Aller au contenu


Photo

Pierre Salvadori


  • Please log in to reply
28 réponses sur ce sujet

Sondage : Pierre Salvadori (4 membre(s) ont votés)

Vous êtes plutôt :

  1. Math sup ? (0 votes [0.00%])

    Pourcentage des votes : 0.00%

  2. Math spé? (0 votes [0.00%])

    Pourcentage des votes : 0.00%

  3. Math sup... Math spé... Vous hésitez encore (4 votes [100.00%])

    Pourcentage des votes : 100.00%

Vote Les invités ne peuvent pas voter

#1 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 08 August 2018 - 10:13 AM

22503-0.jpg

Suite à la discussion sur Pierre Salvadori sur le topic de la comédie française je me suis dit que le réal valait bien un topic, surtout que les avis sur Dans la cour m'ont donné envie de réessayer le film et que son prochain devrait sortir en octobre 2018.

Salvadori, de loin, ça ressemble à de la comédie française lambda, mais on se rend compte rapidement que chacun de ses films, même les plus "construits" et "mécaniques", baignent dans une atmosphère un peu mélancolique, avec ses personnages toujours sur la brèche, une "douce nostalgie chaude et un peu triste" pour reprendre un mot que j'aime bien de Vermithrax Pejorative.

Certes ce n'est pas forcément un grand formaliste, mais il réussit souvent à amener des choses très visuelles dans ses ressorts comiques (le coup de la vitrine dans les apprentis, les jeux de reflets dans Hors de Prix, le générique de Dans la cour et ses bulles de savons géantes).

A côté de ça, c'est évidemment un grand scénariste, avec une science du dialogue, ceux des Apprentis étant un plaisir de lecture même en dehors du film.
Tu parles, tout ce que tu ramènes, tu le piques ! On bouffe que ce qui rentre dans tes poches... Du poisson pané, des sardines en boite... On bouffe que des trucs carrés !

Et c'est aussi un très bon directeur d'acteurs, il utilise fréquemment les mêmes et n'hésite pas à se servir d'eux comme double, ce que sera Depardieu dans ses premiers films et dont la disparition a sûrement été très dure pour Salvadori tant il est lié aux films et à l'univers du réal (alors que de mes souvenirs d'entretiens il ne voulait pas de lui pour Cible émouvante)


Je vais éviter une bio trop wiki pour me contenter d'un petit moment filmo :

1993 : Cible émouvante, son premier, encore maladroit mais déjà bien à part, une histoire de vieux tueur à gages en compétition permanente, accompagné d'un marginal lui servant vaguement d'élève. Le film a une grosse influence anglaise, revendiquée par Salvadori qui évoque les comédies noires du studio Ealing.

1995 : Les Apprentis, film culte, nécessairement son film le plus important, celui auquel tout le monde se réfère. Etrangement on voit souvent le film apparaître dans les tops de comédie à côté de trucs comme Quatre garçons plein d'avenir ou les comédies du Splendid, alors que derrière les répliques et les situations comiques il y a un vrai truc cafardeux, hyper bien rendu par le duo Depardieu-Cluzet.

1998 : Comme elle respire, dans la continuité des deux autres, celui où on voit le plus les références américaines de Salvadori, et un film qui ne dévie pas de son postulat et de son personnage fantasque joué par Marie Trintignant.

2000 : Le détour (téléfilm), pas vu

2000 : Les Marchands de sable, son film le plus noir et son plus raté à mon sens, bizarrement lorsqu'il lâche complètement la comédie pour cette sorte de version polar de Dans la cour, son univers se fait moins marquant.

2003 : Après vous, début de sa "trilogie" screwball à la française, des quiproquos, des instants de pure comédie (le "sale pute" le plus drôle), même l'habituel personnage de dépressif est ici tourné en ridicule. José Garcia ne sera jamais aussi bon qu'ici.

2006 : Hors de prix, un de mes films préférés. Derrière le vernis de la comédie romantique, c'est tout de même un film sur des personnages vénaux qui se font entretenir par de riches oisifs essayant d'oublier leur solitude. Gad Elmaleh est surprenant en naïf perdu et le pari de faire d'Audrey Tautou une séductrice est relevé haut-la-main. c'est aussi formellement son plus clinquant, avec des cadres très travaillés, et des idées de plans à tomber.

