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5202 réponses sur ce sujet

#5181 sygbab

sygbab

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 02 April 2017 - 00:20 AM

Ça fait à peu près trois ans (non non, je ne déconne malheureusement pas) que je suis sur la Roue du Temps et j'ai seulement entamé le 12ème tome français. C'est dire si ça me passionne... C'est bavard pour pas grand-chose, je n'accroche pas à la plupart des personnages dont la psychologie est très sommaire, et j'ai de plus en plus de mal à supporter les clichés qui sont légions. L'intrigue ne décolle pas vraiment, les rebondissements nécessaires pour la rallonger finissent par devenir lassants, la façon de narrer les batailles est vraiment plate, l'évocation de la magie n'a rien d'originale...

 

J'ai toujours eu comme principe de ne pas lire plusieurs choses en même temps et de ne pas lâcher un cycle une fois que je l'avais commencé, mais j'ai bien l'impression que ça ne saurait tarder. Il y a certainement des bouquins plus intéressants qui m'attendent dans ma bibliothèque.



#5182 bartabac

bartabac

    Leprechaun

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Posté 02 April 2017 - 07:25 AM

Vu tous les defauts que tu cites, moi j'aurais abandonné bien avant le 12e tome.

#5183 sygbab

sygbab

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 02 April 2017 - 09:29 AM

Oui mais tu sais, des fois, les principes... Et comme ce sont des bouquins achetés, ça fait toujours un peu chier de lâcher l'affaire.



#5184 Nosfé

Nosfé

    moi mal

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Posté 12 April 2017 - 16:53 PM

Les Mangeurs de Morts de Michael Crichton

 

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Bon, résumons: C'est un exercice de style "à la manière de", un roman historique qui détourne les faits réels pour y entremêler la fiction, un récit à mi-chemin entre le roman de gare et la fantaisie d'érudit.
Bref, ce bouquin, c'est tout à un tas de trucs que j'essaye de faire au travers de mes nouvelles! 
J'ai quasi-rien lu de Crichton (j'ai un vague souvenir de Jurassic Park, lu à l'époque de la première diffusion du film à la TV...), mais je sais que le bonhomme est coutumier de ces méthodes. Va donc falloir que je me penche peut-être un peu plus sur son oeuvre...
Ah, oui, sinon, c'est très très bien, et bien différent dans l'esprit que le souvenir plus que mitigé que j'ai du film de McT.


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#5185 Saga

Saga

    Hot Line DGFIP 24/24

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Posté 11 May 2017 - 04:05 AM

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Adulé à sa sortie et ayant inspiré de nombreux auteurs romantiques, souvent méprisé depuis, Ivanhoé est ressorti récemment dans une édition de poche intégrale, donc sans passages coupés ou adaptés pour les enfants et avec pas mal de notes. L'histoire est donc celle d'Ivanhoé, chevalier saxon parti avec le roi Richard pour la 3ème croisade et qui revient seul dans un pays dominé par des seigneurs normands arrogants et corrompus, soutenus par le prince Jean qui profite de la captivité de son frère.

 

Ivanhoé est un classique des romans de chevalerie, avec des grands sentiments, de l'amour courtois (même chez les ennemis, si Maurice de Bracy ou Brian de Bois-Guilbert se livrent à du chantage envers Rowenna ou Rébecca qu'ils ont enlevées, il n'y a pas de viol) et des combats, entre de petites armées ou plus fréquemment lors de duels.

 

Le héros est globalement assez fade. D'ailleurs, passé les 200 premières pages, il est gravement blessé et ne fait plus grand chose jusqu'à la fin. Les autres héros sont en revanche beaucoup plus intéressants : que ce soit le chevalier noir, dont l'identité mystérieuse ne l'est pas vraiment, ou Robin des bois, qui est bien plus présent et se montre un archer d'élite et un bon chef. Mention spéciale également pour le truculent frère Tuck, qui rivalise avec Richard en combat en en goût pour la ripaille et qui a pas mal de moments très drôles.

 

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Du côté des ennemis, on a un trio de chevaliers : si Réginald Front-de-Boeuf n'est qu'un soudard sans scrupules et qui connaîtra une fin méritée, Bracy et Bois-Guilbert ont un certain sens de l'honneur (mêlé à de gros défauts) et le second proposera plusieurs fois à la juive Rébecca de tout abandonner pour vivre avec elle.

