Ressortie Rambo

Rambo

La ressortie en salles dans une copie restaurée de RAMBO nous fournit l’occasion d’expliquer pourquoi le chef-d’oeuvre de Ted Kotcheff demeure le meilleur survival jamais réalisé.
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La guerre du Vietnam est arrivée à son terme il y a seulement sept ans quand Rambo (First Blood en VO) sort aux USA en 1982. C’est dire à quel point elle est encore, à l’époque, une plaie ouverte pour l’Amérique. L’apparition, au début des années Reagan, d’un film au propos aussi marqué par les subversives années 70 n’est pas une pure anomalie : le projet est dans les starting-blocks depuis dix ans, époque où Hollywood a racheté les droits du roman de David Morrell. Si, dans le livre, le duel qui oppose John Rambo (Sylvester Stallone) au shérif Will Teasle (Brian Dennehy) se fait avec un certain respect mutuel (l’un a fait le Vietnam, l’autre la Corée), il en est tout autrement à l’écran, où leur affrontement symbolise la guerre menée par une Amérique devenue amnésique contre un passé qu’elle tient absolument à enterrer, quel qu’en soit le prix. En soi, Teasle n’est pas un mauvais bougre : juste un homme de loi paranoïaque, dépassé par les événements et terrifié à l’idée d’être battu sur son propre terrain par un fantôme. Rambo, lui, n’a que faire de l’endroit où il se trouve car, dans sa tête, il est toujours en Asie. À ses yeux, la forêt est la jungle vietnamienne et les tunnels de la mine ceux du Vietcong, comme l’atteste la scène où il est réveillé par la voix du colonel Trautman (Richard Crenna) sortant de sa radio, qui s’adresse à lui comme s’ils étaient toujours au front. « Vous ne voyez donc pas que ce type est dingue ? » s’exclame un adjoint du shérif en parlant de Rambo, et c’est précisément ce qui fait la valeur du personnage. Véritable créature de Frankenstein (« Ce n’est pas Dieu qui a fait Rambo, c’est moi » lance fièrement Trautman), l’ex-Béret vert médaillé devenu vagabond est un spectre damné errant sans but, un homme brisé et hanté par la solitude et amené à confier à son créateur dans une scène déchirante qu’il lui arrive de ne parler à personne durant des semaines. Sa souffrance intérieure est celle d’une génération que ses pères ont envoyée se faire tuer, allant jusqu’à l’achever après son retour au pays avec le cancer causé par l’agent orange (herbicide déversé par l’ar [...]

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Commentaire(s) (1)
Snakeplisken
le 11/07/2015 à 23:02

Lire l'article réanime en moi de la nostalgie. Mon père me montrant pour la première fois le film quand j'avais une dizaine d'années. En cachette de ma mère (Ba oui maman ne voulait pas que son fils regarde de film violent :-) )

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