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Cello

Quand Darren Bousman tourne en Arabie saoudite

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Après avoir bossé dans l’univers des gros studios le temps d’un Spirale : l’héritage de Saw au succès relatif, le sympathique Darren Bousman revient à la série B à petit budget pour les besoins de Cello. Produit par l’Arabie saoudite, ce film d'époque s’intéresse au cas d’un apprenti violoncelliste découvrant que son instrument est maudit. Si le pitch n’a rien d’affolant, on se réjouira en revanche de la présence de deux comédiens qu’on ne présente plus, Tobin Bell (Saw) et surtout Jeremy Irons (Faux semblants). Avec un peu de chance, leur professionnalisme viendra compenser les carences de direction d’acteurs de l’ami Bousman dont le récent Death of Me est quand même assez embarrassant.



 



Commentaire(s) (17)
danysparta
le 12/11/2021 à 11:25

Désolé mais à part MOTHERS DAY j'ai aimé aucun film de ce sympathique réalisateur (j'ai même détesté SPIRALE) alors je vais passer mon tour.

Par contre vu BENEDETTA et c'était excellent, du grand Verhoeven époque FLESH AND BLOOD et Virginie Efira et Charlotte Rampling sont incroyable, vraiment adoré.

McCoy
le 12/11/2021 à 12:06

Avec APOCALYPTICA au score, je suis preneur.

oriounga
le 12/11/2021 à 13:53

"Produit par l’Arabie saoudite"..."découvrant que son instrument est maudit".

Qu'a fait le violoncelle pour être maudit? A-t-il eu des relations sexuelles avec un archet avant le mariage?

Tampopo
le 12/11/2021 à 14:20

pour les abonnés papiers + numériques, avez vous reçu la version numérique du dernier # ?

McCoy
le 12/11/2021 à 18:02

Je savais même pas que ça se "Recevait".

J'ai bien remarqué qu'il n'y avait plus de Premium et qu'il est impossible pour les abonnés numériques de lire les anciens articles premium, mais j'ignorais qu'il y'avait une alternative

Plissken 75
le 12/11/2021 à 18:51

Encore un film emballé à la va vite par bousman …je ne serai certainement pas un cello fan…

oriounga
le 12/11/2021 à 20:18

Personnellement j'ai trouvé le magazine en kiosque aujourd'hui mais j'ignore à quelle date il fut disponible cette semaine.

@Pliss: bof tu sais, même emballé dans du cellophane, une bouse reste une bouse...

Au fait, je suis curieux de savoir ce que Darren d'Angleterre pense du Brexit...

Li belle bièsse
le 13/11/2021 à 10:43

A propos, qui a vu THE SONATA?

Li belle bièsse
le 13/11/2021 à 11:00

Puisque Dany donne son ressenti sur BENEDETTA, je persévère avec le mien qui explique pourquoi ce film fait qualitativement jeu égal avec LAST NIGHT IN SOHO et TITANE

BENEDETTA

de
Paul Verhoeven

Entre le ciel et l’enfer Très bon +

- Qu’est-ce que ça raconte ?
- Oh, les vicelards disent que c’est un film édifiant et les culs-bénits un porno racoleur !
- Et pour notre affaire, il vaudrait mieux que ce soit coquin ou mystique ?
- Que ce soit authentique !

Que les lares du cinéma me pardonnent d’avoir réinterprété un dialogue cultissime de Michel Audiard*, mais celui-ci semble tout indiqué pour symboliser les écueils critiques sur lesquels risque d’échouer le dernier effort de Paul Verhoeven, aussi sûrement que le vaisseau de Sindbad contre les rochers magnétiques. Car, lorsque le long-métrage est enfin apparu, il y en a eu des gloussements nerveux quand on évoquait l’usage d’une statuette mariale, ou des soupirs de déception devant la relative rareté des scènes saphiques. Comme si la provocation gratuite devait être une marque de fabrique du metteur en scène.

Malgré la cohérence d’une œuvre étalée sur plus d’un demi-siècle, beaucoup ne semblent pas avoir encore différencié la complaisance graphique de la description clinique, bien plus choquante dans son réalisme. Bien des gens s’esclafferont, mais Verhoeven, sans être pudibond, est un cinéaste pudique. C’est aussi un contempteur impitoyable des masques dont nous habillons nos instincts. Si bien que derrière les effets balourds des grosses caisses, pointe toujours la mélodie acérée d’un violon grinçant. Avec à-propos, Benedetta administre une piqûre de rappel.

Bien que l’histoire réelle de Benedetta Carlini se soit passée au début du 17ème siècle toscan, le scénario brouille les indices temporels, ayant recours à une imagerie plus proche du Moyen-Âge finissant que de l’aube de l’ère moderne. C’est ainsi que la peste noire et la comète de Halley sont convoquées, l’une un peu en avance (la forme bubonique sévit en Italie de 1629 à 1631, principalement en Lombardie et en Vénétie, soit plus ou moins trois ans après les faits relatés), l’autre un peu en retard (elle parut vers 1607), qu’un bûcher est dressé, que le vélin, malgré Gutenberg, est conservé, que les armes à feu sont absentes et que les costumes sont taillés de façon à n’offusquer personne durant dix générations.

