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Amityville 2 : Le possédé - Damiano Damiani (1982)


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41 réponses sur ce sujet

#1 stivmacouine

stivmacouine

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Posté 30 August 2005 - 08:21 AM

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Sorti dans une quasi indifférence au début de l'année 1983,noyé au milieu de films tels que EVIL DEAD, TRON, DARK CRYSTAL, E.T, CREEPSHOW, L'EMPRISE, TENEBRES (un sacré cru quand même ..) AMITYVILLE 2, LE POSSÉDÉ reste sans aucun doute le meilleur film de la franchise et avec le recul qui s'impose, un excellent film d'horreur sur le thème de la possession.
 

capt1.jpg

 

A première vue pourtant, rien de bien original dans ce projet : un producteur opportuniste (Dino De Laurentiis),l'exploitation d'un filon cinématographique juteux qui intègre à la fois L'EXORCISTE et AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE (un carton au box-office en 1979), un scénario qui utilise les recettes éprouvées du film de maison hantée ...
 

capt12.jpg

 

Malgré ces handicaps force est de constater que le résultat est tout à fait honorable et dépasse même en qualité le premier film de la série. Contrairement à Stuart Rosenberg, réalisateur chevronné et vieil habitué des séries B mais qui utilise des effets grand-guignolesques de manière maladroite, Damiano Damiani va ici faire preuve de plus de sobriété dans la réalisation et la direction artistique du film. Une qualité qui va conférer au film un ton beaucoup plus réaliste et donc beaucoup plus terrifiant.D'autant plus que AMITYVILLE 2, LE POSSÉDÉ s'inspire directement des évènements tragiques survenus deux ans avant l'aménagement de la maison par la famille Lutz.Ronald Defeo Junior, assassine froidement les six membres de sa famille.Lors du repas précédent le drame, il leur administre un puissant soporifique puis, dans la nuit, passe de chambre en chambre et tire dans le dos de son père, sa mère, sa soeur de 18 ans, son autre soeur de 13 ans et ses deux plus jeunes frères .... La suite on la connait : un best-seller adapté au cinéma qui devient un classique du film d'horreur.
 

capt13.jpg

 

AMITYVILLE 2, LE POSSÉDÉ s'inspire librement du livre "Murder in Amityville" de Hans Holzer. Le traitement du scénario par Tommy Lee Wallace va principalement s'appuyer sur la psychologie des personnages et la mise en place des évènements qui conduiront à la possession et à l'exécution du meurtre.Ainsi, Sonny (l'équivalent de Ronald Defeo junior dans la fiction), va subir une inexorable chute vers la possession démoniaque ponctuée d'évènements surnaturels : découverte d'une cave secrète dans la maison, murs de la chambre des enfants se couvrant de graffitis, la voix du démon à travers le walkman, etc. En jouant sur la dimension occulte, Wallace fait de la demeure une sorte de monstruosité qui se replie lentement sur sa proie pour la dévorer.
 

capt16.jpg

 

Le second aspect, et sans doute le plus intéressant du scénario, est l'ambiguité sous-jacente qui imprègne tout le film et tous les personnages.En effet, cette famille qui s'installe dans la maison "hantée" pourrait bien être autant responsable du Mal qu'elle n'en est victime. AMITYVILLE 2, LE POSSÉDÉ pourrait à ce titre figurer à coté de SIMETIERRE dans le registre de l'étude méthodique de la destruction d'une famille américaine modèle. Dans le cas présent, les personnages s'entredéchirent copieusement avant même de franchir le seuil de leur nouvelle demeure. Le père est pour les autres un tyran sadique. La mère supporte tout avec un masochisme douteux. Frère et soeur ainés sont liés par des rapports troubles bien avant l'intervention du diable. Même le prêtre de service, entretient un rapport douteux avec la fille ainée et son sacrifice lors de l'exorcisme final semble une sorte de rédemption pour ses pensées coupables.
 

capt23.jpg

 

