ils vont passer le temps en torturant les quelques malheureux qui dérangent leur retraite. Cela permet à Canevari d’investir sans même la retaper une bourgade de l’Ouest vue dans des dizaines d’autres bandes, et d’y balancer des acteurs attifés à la mode hippie de cette année 1970. Ils vont alors exécuter une étrange danse macabre, flirtant sans cesse avec le fantastique et culminant dans un légendaire duel final filmé à la grue, où l’ange pacifique (venu d’Australie ?) incarné par Lou Castel utilise une arme pour le moins insolite dans un tel contexte. Car oui, Matalo ! (« Tue-le » en espagnol) est une sorte de mise à mort, une cérémonie funèbre donnant l’impression rare de voir un genre se faire hara-kiri en direct.

Gilles ESPOSITO



PENNY DREADFUL SAISON 2 DE JOHN LOGAN
Zone B. Paramount. 

Délivré de son côté « Monster Mash » – passage obligé de la saison 1 –, la deuxième fournée du somptueux Penny Dreadful n’a plus besoin d’aligner les créatures et se focalise clairement sur Vanessa Ives (toujours interprétée par la stupéfiante Eva Green), menacée par une famille de sorcières sournoises et sanglantes. Un épisode entier retrace d’ailleurs, en flash-back, son initiation auprès de l’une d’elles (Patti LuPone), qui finira brûlée vive lors d’une scène inoubliable et extrêmement graphique. Ce n’est d’ailleurs pas la seule séquence forte de la saison : le coeur arraché à un nouveau-né et le bal qui se termine sous une pluie de sang en sont deux autres exemples. Mais le créateur et scénariste John Logan préfère clairement s’attarder sur la crainte de Vanessa de sombrer du côté obscur. Face à cet enjeu, les autres personnages sont périphériques : Ethan Chandler (Josh Hartnett) vit tant bien que mal sa malédiction de loup-garou, et le jeune Dr Frankenstein (Harry Treadaway) ressuscite la jeune Brona (Billy Piper, Doctor Who) pour fournir une fiancée à sa créature. Reste que le crossover inattendu avec Dorian Gray est réussi et que l’ambiance gothique est magistrale, ce qui rend le visionnage en HD indispensable. Vous l’avez compris : cette saison est plus réussie que la précédente. 

Alain CARRAZÉ

 



MY LIFE DIRECTED BY NICOLAS WINDING REFN 
DE LIV CORFIXEN
Zone 2. The Jokers/Wild Side. 

Bientôt dix longs-métrages à l’actif de Nicolas Winding Refn, et déjà un troisième documentaire sur sa carrière ! Mais ce dernier revêt une particularité non négligeable : il est réalisé par Liv Corfixen, compagne du cinéaste danois et mère de ses deux filles. Captées à Bangkok pendant le tournage du controversé Only God Forgives, ces séquences déploient donc une intimité forcément troublante, montrant un Refn peu sûr de lui dans ses choix artistiques, toujours déchiré entre ses obligations commerciales et ses aspirations artistiques. On y découvre également les doutes de sa femme, compagne de l’ombre forcée de mettre sa propre carrière de côté pour s’occuper de la petite famille pendant que monsieur part réaliser des films aux quatre coins du monde. Certes, Refn s’y montre égal à lui-même, à mi-chemin entre une singulière absence de pudeur et une profonde conscience de soi qui l’amène à subtilement manipuler la caméra qui le filme. Mais My Life Directed By Nicolas Winding Refn poursuit également l’exploration des contradictions d’un homme qui se bat constamment contre son ego (comme le lui rappelle Alejandro Jodorowsky dès la première séquence), et ne semble pas toujours sortir indemne du combat. Ultimement, d’aucuns comprendront mieux le radicalisme d’Only God Forgives, conçu en réaction au succès public de Drive. Ce qui fait de l’horrifique The Neon Demon, prochain effort du Danois, une énigme que l’on a hâte de décrypter.

