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The Report - Scott Z. Burns (2019)


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36 réponses sur ce sujet

#1 Goldanus

Goldanus

    Les fions qui m'aimaient

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Posté 07 December 2019 - 14:16 PM

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Grand Prix du film dossier le moins engageant EVER sur le papier (la rédaction sur 5 ans d'un document de 7000 pages sur les téchniques d'interrogatoires "cavalières" et complétement contre productive employé par la CIA après le 11/09) The Report arrive à rendre captivante sa course à la vérité confiné dans un bureau alors que le gros du travail a consisté à éplucher des millions de mails de la CIA.

Le film a la très bonne idée d'utiliser un gros artifice de montage avec une timeline étalée sur 15 ans pour rendre captivante cette quête de vérité. Du coup il n'y a pas trop d'additifs relou genre "cette enquête met en pérille sa vie, son intégrité, sa femme, son chat" et autres trucs falches pour t’hameçonner l'intention en humanisant les enjeux. Ici l'approche séquentielle tout en ellipse et flash back suffit à t'hérisser les poils et à tendre l'oreille. Très inconfortable au début (qui? ou? quoi? comment?) ce parti pris impose un flow "en continue" très rythmé assez payant quand le film décolle et que tu prend le plit de ce découpage peu commun. Ce qu'il perd en aération il le gagne en intensité rythmique et sur l'impact de cette histoire sur un homme qui basiquement recueille des témoignages de mails sur des années.
Assez plat et monocorde (j'ai pensé à du Fincher, en moins bien gaulé) ce rythme hypnotique est un bon chausse pied pour rendre puissante cette quête d'un homme qui se met deux pôles politiques à dos (l'ère Obama prend cher d'une certaine façon) pour rendre connue des faits que personnes n'a envie d'entendre. Il y a cette puissance du mec qui de par ses actions se trouve isolé de tous les bords, républicains et démocrates faisant les trois singes. Complétement déshumanisé par sa quête, le perso de Driver devient un missile qui n'a plus qu'un seul objectif -> faire connaitre son rapport. Il devient un espèce de super héro de l'ombre agissant comme la conscience d'un pays qui ne lui a rien demandé (sa fonction sur la fin se résume à ça, être au fond du cadre et inspirer silencieusement la sénatrice lors des confrontations)

Dommage qu'après avoir chier sur les coulisses de la politique le film décide terminer son périple statique en jouant l’apaisement... avec le discours d'une démocrate et d'un républicain. Sur fond de notes de pianos macérant dans les tremolos. Le tunnel implacable et monolithique qui précède s'en trouve un peu entaché.

 

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Mais sinon j'ai trouvé ça vraiment super, assez épuré et très focus, sans trop d'artifices pour gonfler son truc... le montage du dossier et passionnant, et toute la partie pour ne pas l’enterrer est captivante dans sa façon de relancer les enjeux à l'aune de tout ce que tu as appris (le rôle du journaliste qui te dévoile les VRAIS enjeux du truc, quand tu capte que les germes de la destruction étaient semés avant même la rédaction de la première page du document).

 

Un film pas partisan qui trace une ligne droite vers la vérité en collant tous les bords dos à dos, c'était quand même franchement super (je passe sur la caractérisation des sous-traitant et des petites mains de l’espionnage qui donne lieu à des scènes aussi absurdes qu’insupportable... ou le rire (oui, ça m'est arrivé aux pires moments), l’inconfort et la consternation dansent main dans la main au-dessus de tâte, comme une bulle de BD).

Du film dossier en papier glacé boosté par un cast op (Adam Driver parfait en page blanche, Ted Levine, Bening, john hamm, l'acteur de The Americans <3 ), une structure risqué mais payante (qui fait qu'il raconte son truc en moins de deux heures) et une façon assez skillé de manipuler ses enjeux tout en travaillant le fond de son film. Sans ce final qui joue l'apaisement de facon un peu trop chaude et sirupeuse c'était du 6/6 en terme de ressentit. 


