UN COUTEAU DANS LE COEUR de Yann Gonzalez

Avec Un couteau dans le coeur, où un tueur sème la mort sur le tournage d’un porno gay, Yann Gonzalez ravive le souvenir de la culture bis des années 70 pour rendre hommage aux marginaux et à ceux qui fantasment leur vie.
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Fin des années 70, en France. Anne, productrice de films X gays (Vanessa Paradis, Blondie planquée derrière ses lunettes noires) aime toujours à la folie Loïs (Kate Moran), son ex qui assure le montage de ses productions porno. Au bord du gouffre, elle réalise qu’un tueur masqué décime les membres de son nouveau film olé olé dans lequel batifole notamment un « wannabe Brigitte Lahaie » (excellent Nicolas Maury)… Voilà la trame d’Un couteau dans le coeur, objet de tous les fantasmes de Yann Gonzalez, jeune cinéaste français (41 ans), frère d’Anthony (M83) et auteur d’un très arty coup d’essai, Les Rencontres d’après minuit (2013) qui prenait déjà son pied à déjouer les attentes. Sous couvert de sujet chaud comme la braise (au coeur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie), la partouze tant convoitée de son précédent long-métrage n’avait pas lieu, la renaissance du désir se faisait ailleurs, au contact de nouvelles langues et de simples caresses. On y découvrait alors un auteur amoureux des mots et de tous les cinémas, autant épris de Rohmer que de nos chères bisseries (Béatrice Dalle y jouait une Ilsa, le temps d’un flash-back), invitant des acteurs d’horizons tous azimuts (Eric Cantona, Alain-Fabien Delon…) à passer une nuit magiiiiique en écoutant non pas du Catherine Lara mais du John Maus. Et la jouissance de Gonzalez venait clairement de cette idée d’un groupe fusionnel, envisageant une utopie à plusieurs pour redéfinir le monde et jouir dans un décor artificiel avant l’aube. On retrouve cette même nécessité de peupler sa solitude dans Un couteau dans le coeur, son second film de « bande » qui, encore une fois, déjoue les expectatives. Certes, nous sommes ici dans un genre précis (le thriller 70’s avec ses codes, ses néons étincelants et sa péloche vintage). D’autant que le ton est donné dès l’introduction reproduisant une scène marquante du Cruising

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