Il faut évidemment créditer aussi le metteur en scène Damiano Damiani pour ce traitement tout en clair-obscur. Il est en particulier à l'origine du développement de l'idée des rapports incestueux entre le frère et la soeur dans le film car c'était selon lui le meilleur moyen de montrer la dégradation morale de la famille. Il a aussi volontairement filmé la séquence du massacre de manière indirecte afin de la rendre plus terrifiante.
Sa sensibilité italienne face à l'éternelle lutte entre les forces du Bien et du Mal ainsi que son expérience dans des genres aussi divers que le western ou le policier font de AMITYVILLE 2, LE POSSÉDÉ un film parfaitement maitrisé. Le long plan-séquence en travelling avant du générique, les plans en steadycam de la présence démoniaque à travers la maison, la musique angoissante de Lalo Shifrin sont en contrepoint de l'atmosphère sourde et malsaine du film. Les maquillages du film eux aussi ne sont pas en reste avec un formidable travail de John Caglione Jr (LA GUERRE DU FEU, ZELIG, C.H.U.D, THE BLOB) sur les différents aspects du possédé jusqu'à la créature démoniaque finale. Une mention spéciale également pour l'acteur Jack Magner qui incarne Sonny .Son jeu est proprement hallucinant et contribue fortement à la crédibilité du personnage.

Film de commande, réalisé par un metteur en scène de 61 ans spécialisé dans le western et la fable politique, AMITYVILLE 2, LE POSSÉDÉ avait tout pour grossir la liste des innombrables suites à succès du cinéma.Sous des dehors de série B , le film se révèle encore aujourd'hui une très agréable surprise, un film d'horreur subversif mettant à mal la famille et la religion.
 
5/6



#2 JulesExtreme

JulesExtreme

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Posté 30 August 2005 - 09:26 AM

Ca donne envie de le revoir tout cela en tout cas ! Bon post, plein de bonnes infos !
Je n'avais pas un super souvenir de ce film pourtant !

#3 Big John Fallus

Big John Fallus

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Posté 30 August 2005 - 11:36 AM

Je me souviens également avoir vu ce film il y a pas mal de temps déjà, et il m'en reste un bon souvenir (notamment cette sensation de malaise suscitée par la relation trouble entre le grand frère et la petite soeur, et d'une manière générale le souvenir de séquences choc filmées de manière frontale, brute, quasi obscène... cette indescriptible et pourtant reconnaissable "italian touch" que seuls les réalisateurs de l'époque savaient conférer à certains de leurs films d'épouvante - regardez ce qu'il reste d'Argento si on compare ses films des années '70-'80 à ceux d'aujourd'hui...).

J'essaie de ne plus trop me fier aux vagues souvenirs qu'il me reste des films que j'ai vu du temps où j'étais adolescent, car je suis souvent déçu lorsque je visionne ces mêmes films aujourd'hui (j'ai revu il y a qques mois le premier "Amityville" de Rosenberg que j'ai trouvé calamiteux, me demandant comment pareille scie ait pu avoir un effet quelconque sur les spectateurs de l'époque !...).

Ma curiosité est toutefois aiguisée par ton post au sujet de cette suite, car conforme aux vagues souvenirs que j'en garde.
Tu nous déconseille donc d'acquérir l'éd. Z2 ? Rester avec mes souvenirs en tête, plutôt que de revoir ce film ds les conditions qu'offre le Z2 actuel, et lui préférer le Z1, c'est bien ça ?
Là où ça sent la merde, ça sent l'être. L'homme aurait très bien pu ne pas chier, ne pas ouvrir la poche anale, mais il a choisi de chier (Artaud)

#4 stivmacouine

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Posté 30 August 2005 - 11:53 AM

tout à fait big john ! le zone 1 est pour l'instant la seule édition qui rende justice aux qualités de ce film



#5 Big John Fallus

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Posté 30 August 2005 - 13:27 PM

Bon, jusqu'ici on a discuté entre personnes acquises à la cause de ce film.

Je vais donc me faire l'avocat du diable et te demander s'il n'y a tout de même pas quelques effets spéciaux craignos de ci-de là, ou des effets scénaristiques ringards qui rapprocheraient ce film (et en toute objectivité) d'une expérience "nanaresque".