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#2 Seri Zed

Seri Zed

    Leguman

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Posté 15 December 2019 - 14:22 PM

Comme le camarade ci dessus en gros !

The Report raconte l’enquête diligentée par le Sénat et menée par Dan Jones, sur les pratiques d’interrogatoire de la CIA après le 11 Septembre. Au bout de plus de 7 ans de boulot acharné, cette enquête finira par déboucher, contre la frilosité du Sénat, l’opposition de la CIA, et la réticence de la Maison Blanche sur un scandale historique.
Le film suit donc ce Dan Jones, campé par un Adam Driver comme d’habitude impeccable, nous posant comme témoin de son abnégation à vouloir mener à bien sa mission, envers et contre tout. « Vous servez qui ? Moi ou le rapport ? » s’inquiète la Sénatrice qui l’a engagé ? La réponse, non dite, fait bien sûr honneur à l’intégrité du jeune enquêteur.

Et si l’on va par là, on doit reconnaître que le film n’évite pas quelques écueils, comme cette exemplarité linéaire qui caractérise le personnage principal, héro américain immaculé, visiblement transporté par les valeurs des pères fondateurs. A la question traître ou héro, le film apporte une réponse sans subtilité. On n’évite pas non plus la représentation très manichéenne des personnages (les gens de la CIA sont tous forcément anthipatiques) ou le discours final sur l’Amérique, phare de la liberté, finalement capable de se regarder dans le miroir.

Mais si le film n’évite pas ses écueils, il évite également un bon nombre de pièges de ce genre de film et on évite heureusement les traumas du personnage principal, les problèmes osef de vie de famille et autres digressions inutiles plombant souvent le propos en pensant apporter une « dimension humaine » au récit.

Après, bien sûr, d’un point de vue cinématographique, le film se coltine une réalité pas très sexy. L’enquête consistant à lire des millions de documents dans une pièce fermée au sous sol d’un immeuble de la CIA, et probablement plombé par un budget ridicule, le film est forcément assez sec. Et Scott n’est pas Spielberg et il n’arrivera jamais vraiment à dépasser le cadre du film « enquête » avec des mecs en costards qui marchent dans des couloirs ou se parlent dans des bureaux. Englué dans sa démonstration, le réalisateur semble délaisser l’idée d’émettre un avis par le biais de sa mise en scène ou du montage, obnubilé qu’il semble être à illustrer son scénario.
Mais une fois confortablement installé à l’intérieur de ces limites, bordel, quelle réussite. Le propos est limpide, la démonstration implacable. Le scénario est admirable, dans sa gestion des flash backs, dans ses vas et vient d’un bureau à l’autre et dans la façon dont il fait progresser l’enquête, louvoyant entre les manigances pour mettre en avant, parfois subtilement, ses révélations. Tout ça est une réussite complète. Scott Z Burns, qui a réalisé et écrit le film, a fignolé ses dialogues, et le casting joue la partition avec une rigueur délicieuse. Et cette finesse est joliment portée par une mise en scène qui, sans être virtuose, brille par sa sobriété et sa rigueur.


Et puis il y a ces deux scènes où le film se permet quelque chose de totalement inédit. C’est bien connu, Hollywood tisse des liens avec le Pentagone, la CIA et la Maison Blanche. Le cinéma de « Sécurité Nationale » est un cinéma de manipulation qui obéit à divers intérêts. Dans The Report, on nous essaye de nous expliquer pourquoi, et comment, la CIA a fabriqué un mensonge afin de justifier ses actions… Pour résumer, « la torture a permis a la CIA d’avoir accès à des informations exclusives permettant de déjouer des attentats, et ayant mené à la capture de Ben Laden ». C’est un mensonge, d’après le rapport du Sénat et d’après un rapport interne de la CIA toujours secret, la torture n’a rien permis du tout, au contraire.


