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Les cinéastes qui s'aiment...


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619 réponses sur ce sujet

#1 molasar

molasar

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 29 July 2008 - 12:53 PM

Avez-vous des exemples précis de cinéastes clamant leur admiration pour le travail de leurs collègues...ou au contraire manifestant tout leur dédain face aux films de leurs "ennemis"? icon_mrgreen.gif

William FRIEDKIN parlant de Michael MANN dans une interview de Starfix (numéro 85):

"Je sais qu'on dit de lui qu'il me copie ( blink.gif icon_mrgreen.gif ) mais j'apprécie son travail,à chaque fois que je le rencontre,je plaisante sur ce sujet"

Toujours FRIEDKIN à propos de MANN,mais un peu moins enthousiaste en 1998 dans la revue "Positif":

"Selon moi,Michael Mann a réduit DRAGON ROUGE à un exercice de style bruyant"



Bertrand TAVERNIER évoquant en Septembre 2005 pour le site dvdclassik ses enthousiasmes (Clint EASTWOOD,les frères COEN,David LYNCH...) et déceptions (DE PALMA,CARPENTER,COPPOLA,CIMINO...) américains...:


"Pour de Palma, nous avons écrit un très long texte, louant certains films ; mais je serais finalement encore plus sévère aujourd’hui : je trouve ses derniers films absolument nuls. C'est vrai que l'on est sévère avec John Carpenter. Ce qu’il fait me semble tellement facile, ces lents travellings à la steadycam dans des rues désertes, sa réappropriation du sérial et de la série B (le fade Jack Burton dans les griffes du Mandarin)… C’était marrant quand c’était Roger Corman qui offrait une contre culture, mais maintenant ces films, ces genres sont devenus officiels, institutionnels. Et l'intérêt s'émousse .

(...)

"Si aujourd’hui on nous reproche d’être durs avec ces réalisateurs, c’est que leurs derniers films sont généralement assez pauvres. Les derniers films de Coppola sont tout de même franchement décevants, que ce soit Jack ou The Rainmaker. Steven Spielberg, pareil : certains films m’épatent, comme A.I. et puis j’ai le malheur d’enchaîner sur Amistad, et catastrophe : c’est plat, raté et chose rare pour un film de procès, ennuyeux. On a écrit beaucoup de bien des Dents de la Mer, de Duel, voire de La Liste de Schindler. Mais je trouve Le Soldat Ryan très discutable. Evidemment, la scène d’ouverture est très impressionnante - même s’il y a une idée de mise en scène impardonnable : les deux ou trois contre-champs sur les mitrailleuses allemandes…"

(...)

"une fois le débarquement terminé, Il faut sauver le Soldat Ryan est un petit film de patrouille sans intérêt : il y a, sur le même thème, une trentaine de films américains bien plus réussis (Cote 465, Bastogne, Fixed Bayonnets de Fuller...). Dans cette seconde partie, Spielberg accumule les stéréotypes, voire les clichés, que ce soit sur la guerre ou la France. D’une manière générale, je trouve que la plupart des cinéastes du Nouvel Hollywood font des films extraordinairement décevants aujourd’hui : leur carrière vire même parfois au désastre. Regardez Sidney Pollack. Ou encore Michael Cimino… Cimino, c’est une catastrophe.
La presse omet toujours de le dire, mais Cimino s’est détruit tout seul, par mégalomanie, et cela donne les films qu’il a fait par la suite."

(...)

"Il y a de temps en temps des surprises de taille : Eternal Sunshine of the Spotless Mind, I Was Josh Polonski’s Brother, Rushmore, Sideways ou Ray de Taylor Hackford, dont j'avais aimé certains films. Sans compter tous ces documentaristes dans la lignée d'Errol Morris Et évidemment quelques grands cinéastes continuent : Clint Eastwood en premier lieu dont les deux derniers films sont magnifiques, Steven Soderbergh, Robert Altman, le Scorsese d’A Tombeau Ouvert, David Lynch, les frères Coen, le Michael Mann de Révélations, Tim Burton malgré quelques ratages. Oliver Stone aussi, un cinéaste curieux qui a souvent été à côté de la plaque, mais dont les derniers films sont parfois passionnants, que ce soit U-Turn ou Nixon. Je vois par ailleurs des cinéastes se disperser : Ang Lee avec Hulk par exemple, ou capituler.