 

La présence de 2 personnages juifs dans le roman est intéressante et originale pour l'époque : Isaac d'York n'est pas exempt de défauts, son avarice le rapprochant fortement du Harpagon de Molière ou, plus tard, de Picsou. Mais il est souvent capable de la dépasser, pour sa fille principalement mais aussi pour remercier ceux qui l'ont aidé comme Ivanhoé ou même par simple générosité envers des personnes en difficulté (Robin des bois). De plus, ses défauts sont souvent expliqués et excusés par l'attitude de la société chrétienne à l'égard des juifs, faite de haine et de mépris. Au final, le personnage est plutôt sympathique.

 

Sa fille Rébecca est cependant bien plus intéressante, et le meilleur personnage du roman : elle se montre généreuse, sans les défauts de son père, mais aussi très digne face aux avances de Bois-Guilbert. Soignant Ivanhoé avec dévouement, son amour est cependant impossible, en raison de l'amour du chevalier pour Rowenna (même si les dernières pages laissent penser que la jeune juive l'a ébranlé) et surtout de la différence de religion.

 

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Le roman n'est pas sans défauts : il contient de nombreuses erreurs historiques et invraisemblances et la résurrection du personnage d'Athelstane n'est guère crédible - et, en outre, n'a pas vraiment de conséquences sur l'intrigue principale. Les personnages attachants le rendent cependant assez sympathique à lire, à condition de ne pas trop se soucier de la cohérence.

 

 

J'attaquerai le film dans quelques temps.


Même au plus profond de l'enfer s'épanouit la noble fleur de l'amitié
laissant sur les vagues indolentes flotter quelques pétales en souvenir...
pour un jour, éclore à nouveau. Impérissable est le travelo way.

Mr 2 Bon Clay


#5186 LORDZOMBIE

LORDZOMBIE

    Wookie

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Posté 28 May 2017 - 09:44 AM

386125lesmondesfantastiquesderenelaloux.

 

Il y a quelques années je me suis offert "les mondes fantastiques de René Laloux" de Fabrice Blin. Je me suis enfin décidé à le lire hier. Le début est un peu répétitif lors des entretiens avec ceux qui ont travaillé avec lui. Ils disent tous que le gros problème de Laloux ça été de trouver des financements.
il y a des infos marrantes comme par exemple lors de la réalisation de "Gandahar" en corée du nord, les employés découpaient les cellulos au couteau à partir de gros rouleaux posés à même le sol. Et après que les cellulos ont été photographiés, une machine servait à les nettoyer en retirant la gouache et les traits dessus pour qu'ils puissent resservir. il n'y a pas de petites économies en corée du nord. :LSHaPXD:
A la fin de sa vie, Laloux a beaucoup peint. Il y a cette très jolie phrase de Roland Topor à propos des peintures de Laloux :
"et ce qu'il y a de bien avec l'aquarelle, c'est qu'au lieu d'en voir défiler vingt-quatre en une seconde, on peut rêver vingt-quatre heures d'affilée devant une seule".


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#5187 Cradle of suffering

Cradle of suffering

    I'm a Scatgirl

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Posté 23 August 2017 - 09:02 AM

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Dimension Trash ou les contes de la crypte version Porno Trash. Je viens de terminer Gloriole dans le Glory Hole juste avant de prendre mon poste... Il me faut au moins 5 bonnes minutes afin de retrouver mes esprits, et commencer à bosser (et je suis encore ici).. (Corvis t'es le prochain). Certaines nouvelles sont assez puissantes pour s’immiscer dans notre esprit et nous bousculer "Merde j'aime ça, suis je un putain de pervers?" La réponse est à l'évidence oui...

Un joli Medley où chaque amateur de genre y trouvera son plaisir, des histoires de zombis horrifiques, une histoire d'inceste qui vire à l'invasion extraterrestre, des petites histoires pornos trash qui ont toujours une chute émoustillante.

Je conseille fortement ce recueil, qui dérangera vos petites vies bien pépères, qui vous procurera des émotions incongrues, soyez fort et ne basculez pas du mauvais côté, c'est tentant...

 

A pas mettre (quand même) entre toutes les mains...

