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Dan O'Bannon (1946 - 2009)


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34 réponses sur ce sujet

#1 Udéka

Udéka

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Posté 23 December 2009 - 14:12 PM

Part 1

Préambule



Le métier de scénariste est aussi ingrat qu'il peut être exaltant.

Ingrat, parce qu'il y a le déplaisir de voir son oeuvre tronquée en quelque chose dans laquelle l'on ne se reconnait plus. Ingrat, parce que le scénariste reste l'homme caché. L'homme de l'amont, qui, sur les productions une fois la machine lancée et l'argent en jeu n'a pas toujours son mot à dire. Après tout, le scénario n'est-il pas un outil plutôt qu'une oeuvre vouée à être éditée ? La réussite du film sera toujours celle du metteur en scène. Certains, face aux frustrations inhérentes au métier, prennent un recul nécessaire et préfèrent s'impliquer le moins possible au niveau émotionnel ou en finissent par devenir réalisateur pour porter eux-mêmes leurs écrits à l'écran.

Mais exaltant, car cet art, parce que c'en est un après tout, est un trait d'union entre le texte et l'image animée. Exaltant parce qu'on peut rendre hommage à l'univers culturel qui nous a bercé. Exaltant surtout parce qu'il y a la satisfaction de pouvoir créer un univers à partir d'une page blanche et de le voir se développer, porté à l'écran, et dans certains cas, de pouvoir changer la face du cinéma. Dan O'Bannon aura connu tout cela.

Premiere.fr débutait une news sur son décès par : "Daniel Thomas O'Bannon : il y a de grandes chances pour que son nom ne vous dise rien."

Sauf si on a été nourri au biberon de ce scénariste, qu'on a "appris" une manière de faire du fantastique avec Alien, et grandit avec des films sur lequel il a travaillé. Tel est mon cas et j'espère trouver les mots les plus justes pour parler de ce talentueux créateur dont la carrière est trop brièvement résumée par commodité à "scénariste du premier Alien".

Première partie

Les années 70 - Première partie : De Dark Star à Dune... Apprentissage du métier, apprentissage de l'échec.

"Je suis toujours allé au cinéma. J'adore les films. J'ai toujours su que c'était ce que je voulais faire, mais mon éducation me poussait à croire qu'on ne pouvait pas en vivre."
Dan O' Bannon - Alien Quadrilogy - Documentaire "Star Beast".



À l'UCLA, Caroline du Sud, O'Bannon aborde le cinéma avec un autre étudiant appelé à devenir célèbre : John Carpenter. Dark Star, le film de fin d'études de Carpenter prendra de l'ampleur sur quatre ans pour lorgner vers l'édition en salles. Dès le début, O'Bannon s'implique sur tout. Il sera monteur, acteur, scénariste, superviseur des effets visuels et sans le savoir encore prépare la bouture de ce qui deviendra Alien. C'est aussi le premier bras de fer avec un producteur : Jack Harris. Carpenter et O'Bannon finissent par se brouiller tant Carpenter est excédé que son comparse occupe son espace de metteur en scène de façon envahissante.

Le film attire l'attention de Ronald Shusett, ils se rencontrent et Ronald Shusett lui dit qu'il a les droits de la nouvelle Souvenirs à vendre (We Can Remember It for You Wholesale, écrite en 1966) de Phillip K. Dick. Le courant passe tout de suite entre les deux hommes. O'Bannon lui fait part de son projet personnel : il bosse depuis un an sur un scénario, "un vrai film d'horreur". Il a le premier acte mais patine. Il présente vingt-neufs pages à Shushett qui est conquis. Roger Corman serait envisagé pour sa future production.

Ensuite, O'Bannon collabora avec le dessinateur Moebius sur deux bandes dessinées en 1976 : L'homme est-il bon ? et The Long Tomorrow. Mais surtout, il va participer au pharaonique projet de SF des années 70 : le Dune d'Alejandro Jodorowski. Une production qui prendra des proportions épiques de 1973 à 1977. Le projet était fou, à la limite de l'invraisemblable. Dune devait changer la face de la science-fiction.


Jodorowsky à l'époque d'El Topo

Pensez-donc, un producteur français (Michel Seydoux) qui débloque des moyens généreux pour une saga épique et mystique par le réalisateur d'El Topo (rien que cette phrase touche à la science-fiction, déjà) réunissant des artistes tous plus déterminants les uns que les autres : Moebius, Corben, Hans Rudi Giger, Christopher Foss... Pink Floyd, Tangerine Dream, Gong, Mike Oldfield sont envisagés pour la musique. Pour les acteurs, sont prévus Orson Welles, Salvador Dali, Alain Delon, Mick Jagger, David Carradine...