2010 : De vrais mensonges, c'est plaisant, mais c'est aussi franchement raté, hélas. Pour le coup Salvadori semble avoir eu beaucoup de mal avec celui-là, l'écriture a été selon ses dires fastidieuse et ça se ressent un peu, on n'y retrouve pas la fluidité du précédent.

2014 : Dans la cour, bien aimé mais ça reste un peu en dessous de ses meilleurs pour moi

2018 : En liberté !, le nouveau à venir avec Pio Marmaï en lead :love:

 
En dehors de ça Salvadori a l'air fréquemment détendu en interview et n'hésite pas à se livrer :
En 2005, juste avant Hors de prix, attention ça balance Rivette style

Et pour ceux qui ne connaitraient pas encore, vous pouvez découvrir (presque) tout avec ce coffret :
https://video.fnac.c...?omnsearchpos=5



#2 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 08 August 2018 - 10:38 AM

Quelques avis épars sur mad :

Sur Les Apprentis
 

 

Les Apprentis de Pierre Salvadori
Au niveau de la mise en scène c'est complétement bateau.


Et en même temps, certains gags sont purement visuels, et ils sont réussis grâce à cette mise en scène.
Le coup du la vitrine qui explose, métaphore visuelle de ce que ressent Depardieu à ce moment là, c'est de la pure mise en scène.
Et je n'ai pas l'impression de voir ce genre de truc très souvent, en France tout du moins.
Potentiellement, Salvadori est à mon sens un vrai bon réalisateur de comédie, qui ne se contente pas de "bien" diriger des vedettes de one-man show...
(potentiellement, parce que son dernier film est un peu raté).

 



Sur Hors de Prix
 

Hors de prix de Pierre Salvadori
Une comédie romantique très sympathique sur un thème pourtant pas très joyeux, les femmes entretenues et les gigolos. Audrey Tautou est épatante en profiteuse aux gouts de luxe et Gad Elmaleh retrouve un rôle d'amoureux ahuris dans la veine de "La doublure" en nettement plus convaincant. Le ton enjoués et les décors de luxe évoque fortement "Quatre étoiles" sorti plus tot dans l'année (et on retrouve cette influence comédie américaine tendance Lubitsch/Wilder) en moins drole mais en plus touchant. Un très bon moment avec un couple d'acteurs épatants. 5/6



Sur De vrais mensonges
 

 

Pour ce qui concerne la mise en scène, même si on est loin de la perfection, force est de constater qu'avec le temps, Salvadori a gagné en élégance et nous balance parfois quelques cadres bien sentis et de jolis mouvements de caméra. On sent qu'il a beaucoup progressé de ce côté là, même si le cadre de l'histoire est plus proche d'un Plus belle la vie que d'autre chose. L'aspect boulevardier aurait facilement pu rendre l'ensemble cheap, et c'est rarement le cas, même si, comme pour pas mal de films français, une vraie direction artistique ne ferait pas de mal.


Je ne serais pas aussi enthousiaste... J'ai l'impression qu'à force de chercher l'efficacité, il tombe sur trop d'artificialité... ça se ressent aussi sur la direction artistique un peu trop clinquante et le scénario, où des répliques font trop "mot d'auteur" ("faut pas avoir fait wembley" -surtout que c'est surligné par la réplique de Bouajila, "elle peut te casser la jambe pour que tu danses à son pas") et où le personnage de Bouajila, carrément polyglotte à l'unesco, force trop le décalage social avec le perso de Tautou)... Bref, à force de chercher le scénar où tout s'emboîte et où personne n'est laissé de côté, je trouve que Salvadori se perd un peu dans des idées pas vraiment convaincantes et qui nous écartent trop d'une possible identification (comme effectivement cette manière de terminer l'intrigue de Nathalie Baye par ce qui n'est pas loin
Spoiler
, ce qui à quelques encablures du happy end, la fout un peu mal).

 


Plutôt d'accord avec Brutt pour le coup mais Vaughan :love:



#3 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 08 August 2018 - 10:51 AM

Et je regroupe du coup les avis sur Dans la cour :
 

Bon, c'est pas *exactement* une comédie - bien que ce soit vendu comme tel - mais je me suis dit que j'allais en parler ici.