Sois OBJECTIF et réponds-moi sincèrement, stp.
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#6 davidhofer

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Posté 30 August 2005 - 14:52 PM

Mon cher petit Fallus (ou gros je ne sais pas)

A part quelques effets déjà vus 50 millions de fois dans d'autres films sur le sujet (sang qui sort d'un robinet, par exemple), il faut avouer que ce film est particulièrement efficace. Grâce à la mise en scène assez inventive de Damiano Damiani (il y a quelques mouvements de caméra pas mal vus) et aux maquillages bien dégueulasses. L'interprétation est également d'un niveau très honnête, ce qui est plutôt inhabituel dans ce genre de films où les acteurs ont tendance à en faire des tonnes.

J'ai acheté récemment le zone 1 (de très bonne qualité, c'est vrai) et j'ai revu le film. Je dois dire qu'il reste assez flippant et malsain. Il n'a pas trop mal vieilli par rapport au premier qui était déjà merdique à l'époque où je l'ai vu (ça fait longtemps, sniff).

En résumé Amityville 2, malgré quelques clichés pas trop trop envahissants, reste à mon avis une des rares réussites d'un genre qui en compte, il est vrai, très peu. On doit surtout cette réussite au côté malsain du script du malin Tommy Lee Wallace. A voir donc.

#7 Big John Fallus

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Posté 30 August 2005 - 15:33 PM

Bon, je vois qu'on est trois sur ce forum à apprécier ce film (et encore, moi je l'ai pas revu depuis des plombes et "JulesExtreme" n'en garde pas un bon souvenir). C pas objectif, tout ça...

J'ai tout de même l'impression - en regardant les photos jointes au post de "Stivmacouine" - que le maquillage démoniaque du personnage principal ne dépareillerait pas (ne vs déplaise) ds un craignos monsters à Jean-Pierre Putters...
Mais bon... faut voir comment ça s'intègre au récit.

"Stivmacouine" parle de musique de Lalo Schifrin pour cet "Amityville II" : est-ce une partition écrite exprès pour ce film ou bien a-t-elle été en partie reprise du premier "Amityville" ?
Là où ça sent la merde, ça sent l'être. L'homme aurait très bien pu ne pas chier, ne pas ouvrir la poche anale, mais il a choisi de chier (Artaud)

#8 davidhofer

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Posté 30 August 2005 - 15:42 PM

Oui le thème musical est le même que pour le premier film.

Pour ce qui est des maquillages, c'est vrai qu'en photo ça ne le fait pas trop, mais dans le film ça ne donne vraiment pas envie de rire.

J'ai oublié de mentionner quelque chose dans mon précédent post. Lorsque je parlais de mouvements de caméra assez bien vu, j'ai oublié de préciser qu'il y en a un qui est exactement identique à un célèbre plan d'Evil Dead. C'est lorsque que la caméra tourne autour de Bruce Campbell en passant au-dessus de sa tête. Je ne sais pas si vous voyez de quel plan je parle. Et bien, il y a exactement le même mouvement de caméra dans Amityville 2. Lorsque j'ai revu le film, j'ai été assez étonné.

Vu que les deux films sont sortis à peu près la même période, on ne peut certainement pas dire que l'un a copié l'autre. Les grands esprits (malins) se rencontrent smile.gif

#9 SKYNET

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Posté 30 July 2009 - 12:56 PM

Excellente surprise que cet Amityville II :The Possession !!!Je l'ai découvert il y a quelques années en VHS, et il m'avait instantanément plu, grâce aux parti-pris scénaristiques sans concession...Vrai aussi que Damiano Damiani maitrise son sujet à fond, sujet quelque peu scabreux mais nécessaire dans le bon déroulement de l'histoire ! Le meilleur (et de loin ) de la série Amityvilee...

#10 jacques

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Posté 23 September 2013 - 10:03 AM

Vraiment excellent ce film !!
Et une occasion de rendre hommage à Damiano Damiani, récemment disparu mais avec une excellente filmographie à son crédit.

