Une étoile est morte

Jupiter : Le destin de l'univers

Le report de sept mois décidé par Warner Bros. en juillet dernier aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, mais nous avions décidé d’y croire. La déception de JUPITER : LE DESTIN DE L’UNIVERS est dès lors proportionnelle aux espoirs que l’on avait placés en lui. Rendez-vous manqué entre les Wachowski et le genre du space opera, le film est un ratage incompréhensible pour quiconque adule Matrix, Speed Racer ou Cloud Atlas. Les deux scénaristes/réalisateurs risquant de se faire incendier avec une véhémence inédite, nous avons préféré expliquer ici nos griefs en quatre points majeurs, causes principales de ce naufrage… historique ?
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LA STRUCTURE 

Difficile de trouver plus décevant dans Jupiter : le destin de l’univers que sa structure narrative, aussi convenue, bordélique et incohérente que celles de Cloud Atlas et Speed Racer pouvaient être expérimentales, audacieuses et limpides. Si l’étape de la situation initiale est parfaitement maîtrisée par les Wachowski, la charge émotionnelle du prologue étant incontestable, l’engrenage ne s’enraye pas moins une fois l’élément perturbateur introduit. Amené en plusieurs séquences à l’inconséquence étrange (Jupiter prend en photo des créatures roswelliennes… et ? Jupiter est amenée par son cousin à vendre des ovules… Mais encore ? Des forces d’un autre monde masquent les dégâts provoqués par les aliens… Dans quel but ?), le basculement du film dans le grand spectacle science-fictionnel se fait paradoxalement trop soudainement. La meilleure scène d’action du film, une poursuite formidablement chorégraphiée dans le ciel et les rues de Chicago, perd ainsi toute accroche affective, le déluge d’effets visuels et d’idées scéniques n’étant soutenu par aucun enjeu de caractérisation. Baladée dans une aventure qui la dépasse, et qu’elle ne soumettra jamais à sa volonté et ses actes, Jupiter passera l’intégralité du film à être kidnappée, puis sauvée par son Prince Charmant de Channing Tatum. Si l’on devine de la part des Wachowski une volonté de rendre hommage à l’art du conte (les trois aristocrates extraterrestres auxquels Jupiter est successivement confrontée évoquent d’ailleurs les fantômes d’Un conte de Noël de Dickens), le résultat n’en est pas moins d’une répétitivité mortifère, le personnage principal alourdissant peu à peu comme un boulet sa propre odyssée.

 

 

LE POINT DE VUE 

Dans les faits, Jupiter : le destin de l’univers n’est autre qu’un remake déguisé de Matrix, dans lequel un personnage anonyme se trouve être au cœur d’une lutte qui le dépasse. Recherchée par les arch [...]

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