Y a un truc ! La maison au fond du parc

Crimson Peak

Après avoir frappé un grand coup avec les robots géants et les superbes Kaijus de PACIFIC RIM, del Toro accomplit de nouvelles prouesses graphiques sur CRIMSON PEAK, déclaration d’amour éperdue au cinéma d’horreur gothique. Au coeur de toutes les attentions du réalisateur : la création d’un manoir criant de vérité, dont les moindres recoins forcent effectivement l’admiration.
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Tourné entre février et avril 2014 en Ontario pour les scènes d’extérieur, et à Toronto pour les scènes d’intérieur, Crimson Peak n’est pas le premier film en costumes que réalise Guillermo del Toro. Reste que l’échelle de la reconstitution est autrement plus ambitieuse que dans L’Échine du Diable ou Le Labyrinthe de Pan. Impliquant la fabrication intégrale du moindre décor, le production design de Crimson Peak est probablement le plus pointilleux de la carrière du cinéaste, en particulier lorsque l’héroïne pénètre dans le manoir maudit d’Allerdale Hall. S’étalant sur trois hauts étages, la demeure dicte par son architecture et la disposition de ses pièces la structure même du script, cosigné par del Toro et Matthew Robbins, réalisateur il y a 25 ans du cultissime Dragon du lac de feu. Pas question, donc, de faire appel à un quelconque fond vert : selon la volonté de del Toro, les acteurs devront s’immerger dans une bâtisse concrète, fabriquée en un seul et même bloc dans les immenses studios Pinewood de Toronto. Dans une interview donnée en 2014, à quelques jours de la fin du tournage, del Toro n’en croit toujours pas ses yeux. « Et dire que dans deux semaines, tout ce décor disparaîtra à jamais » annonce le réalisateur à un groupe de journalistes. « Putain, c’est vraiment dommage ! En réalité, je voulais réaliser une vraie maison au milieu de la campagne, mais le problème n’était pas le coût. Le problème, c’étaient les trois étages. L’édifice aurait été gigantesque. En l’état, le manoir reste l’un des plus beaux décors que j’ai jamais eus à ma disposition. D’ailleurs, j’en achète quelques petites parties. Il reste des éléments que je n’ai pas encore pu négocier, mais j’ai déjà réservé de nombreux accessoires très coûteux. Je les paye à hauteur de 50 %, et je les garde, voilà comment ça marche. Disons que si le studio ne trouve pas un accessoire totalement indispensable, et menace de ne pas débloquer le budget nécessaire, je lance à la direction : « Je paie la moitié, et j’ai le droit de le garder après le tournage. ». Voilà comment le château s’est construit : sur une folie. » C’est presque de la démence, à vrai dire, mais libre à del Toro de dépenser son s [...]

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