Autant le film de Stuart Rosenberg est une bouse, autant cette préquelle ose aller au bout de son sujet et ce avec une absence de concessions difficilement imaginale aujourd'hui.

J'ai trouvé une critique du film, dûe à la plume de Clément ARBRUN (sur "Courte focale.fr") que je reproduis ci après et qui résume bien les qualités de ce petit chef d'œuvre qui a plus que bien vieilli (et qui a même des échos actuels à une époque ou les massacres au fusil tendent à s'intensifier chez l'Oncle Sam)

"Souvenir, Souvenir : ceux qui ont eu le malheur d’entrer dans La Maison du Diable version Rosenberg (1979) n’en sont pas ressortis indemnes…à force de crises de fous rires face à l’affligeant spectacle visionné, digne d’une mauvaise foire des ténèbres. Quelle idée de retourner dans cette baraque ! Et pourtant…
Parfois il faut bien faire fi des préjugés et savourer la surprise quand elle se présente : oui, cette suite d’un des faux-classiques les plus surestimés de la galaxie (ce nanar ridiculo-hippie avec un James Brolin bedonnant) est un petit film de genre d’une redoutable efficacité, respectant le cahier des charges de toute bonne production horrifique.
A savoir ? La qualité esthétique, l’entorse à la bonne morale, l’excitation due à la transgression caractéristique d’un genre riche gorgé de symboles phobiques, de peurs excitantes, d’inconscient libéré et d’illustrations de la peur. Une peur au premier degré. L’exact opposé, mot par mot, de Scream 3, pour résumer.

Amityville : Le Possédé est l’exemple du film modeste mais réussi, qui a tout compris aux attributs d’un type de cinéma, un cinéma parfois porteur de sens mais toujours fondé sur le sensualisme (les frissons, la frousse, le sang, le sexe…), où fond et forme se conjuguent pour rappeler au public, pris par la gorge, l’essence même de l’art d’épouvante !
Cette suite littéralement « bigger and louder » écrase un premier opus abominable (dans le mauvais sens du terme) en respectant ce qui fait pulser le corps horrifique : le suspense hitchcockien parsemé de gore malsain, la douce radicalité bousculant les attentes du spectateur, tout cela additionné à un certain savoir-faire formel hollywoodien. Une efficacité « à l’américaine »…agissant pourtant dans le cadre d’une production à l’européenne ! Le metteur en scène et le producteur sont deux italiens : le magnifique Dino De Laurentiis (La Strada de Fellini, Barbarella, Un justicier dans la Ville, King Kong et King Kong 2, Flash Gordon, Dune, Evil Dead 3…) et le talentueux Damiano Damiani (assez méconnu en France, mis à part pour avoir signé un des innombrables opus de la franchise Terrence Hill/Bud Spencer) (!).

L’histoire en apparence est la même, celle d’un massacre familial dû à l’influence d’esprits frappeurs hantant une maison à forme humaine (tiré d’une histoire vraie, oui oui, d’une histoire vraie !)…mais l’influence cette fois-ci est tout autre, moins proche de Mel Brooks (pardon) et bien plus héritière d’un très grand film américain, traumatisme d’une époque, et pièce de maître fédératrice s’il en est : L’Exorciste, de William Friedklin (nouvelle vision d’un genre, qui a même su enterrer l’empire Hammer !) Une pareille idée du divertissement malsain et perturbateur voire blasphémateur, jouant sur une même adition de talents. Soit le doré d’un scénariste chevronné (Tommy Lee Walace, précieux membre de la « bande à Carpenter »), des interprètes bien dirigés (l’hallucinant Jack Magner), l’orchestration frénétique de Lalo Schifrin, la maîtrise signifiante d’un vrai technicien, la photographie baroque de Franco Di Giacomo (lui aussi italien), sans oublier les maquillages détonants et fort dégueux de Joe Cuervo, héritant clairement d’un Dick Smith dans le façonnage de la possession qui en jette. L’artisanat au service de la subversion.