Laurent DUROCHE



INTERVIEW LIV CORFIXEN & NICOLAS WINDING REFN RÉALISATEURS 
Thérapie de couple 

Liv Corfixen et son réal’ de mari Nicolas Winding Refn ont fait un détour par Paris pour discuter du documentaire MY LIFE DIRECTED BY NICOLAS WINDING REFN tourné par madame. L’occasion de découvrir comment une vie de cinéaste peut mettre un couple en péril, et comment un film peut le ressouder… 

Liv, vous avez déjà été l’un des personnages principaux de quelques documentaires sur Nicolas… Cette fois, vous vouliez être plus qu’un personnage ?

Liv Corfixen : Oui… En fait, l’idée de ce film m’est venue alors que je désespérais de trouver quelque chose à faire pendant le tournage d’Only God Forgives à Bangkok. Au départ, je pensais seulement filmer les coulisses, et finalement, j’ai réalisé qu’il serait bien plus intéressant de faire un vrai documentaire sur ce que c’est réellement de vivre avec un autiste comme Nicolas. (rires) Montrer les hauts et les bas d’une telle relation. Le fait d’être son épouse me donnait la possibilité d’explorer cela plus en profondeur, au lieu de se contenter de montrer les aspects les plus funs et glamours d’une telle aventure.

Il y a également une thématique intéressante sur la façon dont vous essayez d’exister aux côtés de Nicolas. Le fait que vous preniez la caméra pour le filmer alors que par le passé, c’était l’inverse (Liv a notamment joué dans Bleeder – NDR) est révélateur… Avez-vous pensé à ce type de problématiques avant d’entamer le tournage du documentaire ?

L.C. : Pas vraiment, en fait. C’est quelque chose qui s’est imposé au fur et à mesure, et surtout dans la salle de montage. C’est progressivement que j’ai réalisé que ce serait également un film sur notre relation. Du coup, j’ai tourné des séquences où je m’interviewe moi-même, mais je ne les ai pas utilisées, je trouvais que ça ne fonctionnait pas. 

Dans la salle de montage, comment avez-vous trouvé l’équilibre entre les séquences intimes et celles se déroulant sur le tournage d’Only God Forgives ?

L.C. : Le monteur m’a beaucoup aidé sur cet aspect, même si j’avais déjà une idée assez précise de ce que j’aimais ou pas. Ce qui est drôle, c’est qu’au moment où nous sommes partis en vacances, un assistant monteur a pris le relai et nous a rendu un montage totalement différent de ce que je voulais. C’était presque exclusivement centré sur le travail de Nicolas, et tout le côté légèrement poétique avait été effacé. Cela m’a en quelque sorte aidée, car je savais au moins que je ne voulais pas de cette approche. J’ai donc rappelé le monteur initial et nous avons tout chamboulé pour revenir à ce que je cherchais. 

Nicolas Winding Refn : C’est-à-dire à un film sur toi.

L.C. : Et pas sur toi, pour une fois ! (rires)

Les tournages de Nicolas ont été difficiles pour votre vie de famille. Partir tous les deux avec vos filles à Bangkok pour Only God Forgives a donc dû être une décision importante. Rétrospectivement, vous pensez toujours que c’était la bonne chose à faire ?

L.C. : Complètement. Ces périodes d’éloignement ont été très difficiles à vivre pour notre famille. C’est pour cela que nous avons décidé de tous partir à Bangkok. Aujourd’hui, c’est devenu presque inconcevable de ne pas rester tous ensemble lors des tournages. L’année dernière, toute la famille a déménagé à Los Angeles lorsque Nicolas a fait The Neon Demon. Mais en même temps, cela reste une situation délicate, car nos deux filles grandissent et on ne pourra pas continuer éternellement à les changer d’école à chaque fois. Il faudra donc trouver une autre solution. Peut-être quitter Copenhague pour déménager dans un endroit plus central, où Nicolas pourra faire ses films, vu que de toute façon, il ne tournera plus jamais au Danemark. Mais je pense vraiment que partir avec lui était la bonne décision, et je suis très heureuse que ce documentaire soit né de cette décision. Ça m’a permis de m’accomplir de mon côté.

Nicolas, la présence de Liv et de vos filles à vos côtés à Bangkok a-t-elle changé la façon dont vous avez abordé le tournage d’Only God Forgives ?