Voilà, plus de vingt ans après Les Apprentis, je me disais que Salvadori, au vu de ses derniers titres, c'était du lointain passé, un nom qui évoquait une douce nostalgie chaude et un peu triste. Et puis j'apprends l'existence ce matin de Dans La Cour, sorti il y a 4 ans déjà. Kervern, Deneuve et des critiques assez enthousiastes. Curieux, je trouve la chose dans la journée.

Bordel. La tendre balayette que voilà. J'en suis tout retourné. Ça commence sur une scène con en guise de note d'intention, à laquelle assiste Kervern dans un parc : deux mecs qui s'engueulent sur comment faire des bulles de savon. Légèreté et gravité, et comment elles cohabitent. Je peux pas en dire beaucoup plus, sinon que Kervern est formidable en Droopy parisien, Deneuve parfaite en bobonne qui perd doucement le sens des réalités, et que j'en ai chialé à plusieurs reprises.

Spoiler


Salvadori, personne ne parle de la dépression comme toi. T'es un bon, continue de nous faire des films. Continue de nous faire rire et pleurer.

Un bon 5/6 (quelques menus défauts, mais rien de grave au regard des sentiments que le film suscite)


Je suis comme toi, j'avais adoré à sa sorti mais voila la déprime du truc. Le personnage de Kervern est un vrai trou noir qui absorbe toutes les émotions et sentiments positifs (chose d'autant plus terrible en ce qui me concerne que j'ai une personne proche dans le même cas). Je crois que la scène qui ma le plus remué c'est le retour dans la maison d'enfance.


A l'époque et en d'autres lieux, j'avais écrit cette petite bafouille sur le film :
 


Le film est bourré de bons acteurs et explore la dépression, la désillusion et la folie de manière remarquablement honnête tout en mélangeant ça de manière assez équilibrée avec des éléments comiques au point de donner alternativement envie de se marrer et de se tailler les veines... Mais tout ça s'écroule à la toute fin dans une pirouette indigne où Salvadori rend les armes et solde l'évolution des personnages avec un pseudo-évènement déclencheur suivi d'un discours didactique en voix off pour bien nous expliquer tout ce qui s'est passé mais qu'il ne nous a pas montré parce que c'était trop compliqué.
(désolé d'être cryptique, mais sinon je spoile la fin)
Bref, un film qui ne raconte que la moitié de ce qu'il aurait dû raconter, manque 6 mois de boulot sur le scénar.


Pas revu depuis mais cette fin me reste en travers de la gorge (après je sais pas pourquoi, je me souviens surtout du monologue de Pio Marmaï, qui m'avait scotché par sa tristesse épuisée)...

Salvadori, personne ne parle de la dépression comme toi.


Après, pour sa santé et son bonheur personnel, je ne suis pas sûr qu'il faille lui souhaiter de creuser le thème de la dépression... Quand Salvadori insiste en interview pour dire qu'il a nommé le personnage principal Antoine parce que c'est son deuxième prénom (et que par ailleurs dans Les Apprentis, le personnage dépressif se rêve comme par hasard scénariste de comédie) ou quand il te sort des trucs comme ça en réponse à une interview à la con :

Qu’est-ce que tu prends ?
Holà… [il rit] Moins souvent qu’avant, ce que je prends quand je le prends, c’est très agréable et très voluptueux, mais je peux plus le prendre comme avant. Je suis trop vieux. Je mets des jours à m’en remettre. C’est fort, hélas. J’en ai quand même pris un peu pendant le festival.


, tu n'as pas trop de mal à comprendre d'où vient le personnage de Kervern...
J'ai l'impression que son prochain film est plus lumineux, on croise les doigts (et ce coup-ci c'est Pio Marmaï qui s'appellera Antoine).

 



Après Vous et Hors de Prix, c'est chouette, mais je n'y ai pas senti ce vertige que mes procurent Les Apprentis à chaque vision. Et désormais ce Dans la cour le rejoint. Après faudrait peut-être que je les revois.

Et, perso, la fin de Dans La Cour m'a tétanisé. J'ai senti les larmes monter une fois le générique fini. C'est une des rares fois où

Spoiler


Autrement dit, Brutt, je diverge quant à ton sentiment sur cette fin. Je la trouve parfaite, inattendue, brusque, comme dans la vie. Et ce bref monologue en dit finalement tellement en très peu de mots.