(...)

"Quand je vois Batman Begins, je me dis qu’il y a trente réalisateurs américains interchangeables qui pourraient faire ça : où est la place de Christopher Nolan, cinéaste pourtant intéressant, dans ce dispositif de mise en scène et cette masse d’effets spéciaux ? Le problème est le suivant : Walsh et Hawks étaient nourris des classiques de la littérature antique, la nouvelle génération, elle, est gavée de sous-produits, de comics, ou de films Z de la Shaw Brothers. Je ne peux pas dire que je sois foncièrement contre, puisque cette culture peut donner de grands films comme ceux de Quentin Tarantino (encore que Kill Bill me semble vide et marque les limites de ces sources d'inspiration), mais aussi beaucoup d'œuvres décervelées."

#2 molasar

molasar

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Posté 29 July 2008 - 13:11 PM

Christophe GANS en 1996 dans le fanzine Phantom à propos des derniers Paul VERHOEVEN,Brian DE PALMA et Francis Ford COPPOLA :

(...) "Ce n'est pas un hasard si la carrière de Verhoeven a suivi celle de De Palma. Leurs deux carrières sont bâties sur le cynisme et c'est ce qui est en train de les tuer. Voir RAISING CAIN ou BASIC INSTINCT,c'est quand même effrayant en comparaison avec leurs premières oeuvres respectives.
CARLITO'S WAY m'a abasourdi: c'est son pire film. C'est effrayant de bout en bout. Voir la pétasse de Martin Bregman,Penelope Ann Miller,filmée avec des filtres de merde comme un film des années 70 avec Barbra Streisand réalisé par Arthur Hiller,tu te demandes "Comment le cinéaste qui m'a fait aimé le cinéma en est arrivé à cette daube infâme? c'est monstrueux,c'est le zéro absolu du cinéma.
(...) Tant qu'il se complaisait dans son cynisme mais qu'il restait sur la frange,c'était parfait car il faisait des films en réaction contre le reste de la production américaine. CARLITO'S WAY est un film dans la m..... C'est insupportable. J'en ai autant pour le DRACULA de Coppola. Quand je vois ce genre de films,je me demande si j'aime encore le cinéma.
Et puis heureusement,quelques jours après,je vois un bon film et je me dis que ce n'est pas moi qui débloque!"

#3 stivmacouine

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Posté 29 July 2008 - 14:32 PM

intéressant ce topic .....il est en effet rare de pouvoir lire l'avis d'un cinéaste sur le travail de ses confrères dans des revues de cinéma
(il faut dire que je n'en lis plus trop) icon_mrgreen.gif

certaines remarques du gros bertrand sont assez pertinentes et témoignent d'un regard assez lucide sur le cinéma d'aujourd'hui et sur certains cinéastes.
bien vu sur Cimino et Stone, pareil sur De Palma et Tarentino. En revanche, je pense qu'il est un peu dur pour Carpenter et le Dracula de Coppola.

...Comme tu voudras, my ass licking cock sucker mother fucking son of a bitch !!


#4 Elego

Elego

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Posté 29 July 2008 - 14:44 PM

Tavernier c'est un cas particulier vu qu'il est aussi "de l'autre côté" avec ses écrits sur le cinéma. Quand il donne son point de vue (très discutable sur de nombreux points mais clair et argumenté) il ne le fait pas tant comme cinéaste que comme critique.

Pareil pour Gans : avant d'être un réalisateur, c'est un critique et un cinéphile.

Sinon c'est bien rigolo pour Friedkin sur Mann tant leurs styles sont différents. Peut-être qu'il dit ça à cause du rapprochement entre To live and die in L.A. et Manhunter ?

Pour rester dans le sujet, il paraît que l'auto-interview de David Goyer dans les bonus de Blade 3 est assez énorme en terme d'autosatisfaction.