Douglas Trumbull (2001, Silent Running) est pressenti un temps aux effets spéciaux mais Jodorowski ne le supporte pas. C'est ensuite que le chilien découvre Dark Star, qui lui fait repérer O' Bannon. Ravi, celui-ci accepte alors d'être de la partie comme directeur des effets spéciaux et pour travailler sur l'histoire. O 'Bannon emménage à Paris, l'épicentre de Dune, pour l'occasion. Dans la capitale, il découvre une exposition d'un artiste suisse très spécial. Avec Jodorowski, ils vont rencontrer Hans Rudi Giger, dont les créations cauchemardesques tétanisent O'Bannon.

Rien ne semble inaccessible pour Jodorowski, rien n'est trop ambitieux. Le futur s'avère mirifique, grandiose...

Sauf que le projet Dune était peut-être trop démesuré, trop beau pour être vrai, naissant trop tôt pour ne pas avorter et il rentra directement dans le mur alors qu'il était sur les rails. Les producteurs effrayés par la somme colossale pour l'époque qui grimpe à 30 millions de dollars bloquent tout. Net. Et qu'importe les années de travail effectuées. C'est entre autre, 3000 dessins de Moebius et plus de mille pages de script qui passent à la trappe. Selon le réalisateur de La Montagne Sacrée, toutes ces recherches ne seront pas perdues pour tout le monde tant elles ont circulé à Hollywood.



Conséquence directe de la chute du projet : O'Bannon est cassé psychologiquement en deux.

Laissons la place aux mots de Jodorowsky :

"Quand on ne l'a pas fait, O'Bannon est entré dans un hôpital psychiatrique. Après, il est revenu à la lutte avec rage et a écrit douze scripts qui lui furent refusés. Le treizième fut Alien. Comme lui, tous ceux qui ont participé à la montée et à la chute du projet Dune ont appris à tomber mille fois avec une obstination farouche jusqu'à apprendre à se tenir debout. Je me rappelle mon vieux père qui, en mourant heureux, me disait : « Mon fils, dans ma vie, j'ai triomphé parce que j'ai appris à rater » ."

Le projet Dune explose en morceaux en 1977, et avec lui, pour longtemps, l'espoir d'une SF cinématographique européenne de grande envergure. La même année, Star Wars sort sur les écrans.
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#2 Alex Corvis

Alex Corvis

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Posté 23 December 2009 - 14:24 PM

Sympa ce ptit focus sur cette personnalité. Je l'ai toujours apprécié, je suis content d'en savoir un peu plus.

#3 Udéka

Udéka

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Posté 23 December 2009 - 14:49 PM

Merci. Bientôt, la seconde partie.
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#4 Nosfé

Nosfé

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Posté 23 December 2009 - 15:00 PM

Great!
Merci Udéka! wink.gif D'autant que si personne ne se dévouait, je me serais senti obligé de la faire moi-même cette bio...

HighFlatAgama-max-1mb.gif


#5 Number 6

Number 6

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Posté 23 December 2009 - 15:01 PM

CITATION(Udéka @ 23 12 2009 - 14:12) <{POST_SNAPBACK}>
Carpenter et O' Bannon finissent par se brouiller tant Carpenter est excédé que son comparse occupe son espace de metteur en scène de façon envahissante.

Faut dire qu'il y avait pas beaucoup d'espace sur le plateau, aussi... icon_mrgreen.gif

Bon papier, vivement la suite.
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#6 Loki

Loki

    Dort

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Posté 23 December 2009 - 15:38 PM

Magnifiquement instructif ! smile.gif Merci mille fois.

Le traumatisme d'O'Bannon est particulièrement fascinant, j'en ignorais tout mais il montre (de même que le trépas de John Kennedy Toole - sans aucun rapport avec Dan O'Bannon ou Dune, hein, c'est juste un exemple -), s'il en était encore besoin, combien l'art est essentiel à beaucoup de personnes, combien il les touche profondément et constitue le pivot de leur existence. Une passion dévorante, le centre d'une existence.

La seconde partie s'attend avec grande impatience !