Mais clair, on sent tout le potentiel dépressif de Salvadori dans ses films.

(Bon, le fait que je m'appelle Antoine doit jouer dans l'adhésion à ses persos dépressifs, aussi :sweat: )

 

Pour le coup la fin des Apprentis me semble beaucoup plus satisfaisante, le film suit vraiment tout le parcours dépressif du personnage de Cluzet dans une évolution logique marquée par des événements forts dans la dramaturgie. Là, pour le perso de Deneuve ça m'a semblé moins bien tenu (après, bon, faudrait que je revoie le film)(cette discussion m'a donné envie de le revoir, en fait).


Pio Marmaï m'a impressionné dans "Dans la cour" (que j'ai kiffé, perso). Et ouais le prochain Salvadori a l'air franchement cool, vivement.
(Et Après Vous ça TUE)

 

Je devrais peut être poster ça dans le topic des moments de solitude, mais Dans la cour je l'avais maté avec ma mère qui me demandait une comédie pour la détendre après qu'on ait veillé mon grand-père jusqu'à sa mort. Un bon choix :pouce:

Sorti de ces considérations, c'était pas au niveau d'un Hors de prix, même en prenant en compte le fait que les intentions sont assez différentes. Par contre le pitch et le casting du prochain donnent pas mal envie.

 
 
Revu du coup et je serais moins véhément que lors de la découverte, y a du très bon dans le film, par contre sans être aussi catégorique que Brutt, la fin me semble aussi un peu trop didactique (surtout après les plans du SAMU, hyper sobres et délicats) mais surtout, j'ai du mal avec Kervern, je crois que c'est ça qui m'avait sorti peu à peu du film. Les intonations basses, les murmures font certes partie du personnage mais ça manque un peu de justesse ou de quelque chose de plus physique. Kervern c'est avant tout une masse un peu gauche là où Depardieu ou Cluzet composait la dépression jusque dans leur physique. Et je trouve que le film aurait gagné à intervertir les rôles de Pio Marmaï et de Kervern (Pio, si tu me lis, je te kiffe).

A côté de ça, il y a des purs moments de spleen, effectivement ce générique sur la dérisoire dispute des faiseurs de bulles de savon est une grande réussite et certains des dialogues sont très justes (Le matin ça ne va pas et j'ai peur et le soir ça va mieux et j'ai honte, dit par Deneuve, hyper touchant et bien vu dans son portrait de la dépression), les situations sont toujours imprégnées de malaise mais avec un véritable amour pour les personnages, lorsque Deneuve se met à gueuler sur les nouveaux habitants de son ancienne maison, la situation est très angoissante mais on ne peut s'empêcher de lui donner raison sur son chêne.

Salvadori le dit lui-même dans l'entretien sur le dvd mais le film est construit sur deux anciennes idées distinctes, celle de l'histoire du concierge cherchant à se retirer du monde et celle d'une personne se mettant soudainement à ressentir une angoisse irrationnelle. Et je trouve que le scénario n'arrive pas à bien faire vivre ces deux histoires.

Par contre, ça m'avait moins marqué la première fois, mais en ayant lu le bout d'article de Brutt sur la drogue j'ai été frappé par les passages en parlant dans le film, de façon assez frontale (le premier partage entre Pio et Gustave est d'ailleurs bien glaçant).

Et pour finir, dans son entretien Salvadori explique que l'histoire du personnage de Deneuve lui est en partie inspirée par les nouvelles de Carver, où des personnages voient leur réalité et leurs certitudes bouleversées par des événements anodins et par la seule force de leur inconscient, et je n'avais pas fait le rapprochement jusqu'alors mais c'est effectivement souvent le cas dans ces films, cette influence de Carver (c'est du bon mangez-en).



#4 tonton

tonton

    DJ Zero

  • Members
  • 13059 Messages :

Posté 08 August 2018 - 11:39 AM

Je dis oui pour ce topic.

OUI !!!

(Jamais vu Hors de prix, par contre... :sweat: )


Image IPB

#5 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

  • Members
  • 14523 Messages :
  • Profil:Homme

Posté 08 August 2018 - 11:39 AM

Et c'est aussi un très bon directeur d'acteurs, il utilise fréquemment les mêmes et n'hésite pas à se servir d'eux comme double, ce que sera Depardieu dans ses premiers films et dont la disparition a sûrement été très dure pour Salvadori tant il est lié aux films et à l'univers du réal (alors que de mes souvenirs d'entretiens il ne voulait pas de lui pour Cible émouvante)

C'est effectivement Rochefort qui le lui a conseillé, Salvadori renâclant un peu devant l'étiquette "fils de" avant d'être conquis dès le premier rendez-vous.

