Toute première fois N°279

Disons-le d’emblée, THE FLESH AND BLOOD SHOW ne restera pas dans les annales du film d’horreur. Pourtant cet ancêtre du slasher mérite largement que l’on s’attarde sur son étrange condition de sang-mêlé, puisque l’objet prolonge la tradition « so british » des thrillers en huis clos à la Agatha Christie tout en jouant sur les codes du film sexy. Peut-être trop pour une seule péloche…
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Souvent dénigrés, dépréciés, raillés et même méprisés, les films de Pete Walker n’ont jamais véritablement attiré l’attention des cinéphiles et des historiens. La faute, peut-être, au principal intéressé, qui n’a jamais vraiment défendu sa progéniture. Le bonhomme déclarait à qui voulait l’entendre – et le croire – que ses films ne contenaient aucun sous-texte, ne critiquaient rien. C’étaient juste des films, à peine un peu espiègles et surtout commercialement très rentables. La faute, peut-être aussi, à ce courant de réhabilitation dont a largement profité la Hammer il y a quelques années. Mais le problème de ce type de mouvement, option oeillères, est qu’il n’envisage ni passé, ni futur à son sujet d’étude. Walker était bel et bien l’avenir du studio qui remit au goût du jour Dracula, la Momie et toute la troupe. Mais pour cela, il devait absolument manifester sa différence, histoire de rompre définitivement avec ce qui fut. Car quoi qu’on en dise, et même en ce début d’années 70, le cinéma d’horreur anglais se trimballe la chemise ouverte avec le mot gothique tatoué en caractères gras sur la poitrine. Pour survivre, il faut trouver l’alternative. Le changement c’est maintenant. Des films d’horreur en prise avec leur époque, voilà la clef du succès. Plus besoin de costumes coûteux, de châteaux gothiques, de décors baroques et encore moins de capes et de dentiers. Les monstres des films de Walker sont des parents bienveillants, des hommes d’Église ou encore un vieux monsieur dirigeant un institut correctionnel. Un trio emblématique qui dessine parfaitement un cinéma de la subversion s’attaquant ouvertement aux institutions : la famille, la religion et l’éducation. Mais aussi un tiercé gagnant qui, malgré l’infamant X apposé par la censure anglaise de l’époque, s’exporte très bien, notamment aux États-Unis. Frightmare (1974), Flagellations (1974) et Mortelles confessions (1976) sont plus que vivement conseillés par la maison. Pourtant, avant de pratiquer ce cinoche de la contestation qui anticipe d’ailleurs le mouvement punk, il faudra en passer par la case The Flesh and Blood Show, trait d’union logique entre deux parties de la carrière de Walker. Et pour bien comprendre ce film écartelé entre deux époques, il faut remonter beaucoup plus loin que ce tumultueux début des seventies. 

RÉSERVÉ AUX ADULTES 

Plus exactement, à l’époque où Pete Walker débute comme comique dans un club de striptease de Soho. De son avis même, Walker n’était pas un très bon comédien de stand-up. Mais ces facéties lui permettent de pénétrer les Brighton Film Studios, où il travaille comme assistant-réalisateur sur des publicités. Parallèlement, il poursuit sa carrière de comédien et un tout petit rôle [...]

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