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Otages à Entebbe - José Padilha (2018)


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68 réponses sur ce sujet

#61 Apocaly

Apocaly

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Posté 19 June 2018 - 18:00 PM

Écoute j'ai vu les deux coup sur coup en même pas 24h... et ouai j'aime beaucoup ope B z'ossi mais pour des raisons complétement différentes. Formellement le Anderson fait tiep, la photo est dégueulasse et c'est un peu du jacky cam random... je trouve le rythme du film un peu branlant, il aurait gagné à être + tassé et le contexte m'a semblé sous-employé. Mais dès que le film démarre (en deux, trois temps...) j'étais à 200% dans cet espèce de jeu sordide entre toutes les forces en place à Beyrouth au début des 80's.

Le perso d'Hamm est assez riche et le fait de voir un civil insignifiant tenter de rectifier les choses "dans le bon sens" assez puissant.

 

Mais on est loin de la rêverie bienveillante de Padhila (mais j'aime les deux!).

Israël prend cher dans les deux cas d'ailleurs (oui parce qu'autant Padi met tout le monde dos à dos, autant t'as quand même un truc qui tend vers un certain apaisement... voir le rôle fonction de la danseuse dans le film... et dans le ballet. Tout en opposition, et les deux "parti" du personnage se renvoi dos à dos. Nan y a pas à chier j'ai vraiment trouvé le film aussi doux que puissant)

 

Y a un toupik sur le Anderson d'ailleurs?

 

J'aime bien la photo de Opération Beyrouth mais c'est vrai que la réal' est pas tip top, après Anderson est un technicien lamba (son truc avec Halle Berry, digne d'un téléfilm M6) mais le script est excellent je trouve et putain de casting.

 

Mais bon dans le genre, le sommet reste le Munich de Spielberg, son dernier grand film pour moi (dire qu'il a réalisé et fait la post-prod en 5 mois...). 

 

Non il y a pas de topic sur Op'. 



#62 Goldanus

Goldanus

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Posté 20 June 2018 - 10:39 AM

Oui voilà, Opé B c'est un épisode de 24H chrono centré sur les personnages avec un vrp en pleine déchéance en lead. Le parallèle avec une partie de poker rend les manips "derrière le rideau" super ludiques, au milieu du spleen global ca rend très bien en bouche.

Et vu les capacités filmiques du mec et le récit dénué de scènes d'actions me suis dit qu'on allait avoir droit à la fin à une "fusillade libératrice" mais même pas, tout c'est réglé à un niveau modeste avec de grosses répercussions dramatiques au bout.

 

 

 

Sinon interview intéressante de Padhila :

 

Mon but avec ce film n’est pas de questionner le succès ou non de l’opération « Thunderbolt ». Personne sur ce projet ne voulait faire ça, d’ailleurs. Ceci étant dit, il est très facile de remettre en question l’idée que cette opération a été un succès. Prenez le nombre de victimes par exemple. Dans les trois semaines qui ont suivi la prise d’otages, Idi Amin Dada a persécuté et tué 245 Kényans innocents qui vivaient en Ouganda, à savoir le double du nombre d’otages sauvés. Pourquoi ? Parce que le Kenya a permis aux troupes israéliennes de se servir de l’aéroport de Nairobi afin de monter l’opération. Comment peut-on parler de succès, du point de vue des pertes humaines ? Ce n’en est pas un, sauf si l’on se soucie seulement des vies israéliennes. Toutes les vies importent pour moi, donc je ne considère pas cette opération comme un succès.

 

 

http://www.capturema...sance-de-cause/


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#63 CHARLTON HESTON

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Posté 20 June 2018 - 12:00 PM

A ce compte la; aucune operation autre que coller une balle dans la nuque de Amin Dada et changer de régime n'aurait pu étre une réussite selon Padhila (et encore,des pertes humaines n'aurait surement pas manqués) c'est irréaliste et un peu hypocrite.

 

 La réussite de l'opération s'apprécie aussi malgré ses limites et compte tenu de son urgence, le résultat était quasi inesperé , je ne comprend pas trop ce type de raisonnement,sauf à rappeler que décidement,un type comme Dada était un salopard.


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#64 Goldanus

Goldanus

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Posté 20 June 2018 - 13:43 PM

La réussite de l'opération s'apprécie aussi malgré ses limites et compte tenu de son urgence, le résultat était quasi inesperé

 

 

 

C’est dans le film :smile:

 

Comme le film l’énonce, une vision pragmatique à court terme ne mène nulle part à long terme (cf le film en fait... film mis en chantier sur une somme importante de témoignages de plusieurs parties impliqués, si c'est ce que les instigateurs du projet en ressortent, ca valait peut être le coup d'en faire un film... vu qu'il y avait là plusieurs histoires à raconter).

Le projet est né de la rencontre entre le producteur et le pilote rescapé jouer par Menochet : l’anecdote du terroriste qui a refusé de faire la sale besogne sur la dernière ligne droite, c'est ça le point de départ du film (okazou c'est bien de le rappeler)

 

 

Comment peut-on parler de succès, du point de vue des pertes humaines ? Ce n’en est pas un, sauf si l’on se soucie seulement des vies israéliennes. Toutes les vies importent pour moi, donc je ne considère pas cette opération comme un succès.