#5 Batman Begins

Batman Begins

    Agnès Jaoui

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Posté 29 July 2008 - 14:54 PM

CITATION(Elego @ 29 7 2008 - 15:44) <{POST_SNAPBACK}>
Pour rester dans le sujet, il paraît que l'auto-interview de David Goyer dans les bonus de Blade 3 est assez énorme en terme d'autosatisfaction.

http://www.mad-movie...showtopic=14676

#6 BMWC

BMWC

    Ghoulies

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Posté 29 July 2008 - 15:01 PM

En amour gros comme une maison, il y a Edgar Wright et George A. Romero. Après avoir adoré Shaun fo the Dead qui rendait hommage à ses films, Romero a invité Wright sur le tournage de Land of the Dead, et vous pouvez voir cette rencontre exceptionnelle et touchante dans un bonus du DVD du film de Romero.

Sinon, dans un tout autre registre, le cinéaste germano-turc Fatih Akin (Head On, De l'Autre Côté) n'a jamais caché son admiration pour Martin Scorsese, et son premier film L'Engrenage est un hommage net à Mean Streets.

Park Chan-Wook, qu'on a souvent comparé à David Fincher ou à David Lynch, a toujours dit que son David préféré, c'était David Cronenberg.

N'oublions pas l'amour, l'admiration et le respect incommensurable du disciple Clint Eastwood sur ses maîtres Don Siegel (par ailleurs mentor de Sam Peckinpah) et Sergio Leone à qui il a dédié son film Impitoyable. Pour l'anecdote, peu avant sa mort, Sergio Leone avait invité Eastwood à dîner pour lui dire au revoir... (sniff).

Sinon, les deux réalisateurs qui n'arrivent pas à se piffrer en ce moment, ce sont Spike Lee et Clint Eastwood, crachant chacun sur les films de guerre de l'autre comme Mémoire de nos pères et Miracle at Santa Anna !

"With great power comes great responsabilities."

#7 Elgin

Elgin

    Leprechaun

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Posté 29 July 2008 - 15:33 PM

Putain comme ca m'énerve ce que je lis attends Tavernier ils se prend pour qui et Christopher gans (réal que j'aime) qui dit que L'impasse s'est le zéro absolue.... moi quand je lis ca je me demande si ces bouffons ne parlent pas pour faire genre a oué tous le monde aime l'impasse bah moi je dis que c'est le zéro absolu.....
Lucha de Gigantes


#8 Mechagodzilla

Mechagodzilla

    Sim

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Posté 29 July 2008 - 15:40 PM

CITATION(Elgin @ 29 7 2008 - 16:33) <{POST_SNAPBACK}>
Putain comme ca m'énerve ce que je lis attends Tavernier ils se prend pour qui et Christopher gans (réal que j'aime) qui dit que L'impasse s'est le zéro absolue.... moi quand je lis ca je me demande si ces bouffons ne parlent pas pour faire genre a oué tous le monde aime l'impasse bah moi je dis que c'est le zéro absolu.....



plus gros fan de De Palma que Gans, je crois pas que ça existe. Alors quand il pourri "l'impasse", je pense pas que ça soit pour se donner un genre.

#9 Elgin

Elgin

    Leprechaun

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Posté 29 July 2008 - 16:27 PM

ok peut être alors mais faut pas exagérer , Mission to mars ou Femme fatale ça s'est de la merde et grosse en plus , pas l'impasse.
Lucha de Gigantes


#10 kitano

kitano

    Wookie

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Posté 29 July 2008 - 16:27 PM

CITATION(Mechagodzilla @ 29 7 2008 - 16:40) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(Elgin @ 29 7 2008 - 16:33) <{POST_SNAPBACK}>
Putain comme ca m'énerve ce que je lis attends Tavernier ils se prend pour qui et Christopher gans (réal que j'aime) qui dit que L'impasse s'est le zéro absolue.... moi quand je lis ca je me demande si ces bouffons ne parlent pas pour faire genre a oué tous le monde aime l'impasse bah moi je dis que c'est le zéro absolu.....



plus gros fan de De Palma que Gans, je crois pas que ça existe. Alors quand il pourri "l'impasse", je pense pas que ça soit pour se donner un genre.


Normalement l'argument qui suit c'est un truc du genre pour qui il se prend c'était pourri le pacte des loups.

