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Thomas Pynchon


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13 réponses sur ce sujet

#1 Ed Wood

Ed Wood

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 26 September 2008 - 06:26 AM

Je ne connaissais pas du tout cet auteur qui apparemment serait culte outre atlantique, mais j'ai entendu parler de ce roman au Grand Journal et le pitch a l'air génial. Une sorte de fresque d'aventure à la Jule verne. jugez un peu:

9782757814673.jpg

 

Contre-jour

"Face au jour est un roman foisonnant, multiple, plein de rebondissements, qui couvre la période située entre 1893, à Chicago, et le début des années 1920, à Paris. L’auteur y évoque les luttes anarchistes dans l’Ouest américain, décrit le New York du tournant du siècle, et nous entraîne aussi en Europe, en Asie, dans le Mexique de la révolution, ainsi que dans « un ou deux endroits qui ne sont pas à proprement parler sur la carte du monde ». Une multitude de personnages de fiction (aéronautes, espions, scientifiques fous, prestidigitateurs, amateurs de drogue, etc.) côtoient quelques personnages historiques (Franz Ferdinand, Groucho Marx, etc.).
Mais au cœur du livre se trouve la famille Traverse, qui en est le fil rouge. Webb, le père, un mineur syndicaliste volontiers dynamiteur et bientôt exécuté par les sbires du magnat Scarsdale Vibe. Ses quatre enfants, Frank, Reef, Kit et Lake sont tous hantés par la mort de leur père. Les deux premiers, Frank et Reef, n’auront de cesse de le venger. Kit, lui, se trouve dans une position ambigüe dès lors que ses études à Harvard sont financées par Vibe. Quant à Lake, elle épouse un des meurtriers de Webb… Le lecteur suit avec passion leurs parcours respectifs tout en s’immergeant dans les théories scientifiques de l’époque, notamment celles sur la lumière et la gémellité.
L’histoire est encadrée, ou survolée plutôt, par un groupe de jeunes aéronautes, la Confrérie des Casse-Cou, qui, de leur montgolfière, jettent un regard surplombant sur le développement planétaire de cette fiction à bien des égards décoiffante."

Ca m'a l'air génial mais il est encore un peu trop cher (35 euros quand même, même si l'édition est trés joli)pour mon petit porte-feuille.
Quelqu'un ici l'a t-il lu?


Miller, Spielberg, Cameron, Verhoeven, Raimi, Jackson, Del Toro, Hark, Wachowski bros, Tarantino, Woo, McTiernan...
Ca c'est du Putain de cinema!


#2 penikufesin

penikufesin

    Critters

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Posté 26 September 2008 - 12:03 PM

J'ai lu son précédent, Mason & Dixon et c'est extrêmement... foisonnant, et j'ai eu du mal à en venir à bout, je ne sais toujours pas, d'ailleurs, si j'ai aimé ou pas, icon_mrgreen.gif mais j'ai l'intention de lire V...
Je me souviens d'une anecdote : en cours de littérature, il avait Nabokov comme prof, et ce dernier, après que Pynchon lui avait fait remettre un devoir par un camarade de classe (déjà le goût du secret), avait absolument voulu le rencontrer, disant qu'il n'avait jamais, jusqu'alors, eu la chance de parler avec un génie !

#3 Vermithrax Pejorative

Vermithrax Pejorative

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Posté 10 May 2012 - 09:18 AM

Je pense qu'il faudrait élargir le sujet à Pynchon. Ce type est fondu, un écrivain à part, qui se fiche comme d'une guigne de la cohérence de ses digressions, perd le lecteur, le rattrape, l'envoie balader, etc. Pynchon, c'est wikipédia avant l'heure : ce type a entendu parler de tout, connait tout et met tout en parallèle. Il est une version yankee, complotiste et joyeusement foutraque de Alan Moore. Avec une grosse louche de Coen Brothers. Je suis prêt à parier que Big Lebowski lui doit beaucoup (j'ai plusieurs fois pensé à son roman Vineland quand je l'ai vu).