N.W.R. : Cela m’a certainement rendu plus audacieux, on se sent plus en sécurité quand la famille est là, on s’autorise à être plus… plus tout ! C’était inévitable que nous trouvions une façon d’équilibrer nos vies. Jusqu’à Drive, il était surtout question d’argent, de subvenir aux besoins de la famille, il n’y avait donc pas de discussion, je devais voyager pour travailler. Mais je savais aussi que Liv avait besoin de s’accomplir personnellement. Tout cela a culminé à Bangkok, c’est un endroit très spécial, aliénant… Nous avons dû plonger en nous-mêmes, en tant que couple pour trouver le bon chemin et prendre les bonnes décisions. Bon, je ne savais pas qu’elle allait demander à Jodorowsky de lui tirer les cartes pour savoir si elle devait divorcer ou pas ! (rires)

L.C. : Je ne savais pas ce que diraient les cartes !

En même temps, c’est quand même la classe d’avoir Alejandro Jodorowsky comme conseiller conjugal ! Liv, aviez-vous déjà une expérience de réalisatrice avant ce film ?

L.C. : Pas vraiment. J’ai toujours aimé la photographie, mon père était photographe et j’ai commencé très tôt à lui emprunter ses appareils. Plus tard, j’ai travaillé pour un magazine danois. Plus tard encore, j’ai entamé le tournage d’un documentaire. Deux fois en fait. Mais je n’ai jamais pu les finir parce qu’à chaque fois, je suis tombée enceinte… (elle glisse un regard accusateur vers Nicolas et tous deux éclatent de rire) 

Nicolas, dans le film de Liv, on vous voit vous poser beaucoup de questions sur les attentes du public concernant Only God Forgives, sur la balance à trouver entre l’artistique et le commercial. Vous êtes-vous posé les mêmes questions sur le tournage de votre nouveau film, The Neon Demon ?

N.W.R. : Non, pas vraiment. Sur Only God Forgives, j’ai essayé de créer une véritable installation artistique. Du coup, cela m’aurait été facile de recommencer avec The Neon Demon. Mais je ne fonctionne pas comme ça. Si je vais à droite, la fois d’après, je vais à gauche. Parce que je ne veux pas être contrôlé, je ne veux pas qu’on puisse me mettre dans une boîte. Du coup, je sais que ça implique parfois des choix radicaux, mais ça me va, je suis prêt à en assurer les conséquences. Dans le même temps, il faut également penser à l’aspect business, parce qu’il faut gagner de l’argent. C’est pour cela que j’essaye toujours de trouver un équilibre, et que je me projette toujours 20 ans dans le futur pour réussir à trouver la façon de naviguer entre ces obligations contradictoires. Ce qui n’est pas toujours très sain. Maintenant que j’ai 45 ans, je ne pense plus au temps que j’ai, mais au temps qu’il me reste. Ça me stresse beaucoup. (rires)

L.C. : Tu es tellement pessimiste ! Nous sommes tellement différents, je vis au jour le jour, je ne pense pas au futur !

Nicolas, je sais que vous faites très attention à ce que vous donnez de vous-même devant une caméra. Mais cela doit être moins évident lorsque c’est votre propre femme qui tient ladite caméra…

N.W.R. : Je n’avais aucun contrôle ! Je savais que si j’acceptais de contribuer à son… reality show, (rires), je devais renoncer à ce contrôle qu’en effet, j’exerce en règle générale. C’est elle qui devait prendre le contrôle. De fait, c’était assez relaxant, presque thérapeutique.

Propos recueillis et traduits par Laurent DUROCHE (Merci à Céline PETIT et Benjamin GAESSLER)



Le creux de la vague
ARRRIVA DORELLIK + DR. MABUSE ET LE RAYON DE LA MORT + SHARK !

Zone 2. Bach Films. 