#11 Kentis Cocker*

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Posté 29 July 2008 - 16:34 PM

CITATION(Elgin @ 29 7 2008 - 17:27) <{POST_SNAPBACK}>
ok peut être alors mais faut pas exagérer , Mission to mars ou Femme fatale ça s'est de la merde et grosse en plus , pas l'impasse.


Alors ça aussi c'est bien relatif
Mission to Mars amha c'est le mariage parfait des images et de la musique

#12 molasar

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Posté 29 July 2008 - 16:47 PM

CITATION(Elgin @ 29 7 2008 - 17:27) <{POST_SNAPBACK}>
ok peut être alors mais faut pas exagérer , Mission to mars ou Femme fatale ça s'est de la merde et grosse en plus , pas l'impasse.


les propos de Gans que j'ai cité datent d'un fanzine consacré à Starfix paru en 1996...Gans n'avait donc pas encore vu "Mission to Mars" ou "Femme fatale",et pour cause... blush.gif

#13 Elgin

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Posté 29 July 2008 - 16:53 PM

CITATION
les propos de Gans que j'ai cité datent d'un fanzine consacré à Starfix paru en 1996...Gans n'avait donc pas encore vu "Mission to Mars" ou "Femme fatale",et pour cause...


Ze sais mais bon si il dit sa de l'impasse, je pense qu'avec mission to mars ou femme fatale il a du pleuré.
Lucha de Gigantes


#14 2vic

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Posté 29 July 2008 - 17:09 PM

C'est marrant quand même, mais je trouve que l'impasse c'est nettement le meilleur film de De Palma. Ce qui explique peut-être que je n'accroche pas du tout au travail de Brian ( Blow out ou Body Double, je peux pas...)
J'dis ça, j'dis rien.

#15 molasar

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Posté 29 July 2008 - 17:17 PM

CITATION(Elego @ 29 7 2008 - 15:44) <{POST_SNAPBACK}>
Sinon c'est bien rigolo pour Friedkin sur Mann tant leurs styles sont différents. Peut-être qu'il dit ça à cause du rapprochement entre To live and die in L.A. et Manhunter ?


ils doivent avoir une relation amour/haine étrange tous les deux laugh.gif
à l'époque Mann avait parait-il intenté un procés (perdu) à Friedkin,l'accusant de pomper sa série "Miami Vice" pour "To live..." laugh.gif
ensuite Mann avait parait-il proposé le rôle de Lektor à Friedkin pour "Manhunter"... biggrin.gif


Ha,toujours le Friedkin dans le Starfix 85 à propos de Dario ARGENTO cette fois-ci:

"En Italie on ne tourne plus que des comédies imbéciles. Je respecte Dario Argento. Voir ses films,c'est comme écouter un virtuose de la trompette: l'air n'est peut-être pas intéressant mais la façon dont il joue est incroyable. De la pure technique."


Big John CARPENTER clamant lui aussi son amour pour le cinéma de mon bon Dario smile.gif:

-Dans les Cahiers du cinéma 523 (Avril 1998,à l'occasion de la sortie française de VAMPIRES):

"J'ai énormément d'admiration pour le travail de Dario Argento. Je pense qu'il a tourné des films extrêmement dérangeants. (...)
Un de ses films,PHENOMENA,m'a profondément troublé,mis vraiment mal à l'aise. Il fait partie des rares films que je ne montrerais jamais à mes enfants. Je peux leur montrer SUSPIRIA,qui est un film très opératique. PHENOMENA est vraiment un film très difficile. Je crois que cela explique certaines choses sur cette absence de reconnaissance à l'égard de Dario Argento: quand on travaille sur ce genre d'émotions,on court le risque de troubler pronfondément le spectacteur...donc le critique.
Mais cela n'enlève rien à la beauté de ses films qui sont parfois extraordinaires. Argento a une manière très étrange de relier la violence au sexe. Et ça dérange les gens..vraiment"

-Dans Starfix 11 et Simulacres 2 en 2000 :

"J'adore INFERNO mais aussi PHENOMENA,SUSPIRIA bien sûr,OPERA.