Pour toute personne qui souhaite attaquer Pynchon, je ne peux que conseiller "Vente à la criée du lot 49" ou "Vice Caché". Ses deux plus abordables, où il abuse le moins de son style pour le moins nébuleux. Pynchon, il dissèque les USA comme personne : il ouvre le cadavre encore chaud de son pays avant de basculer le corps et ricaner en voyant ses tripes se répendre sur le sol dans un joyeux bordel. Inutile de chercher une véritable trame dans ses romans. Ce qu'il raconte, c'est toujours l'incroyable (non-)agencement du cosmos, des forces en présence (humaines, physiques, métaphysiques, etc.) et leur impact sur les esprits fragiles de ses personnages, en quête d'une réponse impossible (c'est tout le sujet de son premier roman, "V", mais aussi la quête centrale de Slothrope dans "L'Arc-en-ciel de la Gravité). Ses personnages sont toujours confrontés à des multitudes de groupes politiques secrets et autres réseaux underground et parallèles (un réseau de Poste indépendant, un commando nazis composé d'Africains, des déviances méconnues, des animaux délirants, des politiciens-militaires-médecins devenus fous, des plantes carnivores, etc.). On passe d'un perso à l'autre sans véritable raison, sans véritable suite logique. On est baladé, secoué, on passe parfois des pages sans comprendre, pour retomber sur un passage tellement génial qu'on lui pardonne tout.

Pynchon, c'est la rencontre absolument brillante et formidablement futile entre Umberto Eco, William Burroughs, James Joyce, Busby Berkeley (on chante et danse à tour de bras chez Pynchon), Tex Avery, Dos Passos, Alan Moore, Kusturica, les frères Coen, Hayai Miyazaki, Einstein, Jerry Lewis & Dean Martin, Dostoïevski, Les Simpsons, etc. etc. On parle pour lui de "réalisme hystérique". On est pourtant loin du réalisme. Une chose est sure : Pynchon raffole du cinoche. Ca transpire à chaque page.

Précisons évidemment pour ceux qui ne le connaissent pas encore que le mec s'est muré dans un anonymat absolu dès son premier bouquin. Il n'y a que dans les Simpsons (forcément) qu'il soit apparu. Avec un sac sur la tête. Une phrase piochée sur wiki à son sujet : "Le critique Arthur Salm considère pour sa part que Pynchon « a simplement choisi de ne pas être une figure publique, une attitude qui détonne si puissamment avec la culture contemporaine que si Pynchon et Paris Hilton se rencontraient un jour - l’imaginer je l’admets dépasse l’entendement - l’explosion matière/antimatière qui en résulterait vaporiserait tout ce qui existe d’ici à Tau Ceti » (Salm 2004)." C'est là une réflexion qui semble tout droit sortie d'un roman de Pynchon ^^

Romans:

"V" (1963) - le premier que j'ai lu. Ce bouquin m'avait toujours intrigué, sans que je connaisse quoi que ce soit à son auteur. Je suis tombé sur un roman incroyable, comme je n'en avais jamais lu, dont le sujet est la somme de ses parties, et qu'il est bien difficile d'expliquer. L'effet Pynchon, en somme. Mais tout est là, dès son premier roman. Et le mec a 26 ans. Sachez juste qu'on y parle pèle-mèle d'une île innaccessible, d'une rate évangélisée dans les égouts de New-York, d'un circuit électrique à l'origine du "Killroy was here", etc. etc. 6/6 cash, une expérience à part, un effet similaire à la découverte de Vian, genre "ah ouais, on peut écrire comme ça si on veut".

"Vente à la Criée du Lot 49" (1966) - Son roman le plus simple. Excellent point de départ au Pynchuniverse. Une banlieusarde américaine à la poursuite d'une trompette bouchée. J'ai tout de suite pensé aux frères Coen à sa lecture aussi. 5/6

"L'Arc-en-Ciel de la Gravité" (1973) - Son plus nébuleux, mais aussi son plus fameux. Réputé illisible, on est tout de même loin du "Festin Nu", voire même d'"Ulysse". On s'y perd souvent, c'est vrai. Certains abandonneront en cours de route et on ne peut pas leur en vouloir. Mais voilà, il y a ce charme Pynchon, ici appliqué à la Seconde Guerre mondiale, et c'est tout simplement énorme. Slothrope, militaire amerloque perdu en Europe, est en plein trip parano : toutes les unités militaires paranormales anglaises, américaines et allemandes s'intéressent à son cas et le poursuivent, de blitz en zone "libérée", parce que sa libido s'accorde à la chute des V2 et pourrait permettre, peut-être, de prédire les points de chute des fusées. Il croise une pieuvre géante, un Général coprophage, des quantités de femmes fatales et faciles, un Schwarzcommando, des ennemis increvables qu'on jurerait sortis de Porco Rosso, etc. La folie de la guerre y devient palpable, imprévisible, hilarante, poisseuse. C'est "Apocalypse Now" sous ganja, "Requiem pour un Massacre" par les Monty Python ! 6/6