Face à l’affirmation émise par un avocat que la fin pourrait justifier les moyens, Jones renvoie cette idée à une idée véhiculé par Hollywood et explique que si Jack Bauer et 24h justifient la torture pour son efficacité et rappelle aux américains qu’il faut parfois se salir les mains (et éventrer des méchants) pour sauver les innocents… eh bien, c’est un mensonge, et ça ne marche pas comme ça. L’avocat a beau sembler ultra compétent, il véhicule, malgré lui, un mensonge matraqué, entre autre, par la télévision.

Plus fort encore, un plan montre Dan Jones consterné, en 2012, devant la sortie de Zero Dark Thirty, et le film de Burns de renvoyer le film de Bigelow à sa « véritable » nature : une œuvre de propagande, manipulée par la CIA afin de justifier ses mensonges. Au delà de ses qualités techniques, voila le film de Bigelow rabaissé au niveau des vitupérations menaçantes des pontes de la CIA, ramenée au niveau des diverses tentatives de camouflage et de tromperie de l’Agence. Scott Z Burns s’est défendu d’avoir voulu critiquer directement Bigelow et son scénariste Mark Boal, reconnaissant simplement qu’ils avaient été malgré eux manipulé par la CIA afin que le film serve leurs intérêts (« And so it isn’t a criticism of the film, it’s an illustration of how the CIA used popular media to influence our perception of their program. And that was their narrative »). OK… Mais le plan est sans pitié. Les questions à propos de la propagande et des interventions de l’armée ou de la CIA dans le cinéma hollywoodien sont des questions fascinantes, et c’est donc avec un certain délice qu’on les voit enfin s’immiscer dans le propos d’un film traitant de la guerre post 11 septembre. On ne peut que regretter, cependant, qu’elles ne se limitent qu’à ce plan, la sénatrice Feinstein (second personnage du film) ayant demandé une enquête sur les liens entre Bigelow, Boal et la CIA. Les résultats restent classifiés, le scénariste refuse de parler à la presse sous prétexte qu’il craint d’être poursuivi par le Sénat et Bigelow botte en touche en avançant que représenter la torture n’est pas l’approuver, se contredisant ensuite en reprenant à son compte (et donc en les légitimant) les mensonges de la CIA : « Sur un plan pratique et politique, cela me semble illogique de vouloir s'attaquer à la torture en ignorant et en niant le rôle qu'elle a joué dans la politique et les pratiques du contre-terrorisme américain. »
Pour avoir collaboré de manière plus que douteuse avec Bigelow et Boal, des agents de la CIA ont été inquiétés, et l’Agence a du réviser intégralement son protocole de collaboration. Mais si l’affaire est parfois représenté comme la corruption d’agents par la production du film, The Report sous entend clairement que l’Agence se serait plutôt « laissé corrompre » afin d’offrir de fausses informations classifiées à la prod visant, in fine, à justifier son programme.


Diable que tout ceci est intéressant !

 


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#3 Goldanus

Goldanus

    Les fions qui m'aimaient

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Posté 15 December 2019 - 16:36 PM

Oh Yeah :love:

 

Petite trivia "rigolote" : comme un des architectes du programme expérimental, Adam Driver s'est engagé dans les marines suite au 9/11, je suppose que cette histoire de manipulation des masses et les ravages humains des escroqueries de la bande à Cheney devait lui tenir à cœur... 

 

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#4 Seri Zed

Seri Zed

    Leguman

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Posté 15 December 2019 - 16:47 PM

(ah ah la ganache)

surtout qu'il apparait que les acteurs ont joué pour rien après que le budget soit passé d'un certain chiffre à un chiffre ridicule, obligeant également le film à raccourcir son temps de tournage.


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#5 Cat from Hell

Cat from Hell

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Posté 15 December 2019 - 16:54 PM

Driver avait évoqué son engagement lors de son passage dans un séminaire TED : 

Vous donnez bien envie, sinon. 



#6 tonton

tonton

    DJ Zero

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Posté 15 December 2019 - 20:08 PM

Le film est très cool par contre je suis pas sûr de bien saisir la pique conte le film de Bigelow où il est clairement dit qu'ils avaient déjà l'info obtenue par la torture.