Au passage je (re)conseille cette interview faite par Rebecca Manzoni à la sortie de "Dans la cour", primo parce que c'est Rebecca Manzoni donc c'est bien, deuxio parce que Salvadori s'y livre comme rarement, et notamment sur sa relation avec Guillaume Depardieu (et la famille Depardieu en général, voire l'anecdote révélatrice sur une scène culte des Apprentis, que je vous laisse découvrir :mrgreen: ) : https://www.francein...-27-avril-2014

(bon après je sais pas combien de temps ça restera en ligne, déjà 4 ans...)

 

 

 


Par contre, ça m'avait moins marqué la première fois, mais en ayant lu le bout d'article de Brutt sur la drogue j'ai été frappé par les passages en parlant dans le film, de façon assez frontale (le premier partage entre Pio et Gustave est d'ailleurs bien glaçant).

Je me suis fait la réflexion qu'il y avait toujours au moins une scène d'"état modifié de conscience" dans chaque film de Salvadori... ça passe le plus souvent par l'ivresse (la biture dans l'escalier dans les Apprentis, les descentes de bouteille dans Après Vous... (avec José Garcia en sommelier), voire les 2 scènes qui se répondent dans Les Apprentis et Hors de Prix où dans l'un Judith Henry dit qu'en buvant l'après-midi elle a l'impression d'être en vacances et dans l'autre Audrey Tautou dit que ça lui donne l'impression d'avoir un secret), plus rarement par les drogues dures, mais on retrouve quand même l’héroïne brune de "Dans la Cour" dans le seul film de Salvadori qui n'est pas une comédie : "Les marchands de sable", qui traite du trafic d'héroïne même si ça n'est pas complètement central dans le film. Une autre facette encore est la scène où José Garcia "pirate" la morphine de son voisin d'hôpital dans "Après vous...".

Ce qui est marquant dans toutes ses scènes c'est que jamais Salvadori ne culpabilise ses personnages sur leurs usages, bien au contraire, ces états modifiés sont souvent présentés comme des moments de plénitude et d'abandon, rares instants où des personnages cassés arrivent à se détacher du monde.

 

EDIT : L'entretien de filmdeculte mis en lien dans le premier message est magique ! L'ambiance de merde que ça devait être, ce jury :mrgreen:



#6 molasar

molasar

    J'ai plus de vie sociale

  • Members
  • 6241 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:Parfois parisien, souvent normand!

Posté 09 August 2018 - 09:36 AM

Chouette topic, j'aime également beaucoup Salvadori, un des rares auteurs de comédie (dramatique  :wink: ) française dont je suis la carrière (avec le petit Emmanuel Mouret que j'aime bien aussi  :blush: )   

"Dans la cour" son dernier m'avait vraiment surpris, je le trouvais proche des "apprentis" mais en plus désespéré, plus noir, moins léger...plus dramatique que vraiment drôle en fait, comme si les gentils "loosers" des "apprentis" n'avaient plus assez d'énergie pour rebondir. Un très bon film en tout cas  qui m'a touché et qui aurait mérité d'avoir un peu plus de succès.

Je garde également un bon souvenir de "comme elle respire" et "cible émouvante", pour ce dernier Prosopopus parle de l'influence de la comédie anglaise, ce n'est donc pas étonnant que les anglais aient remaké le Salvadori avec le sympathique "petits meurtres à l'anglaise". Il faut que je voie "hors de prix" et "après vous" que j'avais curieusement zappés à l'époque, sinon bonne nouvelle pour la sortie prochaine de son nouvel opus, on "uppera" ce topic donc.  :smile:

 

Une pensée aussi pour l'excellent et regretté Guillaume Depardieu, qui aura contribué à rendre mémorables les films de Salvadori (et aussi "Versailles", "Pola X", "Le pharmacien de garde" -si, si!!-...) ...la dernière partie des "Apprentis" est superbe mais je ne la trouve plus sur Youtube hélas...:

 

"ça fait des mois que j'ai parlé à personne il va me falloir trois heures de sieste pour m'en remettre!"   :LSHaPXD:  :HMr2Umk:  :sad:  :pouce:

   

 

 

 

Salvadori, de loin, ça ressemble à de la comédie française lambda, mais on se rend compte rapidement que chacun de ses films, même les plus "construits" et "mécaniques", baignent dans une atmosphère un peu mélancolique, avec ses personnages toujours sur la brèche, une "douce nostalgie chaude et un peu triste" pour reprendre un mot que j'aime bien de Vermithrax Pejorative.