 

 

C'est un peu le cœur du film... C'est le final de Tropa de Elite quoi. Le mec du BOPE qui te braque avec son pompe, c'est un peu le résultat d'une politique de "moindre mal". Tu peux t'en satisfaire oui ("le dealer va mourir d'un tir de pompe pleine face à bout portant, tant mieux", ou tu peux remonter le file voir tout ce qui nous a été raconté avant, histoire de nuancer un sujet si polarisant), n'en veux pas à des cinéastes d’aller un peu plus loin que la distribution de bons points idéologiques.

 

Les articles qui reprochent au film de ne pas être une ode aux Netanyahu n'ont strictement rien compris à l'approche d'un film qui est tout sauf partisan, et qui ne minimisent jamais les enjeux de ce raid (par contre il y a une approche qui trahis une cértaine sensibilité oui... cf la filmo du mec en fait)

 

L'approche est assez évidente dans le film (aidé par un gimmick narratif super casse gueule)... après l’anecdote du massacre des kényans et le devenir de la seule victime civil ne sont pas dans le film. On parle d'un film d'action, donc tu as forcément une "force" et un dynamisme pour te captiver, mais toute la gestion des ramifications morales à un moment ou personne ne semble vouloir en entendre parler est très bien rendu dans ce qui reste une course contre la montre statique.

De toute façon il jongle avec des grenades et le film ne semble pas du tout avoir plu, si ça peut te rassurer...

 

Et au cas ou t'aurais pas lu l'interview ou que t'ai la flemme :

 

Peut-t-on dire que OTAGES À ENTEBBE prend en compte toutes les répercussions géopolitiques de cet événement central qu’a été la prise d’otages ?

Pas toutes non. Il est impossible de prendre en compte toutes les répercussions de cet événement, il y en a eu tellement… Comme je l’ai dit, mon objectif n’est pas de réfuter la réussite de l’opération « Thunderbolt » car dans ce cas, j’aurais raconté la suite des événements et l’histoire des Kényans. Tout le monde sait ce qu’il s’est passé, mais les gens choisissent de l’ignorer. C’est leur choix. Avec OTAGES À ENTEBBE, nous voulions relater la relation entre Yitzhak Rabin et Shimon Peres car elle est finalement très représentative d’une problématique encore très actuelle. Voyez-vous, quand Rabin est arrivé au pouvoir, il a remporté l’élection d’une courte tête face à Peres. Sa plate-forme politique était de diminuer le budget de l’armée israélienne. Je le sais car j’ai longuement interviewé l’assistant de Yitzhak Rabin, ainsi que son fils Yuval. Shimon Peres était plus belliciste, il voulait pour sa part augmenter ce budget. Quand surviennent les événements d’Entebbe, Peres est catégorique : il ne faut pas négocier par principe, mieux vaut la mort des 103 otages. C’est ce qu’a rapporté Henry Kissinger à l’époque. Ce parti pris a mis Rabin dans une situation complexe d’un point de vue politique, car il ne croyait pas qu’une opération sûre à 100% puisse être envisageable. Il réfléchissait donc réellement à la possibilité de négocier avec les preneurs d’otages, tout en étant conscient qu’il en paierait lourdement le prix. Selon moi, c’est le sujet même du film, et il reste très pertinent de l’évoquer aujourd’hui. Pourquoi ? Si vous vous penchez sur une situation aussi extrême de celle survenue à Entebbe, vous vous rendez compte que les politiciens israéliens s’obligent à d’énormes restrictions en ce qui concerne les négociations avec leurs homologues palestiniens. C’est d’ailleurs le cas du côté Palestinien aussi. On ne parle pas directement de ça dans le film, mais c’est là. L’Histoire est très claire sur ce point. Quand Yitzhak Rabin a négocié les accords d’Oslo, il a été assassiné par un extrémiste orthodoxe. Le climat en Israël à l’époque – alors que les politiciens cherchaient réellement un accord – était terrible. Les gens tenaient des rassemblements en chantant « Mort à Rabin ! » et Benjamin Netanyahu y participait. Des rabbins signaient des lettres prétendant qu’il était acceptable de tuer Rabin. Cela vous donne une idée de la problématique. Je vais placer les choses comme ça : pour être un courageux soldat israélien, il fallait faire ce qu’on fait ces hommes, Yoni compris, lorsqu’ils sont entrés dans l’avion. Pour être un courageux politicien israélien, il fallait faire ce que Rabin a tenté de faire. C’est le nœud de l’affaire selon moi. Pour être équitable, lors des accords de Camp David en 2000, Ehud Barak a fait une proposition à Yasser Arafat et la plupart des leaders mondiaux pensaient qu’il allait la prendre en considération et négocier sur cette base. Mais selon Bill Clinton, Arafat a tout refusé en bloc. Pourquoi ? À ce moment précis, négocier lui aurait fait perdre sa position politique en Palestine. Il est essentiel de comprendre qu’Israël et la Palestine sont enfermés dans un cycle de peur perpétuel. Le conflit dure depuis trop longtemps et trop de politiciens, d’un côté comme de l’autre, sont arrivés au pouvoir en disant au peuple qu’il le défendrait contre son ennemi. C’est la même chose aujourd’hui quand Donald Trump dit aux Américains qu’il va les défendre du Mexique. C’est une carte facile à jouer, mais une fois que vous l’avez fait, vous positionnez l’autre comme l’ennemi. À partir de là, comment négocier ? Il me semble donc très important de parler de ce piège. Les politiciens israéliens préféreraient ne parler que du sacrifice de Yoni mais moi ça ne m’intéresse pas, je préfère parler de ça.