 

edit: Je n'ai pas présenté l'oeuvre, mais est ce vraiment nécessaire ici? C'est un hommage à la collection "Gore" qui a bercé je pense à tous, notre adolescence, d'ailleurs je trouve que c'est une belle transition entre les deux collections "Gore" et "Trash". On y retrouve certains auteurs de l'ancienne, mais aussi des nouveaux que l'on connait très bien, comme Screamy :love: , Corvis, et de très beaux gribouillages de Maniak :mrgreen:


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#5188 Maniak

Maniak

    She's a maniak

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Posté 23 August 2017 - 09:04 AM

y'a quand même beaucoup de textes nuls :closedeyes:

 

(et cette couv... :facepalm: )

 

 

mais les illus intérieures sont pas mal :mrgreen:


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#5189 Cradle of suffering

Cradle of suffering

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Posté 23 August 2017 - 09:08 AM

Ouais c'est ce que je me disais, t'as pas fait la couv toi :mrgreen:  (elle est d'un madnaute?)

 

(oui je disais que t'es bribouillis étaient pas mal) :teube:


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#5190 Screamy

Screamy

    Cookie Monster

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Posté 24 August 2017 - 08:43 AM

Non, ce n'est pas un madnaute, c'est Willy Favre, qui a aussi illustré la couv' de mon roman Trash.



#5191 Cradle of suffering

Cradle of suffering

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Posté 24 August 2017 - 08:48 AM

Putain j'ai lu la tienne de nouvelle ce matin :love: :love:  Dunatis :love:

 

(d'ailleurs tu m'avais laissé un potentiel "peut être que y'aura une suite à Sous la peau" que j'avais putain d'adoré ?)

 

Oh et je te vois toi et henri loevenbruck le 15 septembre :love:


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#5192 Screamy

Screamy

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Posté 24 August 2017 - 20:17 PM

Je savais que tu allais apprécier mon bourreau sodomite. :slurp:

 

Concernant une suite possible de Sous la Peau, faudra attendre que Trash se refasse une santé, ou alors, je devrais l'écrire dans le cadre de l'auto édition... quand je ne croulerai plus sous les demandes car on a encore besoin de ma plume pour deux nouvelles, la suite de Diane et de nouveaux romans chez les Moutons qui ont bien aimé bosser avec moi.

(et donc tu viens à la Fête de l'Huma. YEAH ! :rock:  )



#5193 Ed Wood

Ed Wood

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 31 August 2017 - 23:45 PM

Personne n'est tenté par le roman d'Alan Moore?


Miller, Spielberg, Cameron, Verhoeven, Raimi, Jackson, Del Toro, Hark, Wachowski bros, Tarantino, Woo, McTiernan...
Ca c'est du Putain de cinema!


#5194 Cradle of suffering

Cradle of suffering

    I'm a Scatgirl

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Posté 05 September 2017 - 13:03 PM

Alan Moore on m'a offert ça pour mon anniv: (un ancien madnaute)

 

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:love:


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#5195 Priape

Priape

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Posté 25 November 2017 - 18:06 PM

Je dévore les romans de Pierre Lemaitre: Au revoir là-haut, Trois jours et une vie, Robe de marié...

Le prochain, Cadres noirs, je l'ouvre avec fébrilité et envie. Il est excellent ce romancier. Très fort.



#5196 Hiéroglyphe

Hiéroglyphe

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Posté 20 December 2017 - 00:35 AM

Je m'amuse beaucoup avec Gargantua: l'ancien français est souvent un challenge à décrypter mais il y a des passages de pure badasserie qui mériteraient bien une chronique Mad-Movienne.
 
Comme le chapitre sur Frère Jean des Entommeures par exemple.
Le contexte: une armée de 13622 soldats s'apprête à piller le vignoble d'une abbaye. Tous les moines ont la pétoche et se réfugient à l'église pour prier. Tous... sauf un: Jean des Entommeures ! Lui vivant il est hors de question qu'on touche au vin du Seigneur. Et putain de merde, ça va chier sec.
 
Maintenant imaginez Verhoeven à la réa et Schwarzy dans le rôle titre, torse nu, son habit de moine porté façon cape et... une croix en bois de 2 mètres de long dans les bras. (texte remanié pour la lisibilité : )
 

Ce disant, Il mit bas son grand habit et se saisit du bâton de la croix, mit son froc en écharpe, et de son bâton donna si brusquement sur les ennemis, il choqua si roidement sur eux, sans dire gare, qu'il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers, à la vieille escrime.

Aux uns il écrabouillait la cervelle, aux autres rompait bras et jambes, aux autres délogeait les cervicales, aux autres démoulait les reins, ravalait le nez, pochait les yeux, fendait les mandibules, enfonçait les dents dans la gueule, décroulait les omoplates !  (...)