A côté de ça, c'est évidemment un grand scénariste, avec une science du dialogue, ceux des Apprentis étant un plaisir de lecture même en dehors du film.
Tu parles, tout ce que tu ramènes, tu le piques ! On bouffe que ce qui rentre dans tes poches... Du poisson pané, des sardines en boite... On bouffe que des trucs carrés !

Et c'est aussi un très bon directeur d'acteurs, il utilise fréquemment les mêmes et n'hésite pas à se servir d'eux comme double, ce que sera Depardieu dans ses premiers films et dont la disparition a sûrement été très dure pour Salvadori tant il est lié aux films et à l'univers du réal (alors que de mes souvenirs d'entretiens il ne voulait pas de lui pour Cible émouvante)
 



#7 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 09 August 2018 - 10:45 AM

(attention post news à la fanatic)
 
Le prochain c'est donc En liberté ! qui promet beaucoup avec son mix de comédie, de film d'action et de drame et son histoire à tiroir. En gros une veuve de policier, elle-même policière, fait vivre la légende de super flic de son mari, en racontant à leur enfant ses exploits plus ou moins fantasmés, mais découvre en parallèle qu'il était en réalité un ripou, ayant notamment fait emprisonner un innocent pour une arnaque à l'assurance, lequel sort justement de prison après huit ans...
 
MV5BYzkxY2Y3NTgtNDhlYS00NTk5LWFhN2ItMWY2
 
 
 
Le film a été présenté à la dernière quinzaine des réalisateurs de Cannes et s'est offert de très bonnes critiques (malheureusement nos envoyés sur place n'en ont pas parlé, et Dirty ne s'était pas bougé sur Cannes...), ainsi qu'un prix, comme le dernier Noé (ce qui est amusant , tant les deux réals peuvent sembler opposés). On y retrouve donc Pio Marmaï en lead, dans le rôle de l'innocent emprisonné et Adèle Haenel dans celui de la veuve (plus Elbaz et Tautou dans des seconds rôles). Beau casting du coup, surtout qu'en plus de kiffer Pio Marmaï j'aime beaucoup Adèle Haenel, qui était très bien dans Les Combattants et dans 120 battements par minute.
 
J'ai trouvé ce petit entretien avec le directeur de photo du film, angle intéressant pour évoquer le film et les références plastiques voulues (les comédies de Demme notamment) :
https://www.afcinema...-Salvadori.html
 
36398-en_libert____claire_nicol.jpg

 

EDIT : L'entretien de filmdeculte mis en lien dans le premier message est magique ! L'ambiance de merde que ça devait être, ce jury :mrgreen:


Oui, ça m'a bien amusé aussi, j'aime bien la réflexion sur Schumacher (C'est un facho, nan mais si ça se trouve c'est juste un con).
Par contre j'ai été étonné de le voir rejeter les films de Blier, je trouvais aussi qu'il y avait une certaine filiation entre les deux, même si Salvadori semble plus sentimental.

#8 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

  • Members
  • 14523 Messages :
  • Profil:Homme

Posté 09 August 2018 - 14:54 PM

Tiens, je signale ce doc qui vaut le coup, 50 minutes sur le parcours et le boulot du réalisateur.

Et pour la curiosité, il existe apparemment un remake bollywoodien de "Après Vous..." :

(on passe de l'univers des brasseries à celui du théâtre)



#9 Doc Vicious

Doc Vicious

    Scarlatine Johanpouf

  • Members
  • 23512 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:Millennium Falcon

Posté 09 August 2018 - 15:07 PM

 Pio Marmaï 

 

Ahhh mais c'est lui dans ce film sur le tournage "Les Amours d'Astrée et de Céladon" d'Eric Rhomer. Il était très bon, et le film très drôle. J'avais même vu l'original dans la foulée.