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#7 Seri Zed

Seri Zed

    Leguman

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Posté 16 December 2019 - 11:39 AM

J'ai revu le film hier et c'est fascinant de le voir a l'aune des résultats de cette commission d'enquête. Donc, non, dans le film, ils n'avaient pas l'info. Ils connaissaient l'existence du gars, il était dans leurs fichiers mais ce sont les tortures qui ont permis de préciser son rôle et sa position dans Al Qaeda et auprès de Ben Laden... C'est dit et répété plusieurs fois...
 

...Ce qui est en fait totalement faux. D'après le film de Burns, s'appuyant sur le rapport de la commission, la CIA écoutait Al Kuwaiti (le messager) depuis longtemps. La CIA a voulu que son service de presse relie l'opération Ben Laden aux informations obtenues par la torture. C'est ce que le responsable de la CIA Michael Hayden a déclaré à la presse...  Mais tout ça c'est un énorme mensonge qui repose sur un point juridique assez tordu : en gros, la torture est tolérée si elle peut amener a des informations "exclusives". En gros, des infos qui permettent de déjouer des attentats ou de griller des cellules combattantes qui n'auraient pas pu être obtenues autrement. L'enquête de Dan Jones, qui s'appuie entre autre sur un audit interne de la CIA explique que non seulement ils n'ont rien obtenu comme ça, mais qu'en plus le nombre d'infos fantaisistes recueillies a foutu la merde. C'est à cette époque que les agents de la CIA se retrouvent à diner avec Bigelow et son scénariste. Ils se sont servis du film pour leur campagne de presse. Les pics dans ZDT sur l'enquête sénatoriale sont d'ailleurs assez gratinés... (et sans surprise il y a un paragraphe sur le film dans la conclusion du rapport de l'enquête de Dan Jones) ...notamment lorsque les agents de la CIA expliquent qu'à cause de cette enquête, ils ont du arrêter la torture et que donc ils ne peuvent plus faire parler les méchants.

 

 

Sauver des vies américaines et protéger la nation...

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Ah ces foutus grattes papiers qui nous empêchent de sauver des américains !

 

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Comment avons nous pu localiser The Big Manitou ?

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#8 tonton

tonton

    DJ Zero

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Posté 16 December 2019 - 13:55 PM

Ha ben faudrait que je remate le film (ou pas), j'avais en tête que Chastain découvrait le nom du mec dans un vieux dossier et que le dossier donnait plus d'info que le simple nom du mec. (J'ai dû anticiper The Report dans ma tête quand j'ai vu ZDT... )

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#9 Seri Zed

Seri Zed

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Posté 16 December 2019 - 17:16 PM

Ils cherchent des informations sur Abou Ahmed El Kuwaiti, c'est un type qui revient plusieurs fois dans les interrogatoires et le perso de Chastain est persuadé, seule contre tous, que c'est un proche de Ben Laden. Lorsqu'ils découvrent, un peu fortuitement dans le film, son véritable nom on met sur écoute sa mère au Koweit, et ils arrivent ainsi à remonter jusqu'à lui.

 

Pour compléter, la lettre de la sénatrice Feinstein, outrée par la sortie du film de Bigelow. Aujourd'hui, en voyant le film de Burns, on peut comprendre un peu mieux à quel point elle a pu être mise hors d'elle par le film de Bigelow qu'elle a probablement perçu comme une très malhonnête tentative de manipulation de la CIA...

 

 

 

December 19, 2012

Mr. Michael Lynton
Chairman and CEO
Sony Pictures Entertainment
10202 W. Washington Blvd.
Culver City, CA 90232-3195

Dear Mr. Lynton:

 

We write to express our deep disappointment with the movie Zero Dark Thirty. We believe the film is grossly inaccurate and misleading in its suggestion that torture resulted in information that led to the location of Usama bin Laden.

