Les Aventuriers de la Cinquième Dimension

Interstellar

Il était difficile de publier une critique d'Interstellar avant sa sortie en salles, les choix narratifs de Christopher Nolan ne pouvant être analysés sans que l'on entre dans les détails. Attention, cette critique comportera par conséquent quelques sérieux spoilers, et l'on conseille vivement aux lecteurs qui n'auraient pas encore découvert le film de le voir immédiatement en salle ; que l'on soit d'accord ou non avec les options retenues par le cinéaste, le long-métrage vaut d'être consommé sur écran géant.
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Les nombreux carrefours narratifs du scénario définitif d'Interstellar laissent imaginer des réécritures profondes de la part de Christopher Nolan, après que le script de son frère Jonathan eut été abandonné par Steven Spielberg. L'auteur d'A.I. : Intelligence Artificielle et Rencontres du troisième type fut en effet lié des années durant au projet, et compte tenu des thématiques ici abordées, il est aisé de comprendre pourquoi. Plus que la survie de la race humaine, argument qui aurait enfermé le film dans un contexte d'anticipation trop pragmatique, l'idée de transmission et d'héritage est la clef de voûte d'Interstellar, symbolisée par une montre que Spielberg et Jonathan Nolan utilisaient de façon beaucoup plus évocatrice. Le scénario original ayant récemment fuité sur la toile, il est également intéressant de noter que les figures les plus "spielbergiennes" du film actuel sont bel et bien dues au réalisateur de La Guerre des mondes : le père irresponsable, l'implantation de l'intrigue dans une communauté fermière du Middle-West, l'introduction d'un élément perturbateur à la fois high tech et merveilleux (le Drone, que Nolan s'autorisera à filmer comme la Cadillac du ciel de L'Empire du Soleil)... On trouve aussi, dans Interstellar, une nouvelle interprétation du thème de l'Intelligence Artificielle, via deux robots qui, à l'origine, devaient sans doute adopter une apparence humanoïde. Le traitement embarrassant desdites machines par Nolan résume malheureusement à lui seul l'obstination de l'auteur d'Inception à perturber le besoin d'identification du spectateur, et à neutraliser sa grammaire visuelle au profit d'un fond supposément riche. Une posture qui l'amènera paradoxalement à perdre de vue ses enjeux drama [...]

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Commentaire(s) (25)
Kristofsensei
le 07/11/2014 à 17:05

Je trouve la critique assez facile : vous prenez le contre-pied de tous les choix de NOLAN pour dire que les choix de SPIELBERG étaient selon vous plus intéressants.

je ne suis pas d'accord, et les choix du réal' font d'Interstellar un film personnel. Je vous rappelle que chaque oeuvre est un ensemble de choix et de sacrifices.L'oeuvre actuellement en salles est originale et vibrante. elle aurait pu être différente avec des SI, mais elle est ainsi et fonctionne très bien telle qu'elle est actuellement.

Le côté froid et distant des machines apporte énormément, et il était plaisant de découvrir cette vision moins blingbling qu'un prométheus aux robots humanoïdes... Mais bon, les "goûts et les couleurs"...


Pour ma part, j'ai ressenti beaucoup d'émotions au cinéma devant ce film, et cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé. Merci Nolan, quoi qu'il en soit du scénario de base.

Burnett
le 07/11/2014 à 22:16

Je n'ai pas vu le film mais effectivement, comme Kristofsensei, je trouve étrange cette manière de se référer à Spielberg et à ce qu'il aurait pu faire d'un script…. qu'il n'a pas voulu tourner (pour je ne sais qu'elle raison).

Et puis, de fait, suivant cette "logique", j'ai le souvenir de ce que Spielberg a fait du "A.I." "de" Kubrick et je ne suis pas convaincu qu'on y ait gagné au change à l'époque.

Le Toursiveu
le 08/11/2014 à 09:54

Je trouve au contraire la dimension émotionnelle père-fille particulièrement bien amenée, sobre... Matthew McConaughey et Jessica Chastain n'ont pas besoin de se croiser une seule fois pour que l'on ressente toutes leurs émotions. La scène finale avec Murph âgée et mourante est très courte et finalement c'est bien mieux comme ça. McConaughey n'ignore pas ses enfants et ses petits-enfants, comme le dit Alexandre Poncet... c'est juste que Nolan préfère nous épargner une scène de retrouvailles qui aurait été un peu ridicule. Ca nous change un peu. Nolan refuse l'émotion facile (attention, je ne dis pas que Spielberg lui, en est coupable...) et va à l'essentiel.