(...) Pour moi,tout est d'abord narratif,les situations doivent s'enchainer selon un ordre logique,avoir une raison d'exister.
Dario Argento,lui, peut décider d'arrêter son récit,filmer d'un seul coup un rêve,un cauchemar pusi revenir à l'histoire. C'est quelque chose que je ne pourrais pas faire. C'est sa force. C'est aussi pour cela que Dario est un grand cinéaste."

"Vous savez,je lui ai volé tellement de thèmes musicaux,de plans même." (...)
SUSPIRIA est pour moi,de toute l'histoire du cinéma,le meilleur film d'horreur jamais réalisé.
INFERNO c'est comme consommer une drogue et avoir du bon temps. C'est un film que je peux revoir à l'infini"

-et interviewé par Franka Potente pour l'émission "Au coeur de la nuit" en 2003...:

"Dans chacun des films d'Argento il y a toujours 1 ou 2 scènes qui vont me marquer au point que je vais en rêver la nuit..."

#16 molasar

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Posté 29 July 2008 - 17:25 PM

Sergio LEONE à propos de Jean-Luc GODARD:

"Godard est le cinéaste dont je me sens le plus proche dans ma façon de penser le cinéma.
Il est le seul qui comme moi ne pense qu'en images et en sons."

Source: interview de Noël Simsolo parue dans "Dans les griffes de la Hammer"


Et GODARD tapant gentiment sur ses collègues... icon_mrgreen.gif

- Tarantino, c'est nul : "Il a pris le nom de mon plus mauvais film (Bande à Part) pour baptiser sa boite de prod... La différence entre moi et lui : il habite le cinéma, moi le cinéma m'habite..."
- Spielberg c'est nul : "Je ne le connais pas, je ne joue pas au golf..."
- Les freres Coen et Rivette, c'est nul : "Fargo c'est tellement mauvais, qu'on dirait du Rivette !"
- Kassovitz, c'est nul : "La Haine, c'est un clip video..."

#17 molasar

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Posté 29 July 2008 - 18:07 PM

Toujours concernant Michael MANN,Olivier ASSAYAS avait écrit un beau texte sur ce cinéaste qu'il admire pour la revue Les Inrockuptibles à la sortie de COLLATERAL (numéro 461):

"J'avais beaucoup aimé LE SOLITAIRE qui est un très grand film et j'avais vu ses films suivants mais pour moi c'est vraiment avec HEAT et REVELATIONS que son cinéma a décollé. HEAT est un film d'une ampleur tragique grandiose et REVELATIONS un film terrible sur la solitude,l'effrondrement d'un homme,c'est vraiment déchirant sur l'intimité d'un personnage.
Les deux films suivants,ALI et COLLATERAL sont très beaux,mais peut être moins accomplis. En tout cas,ils représentent les deux pistes complémentaires de son cinéma. L'un, COLLATERAL,est purement melvillien. C'est un film de genre, avec une matière triviale,à savoir un scénario qu'il n'a pas écrit et dont les ficelles sont énormes. Malgré ces charnières pas dignes de lui,le film réussit des envolées de poésie nocturne absolument stupéfiantes. Il y a vraiment une vision,mélancolique,hallucinée,d'un monde dévasté.
Dans ALI,le film est très bien écrit,mais un peu écrasé au montage. Le film existe par la puissance d'incarnation des acteurs,de densité des personnages y compris secondaires,d'amour des personnes.
Ce sont les deux forces de son cinéma,d'un côté l'oeil,la poésie purement visuelle d'un grand styliste; de l'autre l'épaisseur humaine de son regard,le sens fulgurant de l'incarnation. Les deux conjugués en font pour moi l'artiste le plus passionnant en activité à Hollywood".

(...)

"La scène finale de COLLATERAL,qui n'est éclairée que par l'extérieur,où tout est à la limite de la visibilité,à partir de la situation conventionnelle d'une femme traquée dans le noir,est époustouflante. On est dans l'abstraction poétique de cette peur,de cette inquiétude,de la ville la nuit. Et ce pur plaisir formel ne nous fait pas pour autant sortir du film.
Ce que fait Mann avec la technique de la haute définition,qui permet de filmer au bord de l'obscurité,est dingue. (...)
La scène de la boite de nuit est également hallucinante. C'est un peu une scène comme SCORSESE n'est probablement plus capable aujourd"hui d'en tourner" (...)

