Mad in France N°344

Pour son premier court, Tristan Thomas aurait pu réaliser une comédie pour s’attirer les faveurs du public des festivals, et se contenter d’une durée de dix minutes afin d’être plus facilement acheté par un diffuseur. Mais Tristan s’en fout et préfère livrer un film de science-fiction de 30 minutes dans lequel des samouraïs s’affrontent sur une planète extraterrestre. Et du coup, il est dans Mad Movies !

D’où vient l’idée de mixer les samouraïs et la science-fiction ?

De l’envie irrépressible de faire un film que j’aurais pu écrire enfant, où tout ce que j’aime se mélange : mettre en scène des combats de samouraïs, construire des maquettes de vaisseau spatial… À l’origine, ça devait être un exercice de style tourné avec les copains et les moyens du bord. C’était une période où je ne regardais que des films de samouraï et je voulais m’entraîner à shooter une séquence de duel au sabre. Étant fan de science-fiction, je me suis dit que ça pouvait être sympa que le méchant samouraï soit un extraterrestre qui débarque sur Terre en soucoupe volante avec un costume mi-ronin mi-cyborg… Le tournage ne s’est jamais fait par manque d’organisation, et je me suis retrouvé avec un mini-script sans grand espoir de le monter un jour. Mon ami Dayan D. Oualid (réalisateur du court-métrage Dibbuk, cf. Mad in France du MM #334 – NDR) a pu lire une première version du film et m’a tout de suite dit : « Allons-y ! ». Cela me paraissait totalement fou, car le script n’était qu’embryonnaire. J’ai longuement travaillé sur la réécriture pour y insuffler toutes mes envies, et le mélange SF et samouraïs a toujours été mon fil conducteur.


As-tu été tenté d’y inclure une dimension parodique ?

Le film, dans son état embryonnaire, comportait beaucoup plus d’aspects parodiques, qui ont été doucement supprimés pour se transformer en hommages. J’avais la volonté de tourner le film comme un drame raconté au premier degré, même s’il s’inscrit dans un univers très loufoque. Faisant de la musique à temps plein à côté du cinéma, le film reprenait l’idée du « sampling », et quand on sample une boucle de jazz par exemple, on est censé magnifier ce petit échantillon de Rhodes ou de saxo. C’est un peu pareil quand on s’inspire des nanars. On va essayer de montrer la beauté qui découle de ces films un peu ratés, qui comportent souvent des idées hyper fortes mais pas très bien exécutées. Par exemple, j’ai pris une claque visuelle en matant Robinson Crusoé sur Mars, les matte paintings du film sont magnifiques, j’ai voulu travailler mes fonds de maquette avec cette mê [...]

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