 


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#65 CHARLTON HESTON

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Posté 20 June 2018 - 15:28 PM

Je n'ai pas encore vu le film, je juge par contre les déclarations de l'interview,

 certe, parler de la grande Histoire via la petite comme l'a été cette prise d'otage c'est evidemment un prisme attendu et valide pour un auteur digne de ce nom,(mais aussi par nature casse gueule ce qu'il ne faut pas minorer, je suis d'accord la dessus)

 

mais Padhila (dont j'ai apprecié le Tropa de elite)  semble pousser des exigences irréalistes pour ce qui est une operation de sauvetage, et quel que soit l'état et le gouvernement impliqué, dans une situation pareil, non,l'heure n'est pas à résoudre un conflit,mais sauver le plus de plume possible.

 

 J'attend de voire le film pour voire comment il s'en est tiré (la matiere n'est pas facile,je le reconnais) mais l'interview est un peu,dispersé disont,pour moi en tout cas.

 

 (Et j'avoue que l'histoire décrite avec le perso de Pike m'inquiete pas mal)


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#66 Goldanus

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Posté 20 June 2018 - 15:41 PM

Le film est VRAIMENT atypique, quand je dis que dans les fait il ne minimise pas du tout l'opération, j'évoque souvent "une rêverie" pour parler du film mais malgré son dispositif narratif super chelou/casse-gueule le film reste très factuel.

l'anecdote sur les kenyans n'est pas dans le film... le propos se dessine vraiment dans la tambouille du film d'action et du film "à charge" pour un résultat aussi neutre qu'enragé.

C'est aussi doux que grossier... Perso, lire que l'idée du film est venu avec la rencontre du producteur est un ancien otage... En fait tout fait sens. Et ceux qui reprochent au film de ne pas être une ode aux Netanyahu... ils reprochent surtout au film de ne pas être un documentaire des 90's type navy seals :pouce:

il garde vraiment l’ambiguïté du premier Tropa (on est loin du pamphlet qu'est le 2... que j'aime bien aussi) mais dans une forme et un mood plus doux et bienveillant.


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#67 CHARLTON HESTON

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Posté 20 June 2018 - 16:00 PM

 Hola,hola,on ne critique pas les vrais documentaires avec des vrais propos comme Navy Seals!

37895.jpg

 C'est les meilleurs! :love:

 

 Bon ,sinon,pour Entebbe on en reparlera apres visionnage :wink:


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#68 Goldanus

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Posté 20 June 2018 - 16:13 PM

N'est ce pas? :mrgreen:

 

Bon ,sinon,pour Entebbe on en reparlera apres visionnage

 

 

 

Deal! :pouce:


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#69 Seri Zed

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Posté 24 June 2018 - 20:20 PM

J'ai pris beaucoup de plaisir à voir ce Otages à Entebbe qui fait ce qu'il faut pour présenter l'affaire ainsi que les différents tenants et aboutissants. C'est très agréable à suivre, bien joué, bien dialogué et parfois superbement cadré.

Sauf que... in fine, je reste un peu sur ma faim. Peut être parce que les problématiques que le film traite, les deux allemands face à leurs responsabilités, leurs motivations confrontées à celles des arabes du commando, l'opposition entre Peres et Rabbin, au début du film et à la fin, ne semblent pas vraiment évoluer durant le film. Aussi passionnant puisse être le débat entre Rabbin et Peres, la tension est plus sur un point de vue "quelle décision doit on prendre et contre la montre" (et c'est limité par le fait qu'on sait tous ce qui va se passer) que sur une évolution de leur points de vue respectifs. La période est trop courte pour qu'on puisse voir, ou comprendre, dans quel processus plus global se situe cette histoire d'Entebbe.

Si j'ai trouvé le film très bien foutu, formellement, je reste pas hyper convaincu par le parallèle avec la scène de danse et surtout, je trouve assez ratée la scène de l'attaque, point de convergence où toutes les lignes auraient dû se croiser dans un climax où la partie des terroristes, celles des otages, celles des soldats et celle du cabinet à Tel Aviv auraient presque dû fusionner. L'idée de regrouper tout ça sur la scène des danseurs était vraiment chouette. Malheureusement je trouve que ça ne marche pas trop.
Reste donc un film qui fait l'économie de développer à la fois le contexte et à la fois les conséquences de cette prise d'otage et qui reste probablement trop illustratif et un peu trop sage. Dommage, vraiment, pour le climax que je trouve raté... on reste un brin sur notre faim alors que le film reste une très honnête reconstitution.


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