Si aucun se voulait sauver en fuyant, à icelui faisait voler la tête en pièces par les lombaires.

Si quelqu'un gravit sur un arbre, pensant y être en sûreté, icelui de son bâton l'empalait par le fondement.
Si quelqu'un de sa vieille connaissance lui criait : « Ha ! frère Jean, mon ami, frère Jean, je me rends ! »
« - Il t'est, disait-il, bien forcé ; mais ensemble tu rendras l'âme à tous les diables ». Et soudain lui donnait dronos.

 
Et si personne tant fût épris de témérité qu'il lui voulût résister en face, lui montrait-il la force de ses muscles. Car il leur transperçait la poitrine par le médiastin et par le cœur ; à d'autres donnant sur la faute des côtes, leur subvertissait l'estomac, et mouraient soudainement ; aux autres tant fièrement frappait par le nombril qu'il leur faisait sortir les tripes, aux autres par les couilles perçait le boyaux du cul. Croyez que c'était le plus horrible spectacle qu'on vit jamais !
 

Les uns criaient : « Sainte Barbe ! », les autres « Saint Georges ! », les autres « Sainte Nitouche ! » ... Les uns mouraient sans parler, les autres parlaient sans mourir, les uns mouraient en parlant, les autres parlaient en mourant. Les autres criaient à haute voix : « Confession ! confession ! Confiteor, miserere, miserere ! ».

 

(...) Les petits moinetons coururent au lieu où était frère Jean, et lui demandèrent en quoi il voulait qu'ils lui aidassent.
À quoi répondit qu'ils égorgetassent ceux qui étaient portés par terre. Adonc, laissant leurs grandes capes sur une treille au plus près, commencèrent égorgeter et achever ceux qu'il avait déjà meurtris avec des petits couteaux dont les enfants cernent les noix.

 
Franchement, ça claque non ? :flamby:

Surtout que j'ai grandit avec toutes ces parodies de religieux bagarreurs (le Jésus 2 des inconnus, le curé karatéka de Braindead, le prêtre vengeur de Machete, Marie-Thérèse des Batignoles etc.) en les croyant gentiment moderne dans leur irrespect mais sans réaliser que ça avait déjà été fait... il y a 500 ans.
 
Bonus, la baston illustrée:
 

Spoiler


"If you're not walking on the edge, you're taking up too much space."


#5197 Nosfé

Nosfé

    moi mal

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Posté 22 December 2017 - 17:03 PM

je plussoie Hiéro: Gargantua, c'est incontournable, et tout le passage de St Jean des Entommeurs est super cool. (En fait, il y a plein de trucs très bien. Lisez Rabelais.)
 

EDIT du lendemain: Plutôt que de double-poster, j'ajoute mon dernier lu:
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Quand je vois des critiques qui disent "c'est Apocalypse Now avec des lapins", ou " The Walking Dead avec des lapins en plus et des zombies en moins", forcément, ça interpelle. Mais si c'est pertinent sur certain point, c'est aussi bien réducteur. Parce que Watership Down, c'est pour pour moi plus "l'Illiade avec des lapins" qu'autre chose, et c'est au moins aussi épique et puissant. J'avais craint un truc trop enfantin, alors qu'en fait c'est parfois très violent, et qu'à l'histoire se mêle toute une portée mythologique (Les contes de Shraavilsha qui se nourrissent de l'aventure de nos lapins autant que l'inverse :love:) qui en font quelque chose de très adulte et surtout d'universel.
C'est beau, puissant, épique, avec un beau message sans être moraliste, des personnages super attachant et jamais caricaturaux, toussa.
A classer direct dans les incontournables.


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#5198 Seri Zed

Seri Zed

    Leguman

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Posté 13 January 2018 - 16:05 PM

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Avenue des Géants de Marc Dugain.

Marc Dugain, j'avais adoré son roman sur Edgar J. Hoover, "La Malédiction d'Edgar", fascinante biographie d'un des homme les plus puissant du monde et, par son prisme, chronique d'une Amérique paranoïaque, livrée à la brutalité. Ici, Dugain traite de manière romanesque, et fictionnelle, la vie du célèbre Ed Kemper, tueur en série d'une perversité et d'une violence insoutenable.

