Y a un truc ! Douglas Trumbull

Douglas Trumbull a déjà eu l’occasion d’évoquer ses expérimentations sur la 3D ou les framerates dans les numéros 238 et 245 de Mad Movies. Invité à la Cinémathèque française pour parrainer l’excellente exposition « De Méliès à la 3D » (visible jusqu’au 29 janvier 2017), le créateur des effets spéciaux mythiques de 2001, l’odyssée de l’espace, Rencontres du troisième type et Blade Runner a accepté de parler avec nous de l’avenir épineux du format cinéma.
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Il y a quelques années, vous développiez un énorme projet de science-fiction. Où en êtes-vous ?

C’est une longue histoire. J’ai surtout développé un processus de création cinématographique qui me semble indispensable. Je ne suis pas fondamentalement intéressé par le cinéma actuel, car je suis très frustré par le système des studios et les limitations des cinémas. Aujourd’hui, les films tels qu’on les montre en salles sont moins beaux que dans les années 40 !

Vous parlez de qualité de projection ?

Oui, exactement. Avec l’arrivée des multiplexes, on a eu tendance à installer davantage d’écrans petits, plutôt que de favoriser les écrans géants. C’est frustrant. La palette pour présenter une vision forte est très limitée. J’ai essayé de réinventer le format dans mon coin. Voilà pourquoi je travaille sur cette grosse épopée de SF dont vous parliez. Je change le script en permanence, mais il y a déjà une version que j’aime beaucoup. Je la tournerais sur-le-champ si j’en avais l’occasion, mais le film devrait s’accompagner de certaines évolutions techniques, que ce soit en termes de caméras, d’outils de postproduction ou de projection. J’ai mis au point un système de prises de vues en 4K, en stéréoscopie et à 120 images par seconde dont je suis très fier, mais je ne peux l’exploiter nulle part. Les écrans ne sont pas assez grands. C’est une question de champ de vision. On a donc bâti un prototype de salle de cinéma dans mon studio durant ces dernières années. L’idée est de rendre ça très attirant pour l’industrie, notamment au niveau du coût. Mon prototype coûte deux fois moins cher en rapport taille/nombre de places que n’importe quel cinéma actuel, et six fois moins qu’une salle IMAX. Et nous nous sommes rendu compte que nous pouvions créer une expérience de projection géante avec un petit cinéma. C’est un phénomène intéressant qui repose, j’insiste, sur le champ de vision. Tant votre champ de vision est large et que l’écran est relativement petit, ça fonctionne. Mon cinéma est équipé de 60 sièges, mais le champ de vision est incroyablement large. Également, la 3D est totalement ouverte. C’est comme une fenêtre sur un univers alternatif.

Vous utilisez bien des lunettes pour la stéréoscopie ?

Oui, c’est hélas indispensable.

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