 

Sinon Salvadori c'est le top du cinoche français actuel. "Cible émouvante", "Les Apprentis", "Comme elle respire" et "Hors de prix", c'est priceless (gag). "Dans la cour" marque léger un recul dans la qualité, je trouve.


tumblr_n1jtr2jZ2u1r07qdko6_r1_250.gif


#10 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 09 August 2018 - 16:03 PM

Ahhh mais c'est lui dans ce film sur le tournage "Les Amours d'Astrée et de Céladon" d'Eric Rhomer. Il était très bon, et le film très drôle. J'avais même vu l'original dans la foulée.

 

Oui, c'est Maestro, j'en parlais aussi, j'aime beaucoup comme toi, c'était pas gagné vu la filmo de la réal mais c'est une sorte de La nuit américaine en plus réussi je trouve, tous les acteurs sont très bons (il a un tout petit rôle mais j'aime bien Micha Lescot aussi, qui avait joué Proust pour les adaptations télé de la Recherche).

Mes condoléances pour le Rohmer...

 

Merci Brutt, j'essaierai de regarder l'entretien (le bollywood c'est moins sûr...) (j'ai le remake de Happy Madison à mater d'abord...)



#11 Doc Vicious

Doc Vicious

    Scarlatine Johanpouf

  • Members
  • 23512 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:Millennium Falcon

Posté 09 August 2018 - 17:19 PM

Mes condoléances pour le Rohmer...

 

Pas de souci, j'ai survécu. Lui par contre  :sad:


tumblr_n1jtr2jZ2u1r07qdko6_r1_250.gif


#12 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

  • Members
  • 14523 Messages :
  • Profil:Homme

Posté 09 August 2018 - 18:03 PM

tous les acteurs sont très bons

Pour une fois qu'Alice Bélaïdi ne se fourvoie pas dans une croûte indigne de son talent...



#13 tonton

tonton

    DJ Zero

  • Members
  • 13059 Messages :

Posté 10 August 2018 - 07:33 AM

Ha ben hier soir en cherchant une merde à mater sur amazon prime je suis tombé sur... Hors de Prix.

C'était pas gagné avec Gad Elmaleh et Audrey Tautou mais j'ai trouvé ça super. Elmaleh fait du Elmaleh mais ça fonctionne bizarrement bien ici, notamment quand il fait le mec bourré ou le prince ("La chambre d'amis d'amis", ça m'a tué). Et Tautou est super avec ses petites touches de vulgarité sous le vernis du luxe. J'aime bien comment des moments ratés deviennent touchants (la crique dans le noir). Le film est moins frontalement dépressif que les autres Salvadori (bon il y a des petites remarques cheloues qui font qu'on n'oublie pas que c'est un Salvadori, comme le "ça fait 4 ans que j'ai pas vu la pluie") par contre le sujet, même s'il est abordé de façon légère, est effectivement assez glauque (la séquence où Tautou recherche une nouvelle proie avec son carnet d'adresse :mellow: ).


Image IPB

#14 Postscriptom

Postscriptom

    Gremlins

  • Members
  • 1220 Messages :

Posté 25 August 2018 - 06:31 AM

Une émission du Cinéma Est Mort (datant de 2010) sur Salvadori :

 



#15 conanlebarbare

conanlebarbare

    Wookie

  • Members
  • 2891 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:Paris

Posté 25 August 2018 - 08:07 AM

En lisant ce topic je me suis rendu compte que - malgré le fait que j'avais beaucoup aimé les Apprentis - je n'avais jamais vu d'autres films de Salvadori !

 

séance de rattrapage donc

 

J'ai beaucoup aimé Hors de prix et Aprés vous

c'est forcement un peu réducteur mais je dirais que Salvadori fait des comédies "élégantes" 

(ce qui est plutôt rare comparé à toutes les comédies balourdes ou beaufs qu'on subit à longueur d'années )

hors de prix est en plus un régal pour les yeux

 

Cible émouvante, malgré Rochefort, est un cran en dessous à cause d'un scénario qui a du mal à surprendre 

 

Dans la cour, comme ça a été déjà dit par Prosopopus : regarder Garcia ou Cluzet être dépressif c'est drole

regarder Kervern être depressif c'est juste déprimant

 

De vrais mensonges, un coté mauvais sitcom, une histoire peu passionnante, ça manque d'un duo qui fonctionne comme Cluzet - Depardieu / Elmaleh -Tautou / Auteuil - Garcia, pas du tout convaincu par celui-là

 

En tout cas voila un auteur de comédie qui a son propre style et dont on parle, il me semble, trop peu 

Hate de voir En liberté !


