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Jazz !


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235 réponses sur ce sujet

#21 Cooke

Cooke

    Leprechaun

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Posté 28 January 2009 - 23:00 PM

Excellente la vidéo Armstrong/Kaye, on sent les deux jubiler et c'est communicatif. Par contre c'est malin, j'suis tombé amoureux d'Ella Fitzgerald. Moi qui voulait lui demander de l'épouser, je suppose qu'elle est plus disponible en ce moment ? sad.gif

#22 Denver

Denver

    Far Away

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Posté 28 January 2009 - 23:09 PM

Je préfère quand même Optimus Prime.

Image IPB
On cherche des dates ! Paris, Province, Europe...
http://crackityflynnmusic.bandcamp.com
http://crackityflynn.bigcartel.com/


#23 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 29 January 2009 - 11:53 AM

CITATION(Cooke @ 28 1 2009 - 19:35) <{POST_SNAPBACK}>
Rockin Bones : pas de soucis, j'vais faire des recherches smile.gif Sinon au niveau des styles, je serais plutot jazz speedé et le scat me fascine. Si vous avez des conseils je suis tout ouïe smile.gif Sinon j'avais assisté à un concert de Macéo Parker à Nancy il y a quelques années et, même si ca a l'air de plus tenir de la funk, j'ai pris un pied total. Tout juste si j'en étais pas à esquisser des pas de danse


Les liens entre le Jazz et la funk sont étroits et le cas du grand Maceo est un bon exemple des passerelles possibles entre deux styles.
Dans la même idée, il y a la fabuleuse collaboration entre le trompettiste Jazz Donald Byrd et les producteurs/auteurs funk Mizell Brothers.
Avec cette exemple on est face a la funk typique des 70', avec incrustée pour chaque morceau un solo du musicien qui vient donner une couleur précise a l'ensemble.
L'ensemble est juste une bombe qui fera vasciller tous les amateurs de son qui défonce. Toujours dans la même idée, l'association des Mizell Brothers avec la flûtiste Bobbi Humphrey qui fait gicler des solos hallucinants de son phallique instrument.
Pour tout personne qui apprécie le Jazz/Funk (@ Mathlamenace, si tu connais pas n'attends plus !).


Street Lady de Donald Byrd
+
Black&blues de Bobbi Humphrey

@Cooke : Le seul disque que je peux te recommander, si tu es friand d'expériences extremes et devastatrices c'est le monument de Coltrane "Interstellar space" que j'ai déja mentionné. La pour moi, on dépasse tout. Ce n'est plus du Jazz, ce n'est plus du Free c'est autre chose. Ce qui se rapproche le plus du Big Bang tel que je l'imagine. Une explosion, qui t'éreinte et te laisse vidée de tout ton sang. C'est le disque qui suce toute ton energie pour la recracher a la face d'un ailleurs, loin très loin. C'est un disque qui requiert une écoute spécifique. Il faut se préparer avant. Déja faut être seul. Si tu as le courage, la force, et l'abnégation de vivre avec quelqu'un, mets la dehors, pour la journée sans te préoccuper du reste.
Regarde la télévision, un peu avant.
De préférence "Attention a la marche" afin que toute idée de sens et de cohérence disparaisse.
Ne mange rien et évite toute consommation de produit psychoactif.
Allume ta chaîne Hi-Fi sans dire un mot.
Sans laisser échapper le moindre son.
Que le silence regne.
Mets le volume au maximum.
Assieds toi, et prends la puissance d'un artiste visionnaire en pleine face.
Uppercut.
Ecoute le de bout en bout.
Sans Pause.
Fait le point.
L'univers t'apparaitra différent et la création de cet artiste magnifique.
Ni Dieu, ni maitre.