"Les limites de ma langue sont les limites de mon monde."
(Ludwig Wittgenstein)


#7 Udéka

Udéka

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Posté 23 December 2009 - 20:02 PM

Les années 70 - Deuxième partie : Ecrire Alien



"Je souffrais de crampes d'estomac et ça m'a donné l'idée de la scène où la créature perfore le ventre [...]"
Mad Movies N°203 - Décembre 2007

Toujours au plus bas, sans finances, et de retour aux states, la longue galère se poursuit. Mais parler de Dan O'Bannon, c'est aussi parler de l'histoire d'une amitié indéfectible avec un homme qui aura une importance totale dans sa vie personnelle et professionnelle, qui co-écrira, voir écrira tout court des scripts de son ami (mais nous verrons cela plus tard). À son retour, Ronald Shusset accueille cet homme brisé, lui offre un toit, et un... canapé. O'Bannon accepte vaguement un boulot sur les sabres lasers de Star Wars, poursuit divers amorces d'idées dont They Bite et Gremlins (qui n'a pas de rapport avec le Joe Dante). Dans ce dernier, des gremlins attaquent un B-17. Mais c'est Sushett qui le motive sur ce scénario de monstre dans un vaisseau spatial.



Dan O'Bannon et son complice de toujours, Ronald Shushett, dans les années 70

Dan O'Bannon lui dit : "J'ai ce premier acte. Et je sais que tu es bon, parce qu'on a déjà travaillé ensemble et parce que j'ai vu ton ton travail d'écriture sur Total Recall. Je sais que tu pourras me mettre à l'étrier." Les trois mois suivants il les passera à écrire le script, jour et nuit. "Je survivais avec les hot-dogs de Ron", dira-t-il plus tard.

"Et une nuit vers 3h du matin, je relis mon texte et je vois le mot "alien" ou extraterrestre, et tout d'un coup, il s'impose à moi !" Quant à lui, Shusett trouve l'idée du parasitisme et de "l'intubation".

Après Michel Seydoux, le producteur De Laurentiis achète les droits de Dune de Frank Herbert. Il propose la réalisation à Ridley Scott qui ne tarde pas à refuser.

Inspiré par It, The terror from beyond space, les duettistes pensent le vendre depuis les origines à Roger Corman. Ils se présentent naturellement chez Corman, où le script enthousiasme. Mais Mark Haggard demande deux semaines avant qu'ils s'apprêtent à signer.

Le script passe des mains de Mark Haggard à celles de Walter Hill, David Giler et Gordon Carroll qui viennent de fonder Brandywine. Ils le trouvent tout simplement "pourri". Mais une scène... LA scène, les empêchent de balancer le script à la poubelle : la naissance de l'Alien par expectoration. Alan Ladd aime le script, le Alan Ladd Jr. qui a produit Star Wars. Giler et Hill récrivent le script neuf fois. Des réécritures qui mettent hors d'eux les deux auteurs d'origine.

Depuis que Star Wars a chamboulé tout le box-office à l'improviste, le scénario bien que piètrement considéré devient une priorité. O'Bannon devra se battre contre les pontes de Brandywine qui veulent le spoiler de son scénario. Comme le souligne Marc Toullec dans son entretien en deux parties dans les Mad Movies numéro 203 et 204, ils apportèrent néanmoins deux éléments indissociables de l'éclatante réussite narrative d'Alien : le fait que Ripley soit une femme et le personnage de Ash.


L'objet de la discorde et de la colère de Dan O'Bannon

O'Bannon pensait le réaliser. Walter Hill est prévu et repousse l'offre tant il n'est pas à l'aise avec les SFX, puis Robert Aldritch, Peter Yates, Jack Clayton (Les Innocents)... C'est un cercle vicieux car c'est l'apport d'un réalisateur connu qui donnerait au film l'aplomb nécessaire, mais aucun réalisateur ne prends vraiment au sérieux ce "film de monstre".

Giler, Carol et Hill voient Duellistes (1977), long-métrage que le réalisateur de publicités Ridley Scott a créé et finalisé quasiment que sur ses épaules. Une fois le script lu, Scott en tombe amoureux et commence à le visualiser en croquis. Cette visualisation permet de monter le budget dans les 8,4 millions.

Ridley Scott est un adorateur de la bande-dessinée Métal Hurlant, est profondément influencé par le réalisme de 2001. D'entrée, il a "une vision" :

"Ce que je voulais moi, c'est Massacre à la tronçonneuse dans l'espace."

