Y a un truc ! La Forme de l’eau

La Forme de l'eau

Le mois dernier, nous donnions la parole à Mike Hill, sculpteur de génie responsable du design de la créature aquatique de La Forme de l’eau. Mais comme de coutume, le dernier film de Guillermo del Toro ne se contente pas d’un effet isolé, et opte pour une approche hybride où les trucages numériques tiennent une place importante.

Ceux qui auront scruté avec attention la sélection des oscars 2018 auront sans doute remarqué une absence incongrue : alors que l’intrigue est entièrement centrée sur une créature fantastique, aucune des treize nominations glanées par le long-métrage ne concerne les maquillages spéciaux ou les effets visuels. Dans la catégorie VFX, on trouve les maquettes de Blade Runner 2049, les CGI des Gardiens de la Galaxie Vol. 2 et des Derniers Jedi, ou encore la performance capture de Kong : Skull Island et La Planète des singes : suprématie. Quant à la catégorie regroupant désormais de façon très condescendante les coiffures, maquillages beauté et maquillages spéciaux (ce qui n’a pas grand-chose à voir), elle propose de célébrer Confident royal, Les Heures sombres ou Wonder, soit des travaux fort honorables, mais on ne peut plus pragmatiques. À l’heure où le fantastique le plus assumé semble enfin célébré par l’académie, l’industrie envoie donc un signal totalement contradictoire (pour ne pas dire insultant) à ceux qui, dans l’ombre, façonnent le genre depuis tant d’années.


COURSE CONTRE LA MONTRE
Peu d’égards pour les petites mains qui ont donné vie au dieu captif de La Forme de l’eau ? Qu’à cela ne tienne, nous sommes là pour leur rendre hommage. Avant même que del Toro ne contacte Mike Hill, le cinéaste choisit de recruter Shane Mahan de Legacy Effects, studio d’effets pratiques né des ruines de Stan Winston Studio. À partir de concepts développés en solo par le Mexicain, Mahan mène quelques recherches avec son équipe, puis cède le bébé à Hill. Des mois d’allers et retours commencent, durant lesquels près de 200 palettes de couleurs sont testées devant la caméra. « Ç’a été une course contre la montre » précise Mahan. « Nous avions une date sur le calendrier qui disait : « 8h du matin, plateau B ». On ne pouvait pas la changer et dire à nos producteurs qu’on avait besoin de deux semaines supplémentaires. D’un point de vue romantique, ça m’a un peu rappelé mes premiers films, comme Terminator ou Aliens, le retour. James Cameron était très impliqué dans ces projets, et c’est rare aujourd’hui de pouvoir bénéficier de ce type de collaboration. Guillermo lui aussi [...]

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