 

We understand that the film is fiction, but it opens with the words “based on first-hand accounts of actual events” and there has been significant media coverage of the CIA’s cooperation with the screenwriters. As you know, the film graphically depicts CIA officers repeatedly torturing detainees and then credits these detainees with providing critical lead information on the courier that led to the Usama Bin Laden. Regardless of what message the filmmakers intended to convey, the movie clearly implies that the CIA’s coercive interrogation techniques were effective in eliciting important information related to a courier for Usama Bin Laden. We have reviewed CIA records and know that this is incorrect.

 

Zero Dark Thirty is factually inaccurate, and we believe that you have an obligation to state that the role of torture in the hunt for Usama Bin Laden is not based on the facts, but rather part of the film’s fictional narrative.

Pursuant to the Senate Intelligence Committee’s recently-adopted Study of the CIA’s Detention and Interrogation program, Committee staff reviewed more than 6 million pages of records from the Intelligence Community. Based on that review, Senators Feinstein and Levin released the following information on April 30, 2012, regarding the Usama Bin Laden operation:

  • The CIA did not first learn about the existence of the Usama Bin Laden courier from CIA detainees subjected to coercive interrogation techniques. Nor did the CIA discover the courier's identity from detainees subjected to coercive techniques. No detainee reported on the courier’s full name or specific whereabouts, and no detainee identified the compound in which Usama Bin Laden was hidden. Instead, the CIA learned of the existence of the courier, his true name and location through means unrelated to the CIA detention and interrogation program.
  • Information to support this operation was obtained from a wide variety of intelligence sources and methods. CIA officers and their colleagues throughout the Intelligence Community sifted through massive amounts of information, identified possible leads, tracked them down, and made considered judgments based on all of the available intelligence.
  • The CIA detainee who provided the most significant information about the courier provided the information prior to being subjected to coercive interrogation techniques.

In addition to the information above, former CIA Director Leon Panetta wrote Senator McCain in May 2011, stating:

“…no detainee in CIA custody revealed the facilitator/courier’s full true name or specific whereabouts. This information was discovered through other intelligence means.”

 

We are fans of many of your movies, and we understand the special role that movies play in our lives, but the fundamental problem is that people who see Zero Dark Thirty will believe that the events it portrays are facts. The film therefore has the potential to shape American public opinion in a disturbing and misleading manner. Recent public opinion polls suggest that a narrow majority of Americans believe that torture can be justified as an effective form of intelligence gathering. This is false. We know that cruel, inhuman, and degrading treatment of prisoners is an unreliable and highly ineffective means of gathering intelligence.

 

The use of torture should be banished from serious public discourse for these reasons alone, but more importantly, because it is a violation of the Geneva Conventions, because it is an affront to America’s national honor, and because it is wrong. The use of torture in the fight against terrorism did severe damage to America’s values and standing that cannot be justified or expunged. It remains a stain on our national conscience. We cannot afford to go back to these dark times, and with the release of Zero Dark Thirty, the filmmakers and your production studio are perpetuating the myth that torture is effective. You have a social and moral obligation to get the facts right.

Please consider correcting the impression that the CIA’s use of coercive interrogation techniques led to the operation against Usama Bin Laden. It did not.

 

Thank you for your assistance on this important matter.

 

Sincerely,

 

Dianne Feinstein

 

 

 

Chairman
Senate Select Committee on Intelligence

Carl Levin
Chairman
Senate Armed Services Committee
Ex-Officio Member of the Senate Select Committee on Intelligence

John McCain
Ranking Member
Senate Armed Services Committee
Ex-Officio Member of the Senate Select Committee on Intelligence


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#10 Seri Zed

Seri Zed

    Leguman

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Posté 17 December 2019 - 13:59 PM

Un autre détail "amusant", c'est la représentation à l'image que The Report fait de Alfreda F. Bikowsky, le principal personnage qui a servi à créer celui de Maya, joué par Jessica Chastain dans Zero Dark Thirty. Dans The Report, il s'agit du perso incarné par Maura Tierney, qui s'appelle ici "Bernadette", qui soutient le programme de torture et qui est montrée comme plutôt incompétente...