Les raccourcis qu'il prend (McConaughey qui se retrouve très vite à la tête de la mission, par exemple), je les trouve rafraîchissants. On n'avait pas besoin d'un énième film avec entraînement de l'équipe avant le voyage... Nolan ne perd pas de temps et va, une fois encore, à l'essentiel.

Je ne suis pas fan (mais alors pas du tout fan) de Hans Zimmer, particulièrement dans la trilogie Dark Knight, et pourtant, à ma grande surprise, j'ai pour une fois (et c'est si rare) trouvé le score incroyablement efficace, prenant... mémorable!

Matthew McConaughey trouve un des meilleurs rôles de sa carrière. Jessica Chastain est si craquante qu'on la regarderait dans n'importe quoi... Seule Anne Hathaway déçoit quelque peu. Son personnage est le moins attachant du film, surtout à force de répéter son discours sur "the power of love"...

La scène où Matt Damon tente de se réarrimer (est-ce un mot?) au vaisseau est un modèle de suspense et les effets pratiques, plutôt qu'en CGI font du bien.


Anecdote : il y avait quand même un fan de Team America dans la salle qui a crié "Matt Déééémon" quand l'acteur est apparu.

Quant au traitement "embarrassant" des machines???? C'est un des aspects que j'ai le plus aimé dans le film : old school mais classe et humoristique sans être lourd.

J'ai bien trouvé des petits défauts ici et là et le film mérite une deuxième vision, mais effectivement, la critique d'Alexandre Poncet me semble bien injuste. Nolan s'est réapproprié un scénario abandonné par Spielberg et en a fait une oeuvre éminent personnelle sans tomber dans le lacrimal gratuit. Peu importe ce que Spielberg en aurait fait... Nolan, malgré quelques défauts, en a fait une oeuvre émotionnellement et visuellement extraordinaire.

Ca me fait toujours un peu ricaner de lire Alexandre Poncet quand il parle de cinéastes qui "prennent la pose". Plus je lis ses critiques, plus je me dis que c'est l'hôpital qui se moque de la charité tant ses textes, tournures de phrases et opinions (notamment envers Nolan) sont devenus prévisibles.

AlexandrePoncet
le 08/11/2014 à 13:32

Le Toursiveu, venant de quelqu'un aussi prévisible que vous, je prends ça pour un compliment ;)

Le Toursiveu
le 08/11/2014 à 14:05

Eh bien voilà. Sans rancune, alors?

AlexandrePoncet
le 08/11/2014 à 14:07

Jamais de rancune. Il faudrait être de mauvaise foi pour être critique de film, et ne pas supporter les critiques négatives. On ne peut pas plaire à tout le monde :)

Le Toursiveu
le 08/11/2014 à 14:28

Ce n'est rien de personnel d'ailleurs. J'apprécie certains de vos textes. Juste pas celui-ci, je sens trop le "Nolan-bashing"... Vous me direz que vous essayez de rester objectif et pourtant, l'impression première du papier c'est "Nolan c'est moins bon que Spielberg." C'est votre opinion mais c'est un point de vue que je ne trouve pas pertinent. Je ne comprends pas ce point de vue de critiquer un film pour ce que vous auriez voulu qu'il soit, plutôt que pour ce qu'il est... Enfin si, je comprends... sauf que je ne suis pas d'accord et qu'Interstellar a été une vraie claque pour moi, émotionnelle et visuelle. Ses défauts ne me gènent pas, il me le rendent encore plus touchant. Je pense que c'est un de ces films qui sera considéré comme un grand classique de la science-fiction dans 50, 100 ans...

Mais bon, peut-être me gourre-je. Il est très difficile pour moi d'être objectif sur un film avec Jessica Chastain...

AlexandrePoncet
le 08/11/2014 à 15:54

J'ai été le premier à défendre The Dark Knight, Inception et The Dark Knight Rises. Je n'ai rien contre Nolan, je trouve juste son traitement des thématiques d'Interstellar incohérent. Pas besoin de comparaison avec Spielberg pour arriver à ce constat, mais les recherches sur les raisons de ces incohérences passent forcément par un descriptif de ce que le film aurait dû être. Maintenant, si vous voulez une critique plus classique d'Interstellar, il en pleut sur la toile.
Peace.

Apocaly
le 08/11/2014 à 15:56

Poncet critique un film en le comparant avec un ancien scénario d'un film qui existe pas...Ah les fans de Spielberg...

Deckphil
le 08/11/2014 à 16:11

Nolan prends des risques au même titre que Aronofsky avec Noé et si le film n'est pas sans défaut, après la déconfiture Dark Night Rises qui rejoint Prometheus et Skyfall dans le trio des blockbusters relou ça fait un bien fou de voir un réalisateur qui ne se plie pas au diktat des studios en imposant sa vision.

