Y a un truc ! Richard Starzac & Mark Burton

Vieux briscards de l’animation (l’un a travaillé sur le clip SLEDGEHAMMER de Peter Gabriel, l’autre a laissé son empreinte sur les scripts de CHICKEN RUN et WALLACE ET GROMIT), Richard Starzak et Mark Burton nous révèlent les secrets de la dernière prouesse en date du studio Aardman.

Combien de temps avez-vous travaillé sur Shaun le mouton

Richard Starzak : L’écriture et la préparation ont demandé deux années de travail. Et le tournage en lui-même a duré neuf ou dix mois. 

Mark Burton : En termes d’animation, c’était beaucoup plus rapide que la moyenne. Nous n’avions pas à gérer le mouvement des lèvres, déjà. Ensuite, nous n’avions pas un budget colossal, ce n’est pas un secret. En un sens, ça nous a poussés à revenir aux sources de l’art de la stop motion. Très tôt, nous avons pris la décision, à la fois technique et créative, d’obtenir le maximum de plans devant la caméra. Il y a très peu d’images de synthèse. Quelques petites retouches numériques, car c’est devenu indispensable, mais 90 % du film existe physiquement. 

R.S.: La photographie a beaucoup changé ces dernières années, et on s’est rendu compte que la stop motion n’avait plus besoin d’être photoréaliste. Il n’y a aucun problème dans le fait d’apercevoir des empreintes de doigts sur la pâte à modeler, ou dans le fait de comprendre immédiatement que l’on est en train de regarder des marionnettes dans un décor miniature. C’est ce que c’est, après tout, et les gens aiment ça. Je n’ai pas voulu que le film soit trop classieux ou pseudo intelligent. 

La production du film était-elle très différente de celle de la série ?

M.B.: Déjà, une grande partie de l’équipe avait travaillé sur la série, ce qui a été un grand avantage pour nous. Et en même temps, nous leur avons tout de suite demandé d’oublier leurs repères, parce que certains aspects de la série étaient inappropriés pour un long-métrage de cinéma. Nous avons passé beaucoup plus de temps et dépensé beaucoup plus d’énergie sur le film que sur la série. Nous avions 120 personnes dans notre équipe, dont une vingtaine d’animateurs. 

R.S.: Nous avons eu le luxe de produire deux secondes d’animation utile par jour. C’était notre objectif. Sur la série, il fallait travailler beaucoup plus vite. Sur le film, il fallait toujours faire attention aux états d’âme des personnages. Nous nous sommes beaucoup concentrés sur la cohésion des performances. 

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Commentaire(s) (1)
Guillian
le 04/04/2015 à 02:58

J'adore cet anachronisme dans la façon de travailler par rapport aux effets spéciaux utilisés dans les grandes productions. Ce parti pris a quelque chose de nostalgique et respectable. La patience, la passion, la méticulosité... Très bon interview.

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