Dans le film, Dan Jones la présente ainsi, lorsque la CIA objecte que son rapport en citant des nom, met en peril la sécurité de certains de ses agents...

 

 

"La chef de la station Alec, mentionnée 41 fois en 500 pages, en 98 son équipe a raté l'attentat aux ambassades US du Kenya et de Tanzanie, en 99 ils ont raté celui du Marriott d'Islamabad, en 2000 on lui a signalé deux agents d'Al-Qaida, arrivés à Los Angeles, le FBI Unité Ben Laden a demandé à enquêter - "Pas notre stratégie" - La CIA les savait sur le territoire, et n'a pas réagi. Puis Al-Midhar disparaît et organise l'attentat contre l'USS Cole, puis détourne le vol 77 avec Al-Hazmi qui percuta le Pentagone."


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Et puis son attitude face à la torture est également légèrement différente dans le film de Burns que dans celui de Bigelow, puisqu'elle encourage le programme des deux "docteurs en torture", présentés littéralement comme des escrocs sans aucune expérience.
Rappelons que cette dame a non seulement pratiqué la torture, mais en plus s'en est faite l'une des plus grandes ambassadrices ensuite, finissant par décrocher le sobriquet de "Reine de la Torture"...

Son cas a été traité par la presse à l'époque, rappelant par exemple qu'elle avait pris un jet pour aller de Washington à l'Afghanistan juste pour être présente lors des séances de torture de Khalid Sheikh Mohammed alors qu'elle n'avait aucun rôle a tenir dans l'interrogatoire, juste parce qu'elle trouvait ça "cool" d'être là...

J'imagine que le film de Bigelow avait du lui faire plaisir, avant qu'on ne sache que le rapport sénatorial l'avait mise "hors d'elle". J'imagine que le film de Burns va pas améliorer les choses ! :mrgreen:
 


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#11 Cradle of suffering

Cradle of suffering

    I'm a Scatgirl

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Posté 21 December 2019 - 23:46 PM

Putain tes postes son passionnants Seri Zed! Qu' une envie c'est de me remater le bigelow dont j'avais un vague mais plutôt bon souvenir et de re re mater the report par la suite alors qu'il est complètement frais dans ma tête.
C'était tellement intense, ça te donne envie de fouiller le sujet..

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#12 Seri Zed

Seri Zed

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Posté 22 December 2019 - 13:28 PM

merci ! :)
oui c'est un sujet fascinant, et c'est assez passionnant parce qu'en plus, si la collaboration entre Hollywood et le Pentagone ou les divers corps d'armée ont été très bien documenté, et on nourrit une littérature conséquente, c'est loin d'être le cas avec la CIA. D'abord parce que contrairement aux autres qui ont ouvert des bureaux dédiés dès les débuts du cinéma, la CIA a commencé à travailler avec Hollywood qu'à partir des années 90. Et finalement l'affaire ZDT a permi, pour la première fois, de documenter cette collaboration nouvelle. Et suite à ça, la CIA a du revoir ses méthodes et mettre au point un protocole dans ce domaine.

En tous cas, il y a autre chose d'assez délicieux, c'est de relire aujourd'hui certaines critiques du film de Bigelow...


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#13 Seri Zed

Seri Zed

    Leguman

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Posté 27 December 2019 - 17:27 PM

Toujours aussi intéressant... la série The Looming Tower revient sur les echecs successifs de la fameuse Station Alec, la cellule de la CIA commandée par Michael Sheuer et qui avait pour but la chasse de Ben Laden.

La série pose comme personnage principal Ali Souphan, l'agent du FBI d'origine libanaise joué dans The Report par Fajer El-Kaisi et ici par Tahar Rahim. On retrouve aussi, bien sûr, la meuf inspirée de Bikowsky, ici jouée par Wrenn Schmidt ! Par contre, est-ce un clin d'œil ou je ne sais pas quoi, mais l'une de ses premières interventions,  au tout début de la série, nous présente direct les obsessions du personnage !
 

