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The Driver - Walter Hill (1978)


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2 réponses sur ce sujet

#1 uhu

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    J'ai plus de vie sociale

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Posté 30 November 2019 - 01:55 AM

Bon, tandis que tout le monde s'écharpe sur le film de Scorcese (et que Seri Zed prouve encore qu'il a un goût de chiotte), je vais parler d'un film que j'ai vu hier (oui je raconte ce qui me sert de vie), et qui n'a hélas pas eut droit à un topic dédié : The Driver, de Walter Hill (sobrement appelé "Driver" en français).

The Driver met en scène comme personnage principal le conducteur du titre, interprété par Ryan O'Neal.

driver11.jpg

Le conducteur est un pilote-né, un mercenaire qui se fait engager par la pègre afin de leur permettre d'échapper à la police une fois leur "coup" terminé.

Il est aidé dans cette tâche par divers complices, dont Isabelle Adjani:

driver12.jpg

Son antagoniste est un policier, interprété par Bruce Dern, et qui sera prêt à tout pour coffrer son adversaire, quitte à employer des moyens condamnables.

726ful10.jpg

Ce film est extrêmement intéressant, car Hill a adopté des points de vue de mise en scène assez inhabituels, tout en insérant plusieurs codes du Western.

Premier aspect inhabituel, les personnages ne sont jamais nommés. Ils existent à travers leur rôle, leur fonction, qui leur sert d'identité. C'est assez amusant, si on se penche sur le casting, cette volonté est suivie jusqu'au bout : O'Neal est par exemple simplement listé comme "le conducteur". Bruce Dern comme "le détective", et ainsi de suite. De même, il n'y a aucune musique dans le film. Rien. L'environnement urbain, le son des voitures, les rares paroles servent de coulisse sonore. C'est donc un film brut dans tous les sens du terme.

Concernant les codes du Western, bien entendu on les retrouve à travers la structure des personnages, leur rôle évoqué, très classique, mais aussi des véritables duels de revolver, des attaques de banque/saloon et course-poursuites, les voitures remplaçant à la fois les chevaux, et les chiens lancés aux trousses des fugitifs. Un des paroxysme de cette transposition mécanique est une poursuite à voiture dans un entrepôt, où le pick-up du conducteur semble être à la fois le cheval, le personnage épris de vengeance, le chien de chasse...C'est assez fascinant de voir comment Hill, à travers la mise en scène, donne en quelque sorte vie à un tas de métal. Le film est aussi un parfait équilibre entre moralité et amoralité, la conclusion est assez juste. Et nous retranscrit le dilemme : est-ce mieux de mourir riche en prison ou vivre pauvre et en liberté?

Les courses - poursuites en voiture sont extrêmement bien filmées, comme tout le film, et si les rôles peuvent sembler caricaturaux, c'est volontaire, et dans un sens crédible, chaque personnage se donnant véritablement à fond.

En fait, le film pêche AMHA par son côté jusqu'au boutiste. Je pense qu'approfondire un peu les personnages, et mettre un peu de musique dans les moments de suspens n'auraient pas affaibli le film, bien au contraire.

Mais bon, c'est râler à un haut niveau, et au final, c'est une excellente péloche.

5/6.

 

 


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#2 Animal

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Posté 30 November 2019 - 16:53 PM

J'ai l'impression que Hill a voulu épurer, presque jusqu'à l'abstraction, un peu à la manière d'un Jean Pierre Melville.

 

Celà étant dit,  je suis moins enthousiaste que toi sur ce film malgré quelques scènes brillantes, dont la 1ère qu'un certain metteur en scène danois et mégalomane a bien mémorisé, ça manque de fond, de chair pour réellement passionner.

 

Et puis Ryan O'Neal qui ne fait qu'aboyer ses répliques minimalistes ("Move !" "Come !" etc), c'est fatiguant à la longue...

3,5/6



#3 Cat from Hell

Cat from Hell

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 30 November 2019 - 17:03 PM

Pareil. On sent que Hill a voulu réaliser son polar existentiel sous haute influence Melville (persos sans noms, longs silences, tout le monde qui fait la gueule, ensemble épuré jusqu'à l'absurde) mais ça ne lui sied guère, tant le résultat se montre sans vie et désincarné.
Mieux vaut revoir (notamment) 48 Hrs, peut-être moins ambitieux dans ses intentions mais autrement plus fun à mater.   




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