Mad in France N°322

Jonathan Delerue a débuté aux côtés de Xavier Gens, pour qui il assuré les story-boards de Frontière(s) et Hitman, avant d’enchainer sur de nombreux longs de genre français et internationaux (via EuropaCorp). Souhaitant sortir de sa case, il coréalise avec le scénariste Guillaume Enard Par le sang, une fresque médiévale méchamment cruelle qui impose définitivement cette période de notre histoire comme l’équivalent français du western américain.
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Quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon story-boardeur ? 

Il faut aimer la mise en scène car c’est un élément qui doit être invisible tout en étant très réfléchi : savoir ce qu’on veut raconter, comment et pourquoi… Le rôle du story-boardeur est certes de coucher les intentions du réalisateur sur le papier, mais aussi de lui proposer des choses, de discuter avec lui pour servir au mieux ses intentions. Il est donc important d’aimer ce petit jeu de puzzle. Ensuite, il faut aimer le dessin et bien sûr savoir bien dessiner, car c’est ce qui va véhiculer les informations. Le story-board est destiné à l’équipe technique du film. Même s’il ne s’agit pas de faire une oeuvre d’art digne de Michel-Ange, je trouve que les dessins doivent donner envie car un story-board purement technique et ennuyeux ne donnera pas vraiment envie de se dépasser. 


Un story-boardeur travaillant pour le cinéma français arrive-t-il à avoir assez de contrats ? 

Je ne pense pas, car aujourd’hui, la nature même du cinéma français fait qu’on a de moins en moins besoin d’un story-boardeur. La plupart des productions hexagonales sont des comédies et, à de rares exceptions près, ils n’ont pas d’effets spéciaux conséquents ou de séquences d’action très longues à filmer. J’ai eu la chance de travailler sur des films français tournés en anglais, notamment chez EuropaCorp, qui affichaient clairement leur envie de séduire le box-office américain et qui demandaient donc une méthodologie plus « hollywoodienne ». Les films purement français sur lesquels j’ai été appelé ne m’ont jamais employé sur des périodes très longues. C’est aussi pour cela que pas mal de story-boardeurs travaillent pour la publicité… 


Certains réalisateurs laissent-ils le story-boardeur faire le boulot de découpage à leur place ? 

Il y a tous types de réalisateurs. Certains sont très directifs et savent exactement ce qu’ils veulent, et ils ont besoin de dessins très précis pour exprimer cela. Il y a aussi des cinéastes qui veulent être surpris et aiment avoir des propositions. Parfois, mon boulot consiste à discuter toute la journée pour sortir au final cinq dessins, mais dans ce cas, il y a toujours une pile d’esquisses sur la table qui finiront à la poubelle. Globalement, il est très rare qu’un réalisateur me demande de fa [...]

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