Il n'aime pas les films d'horreurs, ça le dégoute même, mais le film de Tobe Hooper le fascine.

O'Bannon montre le travail de Giger à Scott, le Necronomicon (Necronom IV de 1976). En l'espace d'un instant, la seule problématique majeure de Scott s'évanouit : il tient enfin son monstre. Scott s'envole pour Zurich, parce qu'il veut Giger sur le plateau, et tout de suite.

La Fox trouvant dans le réalisateur Ridley Scott le réalisateur capable de forger une identité visuelle forte, le projet est greenlighté.

L'aventure Alien commence.
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#8 simidor

simidor

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Posté 23 December 2009 - 21:35 PM

Du bon boulot Udéka. Hâte de lire la suite.

Les chroniques du TARDIS , abordez Doctor Who du bon pied !


#9 adamo

adamo

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Posté 24 December 2009 - 00:07 AM

Merci Udéka. smile.gif

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#10 Agent Smith

Agent Smith

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Posté 26 December 2009 - 14:31 PM

Très bien. C'est clair et concis. Mieux qu'un "pavé" journalistique dont on ne retient rien...

C'est dingue comment on redécouvre certains auteurs méconnus un fois qu'ils sont morts.
Un film où il y a du sang et de la fesse ne peut pas être un mauvais film...

#11 Udéka

Udéka

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Posté 27 December 2009 - 17:50 PM

Les années 70 - Troisième partie : Visualiser Alien

Nanti d'un budget de onze millions, le tournage s'effectuera aux studios Shepperton (Angleterre) sur quatre mois en 1978.

Scott demande la présence de O'Bannon, mieux encore, il lui donne un rôle primordial : Dès le lancement du tournage, O'Bannon est partout, comme à l'époque de Dark Star, donne son avis sur la moindre chose, est sur le dos des décorateurs en permanence, comme s'il était un assistant-réalisateur.

Scott lui offrant une opportunité rare, les réalisateurs n'aimant pas avoir le scénariste "dans les pattes". On s'en souvient, cela lui a déjà valu un désaccord majeur (comme on dit dans le milieu de la musique) avec Carpenter.

Alien est encore une histoire d'amitié avec Ron Cobb, le designeur du Dark Star. Ron Cobb, ancien illustrateur de bande dessinées, sera le designer du vaisseau Nostromo et le peaufine jusqu'au moindre détail, jusqu'à une signalétique réaliste. Chris Foss, un autre vétéran de Dune, participe au design. L'opposition de deux univers façonnés par deux artistes radicalement différents, l'excentrique Giger et le pragmatique Cobb, sera l'une des forces principales de la réussite plastique du film.


Ron Cobb et O'Bannon planchent sur Alien

"Tout ce qu'il dessine donne l'impression de fonctionner."
Ronald Shusett à propos de Ron Cobb

Témoignages :

"Le chef décorateur, les concepteurs des décors qui étaient là étaient généralement tendus à cause de moi. Personne ne les mettait sous pression, pas même Ridley. Sauf moi. J'examinais tout ce qui arrivait de la déco pour voir si ça correspondait aux dessins sur lesquels j'avais sué. Si ce n'était pas le cas, je devenais très agressif."
Dan O'Bannon.

"Dan était toujours là, passant d'un dessin à un autre, l'oeil à tout. Je ne sais pas s'ils étaient habitués. Dan se mêlait de tout, mais il tenait au film. Ripley lui avait permis de le faire, car l'avis et la contribution de Dan lui plaisaient. Ron Shusett était là, lui aussi. Les scénaristes étaient très présents sur le film [...]"
Ron Cobb



Il s'introduit en douce dans une cabine de projection pour juger de la qualité des rushs malgré l'interdiction formelle de Gordon Caroll et adore ce qu'il voit. Après un tournage difficile (qui mérite un papier à part entière), le long-métrage sort le 25 mai 1979. Dan O'Bannon sera en état de choc en découvrant les files d'attentes devant les cinémas qui s'étendent jusque loin dans les rues parce qu'il prends conscience que toutes ces personnes viennent voir son film.

Il avait sans doute attendu ce succès depuis si longtemps, frustré par l'affreuse expérience de Dune, qu'il s'impliqua comme jamais. Peut-être parce qu'il avait aussi pressentit que Alien, le huitième passager serait l'oeuvre de sa vie.