Les années 60 ont souvent été une période critique pour de vieux routiers, qui se sont alors jetés dans des entreprises pop dont ils se sont tirés avec plus ou moins de bonheur. 
Curieuse carrière que celle de Steno. D’abord considéré comme un espoir de la comédie italienne (il a commencé par coréaliser avec le grand Mario Monicelli), il a ensuite enchaîné des dizaines de pochades réservées au marché local, comme cet Arrriva Dorellik (1967). Non, il n’y a pas de faute de frappe : la chose est un véhicule pour la star comique Johnny Dorelli, parodiant la BD Diabolik quelques mois avant la géniale adaptation de Mario Bava. Du coup, le flic de service (Terry-Thomas, célèbre chez nous pour avoir été l’Angliche moustachu de La Grande vadrouille) n’est pas le seul à être abruti. Le génie du crime est lui-même un bras cassé, contraint de devenir tueur à gages pour un chasseur d’héritage qui lui demande carrément de zigouiller tous les Dupont de France ! Ce qui fait que, mine de rien, cet objet coloré affiche un score énorme en termes de « body count », comme disent les jeunes… Argentin passé par Hollywood, Hugo Fregonese a quant à lui cherché un second souffle en Europe, mais est vite tombé dans les produits de série tels que ce Dr. Mabuse et le rayon de la mort (1964), cinquième et dernière suite du reboot terminal de Fritz Lang. Or, l’inspiration originelle a largement disparu (un autre titre français est d’ailleurs Mission spéciale au 2e bureau, éliminant toute référence à Mabuse), et malgré quelques atmosphères de film noir rappelant le passé du cinéaste, le résultat s’apparente donc surtout aux sous-James Bond des sixties. Les amateurs de ce genre au charme désuet noteront toutefois que le DVD recèle la version italienne, plus longue d’un bon quart d’heure par rapport aux autres montages.
Rescapé comme Fregonese du western classique et du film noir, l’immense Samuel Fuller a lui aussi poursuivi un parcours erratique entamé avec Shark ! (1969), coproduction américano-mexicaine qu’il a désavouée après que ses commanditaires en eurent tripatouillé le montage pour la vendre comme une histoire d’agression animale. En fait, l’enjeu marin (une épave recelant un trésor mais gardée par des requins gourmands) est juste le prétexte à un affrontement psychologique, où un jeune Burt Reynolds donne la réplique aux vieilles gloires hollywoodiennes Barry Sullivan et Arthur Kennedy. La côte soudanaise, bizarrement reconstituée au Mexique, représente en effet une sorte de bout de la route pour des aventuriers à la recherche d’une dernière chance. Un trait sûrement personnel, voire autobiographique, mais en l’état, il s’agit hélas du moins bon film de papy Sam. 

Gilles ESPOSITO

 

COP CAR DE JON WATTS
Zone 2. The Jokers/M6 vidéo. 

Une fois encore, l’un des titres les plus intéressants et singuliers du moment passe exclusivement chez nous par la case vidéo. Et au vu des ambitions de son réalisateur, c’est bien dommage…
Deux préadolescents se baladent dans la campagne en quête d’aventure. Lorsqu’ils tombent sur une voiture de police abandonnée dans la forêt, ils décident de partir en virée avec le véhicule, sans se douter une seule seconde que son propriétaire, un ripou, est prêt à tout pour récupérer ce qu’il cache dans le coffre… Kevin Bacon aime les défis. Non content d’être l’une des plus grosses stars hollywoodiennes depuis ses débuts, l’acteur, popularisé dans les années 80 par Footloose s’est tranquillement bâti un CV composé de films de studios (Hollow Man – l’homme sans ombre, Des hommes d’honneur), de série télé (The Following) et de productions indépendantes (Hypnose, Super, Tremors). Avec Cop Car, Bacon ajoute une nouvelle corde à son arc en donnant vie à un flic moustachu et corrompu auquel il apporte suffisamment de nuances pour combler les trous d’un scénario volontairement dégraissé jusqu’à l’os. Et c’est justement cette épure narrative qui fait tout le sel de cette comédie noire horrifique lorgnant sur l’humour pince-sans-rire des frères Coen, comme en témoignent les nombreuses scènes où, seul au milieu d’un ample Cinémascope, le gardien de la paix pas très finaud joué par Bacon perd son sang-froid à chaque anicroche. Ni tout à fait caustique ni tout à fait sérieux dans sa démarche, Jon Watts (réalisateur de l’inédit Clown, produit par Eli Roth) accouche d’un drôle d’objet dont l’apparente simplicité pourrait irriter si l’ensemble ne faisait preuve d’un indéniable sens du détail et du timing, éléments clés de toute oeuvre de genre qui se respecte. Aussi attaché à ce qu’il montre qu’à ce qu’il sous-entend, Cop Car renoue avec le style pur et efficace du mémorable Hitcher (à quand un Blu-ray, d’ailleurs ?), la touche Amblin en plus, les deux protagonistes étant ici représentés par un duo de gosses aussi sympathiques que têtes à claques parfaitement interprétés par les jeunes James Freedson-Jackson et Hays Wellford. Du cinéma à petit budget sincère et soigné, en dépit d’un final un peu trop abrupt et d’un manque de folie, ultime qualité qui aurait permis à Watts de transformer sa très bonne série B en un vrai classique. Peut-être la prochaine fois…