#24 Le Grand Wario*

Le Grand Wario*
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Posté 29 January 2009 - 18:55 PM

CITATION(Cooke @ 28 1 2009 - 23:00) <{POST_SNAPBACK}>
Excellente la vidéo Armstrong/Kaye, on sent les deux jubiler et c'est communicatif. Par contre c'est malin, j'suis tombé amoureux d'Ella Fitzgerald. Moi qui voulait lui demander de l'épouser, je suppose qu'elle est plus disponible en ce moment ? sad.gif
Ben elle est là :

Pense à prendre une masse pour ouvrir sa crypte wink.gif


#25 MechaTakeshi

MechaTakeshi

    Wookie

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Posté 29 January 2009 - 19:22 PM

CITATION(Rockin @ 29 1 2009 - 11:53) <{POST_SNAPBACK}>
Les liens entre le Jazz et la funk sont étroits et le cas du grand Maceo est un bon exemple des passerelles possibles entre deux styles.
Dans la même idée, il y a la fabuleuse collaboration entre le trompettiste Jazz Donald Byrd et les producteurs/auteurs funk Mizell Brothers.
Avec cette exemple on est face a la funk typique des 70', avec incrustée pour chaque morceau un solo du musicien qui vient donner une couleur précise a l'ensemble.
L'ensemble est juste une bombe qui fera vasciller tous les amateurs de son qui défonce. Toujours dans la même idée, l'association des Mizell Brothers avec la flûtiste Bobbi Humphrey qui fait gicler des solos hallucinants de son phallique instrument.
Pour tout personne qui apprécie le Jazz/Funk (@ Mathlamenace, si tu connais pas n'attends plus !).

Street Lady de Donald Byrd
+
Black&blues de Bobbi Humphrey

Gros plussoyage à propos de Bobbi Humphrey et de Donald Byrd.
Plus que Street Lady, l'album qui tourne souvent c'est l'énorme Black Byrd, la première collaboration Byrd/Mizell bros. (par contre, 'suis beaucoup moins fan de son travail avec les Blackbyrds (groupe composé de certains de ses étudiants)).
Il a bossé avec pas mal de beau monde le Donald : Monk, Hancock, Coltrane...

Bobbi Humphrey - Harlem River Drive
Donald Byrd - Flight Time
Donald Byrd - Mr. Thomas

Les liens jazz / hip-hop seraient aussi interessant à explorer (US3, A Tribe Called Quest...)

B57BaNJ.png


#26 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 29 January 2009 - 22:22 PM

CITATION(MechaTakeshi @ 29 1 2009 - 19:22) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION

Gros plussoyage à propos de Bobbi Humphrey et de Donald Byrd.
Plus que Street Lady, l'album qui tourne souvent c'est l'énorme Black Byrd, la première collaboration Byrd/Mizell bros. (par contre, 'suis beaucoup moins fan de son travail avec les Blackbyrds (groupe composé de certains de ses étudiants)).
Il a bossé avec pas mal de beau monde le Donald : Monk, Hancock, Coltrane...

Bobbi Humphrey - Harlem River Drive
Donald Byrd - Flight Time
Donald Byrd - Mr. Thomas

Les liens jazz / hip-hop seraient aussi interessant à explorer (US3, A Tribe Called Quest...)


+ 1000
Merci pour les liens Mecha Takeshi.
Pour continuer sur la même lancée, Jazz/funk, impossible de passer a côté de LA bombe AFREAKA! avec le disque DEMON FUZZ. La fusion des styles, le mélange des genres pour un disque résolument différent, teinté "d'envolées" Jazzistiquesfantastiquesquecertainsvonttrouvertirésparlescheveuxmaisjemenbranle.
Bon là on s'éloigne un peu du Jazz stricto-sensu, mais bon on va pas se faire chier avec des rigidités mal placées de puristes intégristes, et puis, le jazz est, il me semble le style de la digression, alors digressons ! (Dès que j'ai 5 minutes j'écris un petit truc sur Diane de Chet Baker quand même).



AFREAKA !
DEMON FUZZ.
Ni Dieu, ni maitre.

#27 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 31 January 2009 - 20:07 PM

Recentons nous.

COLTRANE.