Par le biais de la fiction, Dugain prend donc l'espace nécessaire à une plongée aussi passionnante que déroutante dans l'esprit de Kemper et c'est avec un talent évident qu'il arrive, grâce à son style, à nous offrir une intimité avec ce gros bonhomme trimbalant avec une certaine gêne une intelligence et une carcasse bien trop grandes pour lui.

Dugain arrive, d'un bout à l'autre du roman, à rendre crédibles et enthousiasmantes les réflexions d'un homme au QI extravagant. Habilement, l'auteur construit ainsi une réflexion poussée en travestissant son propre point de vue sur Kemper en une brillante auto-analyse effectuée par le tueur lui même grâce à un récit à la première personne d'une virtuosité déconcertante. Ce récit, une autobiographie imaginée donc, s'articule autour de chapitres contemporains, écrits ceux-là à la troisième personne, où le tueur fait part de son envie de publier son histoire et où l'auteur, par la voix de son personnage, s'interroge sur son oeuvre. Il disserte avec sa visiteuse de prison des difficultés qu'il a à affronter certains sujets scabreux, ou certains épisodes de sa vie. En parallèle, le lecteur comprend progressivement que Kenner/Kemper/Dugain ne s'intéresse pas aux aspects les plus sordides de son histoire et il est difficile d'en dire plus sans déflorer l'une des idées les plus brillantes de ce livre. En ce sens, je me demande si le dernier chapitre, le 75ème, était bien nécessaire.

L'Avenue des Géants aurait pu n'être que la chronique d'une Amérique qui passe d'une guerre juste à une guerre sale et du désemparement d'une génération face à ses enfants vue à travers de l'un de ses monstre, mais c'est avant tout la tragédie abominable d'un colosse qui poussa de travers dans l'indifférence d'une Amérique mythique qui lui est étrangère. C'est une histoire d'enfermement tragique au pays des grands espaces. Par le choix de la première personne, la folie, omniprésente, est évacuée au profit de l'histoire intime d'un ogre qui n'a jamais réussi à prendre la route, à s'échapper d'une réclusion terrible jusqu'au jour de sa libération, lorsqu'il sera finalement enfermé pour de bon.


Image IPB

#5199 Dima

Dima

    JarJar

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Posté 06 February 2018 - 00:25 AM

Bleu Méthylène

Auteur Théo Carmin aka Sylartichot

Couverture/dessins  Hypathie Aswang

 

Spoiler

 

Première chose, une présentation de l'auteur s'impose. Théo Carmin est un passionné de cinoche de genre et de surnaturel, connu principalement sous le pseudonyme Syartichot sur youtube avec sa chaine éponyme. Cette dernière traite du surnaturel au sens large, avec une approche critique voir scientifique, documenté et qui laisse toujours le doute à la fin d'un sujet... oui c'est Scully, mais version luxembourgeoise. Sa chaîne en tout cas comporte de nombreuses vidéos au sujet aussi varié qu'intéressant et il mélange autant "réalité" si on on croit aux phénomènes paranormaux que fiction avec des creepypasta dont certaines sont de lui. Il se définit comme un conteur, chose qui n'est pas si facile, mais qu'il réussit avec brio. Voici donc son premier roman, auto-financé et disponible sur les sites de vente en ligne. Je ne suis peut-être pas objectif en écrivant ma chronique, car j'apprécie réellement son travail et les quelques échanges que j'ai eus sur twitter en font quelqu'un de véritablement sympathique.

 

Bref, parlons du sujet qui nous intéresse, le roman en lui-même. Le personnage principal, Bleu, est un marginal qui est oppressé au quotidien par une entité qu'on associe, du moins que j'associe à un Shadowpeople. Sa vie est donc chaotique et son quotidien se résume à observer les gens dans un petit restaurant et notamment Violette, une jolie femme chez qui il perçoit quelque chose d'étrange.

 

Le postulat de base est simple, mais très bien écrit. L'auteur ne se perd pas dans descriptions à n'en plus finir et nous propose de vivre directement les évènements qui vont changer la vie du personnage par une écriture à la première personne. Ce n'est pas forcément une facilité d'écriture, car vivre directement les évènements d'une oeuvre, sans forcément avoir le point de vue d'un autre personnage, permet à mon sens de mieux comprendre le délire dans lequel le personnage peut s'enfoncer. On ne sait jamais si ce qu'il dit est la vérité ou sa vérité et on en vient à douter régulièrement de ce qui écrit.