GnarlyDude
le 08/11/2014 à 18:31

Débat intéressant. Effectivement la critique ne donne pas du tout envie de voir le film... Je la trouvais confirmer ce que je pensais déjà des dernières réalisations de Nolan ( c'est qd même très consensuel sur le fond et ses scénars alambiqués font un peu poudre-aux-yeux). Bref, lisant ces lignes, je m'apprêtais déjà à snober cette nouvelle "fresque spatiale". Mais merci aux madnautes qui m'ont donné qd même envie de le voir, au moins comme un bon divertissement, et pourquoi pas une belle surprise ?

Le Toursiveu
le 08/11/2014 à 19:49

C'est un film qui a de la classe et qui a du coeur... plus de coeur que dans les autres Nolan. McConaughey a eu jeu d'une telle justesse qu'il fait passer énormément d'émotions avec une grande économie de moyens, un simple gros plan sur son visage suffit à raconter toute sa douleur. Je trouve qu'il n'a jamais été meilleur que dans la scène où il visionne les vidéeos envoyées depuis 23 ans... Moi j'en suis ressorti époustouflé et bouleversé de ce film, un peu comme quand j'ai vu The Tree of Life (décidément, encore un film avec Jessica Chastain...) J'avais envie d'y retourner tout de suite.

Fab Tobitsuka
le 09/11/2014 à 12:26

Alexandre Poncet tiendrait-il le même genre de discours concernant A.I de Stanley Kubrick et repris par son cinéaste préféré.

Fab Tobitsuka
le 09/11/2014 à 14:33

"Nolan prends des risques au même titre que Aronofsky avec Noé et si le film n'est pas sans défaut, après la déconfiture Dark Night Rises qui rejoint Prometheus et Skyfall dans le trio des blockbusters relou ça fait un bien fou de voir un réalisateur qui ne se plie pas au diktat des studios en imposant sa vision."

D'accord avec vous concernant PROMETHEUS et DARK KNIGHT RISES, mais pas concernant SKYFALL. Si DARK KNIGHT RISES avait eu des scènes d'action aussi efficaces et bien filmées que celles de SKYFALL j'aurais crié au chef d'œuvre.

TTC
le 09/11/2014 à 15:31

C'est moi où il y a une énorme bourde dans la critique: "l'existence d'extraterrestres désignés comme tels, créant le fameux TROU NOIR pour sauver non pas l'humanité, mais son habitat naturel", "si la survie de l'homme dépend de l'apparition du TROU NOIR, et si le TROU NOIR est provoqué par le fils de l'homme"... Vous vouliez parler du TROU DE VER, j'imagine (je n'ai pas vu le film en français, mais je doute qu'ils aient traduit wormhole par trou noir...) ? Ce n'est pas très grave mais tout de même, ça ne fait pas très sérieux.

Après, je suis d'accord que sur le fond, le film est assez pauvre. Trop de clichés (SPOILER: la famille américaine à la Spielberg, avec son brave père de famille et ses deux enfants, une fille et un garçon bien évidemment, même si le fils n'apporte strictement rien à l'histoire ; le black qui intègre l'équipage du vaisseau spatial pour respecter les quotas de la superprod. hollywoodienne mais qui, lui non plus, ne sert strictement à rien ; le pilote qui se sacrifie à la toute fin pour sauver l'humanité, etc. etc. etc.), de raccourcis narratifs (le héro découvre une base secrète de la NASA et le lendemain il est engagé comme pilote, tout le monde a la parfaite conviction que le wormhole est le fait d'une intelligence supérieure, aucune préparation nécessaire au voyage intersidéral, etc.) et des dialogues incroyablement plat ("I'm going to save the world!", "the power of love transcends time and space", "I'm thinking of my family and all the other families in the world"). Résultat: même servis par de très bons acteurs, les personnages sont globalement sans intérêt (le docteur Mann fait un peu exception, un peu seulement) et l'intrigue de même.

Pourtant, visuellement, c'est une sacré claque. Les tempêtes de poussières, le témoignages insérés de survivants du Dustbowl, le wormhole, Gargantua, le tsunami sur la première planète, les nuages de glace sur la seconde, le tesseract, etc.: autant d'effets visuels et de paysages sublimes. La scène d'action à la Gravity où le pilote tente de stopper le mouvement giratoire d'Endurance est géniale, très bien servie par la musique de Zimmer (ce qui n'est pas le cas de toutes les scènes: les choix musicaux, en particuliers au début du film, sont très discutables, et de façon générale l'omniprésence de la musique dans les différentes séquence est passablement énervantes). Le montage parallèle à la toute fin, entre le père qui part en direction du trou noir et la fille qui retourne visiter la chambre de son enfance, est très réussi. En conclusion, je dirai que les aspects formels l'emportent assez sur le contenu: oui, l'intrigue, les dialogues et les personnages sont sans grand intérêt mais ils n'entravent pas le plaisir que l'on a à contempler de magnifiques images.