"Vineland" (1990) - Dude vs. Nixon. Toujours aussi passionné par la parano, le complotisme, l'enthropie, Pynchon confronte hippies, activistes et agents secrets américains dans un joyeux mélange toujours aussi foutraque. J'ai eu un peu de mal à l'époque. Il faudrait que je le relise. 4/6

"Mason & Dixon" (1997) - Alors qu'on se demandait si Pynchon avait toujours la niak, la fin des années 90 et début 2000 le voit sortir deux briques coup sur coup. Est-ce l'apparition d'internet qui, soudain, facilite ses recherches (que l'on devine énormes) ? "Mason & Dixon", c'est du Terry Gilliam, c'est "Master & Commander" version Aardman, c'est l'histoire des States par l'équipe de "Day of The Tentacle" ou encore Sfar & Trondheim ; des images folles, une terre encore en découverte, trois idées par pages minimum (et il y en a 800 environs), le tout basé sur l'histoire vraie de la création de la démarcation entre le Maryland et la Pennsylvanie. On y voyage énormément et on y croise des personnages et des créatures toutes pynchoniennes et absolument abracadabrantes. La palme revient à une version inédite du canard de Vaucanson (mais je n'en dirai pas plus, c'est juste complètement dingue). 6/6

"Contre-Jour" (2006) - Une semi-déception. Et pourtant, tout est là, d'emblée. Le roman s'ouvre sur un début de siècle en pleine effervescence scientifique et industrielle, dévorée par la guerre à venir et l'esprit d'aventure (le groupe d'aventuriers pilotes de ballons débarqués d'Enyd Blyton permet à Pynchon de se lâcher comme jamais dans la référence et le délire). Du haut de ses années (il doit frôler les 80 balais), il s'amuse comme un fou avec son post-modernisme foireux: le Nemesys de la Confrérie des Casse-Cou (nos aéronautes, donc) est un Russe appelé Igor Padzhitnoff. Sa spécialité: balancer des briques du haut de sa montgolfière... une référence déguisée à Tetris et son créateur! Evidemment, Pynchon kiffe les délires scientifico-paranormaux en vigueur et (dés)axe son roman au travers du prisme du Spath d'Islande, matériau magique et convoité. Le délire est assez proche de 'Mason & Dixon', avec une famille de terroristes américains, spécialistes des explosions des ponts de chemin de fer, qui est ce que Pynchon a écrit de mieux: c'est un arc narratif solide et déchirant qu'il nous raconte là, pendant plus de 200 pages. Comme d'hab, on retrouve ses obsessions: société secrètes en pagaille qui se tirent toutes la couverture, broyage de l'individu au profit de l'Histoire qui s'écrit, comme toujours, par les vaincqueurs. Las, passé la moitié de ce qui aurait pu être un de ses meilleurs livres, il se perd, se répète, part en Europe dans les Balkans pour une narration qui s'étiolent, on ne sait plus qui on suit ni pourquoi. Et quand la dernière page se tourne, on ne comprend pas pourquoi il a tiré son livre jusque là. 3/6

"Vice Caché" (2010) - Fun, con et décomplexé. C'est un peu "Pynchon pour les Nuls". On y retrouve ses obsessions habituelles, en beaucoup plus condensé. A l'instar de Vente à la Criée, c'est l'un des rares Pynchon où l'on colle au personnage principal, Doc Sportello. Du coup, pour tout habitué de Pynchon, ce Noir à la Dashiell Hammett, bien que totalement décousu, apparaîtra extrêmement limpide. Comme une sympathique récréation vintage en attente de son prochain délire. 4/6
 