Ecrasé contre le mur par la force d'un son inouï. Ce son qui, résolument côtoie d'autres sphères, dont l'écoute te fait remettre en perspective ta vie elle même. L'essence même des interrogations avilissantes qui dictent ton existence. Dois-je aller faire mes courses à Carrefour ou à Aldi ? Dois-je investir dans un sèche linge afin de gagner du temps et ne plus étendre les machines en rentrant le soir de ce travail que j'exècre ?
Cette musique gigantesque, montagne abrupte et dominante tranchantes comme les chaînes rocailleuses du Kazakhstan questionne ta vie dénuée de cohérence. Cette volonté du musicien à aller au delà. Coute que coute. Au prix de tout. Et y parvenir. Juste avant de mourir. Enfin arrivé au terme d'une quête inhumaine.
L'essence absolue du son. Coltrane c'est l'affranchissement de la limite. C'est la négation de la retenue. C'est le despotisme intime. La violence faite à soi. L'obsession d'un absolu avec la toxicomanie comme moyen d'y parvenir.
Y parvenir. Et partir. Et sortir.
Faire ses courses.

Ni Dieu, ni maitre.

#28 OrsonZ

OrsonZ

    Le Facteur Manchot

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Posté 31 January 2009 - 20:21 PM

smile.gif

Je passais juste pour dire qu'hier j'ai vu Magma (hum...), dont Christian Vander, batteur et tête pensante du groupe, est un fan avéré de Coltrane.


Voilà.


(Je repasserai d'ici quelques temps car j'en ai des choses à dire sur le Jazz...si si...)

EDIT: un texte de Vander sur Coltrane qui aura marqué profondément sa vie.

339205OrsonZalien.gif

Adaret©


#29 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 31 January 2009 - 20:39 PM

CITATION(OrsonZ @ 31 1 2009 - 20:21) <{POST_SNAPBACK}>
smile.gif
(Je repasserai d'ici quelques temps car j'en ai des choses à dire sur le Jazz...si si...)

Avec plaisir.
Coltrane, pour Vander est une véritable obsession qui l'a amené a des experimentations rythmique "a la recherche du beat absolu" disait-il.
Ni Dieu, ni maitre.

#30 DarK ChoueTTe

DarK ChoueTTe

    Dark ChouqueTTe

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Posté 31 January 2009 - 20:48 PM

Hm ? Ca me paraît bizarre comme expression dans la bouche de Vander et par rapport à son jeu, sa philosophie (enfin je le connais pas bien j'ai vu un ou deux docus quoi mais bon).
M'enfin oui il était passionné par le jazz et aussi un sacré chanceux puisque sa moman connaissait plein de grands jazzeux ; Chet Baker lui a par exemple offert sa première batterie.
(En tout cas, joli petit texte passionné et drôle, 'Bones.)

ExCZp1i.jpg


#31 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 31 January 2009 - 21:02 PM

CITATION(DarK ChoueTTe @ 31 1 2009 - 20:48) <{POST_SNAPBACK}>
(En tout cas, joli petit texte passionné et drôle, 'Bones.)

merci beaucoup.
Ni Dieu, ni maitre.

#32 fugazi

fugazi

    JarJar

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Posté 01 February 2009 - 19:24 PM

Merci pour ce sujet, ô combien passionnant et peu discuté de nos jours: le Jazz : Rockin' Bones mille fois merci.
Interstellar space est en effet un disque assez éprouvant, une expérience dont on ne ressort pas indemne, à moins d'être une amibe... Pour ma part, la découverte du jazz s'est faite en grande partie avec Coltrane, le live d'antibes 1964 A Love Supreme, j'étais encore adolescent, et là en écoutant cette musique suprêmement poignante, viscérale, belle, tragique, en quête désespéré d'une vérité cosmique, spirituelle, aux accents mélodieux, dissonants, apparemment bordélique, j'en étais bouleversé, touché au coeur, les larmes aux yeux, n'en croyant pas mes oreilles qu'une telle musique puisse exister... J"'ai mis longtemps d'ailleurs avant de me mettre à creuser le sujet Coltrane, plusieurs années après j'ai - sous la guidance d'un ami dingue de Coltrane- découvert une bonne partie de sa discographie. D'ailleurs je recommande fortement une de ses plus belles rencontres avec un autre grand du jazz, the Duke Ellington, enregistré en 62, Duke Ellington and John Coltrane. Une petite merveille de délicatesse et de swing qui démontre combien Coltrane avait intégré tout l'héritage musical du jazz avant de passer dans des dimensions surhumaines avec le quartet et la dernière période avec le furieux Rashied Ali, batteur au jeu proprement démentiel.
Pharoah Sanders est selon moi un digne continuateur de Coltrane, à la croisée du jazz, du free et des multiples collaborations avec des musiciens africains, Gnawa, japonais, etc etc
Sanders c'est un peu la version apaisée de Coltrane , toujours aussi profond, méditatif mais sans cette lancinante angoisse de la musique de Coltrane.
Il est vrai que le jazz est une musique tellement riche que prendre le temps de découvrir un artiste prend du temps.

