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Les Hirondelles de Kaboul - Zabou Breitman/Eléa Gobbé Mevellec (2019)


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1 réponse(s) sur ce sujet

#1 cool attitude

cool attitude

    Wookie

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Posté 13 September 2019 - 12:01 PM

Les_Hirondelles_de_Kaboul.jpg

 

Les Hirondelles de Kaboul

 

Réalisation: Zabou Breitman et Eléa Gobbé- Mévellec

D’après le roman de Yasmina Khadra.

 

Kaboul, 1998.

Atiq est le chef d’une prison de Kaboul. Il est extrêmement malheureux car sa femme Mussarat est atteinte d’un cancer en phase terminale, l’impuissance de celui ci face à la maladie de son épouse le plonge dans une détresse incommensurable. Ses amis l’incitent à la répudier, mais celui ci s’y refuse catégoriquement car d’une part, il l’aime et d’autre part, celle ci lui a sauvé la vie autrefois.

Nous suivons également la vie quotidienne d’un autre couple, Mohsen et Zunaira.

L’un est professeur d’histoire géographie, l’autre est professeur d’art. Ils regrettent l’époque où Kaboul n’était pas dominé par les Talibans, et caressent l’espoir qu’un jour, la ville soit libre et qu’ils puissent pleinement exercer leurs métiers et se consacrer à leurs passions, sans contrainte aucune.

Cependant, un drame surviendra au cours du récit qui scellera le destin de ces deux couples.

 

J’ai donc vu ce long métrage d’animation Français parlant d’un sujet ô combien difficile et poignant: la dictature exercée par les Talibans en Afghanistan.

Tout d’abord, techniquement parlant, le long métrage est magnifique. Le character design est superbe, les décors sont somptueux et font penser à des aquarelles.

Le graphisme esthétique confère une certaine poésie au film, contrastant fortement avec l’atmosphère pesante et oppressante de Kaboul.

L’animation quant à elle est très fluide et soignée.

 

Soyons clairs: c’est certainement le film le plus triste que j’ai vu cette année au cinéma.

Le film nous montre sans concessions les horreurs perpétrées par les Taliban n’hésitant pas à tuer quiconque s’opposent à eux (femme lapidée, innocents exécutées devant un hôpital).

Plusieurs passages m'ont noué la gorge et fait frémir.

 

Cette idéologie tyrannique et cet obscurantisme religieux en viennent même à consumer l’esprit de gens innocents et à éveiller en eux leurs instincts les plus vils, donnant lieu à des passages qui glacent le sang.

Le long métrage nous donne un aperçu de ce qu’était jadis la vie des habitants de Kaboul où ils pouvaient aller au cinéma, les femmes pouvaient s’habiller librement, alors que sous le joug des Talibans, elles sont perpétuellement contraintes de porter des burkas, le cinéma n’existe plus et les gens n’ont même plus le droit d’écouter de la musique.

Certains habitants ayant connu autrefois un régime plus libre en viennent à s’interroger: doivent ils quitter la ville afin de vivre dans un pays libre ? Où doivent ils lutter de l’intérieur pour rétablir la démocratie ?

La psychologie des protagonistes est très fouillée et complexe et l’un d’entre eux s’humanisera beaucoup au cours de l’histoire, sans jamais que cette évolution ne semble trop abrupte. Chacun d’entre eux est intéressant et touchant.

Les Hirondelles de Kaboul est un film résolument dur, déchirant et très sombre.

 

Il est néanmoins à voir absolument, d’une part parce qu’il est excellent, passionnant et qu’un vrai suspense caractérise le récit, et d’autre part, il souligne à quel point les dictatures et l’extrémisme religieux sont des fléaux  à combattre ardemment.

Un grand bravo aussi à l’ensemble des comédien(ne)s qui livrent des prestations d’une incroyable justesse, mention spéciale à Zita Hanroh la voix de Zunaira (qui livre une interprétation déchirante lors d’une scène clé) et Simon Abkarian sur Atiq.

Un des tout meilleurs films d'animation que j'ai vu cette année, assurément.

 

6/6



#2 Rudolf

Rudolf

    Gremlins

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Posté 13 September 2019 - 14:08 PM

Je l'ai vu il y a quelques jours.

 

Bon, ce n'est pas mal, mais ce n'est pas non plus un grand dessin animé (pour citer un autre dessin animé qui se passe en Afghanistan, j'ai très largement préféré Parvana). Les graphismes sont intéressants, mais ça manque vraiment de vision artistique et d'idées forte d'animation. Les personnages sont moyennement intéressants (j'ai même trouvé le mari prof totalement inintéressant et antipathique, même la femme je ne l'ai pas trouvée intéressante, seul le géôlier sort du lot). L'histoire se laisse suivre sans déplaisir, mais sans fulgurance dans le récit ou la mise en scène.

 

En tout cas, il a le mérite de proposer une histoire dans un cadre original (l'Afghanistan) qu'on ne peut pas trop filmer en prises de vue réelles sans se faire égorger, ce qui lui permet de se différencier de la masse, mais ce n'est pas ça qui lui permet vraiment d'être une oeuvre artistique marquante car il lui manque tout simplement une vision d'artiste. Dans le même genre "dessin animé historique, réaliste, triste et fataliste", Les Hirondelles de Kaboul, ce n'est ni Le Tombeau des Lucioles, ni Valse avec Bachir (et ce n'est pas Jin-Roh non plus, bien que ça ne se passe pas dans un vrai cadre historique, mais ça en est proche dans l'ambiance, le côté réaliste et le ton fataliste): on en est trèèès loin.






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