La voila donc, espérant...

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#14 Pie Hunter

Pie Hunter

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 27 December 2019 - 17:34 PM

Excellente mini-série au demeurant


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#15 Kamo

Kamo

    J'ai tort

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Posté 29 December 2019 - 23:41 PM

Je viens de le voir. Juste après Zero Dark Thirty, bon, je me retrouve dans tout ce que dit Cerise, à l'évidence. Y a un truc, d'ailleurs que j'ai trouvé super parlant dans la mise en scène de la dépiction de la torture dans les deux films : le tortionnaire chez Bigelow paraît presque bonhomme, là, avec la musique à bloc, de toutes façons, ils sont toujours obligés de hurler. Et, surtout, le waterboarding : Dans Zero Dark Thirty, on a des plans très courts, tac, tu vois le linge sur la tronche du torturé être mouillé, il gigote et hop, c'est fini. Ici, on les voit compter, trente secondes. Et ça change tout. Et c'est aussi un des moyens subtils employés par Bigelow pour rendre la torture plus acceptable...


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#16 Cradle of suffering

Cradle of suffering

    I'm a Scatgirl

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Posté 30 December 2019 - 08:54 AM

Alors que cest juste la pire. J'avais lu un bouquin où on T' expliquais que la perte de repère, dans le noir et la sensation de se noyer, à ce jour pas un homme n'avait craqué. Ça te bousille complètement...

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#17 El Chupacabron

El Chupacabron

    Gremlins

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Posté 30 December 2019 - 09:40 AM

Et c'est aussi un des moyens subtils employés par Bigelow pour rendre la torture plus acceptable...


Pardon je reviens mais... faut ptêtre pas accuser le film de tous les maux non plus hein ^^

Les scènes de torture dans ZDT sont pas forcément les plus réalistes et insoutenables, mais elles sont tout à fait désagréables pour le commun des mortels.

Je suis très peu entouré de geeks-cinéphages IRL, et je connais personne qui s'est dit "Mouais le watertruc c'est pas si pire" (sans blagues...)

Donc si le but était de rendre la torture inoffensive à un vaste public c'est râpé (puis remember la polémique)

On rappelle que le personnage de Kateb est humilié, traîné en laisse, rendu sourd, se chie dessus, est enfermé dans un caisson de bois, termine les séances à moitié dingue... Bref je sais pas ce qu'il vous faut comme degré d'honnêteté dans ce type de séquences.

#18 Kamo

Kamo

    J'ai tort

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Posté 30 December 2019 - 12:09 PM

J'aidit "plus acceptable", pas que c'était la fête du slip dans Zero Dark Thirty, non plus, hein. Dans le Bigelow, c'est vachement cut. Je te dis le waterboarding rien qu'entendre le tortionnaire compter pour arriver à ses trente secondes... Le truc, c'est que Bigelow montre juste assez pour faire "sans concession" sans prendre en compte l'aspect temporel.
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#19 StanleyGrieves

StanleyGrieves

    Liche ta morve

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Posté 31 December 2019 - 11:56 AM

..., puisqu'elle encourage le programme des deux "docteurs en torture", présentés littéralement comme des escrocs sans aucune expérience.


Vu aussi, grâce à votre fil.
J'parlerai pas de l'objet film, j'étais pas ds les meilleures conditions, pis l'intérêt est effectivement ailleurs. J'ai bien aimé la perspective offerte ici, à un point près, quoté au-dessus. J'ai trouvé ces profils tellement proches de la caricature qu'ils en devenaient presque peu crédible. On en peinerait à croire qu'ils aient pu durer aussi longtemps sur l'échiquier, et cela même à considérer le soutien de la station alec.

J'attends d'en savoir plus sur les ramifications internationales orwelliennes pour raccrocher tous les wagons mais en l'état y'a déjà de quoi s'agiter le popcorn.
Thx !

