Unfriended : Dark Web de Stephen Susco

Unfriended : Dark Web

Des films se déroulant entièrement sur un écran d’ordinateur : on pouvait penser que le procédé, à l’instar d’autres modes (allô, le found footage, t’es encore vivant ?), serait un simple feu de paille. Mais cet Unfriended deuxième du nom, tendu de bout en bout, laisse penser qu’on est loin d’en avoir fini avec cette invention de l’hyperactif Timur Bekmambetov.
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Il y avait déjà eu des tentatives de long-métrage centré sur une interface informatique, comme le décevant Open Windows pourtant réalisé par l’intéressant Nacho Vigalondo. Mais c’est le Unfriended produit par Timur Bekmambetov qui, il y a quelques années, a décroché la timbale, en utilisant un principe simple et familier. À l’image, l’écran allumé d’un PC ou d’un Mac comme nous en avons tous un chez nous, et rien que cela. Bref, c’est comme si nous assistions pendant une heure et demie à un plan-séquence subjectif épousant le regard du propriétaire de l’ordinateur, dont on ne verra le visage que dans les images prises par sa propre webcam. Et contre toute attente, le procédé dépasse largement le stade du gadget, pour s’avérer diaboliquement efficace. De toute façon, beaucoup de films contemporains sont forcés de montrer des personnages en train de téléphoner ou de pianoter sur leur ordi, lors de séquences souvent ingrates. Alors, pourquoi ne pas tout mettre sur un écran informatique, d’autant qu’il peut s’y passer beaucoup de choses ?
Pris dans la tourmente, l’utilisateur fait des recherches Internet, ouvre des pages de réseaux sociaux, et communique aussi avec ses proches, par appel vocal, message privé, email, conversation Skype groupée, etc. Le découpage traditionnel en plans et en scènes est ainsi remplacé par une orgie de fenêtres qui s’ouvrent et se ferment sur l’écran, comme une sorte de split-screen géant qui s’avère tout à fait valable. Ajoutez-y une histoire astucieuse (un groupe d’amis voit sa conversation de groupe hackée par un profil inconnu, qui pourrait bien être le fantôme numérique d’une de leurs camarades de lycée, suicidée après une sale affaire), et ce premier Unfriended donne un résultat plutôt terrifiant. Très satisfait de son système, qu’il a baptisé « screenlife », Bekmambetov annonce alors la production de dizaines de films du même type – voir notre entretien avec l’ogre kazakh dans les pages suivantes.

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