PREVIEW : GIRLS WITH BALLS d’Olivier Afonso

Girls with Balls

Dans le numéro 305 de Mad Movies, le maquilleur Olivier Afonso nous annonçait le tournage imminent de son premier long-métrage en tant que réalisateur. Actuellement en postproduction, Girls with Balls (littéralement « des filles avec des ballons », et non des balloches, bande de petits cochons) s’annonce comme une comédie d’horreur riche en couleurs criardes et en psychopathes consanguins. Nous avons rendu visite à Afonso sur son banc de montage, afin de prendre la température de ce nouveau prototype français de cinéma de genre.
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J’ai toujours adoré l’ambiance de festivals comme le BIFFF » explique Olivier Afonso. « Les réactions dans la salle, c’est le pied. Les gens hurlent, ils s’éclatent ! Bien sûr, il faut des films où le public est discipliné, concentré, mais il faut aussi des titres qui misent sur le fun. » S’il est ambitieux en termes de spectacle et de rythme, Afonso n’est pas du genre prétentieux. Girls with Balls est pensé dès le départ comme une bête de festival, un objet cultivant une complicité vive avec le public. « Je me souviens du jour où j’ai vu [Rec] : dans la salle, les gens étaient fous. C’était trop cool ! J’ai donc appelé un pote, Jean-Luc Cano, et on a commencé à développer une histoire. Au début, il voulait faire un truc super premier degré, mais je lui ai dit que je préférerais faire une comédie assez trash, avec des nanas qui se feraient courser non pas par un tueur, mais plein à la fois. » Une fois la première version du script bouclée, reste à trouver un producteur assez timbré pour investir dans l’affaire. Quasiment tous les films de genre français produits entre la fin des années 2000 et le début des années 2010 s’étant rétamés au box-office, cette étape s’éternise. « Tu sais que quand tu veux faire ce type de films en France, personne n’est prêt à t’aider. C’est la guerre ! Et pourtant, un jour, tu finis par tomber sur des fous comme les gens de C4 Prod, qui décident de te suivre. Mais tout ça, ça reste le début de l’aventure. Ensuite, il faut trouver les distributeurs, les exploitants, c’est du délire. En France, même si tu trouves quelqu’un pour t’aider, tu n’as pas accès à des budgets de malade. C’est toujours le même problème. En ce moment, j’entends parler de tables rondes et de rencontres autour de scénarios, organisées par SoFilm et le CNC je crois. Mais la difficulté n’est pas tellement de savoir s’il y a de bonnes histoires. Ça, il y en a plein. La question, c’est comment les concrétiser ! Qui va t’aider à diffuser ton film, et même à le fabriquer. Beaucoup de gens m’ont dit que l’histoire de Girls with Balls était très marrante, mais qu’ils ne savaient pas comment la vendre ! »



TRAQUÉES
L’histoire en question n’a pas vocation à concurrencer le David Koepp de L’Impasse, ou le William Goldman de Marathon Man. « Le postulat de départ est très simple » insiste Afonso. « Huit volleyeuses qui évoluent dans un monde très amateur (des filles avec des ballons, donc) empruntent un chemin qu’elles n’auraient jamais dû prendre. » Dans une des séquences que l’on a pu entrevoir, les filles en question étaient au centre d’un rituel païen mené par un Denis Lavant (Holy Motors) en très grande forme. « On voulait absolument que ces nanas aient chacune un caractère très fort et très reconnaissable. Sans être caricaturales, il fallait qu’on les reconnaisse immédiatement. Je ne voulais pas d’un film trop long ; 90 minutes, ça me semblait suffisant. Et quand je dis 90 minutes, ce n’était pas vraiment 90 pages de scénario. Une minute par page, ça fonctionne difficilement pour un film d’horreur. Des fois, tu as deux lignes qui durent deux minutes à l’écran. Il faut faire attention ! » Très attention même, quand le budget global n’atteint même pas celui de la scène d’ouverture intimiste d’Alien : Covenant. « L’argent, c’est le nerf de la guerre. J’ai dû tourner tout le film en cinq semaines. Avec cinq semaines, tu commences, et hop, tu as fini ! Tu n’as pas le droit de te tromper. Tu n’as pas le temps de trop parler à tes comédiens : il faut qu’ils soient bons tout de suite. Tu n’as même pas le droit de te prendre la tête avec eux ! Parce que si tu fais ça, tu perds du temps. Tout le monde doit donc trouver la même énergie au même moment, aller dans la même direction… Dans l’idéal, on devrait pouvoir préparer au maximum en amont, mais ceux qui travaillent avant le tournage reçoivent eux aussi des salaires. Tout ça a un coût. La moindre minute est calculée, et il faut optimiser à mort. Toi, en tant que réalisateur, tu te donnes à fond et tu essaies de trouver des solutions à tout. Mais la réalité, c’est que sur place, ça ne se passe jamais comme tu avais prévu. »



CHOC DES CULTURES
S’il ne dispose pas d’un budget de blockbuster, Afonso parvient à planter les caméras de Girls with Balls à Tenerife, où ont déjà ét [...]

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