#33 fugazi

fugazi

    JarJar

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Posté 01 February 2009 - 19:49 PM

Pour continuer sur Coltrane, sa collaboration avec Miles Davis est énorme notamment sur Kind of Blue, Someday my Prince Will Come et j'en passe mais aussi avec Monk.
Le grand interêt du jazz c'est quand même ce constant danger de l'improvisation, on prend un thème et chacun des musiciens se l'approprient, le remodèle, le réinvente, le triture, c'est un constant work in progress. On peut écouter 50 fois le même morceau de Coltrane comme sa reprise de My Favorite Thing en concert et c'est chaque fois un autre morceau qu'on entend. Un peu comme hendrix qui emmenait ses morceaux dans des impros toujours renouvelées de ses morceaux fétiches. On est loin du cliché du bar enfumé, des petits bourgeois du dimanche qui se font plaisir, d'ailleurs le jazz fut joué pendant très longtemps par des noirs à moitié analphabètes qui venait des quartiers les plus défavorisés, le génie populaire si on veut.
Quant à Magma, c'est un groupe énorme en concert, je les ai vu plusieurs fois live et c'est toujours une grosse claque. Vander est un dieu! Sanders est aussi un grand souvenir de concert, naturel, joyeux, ouvert au public.

#34 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 01 February 2009 - 20:32 PM

CITATION(fugazi @ 01 2 2009 - 19:24) <{POST_SNAPBACK}>
D'ailleurs je recommande fortement une de ses plus belles rencontres avec un autre grand du jazz, the Duke Ellington, enregistré en 62, Duke Ellington and John Coltrane. Une petite merveille de délicatesse et de swing qui démontre combien Coltrane avait intégré tout l'héritage musical du jazz avant de passer dans des dimensions surhumaines avec le quartet et la dernière période avec le furieux Rashied Ali, batteur au jeu proprement démentiel.

Il est vrai que le jazz est une musique tellement riche que prendre le temps de découvrir un artiste prend du temps.


+1000
Concernant la collaboration Coltrane/Duke.
Ton enthousiasme fait plaisir.
Ni Dieu, ni maitre.

#35 darklinux

darklinux

    Truand 2 La Grammaire

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Posté 05 February 2009 - 14:31 PM

Justement jai envie de mettre a Coltrane et Wether report , qu 'est que vous pensez des blocs 5 cds ?

#36 Prosopopus

Prosopopus

    Wookie

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Posté 05 February 2009 - 16:34 PM

bon bah Donald BYRD a déjà été cité.

La classe, un trompettiste curieux qui ira jusqu'à jouer avec Guru, sur l'album de rap/jazz Guru jazzmatazz (ortho ?). Mais en dehors de ses nombreux disques jazz/funk qui lui seront d'ailleurs un peu reprochés par les puristes, il y a dans les années 50 et 60 pleins d'albums plus "tradi" très bons chez Blue Note (le label aux pochettes les plus classes). Notamment un truc : "A New Perspective", mélangeant jazz et chorale, qui est d'une beauté planante et ethérée avec, il me semble, hancock au piano et kenny burrel à la gratte.

En gros je préfère la période années soixante dans le jazz et surtout le label Blue Note.

Par exemple "Midnight Blue" de Kenny Burrel un guitariste blanc qui arrive à faire mieux sur cet album que Grant Green, déjà très bon.
Les Hancock "jazz" sont aussi très bons, notamment Speak like a child et Maiden Voyage, je suis moins client de ses albums funk.
Horace Silver (pianiste) c'est aussi la grande classe, surtout Song for my Father et Cape Verdean Blues, puis il y a un feeling très particulier dans sa musique.