Et ASSAYAS évoquant brièvement le cas SHYAMALAN dans l'article sur MANN...


" M.Night SHYAMALAN m'intéresse,j'aimais beaucoup SIXIEME SENS,mais de plus en plus ses films ressemblent à des épisodes de LA QUATRIEME DIMENSION. il a remporté un immense succès avec SIXIEME SENS parce que le public était soulagé qu'on le libère de l'accélération rythmique éffrénée des films américains industriels. Tout à coup,on soufflait,c'était très beau.
Mais depuis,il a un peu abimé son cinéma en exploitant une formule."

#18 Lord-Of-Babylon

Lord-Of-Babylon

    Cosmique Troupier

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Posté 29 July 2008 - 18:44 PM

CITATION(molasar @ 29 7 2008 - 13:53) <{POST_SNAPBACK}>
Avez-vous des exemples précis de cinéastes clamant leur admiration pour le travail de leurs collègues...ou au contraire manifestant tout leur dédain face aux films de leurs "ennemis"? icon_mrgreen.gif

William FRIEDKIN parlant de Michael MANN dans une interview de Starfix (numéro 85):

"Je sais qu'on dit de lui qu'il me copie ( blink.gif icon_mrgreen.gif ) mais j'apprécie son travail,à chaque fois que je le rencontre,je plaisante sur ce sujet"

Toujours FRIEDKIN à propos de MANN,mais un peu moins enthousiaste en 1998 dans la revue "Positif":

"Selon moi,Michael Mann a réduit DRAGON ROUGE à un exercice de style bruyant"



Bertrand TAVERNIER évoquant en Septembre 2005 pour le site dvdclassik ses enthousiasmes (Clint EASTWOOD,les frères COEN,David LYNCH...) et déceptions (DE PALMA,CARPENTER,COPPOLA,CIMINO...) américains...:


"Pour de Palma, nous avons écrit un très long texte, louant certains films ; mais je serais finalement encore plus sévère aujourd’hui : je trouve ses derniers films absolument nuls. C'est vrai que l'on est sévère avec John Carpenter. Ce qu’il fait me semble tellement facile, ces lents travellings à la steadycam dans des rues désertes, sa réappropriation du sérial et de la série B (le fade Jack Burton dans les griffes du Mandarin)… C’était marrant quand c’était Roger Corman qui offrait une contre culture, mais maintenant ces films, ces genres sont devenus officiels, institutionnels. Et l'intérêt s'émousse .

(...)

"Si aujourd’hui on nous reproche d’être durs avec ces réalisateurs, c’est que leurs derniers films sont généralement assez pauvres. Les derniers films de Coppola sont tout de même franchement décevants, que ce soit Jack ou The Rainmaker. Steven Spielberg, pareil : certains films m’épatent, comme A.I. et puis j’ai le malheur d’enchaîner sur Amistad, et catastrophe : c’est plat, raté et chose rare pour un film de procès, ennuyeux. On a écrit beaucoup de bien des Dents de la Mer, de Duel, voire de La Liste de Schindler. Mais je trouve Le Soldat Ryan très discutable. Evidemment, la scène d’ouverture est très impressionnante - même s’il y a une idée de mise en scène impardonnable : les deux ou trois contre-champs sur les mitrailleuses allemandes…"

(...)

"une fois le débarquement terminé, Il faut sauver le Soldat Ryan est un petit film de patrouille sans intérêt : il y a, sur le même thème, une trentaine de films américains bien plus réussis (Cote 465, Bastogne, Fixed Bayonnets de Fuller...). Dans cette seconde partie, Spielberg accumule les stéréotypes, voire les clichés, que ce soit sur la guerre ou la France. D’une manière générale, je trouve que la plupart des cinéastes du Nouvel Hollywood font des films extraordinairement décevants aujourd’hui : leur carrière vire même parfois au désastre. Regardez Sidney Pollack. Ou encore Michael Cimino… Cimino, c’est une catastrophe.
La presse omet toujours de le dire, mais Cimino s’est détruit tout seul, par mégalomanie, et cela donne les films qu’il a fait par la suite."

