Madgazine n°324

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JEU VIDÉO 
CALL OF CTHULHU : THE OFFICIAL VIDEO GAME 
Focus Home Interactive
PC, PS4 & One
Transposition littérale mais imparfaite du mythe de Cthulhu, univers de fiction développé par de multiples auteurs à partir de l’oeuvre séminale de l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft, Call of Cthulhu puise son inspiration à la fois dans la nouvelle L’Appel de Cthulhu pour le bestiaire indicible – comme le veut la tradition – et dans le jeu de rôle papier édité par Chaosium pour le scénario, appuyé en ce sens par la présence de Mark Morrison, l’un de ses coauteurs. Une adaptation littérale dans la mesure où le détective incarné par le joueur – qui enquête sur la mort de la peintre Sarah Hawkins, mystérieusement décédée dans un incendie avec toute sa famille et qui a laissé comme seul indice un étrange tableau – sera soumis à l’influence de Cthulhu, le Grand Ancien, qui prépare son retour imminent sur Terre. Ce simili RPG, bâti au sein d’un monde semi-ouvert et qui contient des éléments d’horreur psychologique, se prend parfois les pieds dans le tapis lors de phases d’infiltration laborieuses que précèdent des séquences scénarisées assez dirigistes. Davantage jeu d’aventure narratif que RPG, Call of Cthulhu rend par conséquent hommage de manière un brin forcée aux enquêteurs de l’imaginaire. Reste que tout le boulot abattu par le studio Cyanide éclate notamment à travers une direction artistique délicieusement surannée, qui parvient à convaincre le joueur de sauter dans l’inconnu ténébreux fantasmé par Lovecraft.

B.P. 



LIVRE
BAD REQUINS – L’HISTOIRE DE LA SHARKSPLOITATION
D’Alexis Prévost, Claude Gaillard et Fred Pizzoferrato
Huginn & Muninn
C’est net comme un gros coup de mâchoire : les auteurs ont voulu être exhaustifs sur les films de squales mangeurs d’hommes, et ils le sont. Bien sûr, le livre commence par aborder la franchise des Dents de la mer, avec notamment des interviews de l’actrice Lorraine Gary et de Joe Alves, le réalisateur du troisième opus, celui en relief. On trouve aussi un entretien avec Renny Harlin, l’auteur de Peur bleue, et des développements sur de rares réussites au ton sérieux, comme The Reef ou le sous-estimé Open Water. Cependant, comme son titre l’indique, l’ouvrage recense surtout les diverses imitations du film fondateur de Spielberg, parfois venues d’Italie, du Mexique, du Brésil, etc. Cela a pu donner de sympathiques oeuvrettes comme Les Mâchoires infernales (dont le réalisateur, William Grefé, est également interviewé) ou La Mort au large d’Enzo G. Castellari, mais aussi une foule de gros Z qui, les années passant, ont plongé toujours plus profond dans la parodie goguenarde – deux musts : Shark Exorcist et Sharkenstein ! Du coup, feuilleter ce bouquin richement illustré devient une expérience hallucinatoire, l’oeil étant bombardé d’affiches et de jaquettes vidéo qui reprennent inlassablement les mêmes motifs. Des gueules de requins qui émergent de l’azur en pointant une large dentition vers le ciel, des ailerons, et à nouvea [...]

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