Scott at Work

Et c'est bien le cas. Alien c'est un peu du rêve perdu de Dune qui aurait réussit à se finaliser. Une assemblée de visionnaires et d'artisans, qui par magie, par expérimentation constante, apporteront, de l'artiste torturé (HR Giger) à l'aérographiste ou le technicien talentueux, leur contribution irremplaçable. Une oeuvre symptomatique du cinéma comme d'essence collective où l'on ne peut enlever le moindre élément sinon tout s'écroulerait comme un château de cartes. Là où Dune s'est effondré de par son gigantisme, Alien va tenir du miracle.

Sur cette fin de décennie digne d'un conte de fées, après tant de difficultés personnelles, s'ouvrent pour O'Bannon les années quatre-vingt qui seront des années d'opportunités... mais également de déconvenues cinglantes.


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#12 ouaisbiensur

ouaisbiensur

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Posté 27 December 2009 - 18:15 PM

Toujours intéressant, la suite chef.

327553karatebullfighter.jpg


#13 Alex W.

Alex W.

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Posté 27 December 2009 - 21:22 PM

Formidable focus ! Bravo bel hommage a un grand !

#14 san

san

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Posté 27 December 2009 - 22:37 PM

Ces 3 parties, je les ai trouvée, émouvante à lire, et trés bien écrite! !!! ohmy.gif Merci "udéka"! !!!De plus, j'ai appris beaucoup, à travers les anecdotes, et les citations des divers intervenants...! !!
J'espére vraiment, que d'autres "madnautes", viendront poster ici...pour saluer cette trés belle démarche que tu as eu! !!!



Merci...beaucoup! ! cool.gif
« Obscurité, tu seras dorénavant pour moi la lumière. »

#15 adamo

adamo

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Posté 28 December 2009 - 01:02 AM

Merci.

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#16 Udéka

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Posté 30 December 2009 - 14:25 PM

Part 2

Les années 80 - Première partie : Hauts et bas

En apparence, l'année 1981 annonce le succès pour le tandem avec Métal Hurlant (les segments Soft Landing et B-17), puis Réincarnations (Dead & Buried), film oublié avec un script de haute tenue, qui rends hommage au EC Comics. Mais nous allons le voir, la postérité réserve quelques surprises.


Metal Hurlant
B-17, découvert dans un long extrait télévisuel quand j'étais enfant et qui m'aura valu quelques bonnes nuits de cauchemars (il fut bien plus traumatisant pour moi que le déjà gratiné Thriller de John Landis), montre le tragique destin d'un bombardier durant la seconde guerre mondiale contaminé par la force négative qui est le fil rouge du film. Les cadavres se lèvent et progressent inexorablement jusqu'à la cabine de pilotage. Malgré l'âge avancé de l'animation, le segment file encore quelques frissons aujourd'hui par son ambiance macabre.


Réincarnations
Il serait facile de croire qu'il s'agit là d'un des meilleurs scripts de O'Bannon qui se serait rappelé des lectures horrifiques qu'il affectionnaient tant. On retrouve déjà un humour très noir annonçant celui de The Return of the Living Dead, au service d'une histoire à la fois respectueuse et trangressive du mythe du mort-vivant, fortement maline et d'une chute vertigineuse. Mais en réalité, c'est l'homme de l'ombre, Sushett, qui l'a exclusivement écrit. O'Bannon avoua à Marc Toullec que pour cause de maladie "il n'avait jamais écrit une ligne" dessus. C'est dire qu'il ne faudrait pas oublier, O'Bannon avait raison, que le co-auteur d'Alien est un "bon".

Les vicissitudes hollywoodiennes se poursuivent par le traitement aseptisé du scénario très ambitieux et politique de Tonnerre de Feu (Blue Thunder) qui devient un polar un chouïa high tech par John Badham suite à la "magie" de la production. Une déception de plus pour Dan O'Bannon. Il y en aura bien d'autres.

Dune de David Lynch sort sur les écrans en 1984. L'histoire ne retient pas ce qu'en a pensé O'Bannon...

Les années 80 - Deuxième partie : la réussite Return of the Living Dead


Une édition (plus que sommaire) vantant les mérites de O'Bannon mais sans oser le citer

Il était logique après les expériences touche-à-tout de l'homme sur Dark Star et Alien, qu'il en vienne naturellement à la réalisation. L'occasion se présentera avec Le Retour des morts-vivants qui nous fait regretter amèrement que O'Bannon n'ait pas pu persévérer plus loin que The Ressurected dans cette voie. Malgré quelques démêlées de droits concernant le titre avec G.A. Romero qui préparait son Day of the Dead (qui finira par un accord à l'amiable : O'Bannon pouvant utiliser les mots "living dead" et Romero juste "dead"), qu'à cela ne tienne, il écrit puis réalise enfin son premier long-métrage en 1985. Même si les producteurs honnis par O'Bannon mettront leurs mains dans le montage, cela ne change pas l'évidence, le film est excellent.

