Le B à Z de LMR n°290

Chaque mois, l’homme de lettres Christophe Lemaire vous fait réviser votre alphabet tout en abordant l’actualité sous un angle très… personnel.

B COMME BRADY 
En dévorant Le Brady, cinéma des damnés, le formidable bouquin de Jacques Thorens sur le petit peuple de ce mythique cinoche parisien (bonjour au « Gitan » que j’ai croisé maintes fois là-bas), je replonge dans mon vieux cahier vert de la marque Hérakles où j’ai noté toutes mes venues dans la salle culte adoubée sur le tard par Quentin Tarantino. Soit 121 passages entre le 10 janvier 1976 (beau doublé avec L’Abominable Dr. Phibes/La Maison ensorcelée) et le 11 septembre 2000, date de mon quarantième anniversaire, où fut projeté pour l’occasion le zoomeux Bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante. Soit 242 films qui auront en partie formaté ma cinéphilie (soi-disant) déviante et qui m’ont définitivement convaincu que Virus cannibale de Bruno Mattei était plus frontalement libre qu’À bout de souffle de Godard, que les poils sur le thorax de Paul Naschy dans Dans les griffes du loup-garou étaient plus érotiques que les cheveux gras de Mathieu Amalric dans Camille redouble de Noémie Lvovsky, et que la filmo d’Antonio Margheriti était nettement moins déprimante à regarder que n’importe quel film de Jacques Doillon. C’est pour cette raison que je suis toujours en bonne forme cinéphagique à 55 ans ! 

C COMME CONTREFAÇON 
Notre cher et tendre John Carpenter a donc gagné contre Luc Besson. Le gros barbu devra donc verser (en liquide, le 2 janvier prochain à l’aube, en face du Brady) la somme de 80 000 euros au cinéaste apache pour avoir recasé quelques bouts d’intrigue de New York 1997 dans sa production spatialo-pompeuse (mais pas désagréable, car presque aussi bis que son dégénéré Lucy !) Lock Out. À l’énoncé du jugement, certains ont prétendu (à raison) que Carpenter s’était lui-même largement inspiré de Rio Bravo pour fignoler son Assaut. Ce dont John chéri ne s’est jamais caché ! Faut dire qu’il a réussi au passage à transcender le chef-d’oeuvre de Howard Hawks pour en faire un classique indémodable et absolu du cinéma d’act [...]

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