Les Maisons ensorcelées

La sortie en DVD de Réincarnation nous donne l’occasion de vous offrir ces propos recueillis lors du dernier festival de Gérardmer, où Shimizu détaillait son approche du fantastique, entre demeures hantées et personnages reliés par des attaches secrètes.
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Depuis quelque temps, vous paraissez appuyer vos histoires sur le traitement que les médias accordent au surnaturel. Déjà, Ju-On : The Grudge 2 spéculait sur les émissions à sensation consacrées aux phénomènes étranges. Et Réincarnation adopte la formule du « film dans le film », avec un tournage retraçant un fait divers horrible…
C’est peut-être propre à la culture japonaise. Nous sommes assez friands d’histoires où les esprits se sont réfugiés dans les moyens de communication modernes, à l’origine de films comme Ring (Hideo Nakata) ou Kaïro (Kiyoshi Kurosawa). Dans la conception nippone, les fantômes ne s’approprient pas seulement la chair humaine, mais aussi la télévision, le téléphone, Internet, etc.

Le milieu cinématographique japonais est dépeint de manière très cruelle dans Réincarnation. C’est une description réaliste ?
(Rires) J’ai essayé d’être le plus objectif possible, c’est-à-dire de ne pas mentir au sujet du milieu cinématographique. Ceci dit, je ne connais aucun réalisateur qui soit capable de pousser ses acteurs à aller directement sur les lieux d’un crime. Sur ce point, je me suis quand même octroyé une certaine marge de manœuvre.

Le décor de l’hôtel est très impressionnant. Il s’agit d’un endroit réel, ou bien l’avez-vous reconstitué en studio ?
En fait, nous avons fait des repérages un peu partout au Japon. Nous avons parcouru le pays du Nord au Sud, et à Kyushu, nous avons fini par tomber sur cet hôtel. Chez nous, il est toujours difficile d’obtenir des autorisations de tournage, mais nous avons eu de la chance car cet établissement était désaffecté, et nous avons pu en filmer l’extérieur. Pour la majeure partie, la façade de l’hôtel est donc réelle, même si nous avons effectué quelques retouches en numérique. En revanche, les intérieurs ont été reconstruits en studio, de manière à ce que tout semble naturel. Nous avions cependant visité le lieu, pour voir s’il serait possible de l’utiliser, mais vu qu’il était vide depuis plusieurs années, il était occupé par de nombreux squatteurs et sans-abri, et nous avions l’impression qu’il aurait très bien pu être hanté ! Un autre élément étrange était le toit de couleur rouge du bâtiment, ce qui est assez rare au Japon. Bref, cet hôtel était déjà vraiment effrayant en lui-même.

Ce palace désert, où des spectres rejouent perpétuellement les mêmes événements, fait immédiatement penser à L’Année dernière à Marienbad d’Alain Resnais. C’était une influence consciente ?
J’avais vu le film alors que j’étais encore étudiant. Je me souviens qu’il m’avait beaucoup plu et intéressé, mais je n’y ai plus jamais repensé jusqu’à ce que vous me posiez cette question. Si j’ai été [...]

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