"On s'est fait doubler !" : un court-métrage pour réunir les voix légendaires du doublage Français

Le sujet sur Mad : http://www.mad-movie...showtopic=37490


#16 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 25 August 2018 - 08:58 AM

Je n'avais pas vu tous ces chouettes retours.

tous les acteurs sont très bons

Pour une fois qu'Alice Bélaïdi ne se fourvoie pas dans une croûte indigne de son talent...

Mais oui ! Tout à fait.
J'avais vu Radiostars plutôt bien perçu, notamment sur le topic des comédies françaises mais j'avais trouvé ça complètement quelconque, par contre elle a une apparition, hypra vulgos, en tant que nana du rappeur, elle est géniale. Elle est vraiment sous-exploitée en général dans des comédies nazes (j'ai vu Gorilles y a peu... Mon dieu...) (oui, on est pas au top de la cinéphilie tous les jours) (par contre je me suis demandé si c'était l'influence des Weber, de Broca ou Leconte qui faisait qu'on se payait toutes ses comédies d'action mal branlées).

@tonton : :love: quand je vois ce post je me dis que tu n'en fais plus assez... Hors de prix, c'est exactement ça, Salvadori tire la vieille comédie ricaine vers des choses plus terre-à-terre, parasitant la comédie sentimentale sans en avoir l'air avec des persos n'hésitant pas à aller assez loin dans leurs travers et leurs comportements borderline.

@conan : plutôt d'accord avec ce que tu dis (il te manque Comme elle respire qui est vraiment bien). Pour De vrais mensonges, Salvadori précise souvent en entretien que le film a été difficile à finaliser au niveau de son scénario ceci expliquant peut-être l'aspect un peu forcé du film.

#17 conanlebarbare

conanlebarbare

    Wookie

  • Members
  • 2891 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:Paris

Posté 25 August 2018 - 10:06 AM

Comme elle respire c'est prévu mais mon cousin albanais est long à la détente sur celui-là

 

et pour Hors de prix je rajouterais que quand tu mets l'histoire à plat c'est quand meme un mec qui devient pute pour pouvoir continuer à fréquenter la pute dont il est amoureux...

Pas évident d'en tirer une jolie comédie romantique


"On s'est fait doubler !" : un court-métrage pour réunir les voix légendaires du doublage Français

Le sujet sur Mad : http://www.mad-movie...showtopic=37490


#18 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

  • Members
  • 14523 Messages :
  • Profil:Homme

Posté 26 August 2018 - 09:25 AM

@conan : plutôt d'accord avec ce que tu dis (il te manque Comme elle respire qui est vraiment bien). Pour De vrais mensonges, Salvadori précise souvent en entretien que le film a été difficile à finaliser au niveau de son scénario ceci expliquant peut-être l'aspect un peu forcé du film.

De mémoire, il a aussi dit en interview que le film était un peu surproduit et qu'il avait donc un côté un peu clinquant qui noyait le propos... Je pense que c'est en réaction à ça que Dans la cour est un film moins apprêté...

P.S : Personne n'a rebondi sur l'interview de France Inter que j'avais mise en lien, je lâche donc le scoop de l'entretien en spoiler :
Spoiler


#19 Captain Cavern

Captain Cavern

    Faut que j'aille dormir

  • Members
  • 10486 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:In bed with Melissa auf der Maur

Posté 21 September 2018 - 19:56 PM

Bande-annonce de En liberté :

 


Science, progress, laws of hydraulics, laws of social dynamics, laws of this, that, and the other. No place for three-legged cyclops in the South Seas. No place for cucumber trees and oceans of wine. No place for me.

#20 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

  • Members
  • 2375 Messages :
  • Profil:Homme
  • Location:to infinity... and beyond !!!

Posté 21 September 2018 - 20:08 PM

Le coup de la fumée de la clope avec le sac :love:




0 utilisateur(s) en train de lire ce sujet

0 membre(s), 0 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)