 

La force du récit c'est le personnage principal. Il est paranoïaque puissance 1000, un Hunter S. Thompson évoluant dans le film Bug de William Friedkin avec une ambiance creepy à souhait. L'auteur propose de voir la construction en direct de la pensée du personnage et toutes les étapes par lesquelles il passe avant de passer à l'action. C'est réellement flippant de voir le fonctionnement du personnage. Notre vision du personnage oscille régulièrement entre deux approches. Il y a celle d'un type à la limite du burn-out et avant le passage à l'acte, renvoyant aux fait divers que l'on peut régulièrement lire dans la presse, mais aussi celle d'un personnage dans le vrai qui voit ce que les autres ne voient pas et qui pendant une partie de sa vie préfère fermer les yeux. Théo Carmin décide de faire osciller notre point de vue tout au long du récit sans nous dire d'adopter l'un ou l'autre.

 

Attention, je ne dis pas que le personnage n'évolue pas, au contraire. Par le choix de faire un roman à la première personne, on assimile toutes les informations que nous transmet le personnage et après c'est à nous de faire la part des choses et c'est là qu'il est difficile pour nous de savoir si c'est vrai ou non. C'est un peu comme Shutter Island, on doute et même quand on a des éléments qui tendent à nous faire croire à telle ou telle vérité, on se rappelle qu'il y avait cet élément précédent qui au final nous fait douter.

 

J'aime beaucoup l'utilisation du ShadowPeople et de l'idée du Doppleganger. Le premier est un être à mon sens peu employé dans les récits fantastiques et ici le conteur évite de tomber dans le cliché et dans l'origin-story facile. On commence le roman et bam le personnage est déjà confronté à sa Némésis. La première attaque est assez flippante, non pas dans sa violence, mais dans ce qu'elle suppose. C'est un roman et nous n'avons pas d'images, mais on imagine et l'auteur joue avec notre peur primale du noir. La force du roman, en dehors de l'écriture des personnages, c'est la manière dont l'auteur oriente le côté fantastique de son récit vers des peurs plus "réelles", cette peur de vivre, du lien social, de la différence. J'ai eu à plusieurs moments l'impression de voir le portrait psychologique d'un Ikkikomori tentant inconsciemment de s'extraire de sa condition avant de craquer.

 

C'est fort, car j'ai eu cette impression de lire par moment un portrait de ma personne, ce repli sur soit, cette tendance à se cacher la vérité et surtout cette peur constante de l'inconnu, de nos choix. Bon personnellement je ne suis pas harcelé par une créature venant d'une autre dimension, mais j'ai un chat qui veut me tuer en me rendant fou, c'est un peu la même approche.

 

Le roman a quelques twists que je n'ai pas vu arriver, notamment un concernant un personnage du récit et il y a cette fin ou j'avais l'impression de voir le visage du personnage principal et cette démence digne d'un personnage de Shin Megami.

Je ne vais pas mentir, j'ai aimé, c'est différent de mes attentes, Sylartichot a cassé mes attentes et m'a proposé un roman bien différent, mais qui touche au but et qui me fait attendre les prochains écrits de son auteur. Je le recommande si vous voulez un roman sans prétention, écrit avec le coeur et qui par son approche ambigu, permet plusieurs lectures sans forcément percevoir la même chose. Merci à lui.

 

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 

PS: Un oubli de ma part, les dessins accompagnant le roman sont dans un style que personnellement j'adore, je ne connaissais pas cette artiste et son approche de l'univers du romancier dote celui-ci d'un niveau supplémentaire dans le mystère qui s'en dégage. C'est flippant sans être grossier dans l'approche. Pour faire simple c'est beau et c'est avec plaisir que je continuerai à suivre son parcours.



#5200 Igor

Igor

    Critters

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Posté 06 February 2018 - 19:36 PM

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Après la pièce de théâtre, mon plus grand coup de cœur littéraire vient d'être adapté en bande dessinée. L'auteur a choisi d'insister sur les visages et les personnages. Comme (seule) critique, on pourrait évoquer le fait que le style rende les décors lointains et secondaires, laissant assez peu de place aux rues de Belfast. Mais qu'importe, l'émotion est là, le pari est amplement réussi. Le texte de Chalandon est repris fidèlement, et l'addition de l'image renforce le tout.

L'Irlande, l’amitié, l'être humain...Sincèrement, n'hésitez pas.

 

"Un salaud, c'est parfois un gars formidable qui renonce."






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