(...)

"Il y a de temps en temps des surprises de taille : Eternal Sunshine of the Spotless Mind, I Was Josh Polonski’s Brother, Rushmore, Sideways ou Ray de Taylor Hackford, dont j'avais aimé certains films. Sans compter tous ces documentaristes dans la lignée d'Errol Morris Et évidemment quelques grands cinéastes continuent : Clint Eastwood en premier lieu dont les deux derniers films sont magnifiques, Steven Soderbergh, Robert Altman, le Scorsese d’A Tombeau Ouvert, David Lynch, les frères Coen, le Michael Mann de Révélations, Tim Burton malgré quelques ratages. Oliver Stone aussi, un cinéaste curieux qui a souvent été à côté de la plaque, mais dont les derniers films sont parfois passionnants, que ce soit U-Turn ou Nixon. Je vois par ailleurs des cinéastes se disperser : Ang Lee avec Hulk par exemple, ou capituler.

(...)

"Quand je vois Batman Begins, je me dis qu’il y a trente réalisateurs américains interchangeables qui pourraient faire ça : où est la place de Christopher Nolan, cinéaste pourtant intéressant, dans ce dispositif de mise en scène et cette masse d’effets spéciaux ? Le problème est le suivant : Walsh et Hawks étaient nourris des classiques de la littérature antique, la nouvelle génération, elle, est gavée de sous-produits, de comics, ou de films Z de la Shaw Brothers. Je ne peux pas dire que je sois foncièrement contre, puisque cette culture peut donner de grands films comme ceux de Quentin Tarantino (encore que Kill Bill me semble vide et marque les limites de ces sources d'inspiration), mais aussi beaucoup d'œuvres décervelées."




C'est bon Mecha on ta reconnu


(il est mortel Tavernier bluesbro.gif )

Notre imaginaire individuel est aussi un multivers.

301017cooke1.jpg


#19 molasar

molasar

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Posté 29 July 2008 - 18:54 PM

Lars VON TRIER Sur Terry GILLIAM,Jean-Pierre JEUNET et Peter GREENAWAY :


" Brazil de Terry Gilliam : détesté ! Ou ces français qui ont fait Delicatessen. Je ne supporte pas. C'est manièré et superficiel, c'est grotesque sans posséder la générosité, la richesse de couleurs et la joie de vivre du grotesque. En revanche, c'est ce que fait très bien Fellini.
Je n'ai même pas pu voir Brazil jusqu'au bout. C'est pareil pour les films de Peter Greenaway; ce sont des films sans mystère. L'esthetique y est si poussée que ça en devient lourdingue. Bizarre... Ce sont deux cinéastes auxquels on me compare parfois."

BERGMAN sur GODARD:

"Je trouve ses films affectés, intellectuels, imbus d'eux même, et d'un point de vue cinématographique, sans intérêt et franchement barbants. Interminable, assomant, Godard est d'un ennui désespérant. J'ai toujours pensé qu'il faisait ses films pour la critique. Il en a fait un ici, en Suède, Masculin-Féminin, si ennuyeux que mes cheveux s'en sont dressés sur ma tête"

BERGMAN sur WELLES:

"Pour moi, Welles est un fumiste, il est largement surévalué. Il est vide, il n'est pas intéressant[...sur Citizen Kane:]Prenez l'interprétation: c'est minable. Welles se promène avec un masque, jouant ce potentat censé être W. R. Hearst, mais à tout moment on peut voir les jointures entre son masque et sa propre peau. Affreux! Non, c'est un mauvais film, ennuyeux à mourir en ce qui me concerne. La Splendeur des Amberson? Oh non! Très ennuyeux également!

#20 guiyomus

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Posté 29 July 2008 - 18:56 PM

ah on m'a devancé sur godard merde, mais moi je me serais arreté a:

Godard vs ALL:

"la liste est trop longue"
XD

sinon pareil pour moi le sommet de Mann c'est Heat/The insider, heat etant mon film preferé et the insider pas loin non plus dans le top et mon 2e de Mann! bluesbro.gif




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