Toute première fois n°277

Private Parts

Passé à la postérité avec LA COURSE À LA MORT DE L’AN 2000, Paul Bartel n’aura jamais cessé en plus de 30 ans de carrière de jouer les trublions à Hollywood, navigant entre le cinéma d’exploitation et celui dit « d’auteur ». Avec PRIVATE PARTS, il brouille les pistes en abolissant les frontières entre les genres.
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USA. 1972.
Réalisation : Paul Bartel.
Interprétation : Ayn Ruymen, Lucille Benson, John Ventantonio, Laurie Main.
Sortie US en septembre 1975.

Difficile de catégoriser un hurluberlu comme Paul Bartel. Et à une époque où les étiquettes se collent aussi vite que Jésus multipliait les petits pains, cela fait un bien fou de se retrouver face à un agitateur qui n’a que faire de la politique du genre. S’il doit s’y coltiner, ce n’est que pour mieux en pervertir les formes. Ainsi, sur La Course à la mort de l’an 2000 (1975), le producteur Roger Corman attend un film d’action nuancé de scènes comiques. Bartel, de son côté, met tout en oeuvre pour accoucher d’une comédie noire ponctuée de séquences de poursuites motorisées. À l’arrivée, Bartel l’emporte, même si la production tripatouille le montage. Des années plus tard, Corman adaptera son discours en précisant qu’il voulait faire de La Course… une « comédie strangelovienne (en référence au Docteur Folamour de Stanley Kubrick – NDR), noire, sociale et pertinente commentant l’institutionnalisation de la violence dans nos sociétés. » Sacré Roger, toujours le sens de la formule ! Voitures toujours avec le sympathique Cannonball (1976). Sur ce coup-là, la puissante 20th Century Fox injecte quelques billets dans la course via une compagnie indépendante qui s’associe à la Shaw Brothers pour boucler le financement, et c’est finalement la New World Pictures de Corman qui distribue. Le même Roger Corman refuse d’ailleurs de produire en 1982 un script de Bartel intitulé Eating Raoul dans lequel un couple piège, assassine puis dérobe des échangistes afin d’ouvrir un restaurant ! Cette excellente comédie, que n’aurait pas reniée John Waters, verra le jour grâce au système D. Financées sur des fonds personnels, douze minutes de films sont tournées afin d’attirer d’éventuels investisseurs privés. C’est en fin de compte la vente de la maison des parents de Bartel qui boucle le budget. Estampillé spécialiste des chevauchées mécaniques, le réalisateur n’a d’autre choix que de se tourner vers un mode d’autofinancement qui n’est pas sans rappeler l’aventure du premier film. Un comble quand on sait que dix ans plus tôt, Private Parts, premier-né d’une filmographie où se croise westerns décadents et screwball comedy à la Howard Hawks, va connaître un montage financier relativement serein grâce à Gene Corman, frère de Roger.

Pellicule volée
En attendant, cette marque tenace au lavage, Bartel la doit à Roger Corman. Ou plutôt au directeur des ventes de New World Pictures qui craque pour Private Parts. Bartel se voit al [...]

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