Jean-Baptiste HERMENT 



NOTULES VIDEOLUNAIRES

Uniquement disponible en haute définition aux États-Unis, la saga Baby Cart bénéficie désormais d’une série de Blu-ray allemands édités par Rapid Eye Movies. Si la qualité technique s’avère de prime abord un brin décevante (manque de piqué, noirs tirant sur le gris, compression faiblarde), ces disques surclassent cependant leurs homologues yankees, dont le transfert totalement lissé souffrait d’un abus de réducteur de bruit dénaturant l’aspect chimique du 35 mm, en plus de gommer involontairement de nombreux détails de l’image. Des détails que l’on retrouve bel et bien sur les galettes germaniques. Danke !


Souvent maltraité en vidéo, Audition bénéficie enfin d’une édition digne de ce nom tirée d’une remasterisation en 2K. Conçu par les Anglais d’Arrow, le Blu-ray du chef-d’oeuvre de Takashi Miike affiche une image globalement plus convaincante que les précédents DVD du marché (couleurs mieux gérées, noirs plus profonds, absence d’edge enhancement), même si le transfert en haute définition accuse un manque de piqué dû à la photographie originale. Comme à son habitude, l’éditeur propose une série de suppléments bienvenus mêlant entretiens, essais et commentaire audio. 

Le Blu-ray américain de Comportements troublants (Disturbing Behavior en VO) devrait satisfaire les amateurs de ce teen movie satirique réalisé par David Nutter (X Files) d’après un script de Scott Rosenberg (Les Ailes de l’enfer). Comme on s’y attendait, Shout ! Factory n’a pas pu mettre la main sur le director’s cut censuré par la MGM à l’époque de la sortie du film, mais s’est rattrapé en incluant presque tous les bonus du DVD collector paru aux USA. Approchant les 30 minutes, les scènes coupées permettent d’avoir une bonne idée des intentions initiales de Nutter, sans parler de la fin alternative, bien plus convaincante et sombre que celle vue au cinéma. Le transfert 1080p est quant à lui correct, bien que le master accuse son âge.

Si Cop Car vous donne envie d’en savoir plus sur Jon Watts, son réalisateur, alors jetez un oeil au Blu-ray allemand de Clown, son premier long-métrage, toujours inédit chez nous. Réédité au choix en version simple, boitier steelbook ou en 3D, ce film d’horreur dans lequel un père de famille est possédé par l’esprit d’un clown psychopathe bénéficie d’un transfert 1080p au ratio 2.35 ainsi que d’une piste anglaise – non sous-titrée – mixée en DTS-HD 5.1. Du côté des suppléments, l’éditeur Tiberius Films ne propose qu’une bande-annonce. 



Les Britanniques d’Arrow viennent de se fendre d’un coffret Blu-ray dédié à un trio d’oeuvres obscures : Malatesta’s Carnival of Blood (Christopher Speeth, 1973), The Witch Who Came from the Sea (Matt Cimber, 1976) et The Premonition (Robert Allen Schnitzer, 1976). Limitée à 3000 exemplaires, cette box intitulé « American Horror Project » affiche de belles copies HD (tirées d’un master 2K) et une pléthore de bonus tels que des commentaires audio, des making of et des introductions filmées. 

J-B.H.

MAD Team

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