15502129602_c3bcf2efbf_o.jpg .... La "subversion subventionnée" est le Big Crunch libertaire, soit la géronto-modernité de l'anti-matière grise ! .... (Clousclous Card-bit )


#20 Seri Zed

Seri Zed

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Posté 01 January 2020 - 21:11 PM

Pardon je reviens mais... faut ptêtre pas accuser le film de tous les maux non plus hein ^^


Les scènes de torture dans ZDT sont pas forcément les plus réalistes et insoutenables, mais elles sont tout à fait désagréables pour le commun des mortels.

Je suis très peu entouré de geeks-cinéphages IRL, et je connais personne qui s'est dit "Mouais le watertruc c'est pas si pire" (sans blagues...)

Donc si le but était de rendre la torture inoffensive à un vaste public c'est râpé (puis remember la polémique)

On rappelle que le personnage de Kateb est humilié, traîné en laisse, rendu sourd, se chie dessus, est enfermé dans un caisson de bois, termine les séances à moitié dingue... Bref je sais pas ce qu'il vous faut comme degré d'honnêteté dans ce type de séquences.

 

Alors, c'est justement parce qu'elle sont représentées de manière plus ou moins réaliste, que le spectateur a l'impression d'être un grand garçon, conscient des enjeux, lorsqu'il se dit "la torture c'est un mal nécessaire".
Bien évidemment qu'ils sont pas assez con pour faire un film où on te présenterait la torture comme une séance de gili gili qui rendrait hyper coopératifs et sympas d'un coup les gros méchants d'Al Qaeda...

Maya est montrée comme trouvant le spectacle un peu dégueu, mais totalement nécessaire, elle agit donc en pro. Pourquoi ? Parce que la torture est un mal nécessaire. Et c'est ça qu'on vend "au vaste public", et si ça marche, il suffit de lire les gens qui disent "ça va ça m'en touche une sans faire bouger l'autre" ou ça permet aux réacs de montrer qu'ils ont des couilles et qu'ils hésitent pas à faire semblant d'être des bonhommes prêts à prendre des décisions difficiles au nom d'un plus grand intérêt.
C'est assez pathétique, et depuis la sortie des rapports et tel que le présente The Report, ça a rendu ZDT totalement obsolète. Un objet dont l'existence même est devenu le seul intérêt.

 

Bref je sais pas ce qu'il vous faut comme degré d'honnêteté dans ce type de séquences.

 

Sérieux ? Encore ?!
Bon, je t'explique : un film qui se dit "basé sur des faits réels" et qui te dit que la traque de Ben Laden repose sur des infos obtenues par la torture, que la torture est une pratique qui a été interdite par ces foutus ronds de cuir du Sénat qui connaissent rien au terrin, ce qui a compliqué le travail des honnêtes agents de la CIA, risquant de provoquer de nouveaux attentats... C'est ça, texto. Revois le film si tu en doutes. Ou lis les posts ci dessus...

La réalité c'est que l'incompétence et la radicalité de la meuf en question et de sa cellule ont mené au désastre du 11 septembre, et que paniqué par la connerie qu'ils venaient de faire, se sont accrochés à la première idée de connard que deux escrocs leur ont vendu : torturer les prisonniers, ce qui a, in fine, compliqué et ralenti le taf (zero info obtenue, à la place que de l'intox).
Et en passant la traque de Ben Laden n'a rien à voir avec la façon dont on été torturé les prisonniers, les infos menant à sa capture ayant été obtenu autrement.

Un légère différence. Et c'est de ça dont il est question, et c'est de ça que parle The Report lorsqu'à l'intérieur de son récit, il cite le film de Bigelow.
C'est pas une question sur "pour ou contre la torture" ou "la torture parfois c'est nécessaire", ça c'est plié. Y'a pas de débat hein, la torture c'est de la merde et c'est pas en torturant des prisonniers qu'on fait un taf de renseignement correct.


Ce message a été modifié par Moody - 02 January 2020 - 19:26 PM.

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