À cela deux raisons. La première tient dans la suggestion de temps moins subtils dans lesquels la dichotomie entre l’âpreté de la société et son aspiration au sacré était plus marquée. La seconde est que le film, à l’image de cette époque savamment floutée, agit de même envers ses protagonistes. C’est ce qui lui confère à la fois sa force et son cœur.

De fait, tout est ambivalent dans Benedetta. Pareil à son anti-héroïne (Virginie Efira investie dans une incarnation radicale qui couronne le parcours dramatique entamé avec Victoria et Adieu les cons), chaque personnage, à l’exception d’un, mélange rouerie, lucre, compassion, clairvoyance, hypocrisie et sincérité dans une opacité incommodante : le bourreau n’est pas qu’un sadique acéphale adipeux ; le nonce n’est pas qu’un prélat cauteleux et libertin. Ici, il n’y a qu’une humanité bienveillante autant qu’abjecte, que la foi tantôt défausse et tantôt redresse. Le film ne se contente pas de bouffer du curé, mais détaille les conséquences profitables et néfastes de l’institution religieuse, étoile autour de laquelle orbite un système moral aux motivations ambiguës.

Dans cet ordonnancement, plus que le personnage de la mère-abbesse (superbe Charlotte Rampling) dont la lucidité ne la préserve pas du mécanisme social dans lequel elle a été entraînée, celui de sœur Bertolomea (joué par une Daphné Patakia toute en fraîcheur ardente) est un astéroïde vagabond. Créature guidée par ses besoins vitaux et incapable de décoder les apparences car inapte à s’en jouer, c’est néanmoins elle qui sert d’ancrage objectif : interloquée devant un monde où l’orgasme et l’extase de l’épiphanie se confondent tout en étant jugés différemment, hébétée devant les distinctions condamnables de l’amour, réfractaire à une vocation coupée de la vie, qui se charge pourtant d’un discours ouvertement sexuel, elle est moins offensée par la nature que par la civilisation. La scène où elle peine à tracer le chiffre quatre, nombre des évangiles canoniques, filtres humains de la parole divine, est à cet égard éclairante.

Dès lors, à la fin, tandis que Benedetta réendosse sa chemise de bure pour regagner la cité, il est fatal qu’elle reste à l’extérieur dans sa nudité originelle. Pour toujours aveugle aux dévoiements. Pour toujours innocente. Et paria.

* Un singe en hiver

McCoy
le 13/11/2021 à 13:06

Tout ça, c'est bien beau mais est-ce qu'on voit des nonnes jouer à touche pipi ?

danysparta
le 14/11/2021 à 03:08

Bravo LiBelle, superbe critique pour un film qui le mérite largement et qui sera également dans mon top 10 de l'année avec LAST NIGHT IN SOHO, par contre TITANE lui rejoindra mon flop même si je reconnais ses qualités plastique et son originalité je n'arrivais simplement pas à accrocher à cette histoire.

danysparta
le 14/11/2021 à 03:09

@McCoy, oui oui il y a du touche pipi chez les bonnes soeurs.

Li belle bièsse
le 14/11/2021 à 09:51

Ah, Chris avec son commentaire touchant toujours à l'essentiel!

Dany, chacun ses choix, je ne tiens pas à convaincre, simplement à expliquer pourquoi ça me plait. Donc, il faudra que je me fende un jour d'une analyse sur le long-métrage avant la publication du Top 10 sur Mad.

De plus, il y a quelques films qui talonnent mon trio de tête, dont certains ont des rapports assez lâches avec le genre: LES INTRANQUILLES et STILLWATER (NO TIME TO DIE et THE LAST DUEL y sont plus fermement ancrés). J'encourage les curieux à tenter leur chance, même si je ne garantis pas automatiquement le plaisir que j'ai éprouvé à les voir.

McCoy
le 14/11/2021 à 11:00

"THE LAST DUEL" est une bombe atomique !!!

danysparta
le 14/11/2021 à 11:46

Ah STILLWATER est vraiment bien c'est vrai, peut-être pas dans mon top mais un bon film quand même dont je ne comprends qu'ils aient fait un doublage français (que je n'ai pas vu cela dit) qui au vu de l'histoire...enfin bref ça m'a rappelé FRANTIC avec Harrison Ford de Polanski pour la barrière de la langue et de la culture.

Pas encore vu THE LAST DUEL malheureusement mais déçu de NO TIME TO DIE qui reste un JB comme les autres finalement malgré quelques surprises.(ALERT SPOILER) la concusion de l'organisation Spectre est expédié trop vite et Léa Seydoux j'arrive pas, désolé) FIN DE SPOILER

Narko
le 15/11/2021 à 06:54

Tout à fait d’accord avec Dany sur le dernier JB, même s’il faut reconnaître les qualités du réal.

Quant à Titane, je ne sais pas quoi en penser encore aujourd’hui. Il ne m’en reste pas tant de choses que ça, ce qui est assez parlant.

Narko
le 15/11/2021 à 06:56

Pliss : ahahahahah !

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