UNDER THE SILVER LAKE de David Robert Mitchell

Under the Silver Lake

Sacré fils spirituel de John Carpenter avec It Follows, David Robert Mitchell frappe en plein coeur avec un néo-noir hollywoodien tellement bardé de références cinéphiliques qu’il donne le vertige, mais qui s’impose pourtant comme une oeuvre singulière à la beauté spectrale aveuglante.
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Locataire fauché d’un appartement de l’est de Los Angeles, Sam (Andrew Garfield) a bien entamé sa trentaine mais se comporte toujours comme s’il avait seize ans : il s’habille comme un ado, ne lit que des comics, ne pense qu’au cul et parle à sa mère au téléphone tous les jours. Sam ne cherche pas de travail alors qu’il est sur le point de se faire expulser et de se faire saisir sa voiture, mais il rêve d’être connu. Le seul moyen qu’il a trouvé pour tromper son ennui en attendant que quelque chose lui arrive, c’est de jouer les voyeurs, quitte à s’emparer d’une paire de jumelles pour mater sa voisine d’âge mûr quand elle se promène les seins à l’air – encore un qui n’a pas résolu son complexe d’OEdipe. Sam est donc au bord du gouffre mais ne fait rien pour s’en écarter, comme s’il avait compris qu’il était déjà trop tard. D’ailleurs, les SDF le terrorisent (« Ce sont des poltergeists » dit-il), peut-être parce qu’il sent qu’il est sur le point d’en devenir un lui-même. C’est alors que Sarah (Riley Keough), une belle plante un brin mystérieuse, s’installe dans la résidence et vient exhiber ses charmes au bord de la piscine. Mais à peine Sam a-t-il fait sa connaissance qu’elle disparaît en pleine nuit sans laisser de traces. Le jeune homme se lance alors dans une enquête labyrinthique durant laquelle il va croiser la route d’une faune pittoresque dans une ville qui ressemble à un asile de fous.




HOLLYWOOD BABYLON
Voilà pour les préliminaires d’une histoire qui ne cache pas ses influences : le personnage de Sam, chez qui trône une affiche de Fenêtre sur cour, rappelle furieusement celui joué par Craig Wasson dans Body Double, où Sam était justement le prénom du bad guy interprété par Gregg Henry. S’ensuit une magnifique scène de filature sur un score à la Pino Donaggio qui achève de relier le film à Brian De Palma, d’autant que la mise en scène de David Robert Mitchell entame le récit en multipliant les tours de force techniques au point de donner le vertige, dans un élan de g&e [...]

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