Plus que par ces menus blazes, là où ce sequel a tout compris à la richesse de l’œuvre de Friedklin c’est par sa manière de déployer une même optique du concept horrifique comme prétexte à l’implosion psychologique. Le thème de la possession diabolique et des phénomènes paranormaux, toute la fascination portée aux poltergeists, ne sont finalement qu’une façade face à un fond bien plus angoissant car plus « terre-à-terre », traitant explicitement des fissures de la famille-type américaine dans toute sa déchéance. A se demander qui est le monstre : cette maison néfaste pour les esprits ou bien…la famille en en elle-même.

Pour mieux constater l’ambiguïté prégnante, il suffit de faire un panoramique sur ce portrait effrayant de l’american way of life : une mère croyante jusqu’à l’hystérie (il n’est jamais trop conseillé de lier le film au superbe Carrie de « Dio Palma »), un père amateur de coups de ceinture portés sur la tronche de sa fille de cinq ans (Burt Young, who else ?), réservant même quelques mandales à sa dulcinée si celle-ci refuse l’acte sexuel, une sœur ne concevant pas qu’un amour strictement familial à son frère, ce dernier, futur possédé à tête de junkie, devant faire face à ce beau monde avant de réagir par la plus extrême violence à cette crise morale, pas plus aidé que cela par un prêtre désarmé (le père Merrin ?). Ainsi toute la violence est déjà présente, dès la scène d’ouverture, sans qu’une quelconque entité satanique puisse bouleverser la donne, à l’intérieur de cette cellule grisâtre, ce carcan glauque parsemé d’horreur conjugale et d’inceste qui ne fait pas trop « rêve américain » mais se rapproche plus des excès déviants d’un Wes Craven des débuts 1.

Cette idée initiale de déboulonnage des conventions narratives (le cercle familial n’est jamais uni dans le malheur), anti-commerciale en diable (sans mauvais jeu de mots, enfin maintenant, si), démontre tout le radicalisme d’un film baigné d’une photographie jouant constamment sur les contrastes chiadés, la présence perpétuelle des ténèbres, l’absence de lumière divine, et propose qui plus est un savoureux mélange des modèles de « films fous » qui ont appris le langage cinématographique à plus d’un fan transi.

Les séquences subjectives pensées dans leur fluidité rappellent le Sam Raimi des années quatre-vingt (se rapprochant dans l’aspect story-boardé d’un Evil Dead, sorti lui aussi en 1982), le sens du spectaculaire est digne du spielbergo-hooperien Poltergeist, le décadentisme nihiliste qui en ressort n’a rien à envier à la Trilogie de L’apocalypse (et plus particulièrement à Prince des Ténèbres), l’image du prêtre défaillant renvoie évidemment à L’exorciste, en somme toute cette logique pluri-référentielle booste l’ensemble sans jamais le fragiliser. Cette addition de sources hétéroclites permet ainsi la conception de scènes aux idées picturales puissantes : un travelling circulaire à effet-frousse laisse la place à un plan-séquence d’une rare précision (la caméra, représentant le démon, suit le personnage, se rapproche de son dos, s’élève au ciel, se rabaisse…) ou à une image aussi métaphorique que sensorielle (la caméra insiste sur un miroir qui se brise partiellement, jouant autant sur l’idée de malheur que sur l’expression du personnage qui le scrute).

Pour le coup, ce petit tour de force d’une morne saga est la symbiose adéquate entre la surenchère promise, le formalisme ingénieux, l’exploitation d’une histoire tragique, et le sentiment cathartique de virulence, tout cela pour un produit sorti des studios. Une virulence qu’on retrouvera encore chez Tommy Lee Walace, qui a dû beaucoup compter pour ce projet, et qui balancera au public une même surprise inclassable, sorte d’ovni dans une saga pareillement peu excitante (car pillant un opus originel inégalable malgré une suite superbe) : Halloween 3 (baptisé Le Sang du Sorcier chez nous), parenthèse jouant sur la conspiration et traitant avec amusement de l’influence de l’omniprésente publicité télévisuelle (bénéficiant qui plus est d’une fin ô combien carpenterienne, proche de la fin du monde imminente de The Thing)…de quoi rappeler que la satire n’est jamais en inéquation avec le principe du « thrill » : le frisson.