Vince L.
le 09/11/2014 à 22:09

Je suis un peu resté dans l'espace depuis hier soir... Quel voyage!: j'y ai retrouvé un peu tous les ingrédients des films de science-fiction qui m'ont marqué depuis mon enfance...Ne serais-je d'ailleurs pas remonté dans le temps durant presque 3h? A 43 piges, j'ai donc retrouvé les mêmes sensations éprouvées "long long time ago" devant "Le trou noir", "Et la terre survivra", "Nimitz", "2001" (et plus tard, "Abyss", "Sunshine", "Contact" ou "Gravity". Aaaah l'enfance, ces années où on se fout un peu des considérations techniques, des paradoxes temporels et où on se contente de respirer au rythme d'une histoire folle mais bien menée...

tonycomics
le 11/11/2014 à 11:36

D'enfer la critique! C'est vrai qu'il est un peu casse-gueule le scénario du film.

Compte supprimé
le 11/11/2014 à 11:52

j'irai le voir pour Chastain et Conaughey ( depuis Killer Joe, il fait partie des acteurs qui m'intriguent ). Et pour Matt Daaamon, bien sûr !

Compte supprimé
le 11/11/2014 à 11:54

Pardon McConaughey ( comme dans McGyver, hum... )

dawallard
le 14/11/2014 à 17:37

hors sujet, mais je suis quand même super déçu de ne plus avoir les critiques dans le magazine. J'adorais lire cela en recevant mon Mad Movies...
Tout le monde n'as pas la joie de pouvoir se connecter quand il veut à internet... je ne comprends pas ce choix.
Autant la nouvelle formule est superbe, autant ce choix prive les fans de mad movies qui n'ont pas internet de critiques intéressantes qui suivent l'actualité.

Guillian
le 17/11/2014 à 18:04

Je vois que certains font des critiques détaillés du film parfois contradictoires avec celle d'Alexandre... pourquoi ne les mettez-vous pas dans l'espace MAD?
Vous sélectionnez le film dans votre liste, vous allez dans votre espace MAD/Vos films/...
Vous notez le film, le recommandez ou non, et puis copier/coller votre critique...
On la retrouvera en dessous de celle de MAD dans la fiche et tout le monde en profitera... sinon, il faut retrouver ce post et dans 1, 3 ou 6 mois...il sera loin...
Ce n'est que mon avis...de type qui range tout :)

Benj
le 19/11/2014 à 22:22

Alexandre, vous parlez dans votre critique d'une "inconsistance temporelle difficilement pardonnable" mais j'ai du mal à comprendre en quoi c'est davantage un problème que dans, par exemple, le premier Terminator : comment John Connor peut-il envoyer Kyle Reese dans le passé si, dans ce passé, il n'a justement pas été encore conçu ? Il faut envisager le temps selon une boucle et c'est pour moi le même type de boucle temporelle qui est en jeu dans Interstellar.

banditmanchot
le 23/12/2014 à 14:33

Partir de l'éventualité de ce qu'aurait donné le film par Spielberg avait de quoi fournir un papier tout à fait intéressant, mais j'ai du mal à saisir l'intérêt de cette comparaison tronquée dans la critique du film de Nolan. Après tout la version de Spielberg n'a jamais eu lieu, et son script original jamais validé en tant que version définitive… Le tout abandonné par le grand réalisateur pour une raison que l'on ignore. Donc pourquoi le prendre en tant que matériel référant POUR démonter l'Interstellar de Nolan, lui tout à fait concret ?

Et ceci sans compter sur le simple fait que beaucoup d'éléments gommés du script de départ, me semble au contraire tout à fait insipides en terme de fond… Les robots chinois, l'aide des aliens, ça fleure bon la SF à papy. Je suis certainement pas assez imaginatif pour concevoir ce que ça aurait donné de passionnant, mais comme j'ai en tête la désormais fameuse AIDE aliens du dernier Indiana Jones, je me doute que je pars avec un sacré handicap.