"Fonds Perdus" (2013) - Un Pynchon contemporain, ou presque, c'est comme un rayon de soleil dans la cornée. Imaginez: éternel déconstructiviste de l'Histoire avec un grand H comme dans la Bombe du même nom, apôtre de l'entropie comme moteur explosif à la dispersion du sens, Pynchon a toujours été le Grand Frère de la pensée complotiste, celui qui comprend son existence tout en la raillant depuis le premier jour où son stylo s'est posé sur un papier. Selon Pynchon, "l'Histoire, c'est du Complot" et il le dit en sachant pertinemment l'énormité et le comique d'une telle assertion. Car le moteur comique est central chez l'auteur de "V.". Il naît du mouvement perpétuel qui lie Pouvoir et Fantasmes, Ordres et Révoltes, Réalités Imposées et Chimères Volontaires. Autrement dit, le Pouvoir est inséparable du Complot, qui lui-même est indissociable du Complotisme, le tout résultant en une dissolution absolue du signifiant. C'est dire si le voir ausculter le 9/11 au travers de l'émergence du Ouèbe était aussi excitant qu'inquiétant : qu'allait-il rester de Pynchon dans la convergence historique d'éléments totalement pynchonesque? Pynchon est-il diluable dans Pynchon ? Bref, c'est avec précaution et expectatives qu'un lecteur assidu ouvre Fonds Perdus. Et, comme d'habitude, Pynchon n'est jamais totalement là où on l'attend, tout en usant précisément des ingrédients attendus. Créateur d'Entropie, il part de la Réalité-Fantasme du 9/11, qu'il agrémente de toute une série d'éléments plus pynchonesques les uns que les autres, pour lancer son personnage central, Maxine - alter-ego contemporain d'Oedipa dans Vente à la Criée du Lot 49 et sans conteste l'un de ses plus beaux personnages - dans la Grande Essoreuse platonicienne d'une enquête destinée à échouer. On y retrouve les grandes figures propres à l'auteur, mais cette fois plus fébriles, fragiles et touchantes qu'à l'accoutumée, comme sensibilisées par la proximité d'une Réalité qui s'est acoquinée avec le Fantasme pour marquer le XXIè siècle au fer rouge sang. C'est flagrant dans la relation amour-haine que se lient Maxine et Nicholas Windust (éternel porte-étendard et bras armé de la Pensée Américaine d'Extrême-Droite étatique dans ce qu'elle a de plus funeste, comme l'était Bigfoot dans Vice Caché). Ce dernier devient même une figure tragique lorsqu'il perd pied face à l'abîme du secret et meurt dans les bras de Maxine - soudain, c'est comme si tous les antagonistes du pynchunivers trouvaient leur rédemption en une seule séquence magnifique, véritable Oeil du Cyclone de son oeuvre, où idéologies de droite et de gauche perdaient tout sens face à l'absurdité d'une Nation en perdition (et, par extension, de l'Humanité toute entière). Sachant à quel symbole il s'attaque, Pynchon prend tout le monde au tournant et prolonge le Fantasme 9/11 d'une image inédite, à base de lance-roquette sur un toit d'hôtel. Quel était son rôle dans le drame du 11 septembre ? Nul ne le saura, mais la moulinette à complots de Fonds Perdus s'activera autour de cette image et non l'une de celles, plus célèbres, que la date a laissé sans réponse depuis. Ainsi, Pynchon enfonce le clou et brouille les pistes dans la plus pure tradition que son oeuvre a laissé: ne l'intéresse que la Fiction, comme révélateur de la Réalité. Car ni l'une, ni l'autre, n'ont plus de sens dans le monde d'aujourd'hui.
6/6

 

NB: pour tout lecteur avide de Pynchon, je ne saurai que trop conseiller le pynchonwiki qui est hal-lu-ci-nant d'infos en tous genres.



#4 OrsonZ

OrsonZ

    Le Facteur Manchot

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Posté 07 March 2015 - 16:41 PM

Discussion initiée sur le topic Inherent Vice icon_arrow.gif

 

Tu t'y connais un peu en Pynchon ? Je l'ai découvert avec son dernier, "Fonds perdus", et j'aimerais bien en lire d'autres...

 

Je suis pas expert non ! T'as attaqué avec du robuste déjà ! L'oeuvre séminale qui résume son style à hue et à dia, son réalisme louche et ses obsessions c'est vente à la criée du lot 49. Le tout en une faible pagination. Idéal pour savoir si c'est un auteur fait pour soi. Après tu as V ou Mason Dixon pour creuser plus profond.