Puis sinon Mingus (contrebassiste), avec Ah um en tête et le tendu "Boogie Stop Shuffle" qui vous fait tout de suite imaginer une poursuite sur les trottoirs de New York.

J'ai plus de mal avec les trucs expérimentaux, plus libres, Keith Jarret, c'est trop cérébral (puis c'est une diva)

#37 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 05 February 2009 - 17:58 PM

CITATION(Prosopopus @ 05 2 2009 - 16:34) <{POST_SNAPBACK}>
Horace Silver (pianiste) c'est aussi la grande classe, surtout Song for my Father et Cape Verdean Blues, puis il y a un feeling très particulier dans sa musique.


+1
Silver c'est la classe intégrale et "Song for my father" est juste un chef d'oeuvre de finesse et de subtilité.
J'ai écris un petit texte sur ce superbe musicien que je post dès que j'ai 5mn.

Merci pour la ref jazz de Byrd je ne possède que certains de ses albums funk.
Ni Dieu, ni maitre.

#38 naka

naka

    Critters

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Posté 07 February 2009 - 21:47 PM

CITATION(Prosopopus @ 05 2 2009 - 16:34) <{POST_SNAPBACK}>
Notamment un truc : "A New Perspective", mélangeant jazz et chorale, qui est d'une beauté planante et ethérée avec, il me semble, hancock au piano et kenny burrel à la gratte.


Magique, ce disque ! Je l'ai découvert il y a peu, attiré (il faut le dire, aussi) par cette formidable pochette.



Une bonne partie de la discothèque de mes parents étant constituée de vinyles de jazz américain, j'ai baigné dans cette musique pleine depuis tout petit.

"Harmonieuse symbiose de la tête et du coeur", dixit Rockin'Bones, je suis d'accord. C'est à peu près ce que l'on ressent à l'écoute d'un bon disque de jazz. Ca transporte, excite. Loin de l'idée académique que l'on peut s'en faire de loin, c'est une musique vivante et jubilatoire à son meilleur. Je suis un fan de pop, et pourtant, aucun disque ne me transporte autant que, par exemple, celui-ci



New morning (live at the)
Dianne Reeves

Ma chanteuse de jazz préférée. Ses disques studio sont massacrés par une production atroce. Ce disque en public à Paris est une merveille, il me remonte le moral quand j'en ai besoin. Je l'ai vue il y a quelques années dans la même salle, j'en ai pleuré tellement c'était chouette. Depuis, j'hésite à retourner la voir.

Son chant (et notamment son scat) me remue les tripes comme c'est pas possible.

Voila, sinon, on peut aussi parler de Jimmy Smith, Erroll Garner, Count Basie, du Good Book de Louis Armstrong.

Il y en a, des disques à aimer !

Merci à Rockin Bones d'avoir ouvert cet excellent sujet.

#39 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 11 February 2009 - 18:04 PM

@ NAKA : merci de ton enthousiasme et lache toi mec sur armstrong, Basie, Garner et le reste (perso connais mal).

Allez, j'ai 5 minutes alors une petite giclée sur le père Mingus, j'suis chaud putain !