Sous des dehors de petite série B amusante et pétaradante, The Return of the Living Dead est un véritable tour de force plein d'énergie, d'inventivité et de modernité (des personnages agissent par rapport à leur connaissance du cinéma d'horreur, onze ans avant Scream) qui préfigure tout un pan du film de zombies. En voulant payer sa dette aux Comics, en voulant introduire une ambiance mi-horrifique mi-humoristique mais en réussissant à garder un équilibre parfait entre les deux, en creusant un chemin différent de Romero, The Return of the Living Dead annonce tous les zombie-flick à la fois sérieux et décalés que ce soit Shaun of the Dead ou plus récemment Bienvenue à Zombieland. Ne serait-ce qu'au niveau technique, la performance sur les effets spéciaux de maquillages est stupéfiante pour son époque.

Et rien que pour le gag d'humour noir le plus drôle qui soit (le zombie qui prends la radio de la voiture de la police dont les propriétaires se font manger à côté et qui lance l'appel : "Envoyez encore des flics !"), on ne peut décemment que mettre la meilleure note sur la copie.

Il n'y a qu'à voir la suite de 1988, qui est une pochade sans rime ni raison, pour mesurer le talent d'écriture et de réalisation de Dan O'Bannon.
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#17 Number 6

Number 6

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Posté 30 December 2009 - 15:46 PM

Tiens, j'ignorais totalement que O'Bannon avait été rattaché à Réincarnations. Très chouette film vu sur RTL9 quand j'étais ado et que j'aimerais bien revoir à l'occase (y a un DVD Z2 ?).

Et c'est vrai que Le retour des morts-vivants mérite mieux que l'édition Ciné FX, dont le seul bonus de taille est La nuit des morts-vivants en VOST (un bonus gratos, qui plus est, le film étant tombé dans le domaine public) et, si ma mémoire est bonne (j'ai pas mon DVD sous la main), le court métrage parodique Night of the living bread. Si un éditeur nous lit...

Encore du bon boulot, UDK smile.gif .
Check mon DeviantArt : http://zenoon.deviantart.com/

#18 jacques

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Posté 30 December 2009 - 16:57 PM

CITATION(Number 6 @ 30 12 2009 - 15:46) <{POST_SNAPBACK}>
Tiens, j'ignorais totalement que O'Bannon avait été rattaché à Réincarnations. Très chouette film vu sur RTL9 quand j'étais ado et que j'aimerais bien revoir à l'occase (y a un DVD Z2 ?).

Et c'est vrai que Le retour des morts-vivants mérite mieux que l'édition Ciné FX, dont le seul bonus de taille est La nuit des morts-vivants en VOST (un bonus gratos, qui plus est, le film étant tombé dans le domaine public) et, si ma mémoire est bonne (j'ai pas mon DVD sous la main), le court métrage parodique Night of the living bread. Si un éditeur nous lit...

Encore du bon boulot, UDK smile.gif .


Pour "réincarnations,il y a un dvd zone 2 mais à fuir (recadré sans VO)

Par contre, il existe - je le possède - un blu ray zone all avec ST français (eh oui : nouvelle politique de la maison) édité par blue underground la boîte de William Lustig ...
Il te reviendra, via amazon.com, à 17 euros environ port compris ... smile.gif

#19 Number 6

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Posté 30 December 2009 - 19:41 PM

Merci pour le renseignement smile.gif .
(Et le matos HD, il me revient combien ? icon_mrgreen.gif )
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#20 jacques

jacques

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Posté 30 December 2009 - 20:39 PM

Les lecteurs blu ray ont beaucoup diminué ces derniers temps ...

Sinon, pour "le retour des morts vivants" , il existe depuis quelques années déjà une édition zone 2 MGM au bon format 16/9 avec une image très correcte et VO et VF : bien meilleure donc que l'édition CinéFX recadrée que tu cites ...
Parfois couplé en coffret avec "evil dead 3" ...

Un lien :

http://www.pricemini...DVD-Zone-2.html




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