Y a un truc ! Kubo et l’armure magique

Kubo et l’armure magique

Nous sommes en 121 après les frères Lumière ; tous les films d’animation sont à la merci des images de synthèse. Tous ? Non ! Dans la banlieue de Hillsboro, Oregon, un studio peuplé d’irréductibles fervents de la stop motion résiste encore et toujours à l’envahisseur…
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Le studio d’animation Laika est fondé en 2005 par Travis Knight avec l’aide financière de son père, Phil Knight, créateur d’une petite marque de sport connue sous le nom de Nike. Si certains le traitent de fils à papa, Travis Knight fait pourtant preuve d’une vision ambitieuse et cohérente, visant à contredire les idées reçues qui ont perverti le cinéma d’animation moderne à grands coups d’ordinateurs et de formules scénaristiques prédigérées. Désireux de ramener l’antique artisanat de la stop motion sur le devant de la scène, Laika se lance dans une série de longs-métrages en image par image tous plus ahurissants les uns que les autres. Coraline et son cirque de puces font leur petit effet en 2008, notamment parce que le film mêle pour la toute première fois stop motion et stéréoscopie. En 2012, L’Étrange pouvoir de Norman redresse encore la barre, en imposant un pipeline innovant basé sur l’impression 3D. Toutes les têtes, expressions et transitions faciales des personnages sont en effet créées à la chaîne à partir de modélisations informatiques, sorties en couleur et affinées à la main. Les animateurs n’ont ensuite « plus qu’à » changer le visage à chaque étape d’animation, avec à la clé un naturel inédit pour une production en volume. La même technologie est utilisée deux ans plus tard dans Les Boxtrolls, dont la production value se voit amplement rehaussée : plus de décors, des personnages plus nombreux disposant d’articulations plus complexes, et des scènes de foule mêlant stop motion pour l’avant-plan et images de synthèse pour l’arrière-plan. Techniquement, Les Boxtrolls s’impose comme l’un des longs-métrages en stop motion les plus sophistiqués jamais entrepris… au point que certains puristes lui reprochent de trop vouloir se rapprocher du rendu lisse de l’image numérique.

L’ESTHÉTIQUE DE LA STOP MOTION
Si le film expose d’emblée un spectacle époustouflant, la question ne se pose à aucun moment durant la projection de Kubo et l’armure magique. Dès la séquence d’ouverture, où une tempête malmène le bateau d’une puissante magicienne, le style de l’oeuvre semble justement jouer sur la texture inhérente à l [...]

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