Bref, éteignez vos lumières, sortez vos chats, coupez vos lignes téléphoniques, et relaxez-vous donc à l’intérieur de cette maison hantée, preuve comme une autre qu’il n’y a pas que les gremlins à éviter dans une baraque, et qu’il n’y a pas que les Paranormal Activity qui comptent dans la vie dangereuse d’un agent immobilier. "

Ceux qui, échaudés par la mauvaise réputation de cette franchise, n'y ont jamais jeté un œil feraient donc bien de réviser leur position : ils découvriront un film rare ...

#11 FloatinG

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Posté 23 September 2013 - 10:24 AM

A l'époque je devais avoir une douzaine d'années (80')et étais allé dans ce bon vieux cinéma de quartier tout pourri (le Rex, qui n'existe plus d'ailleurs)pour mater Piranha 2.
Avant la séance, une bande annonce d'Amityville 2 ... j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre, bien plus effrayant que le film de poissons carnivores volants en lui-même!

J'ai dû le louer quelques années plus tard en VHS.
Il m'est resté gravé celui-là.

#12 jacques

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Posté 23 September 2013 - 10:44 AM

Comme cela a déjà été dit ci-dessus, le zone 1 MGM est excellent en qualité d'image, est uncut, a des STF et est trouvable à très bon marché.

So ... B)

#13 stivmacouine

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Posté 24 September 2013 - 00:49 AM

argh, cette putain de scène...

Image IPB

encore aujourd'hui, un des meilleurs films de possession avec THE EXORCIST

...Comme tu voudras, my ass licking cock sucker mother fucking son of a bitch !!


#14 alex666avalon

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Posté 24 September 2013 - 05:46 AM

Perso je le trouve bien meilleur que l exorciste . Le jeu d acteur et les maquillages sont excellents . Ca reste un des tres rares films qui arrivent encore a me faire leur ptit effet flipette ....
Image IPB

#15 jacques

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Posté 24 September 2013 - 06:21 AM

Perso je le trouve bien meilleur que l exorciste .


Meilleur que l'Exorciste, je n'irai pas jusque là car c'est le mètre étalon du genre sauf évidemment si tu te réfères à l'infâme bidouillage - à base d'inserts foireux, de scènes inutiles et de révisionnisme catho. - sorti en 2000 et que l'on (y compris le réalisateur ...) a essayé de nous faire passer pour la version vraiment voulue par Friedkin ... :mrgreen:/>

#16 alex666avalon

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Posté 24 September 2013 - 14:43 PM

J ai bien dit " perso " mais c est clair que la mise en scene et le maquillage du ptit jeune me font bien plus flipper que la fillette de l exorciste ( que je n ai jamais considere comme un must ) . La tete qu il fait dans sa cellule par exemple ...
Image IPB

#17 jacques

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Posté 24 September 2013 - 15:03 PM

En tout cas, ce film mérite une urgente réhabilitation car c'est encore un de ces - pas si rares - cas de figure ou le 2 surpasse de loin le 1 ...

#18 Gremtters

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Posté 30 April 2015 - 11:02 AM

   Je viens de me farcir le 3 et le 4 et effectivement on est bien loin du film de Damiani qui avait le mérite de garder une ambiance angoissante et tellement malsaine.

 

  Même plus intéressante que le premier puisse qu'il traite directement des faits de 1974 contrairement à son prédécesseur qui évoque l'après... Là la possession pousse jusqu'à l'inceste, au pêché, avec un détachement presque désinvolte. 

 

  Un film glauque et dérangeant, et réussi.



#19 thirdeyemachine

thirdeyemachine

    Chouineur

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Posté 21 October 2016 - 10:43 AM

Puisque tu évoques le 3, le voici en BR avec sous titres anglais, et...en 3D ! Hop hop hop !

 

 

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mini_286879images.jpg www.podsac.wordpress.com


#20 Murphy

Murphy

    Ghoulies

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Posté 20 December 2016 - 05:58 AM

Une "petite" vidéo sur la saga Amityville, dans laquelle David Didelot insiste particulièrement sur le 2.

 






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