 

Ce qui m'a beaucoup plus dans Fonds Perdus c'est le côté très humain du truc. Un vrai amour de ses personnages jusqu'au plus antipathique. Une espèce de philosophie de vie qui irrigue le bouquin. Après je savais pas vraiment à quoi m'attendre sur Pynchon, j'avais peur d'un truc très rébarbatif alors que je me suis marré à plusieurs reprises... En fait je voulais savoir si ce côté assez "chaleureux", disons, se retrouvait dans ses autres bouquins ou si celui-ci était plus spécifique de ce point de vue.


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Adaret©


#5 contagion

contagion

    MST

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Posté 07 March 2015 - 17:22 PM

Ce qui m'a beaucoup plus dans Fonds Perdus c'est le côté très humain du truc. Un vrai amour de ses personnages jusqu'au plus antipathique. Une espèce de philosophie de vie qui irrigue le bouquin. Après je savais pas vraiment à quoi m'attendre sur Pynchon, j'avais peur d'un truc très rébarbatif alors que je me suis marré à plusieurs reprises... En fait je voulais savoir si ce côté assez "chaleureux", disons, se retrouvait dans ses autres bouquins ou si celui-ci était plus spécifique de ce point de vue.

Tu peux foncer c'est vraiment une oeuvre axée sur les interactions entre les personnages, fussent-elles des plus absconses, et par des portraits hauts-en-couleurs.


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#6 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

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Posté 07 March 2015 - 17:46 PM

Ok. Je suis bien tenté par Mason et Dixon, je verrai ça...



#7 Vermithrax Pejorative

Vermithrax Pejorative

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Posté 11 April 2015 - 10:34 AM

Copie du topic Inherent Vice:

 

Bruttenholm, on peut parler Pynchon sur la page dédiée où ici, c'est selon. je n'ai pas encore lu "Fonds Perdus" (j'aime pas lire les formats non poche, donc j'attends). Mais je te conseille en effet de te jeter sur 'vente à la criée...' qui te fera tout de suite décider si oui ou non Pynchon est ta came.

 

Pour ce qui est de la sympathie et de l'émotion, ça dépend fort de toi, finalement et d'où tu vas chercher ce sentiment chez un auteur. Pynchon me parle de façon kaléidoscopique, mais oui, selon moi, il y a de la philanthropie à revendre dans son oeuvre: dans cette lutte éperdue à trouver un sens au chaos absolu que l'Histoire nous balance au visage pour s'écrire à l'encontre de l'humanité elle-même, les persos de Pynchon restent pour beaucoup des silhouettes (on est clairement chez un auteur-démiurge), mais elles sont pétries d'espoir déchus et d'envies d'évasion qui me parlent.

 

Après 'Vente...' je te conseille 'V', son premier. Parce que pondre ça avant ses 30 ans, faut juste être un génie. Ca part dans tous les sens, mais c'est d'une modernité à toute épreuve.

 

Ensuite, si ça t'a parlé, vise le Grand Barnum: 'L'Arc-En-Ciel de la Gravité'. Ca transpire de délire et d'humanité, d'horreur, de sexe, de cartoons, de nazis, d'animaux délirants et de plantes carnivores. Ca se lit pas facilement, ça peut s'abandonner pour se reprendre plus tard, mais avec ce livre il a poussé son style et sa narration vers quelque chose d'inédit qui a marqué à jamais la littérature. Du James Joyce pré-geek.

 

Pour 'Mason & Dixon', je n'arrive pas bien à imaginer ce que ça doit être de découvrir Pynchon par celui-là. Ses oeuvres récentes me semblent un peu plus "private joke" et donc plus opaques. Le livre est incroyable, mais si tu recherches l'émotion que tu a trouvé dans son dernier, je doute que ce soit dans celui-là que tu la trouveras. C'est un très joyeux délire, mais ce n'est pas vraiment une oeuvre à personnages.

 

Par contre, évite les 1200 pages de 'Contre-Jour'. A l'exception des 600 premières, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Et c'est dommage, parce que plus concis, ç'aurait été un chef-d'oeuvre. Mais il se répète sur la deuxième moitié et ne va nulle part. Un gâchis, d'autant que certains passages sont parmi ce qu'il a écrit de mieux (une scène de mise à mort entre cowboy dans le désert US, par exemple).