MINGUS.
Charles.
Puissant.
Et en colère.
Un colosse MINGUS. Toujours en lutte. Combat constant d'un artiste indigné par la bâtardise de sa condition, dans un monde profondément raciste.
"Moins qu'un chien" comme le titre de son autobio. Mais MINGUS n'était pas homme à se laisser abattre. Seule la maladie aura sa peau.
Son indignation associée à son génie de la composition pulsionnelle aura donné les plus beaux disques de l'histoire du Jazz.
Des directs dans ta gueule, qui te fracassent la mâchoire. Qui finalement ne te servait pas à grand chose. Si ce n'est à déblatérer des insanités avec un air concerné, à des personnes qui s'en contrefoutent.
Cette rage magnifique et ses bouffées créatives qui giclaient de son workshop. Usine à de sublimes idées.
Mais MINGUS c'est de la colère mais aussi une sensibilité d'échorché perpétuel. Celle d'un fou de composition qui vénérait Jerry Roll et le Duke. Celle d'un homme qui a rendu un hommage déchirant a Lester Young, le saxophoniste aux yeux tristes, amant de Billie holiday et poete du Jazz.
Mingus c'est le doute et l'angoisse également.
C'est la douleur de la tension qui te ravage les nerfs. Ce cri constant et interminable. Ce hurlement de ton être.
Cette folie qui ravage les âmes et nous conduits tous à l'aliénation. Absolue.
Celle des zones commerciales et des parkings immenses à la périphérie des villes. Mouillés par les pluies de novembre.
Celle des animaux de compagnie qui défèquent en public et te dégradent.
Celle des projets de vie tout gris et sans relief, sans nuances et sans âme. Ternes. Plat comme la mort et froid comme un corps qui n'aime plus.
Celle du temps qui passe, de la prise de poids et du dégout de tout.
La musique de Mingus t'injecte l'inverse. Elle s'époumone à vociférer une vie. Celle de son créateur.
Elle te rappelle, que bien que peu de chose tu n'es pas rien. Même si pas grand chose.
Elle te montre la voix et t'invite à aller voir là ou tu ne penses plus à regarder. Ces côtés de toi que tu as oublié. Alors tu commences a chercher et t'arrêtes aussitôt.
C'est l'heure d'aller manger.
Ni Dieu, ni maitre.

#40 Rockin' bones

Rockin' bones

    Leprechaun

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Posté 11 March 2009 - 10:32 AM

Ce topic agonise ! Bien fait pour sa gueule ! Le jazz étant définitivement un son, un style fulgurant qui n'appelle pas à disserter.
C'est pourtant ce que je vais faire, emporté que je suis par la fulgurance de mes paradoxes les plus sublimes les plus ultimes et les plus foudroyants. Emporté que je suis également par mon sens aigu de la tempérance je m'en vais expulser un texte de mon cerveau qui vient traduire l'expression de mes affects.

Allez, pour me faire plaisir et pour votre plus grande joie je me fends d'un texte sur MONK, le sorcier de la note qui fait mal.

MONK.
Thélonious.
Déjà, son nom a quelque chose d'étrange.
D'occulte.
Monk, son piano, et ses notes. Ces successions de notes qui tiennent miraculeusement entre elles. Liées qu'elles sont par la dissonance. Cette dissonance indissociable de sa psyché vacillante, éclatée, de cette césure qui le sépare du monde. Psychose et création.
MONK.
Qui travaille inlassablement les mêmes morceaux. Comme pour en extraire le sens profond. MONK, c'est le danger perpétuel, la prise de risque constante. Toujours à la limite de se casser la gueule. Sans jamais tomber. Toujours debout. Majestueux.
Forcément, un jour ça craque. Violemment. Sueurs, suées, montées d'angoisses et regard fixe, immobile, totalement flippé.
Déglingué.
A jamais.
Soutenu par une richissime protectrice, il finira sa vie, caché. Recroquevillé. Ereinté le MONK. Normal. Suffit d'écouter pour comprendre un peu. Pas possible de créer une telle oeuvre et de crever pépère. Comme beaucoup de musiciens de Jazz. Les pionniers en tous cas. Les défricheurs. Ceux qui y laissait leur peau. Qui expérimentaient vie et musique.
L'un étant radicalement indissociable de l'autre.
MONK suscite des questions pour qui sait s'en poser.
Concerne évidemment pas les amateurs de chiasse sonore. De bouillie musicale. De notes honteuses et dégradantes. Cette truanderie organisée qui innonde tout. Et nous rend idiots. Imbéciles. Et profondément malheureux au final. Conscient d'être piégé et de vivre une vie tronquée. Partielle.
Peu importe les réponses donc. Interrogations constantes. MONK. Sa musique. Sa folie. Son audace. Son courage. Ecoutez "Piano Solo", disque enregistré a Paris.
Impressions. Contrastes.
MONK est à a musique ce que GAUDI est à l'architecture. Constructions effrayantes et superbes. Dangereuses. Briguebalantes.
Qui jamais ne tombent.


Ni Dieu, ni maitre.




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