MÊME PAS PEUR 2020

Dix ans que le festival Même Pas Peur porte les couleurs du genre format court au coeur du Sud sauvage réunionnais. Dix ans de projections psychotroniques, trash ou poétiques, avec comme credo l’élargissement d’horizons visuels et mentaux. Un anniversaire qui a forcément donné lieu à une édition d’exception, que nous n’aurions manquée pour rien au monde.
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Au-delà de cette date anniversaire, cette édition 2020 du festival Même Pas Peur avait indéniablement quelque chose en plus. Palpable pendant son déroulement, indéniable a posteriori. Ayant pris place du 19 au 22 février, elle a précédé de peu le début d’une période de confinement physique et mental généralisée. Mais avoir eu la chance d’entamer cet enfermement nécessaire avec, en tête, non seulement les multiples films découverts sur le grand écran du cinéma Henri Madoré de Saint-Philippe, mais aussi les images de falaises haranguées par l’océan, de ciels nocturnes majestueux et de sourires réunionnais, ça n’a tout simplement pas de prix. Remplir l’esprit d’histoires, de souvenirs et de sensations devrait être la mission première de tout festival de cinéma, et Même Pas Peur est passé maître en la matière. Il y a, déjà, la mise en volumes qui s’opère sur la scène du cinéma Henri Madoré, occupée chaque année par une installation d’art contemporain imaginée par Vincent Mengin-Lecreulx, le papa de la maîtresse des lieux et fondateur du Lieu d’Art Contemporain, sis à Saint-Pierre, à quelques kilomètres de Saint-Philippe. Dès l’entrée dans la salle, avant même que les lumières ne meurent et que l’écran n’accueille 24 images par seconde, des mondes entrent déjà en collision. Un peu comme les sensibilités de la directrice/gourou du festival, la réalisatrice Aurélia Mengin, et de son co-sélectionneur Nicolas Luquet. On connaît bien, désormais, le goût du duo pour le décloisonnement féroce, mais d’année en année, la symbiose qui s’opère entre leurs sensibilités frappe par sa complémentarité thématique. Celle-ci confère une étonnante richesse à leur sélection composée d’une cinquantaine de courts-métrages venus de partout (et souvent d’ailleurs), accompagnés de longs (In Fabric, Monos, Swallow, The Room, Nina Wu, Vivarium) qui épousent les contours du programm [...]

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