#8 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

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Posté 17 April 2015 - 15:04 PM

 mais oui, selon moi, il y a de la philanthropie à revendre dans son oeuvre: dans cette lutte éperdue à trouver un sens au chaos absolu que l'Histoire nous balance au visage pour s'écrire à l'encontre de l'humanité elle-même, les persos de Pynchon restent pour beaucoup des silhouettes (on est clairement chez un auteur-démiurge), mais elles sont pétries d'espoir déchus et d'envies d'évasion qui me parlent.
 
 

Oui, voilà, c'est ce que j'avais ressenti.

 

A part ça, j'ai acheté Mason & Dixon depuis... et je l'ai pas encore lu. J'appréhende un peu le pavé mais bon je m'y mettrais dans pas longtemps.



#9 Bruttenholm

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Posté 25 April 2015 - 15:31 PM

Bon, j'ai commencé Mason & Dixon... Je faisais le fiérot avec "Fonds perdus", en me demandant pourquoi les gens trouvaient Pynchon si difficile à lire... Maintenant j'ai compris.

C'est toujours intéressant, y a toujours ces jeux de pastiche et de récits enchâssés les uns dans les autres mais ça fait peut-être plus blague pour professeur de Lettres. Je sais pas si j'irai au bout. Enfin en tout cas je sais qu'il faut que je tente la lecture seulement si j'ai toutes mes heures de sommeil.



#10 Vermithrax Pejorative

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Posté 27 April 2015 - 20:47 PM

Oui, c'est clair: Pynchon, tu sautes distraitement une ligne et tu comprends plus rien. Par contre, c'est dans Mason & Dixon qu'il fait parfois preuve de son style le plus hardu, entre autre en terme de longueur de phrase. Ce qui peut rebuter, mais n'est pas pour me déplaire (la phrase qui ouvre le livre est magnifique).

#11 Bruttenholm

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Posté 24 November 2016 - 20:00 PM

J'ai repris "Mason et Dixon" que j'avais laissé de côté (il y a plus d'un an, donc) et cette fois ça coule bien mieux. Je suis tout de suite rentré dans le côté pastiche, humour pince-sans-rire et phrases magnifiquement tirebouchonnées (on aurait envie de corner toutes les pages pour pouvoir revenir aux inventions langagières les plus extraordinaires -"Que diantre faites-vous ici ?" s'exclame Dixon, ses globes oculaires astucieusement gibbeux. Globes oculaires astucieusement gibbeux, ça me fait la journée.

Bon, j'avance pas plus vite mais je me suis surpris à rire ouvertement à plusieurs reprises donc je vais continuer.



#12 Vermithrax Pejorative

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Posté 06 December 2016 - 20:52 PM

Heureux de te voir reprendre la lecture, Bruttenholm ! 'Mason & Dixon' continue de faire partie de mes Pynchon favoris.

 

Par contre, j'ai commis l'erreur, il y a deux ans, de ne pas tout de suite écrire la critique de son formidable 'Fonds Perdus', peut-être l'un de ses plus humains. Un sentiment qui n'est sans doute pas étranger au fait que pour la première fois, je suis contemporain de son univers et de ses drames. Mais il nous livre là l'un de ses plus beaux personnages principaux. A relire afin de mieux vous en parler.

 

Pour les fanatiques pur jus comme moi, je conseille aussi l'oeuvre collective 'Face à Pynchon' au Cherche-Midi, bourrée d'analyses et d'infos fascinantes.



#13 Bruttenholm

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Posté 30 December 2016 - 12:55 PM

Ah ben Fonds Perdus c'est celui avec lequel j'ai découvert Pynchon et ça m'avait beaucoup plu (voir plus haut)(du coup j'ai un peu l'impression d'avoir commencé par le haut du panier et de devoir redescendre ensuite)(ça m'a un peu fait ça avec Murakami que j'avais découvert avec Kafka sur le rivage).



#14 Vermithrax Pejorative

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Posté 26 February 2017 - 19:22 PM

Update: EDIT de mon post général ci-dessus, avec la critique de Fonds Perdus.

 

Sinon, Bruttenholm, je ne pense pas que tu vas redescendre tant que ça. Tu trouveras bien un autre Pynchon à la hauteur de ta première impression.






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