Bref. Ce que j'aime dans ce film de Nolan c'est l'illustration parfaitement concrète du combat constant contre la solitude que même l'humanité. Cooper est seul avec ses gamins, les abandonne, l'équipage spatial se retrouve seul dans l'espace, en direction d'endroits encore plus isolés à la recherche d'ancien éclaireurs jetés dans le vide complet en bouteilles à la mer vivants. L'homme est constamment au centre de tout, de sa capacité à survivre à ces limites qu'il repousse sans cesse… Les autres en fin de compte c'est lui. Les mondes découverts considérés comme candidats possible en tant qu'ex-planètes sont des cailloux brutes, hostiles, à peine façonnables. Les 3 quarts du film sont d'une angoisse perpétuelle, et c'est un film réellement éprouvant, tant qu'on a du mal à le trouver agréable. Mais bon sang quelle claque.

Alors OUI le film a ses défauts, parce que c'est Nolan aux commandes et qu'il a cette manie de mettre des écueils dans ses récits, ou des maladresses de forme dans sa réalisation, et OUI j'imagine aisément qu'il y aura un paquet de langues acides qui s'amuseront à démonter l'abstraction temporelle, la relativité des explications, la gueule des robots que personnellement j'adore) et quelques raccourcis finalement pas si préjudiciables… Mais ça reste un TRES BON film, peut-être même plus, mais ça seul le TEMPS nous le dira.

madgabriel
le 15/11/2015 à 03:42

J'arrive apres la bataille car j'ai découvert il y a peu le film de Nolan. Franchement cela m'a éclaté comme film a la premiere vision avec cette envie viscérale de savoir ou cela conduit. Puis a la deuxieme vision, je scotchais sur les moments les plus lyriques comme le decrochage de la navette du heros pour entrer dans le trou noir (j'adore la musique completement envellopante qui donne un coté organique, presque matière "noire" a cet espace "vide" objet de toutes les spéculations depuis des siecles.

J'adore ce film. Néanmoins, je suis admiratif du travail d'Alexandre Poncet. Tres franchement, il ne 'mempeche de me projeter et d'apprecier ce film mais en dehors de la pertinence de ces arguements, de sa mise en comparaison avec "ce qu'il aurait pu être", et l'identification des incohérences narratives (je ne suis pas daccord sur certaines choses soulignés par Alexandre sur ce point), cela a le mérite de nous permettre d'aiguiser une forme de résistance intelligente au faste de l'image hollywoodienne, d'entretenir ce dédoublement nécessaire dans notre rapport aux films: etre pur spectateur recepteur crédule et en meme temps suspicieux et attentif. C'est un vrai travail critique presque "politique".

Maintenant concernant la temporalité circulaire - "si la survie de l'homme dépend de l'apparition du trou noir, et si le trou noir est provoqué par le fils de l'homme, comment ce dernier peut-il vivre suffisamment longtemps pour maîtriser la technologie nécessaire à sa pérennité ? ". Super question. Mais regarde le film triangle de Smith. Il y aussi une circularité automnome dans le script. Si on pousse loin, avec la théorie des cordes poussée a l’extrême, les mondes parallèles peuvent s'influencer mutuellement a partir des trous noirs. Ou pour le dire autrement les temporalités et donc les relations de cause a effet peuvent être renversées. Je ne cherche pas a défendre "théoriquement " le film de Nolan. Mais cette ambiguïté laisse un espace paradoxale plutot stimulant qui relance le mystère de l'espace malgré le fait que le film entende y répondre (alors que Kubrick célébrait le questionnement sur les origine et l'avenir de notre espèce par l'esthétique ante narrative et anti campbelienne, Nolan célèbre l'envie de réponse comme gage de survie de l'espèce par le schéma classique de narration campbelienne du héros et de son voyage). En d'autre terme, le film de Nolan reste classique et relativement maladroit sur certains aspects (entièrement d’accord avec la présence de matt damon qui est le pire misscast de la décennie). Et l'histoire d'amour "sortie de nulle part" est également paresseuse pour ne pas dire complétement stupide. Il reste que les paradoxes temporels (ou erreurs selon le point de vu) sont précisément ce qui sauve le film d'un autre paradoxe: avoir ouvert un récit aussi grandiloquent vers les frontières de nos connaissances et des principes de physique connus pour le refermer par une géométrie narrative trop nette. Franchement, sortez nous un hors serie ou au moins un dossier a l'occasion sur les films de voyage dans le temps. Vous allez vous prendre la tête mais vous pourriez aussi redécouvrir quelque chose d'interressant sur le cinema contemporain. ....

phakotong
le 30/01/2017 à 08:48

Voici un explication crédible de la fin d'interstellar qui remet en cause votre critique

http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/theorie-vision-fin-interstellar/

Et explique pourquoi à la fin il ignore sa descendance : une fin plus sombre et faux happy end !

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