Interview : Robert Rodriguez réalisateur

Le réalisateur de Desperado et Une nuit en enfer s’était déjà confié à nous dans le numéro 324 de Mad Movies. La réussite inespérée d’Alita : Battle Angel, malgré les risques que présentait la greffe du style de Rodriguez à l’oeuvre de Cameron, nous a poussés à lui poser quelques questions supplémentaires.
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Le personnage de Hugo vous ressemble énormément. On dirait une allégorie de votre voyage à travers l’oeuvre de James Cameron. 

C’est vrai qu’il a déjà un look rock’n’roll qui me ressemble. C’est arrivé un peu par accident. Le costume designer lui avait préparé quelque chose, mais personne n’aimait vraiment le résultat. Ce qui ressortait des discussions, c’était qu’il avait besoin d’être plus cool. J’ai donc décidé, un jour, de lui donner mon bandana et mon blouson ! (rires) J’avais un blouson vraiment cool, qu’un ami m’avait fabriqué sur mesure, et il avait l’air incroyablement futuriste. C’était exactement ce dont Hugo avait besoin. Dans tous les cas, je n’aurais pas pu m’impliquer dans Alita si je ne m’étais pas investi dans les personnages à la lecture du script. Cameron a ce don : c’est un grand narrateur, qui vous aspire dans chacun de ses films. J’ai comparé ensuite avec le manga, et j’ai compris à quel point Jim a pu donner à cette histoire un angle cinématographique. Je me suis beaucoup intéressé au personnage d’Ido, joué à l’écran par Christoph Waltz. J’ai aussi une fille, donc le personnage d’Alita m’a beaucoup parlé. Vu qu’elle a été trouvée dans une décharge, elle se croit insignifiante, mais elle finit par se découvrir un potentiel gigantesque, qui pourrait changer le monde. Je pense que chacun peut s’identifier à cette histoire, qui permet aussi de créer un spectacle extraordinaire tout en restant ancré dans une certaine réalité. J’ai vraiment étudié le style de Jim, et j’ai essayé de le reproduire au maximum. Cameron est comme Tarantino. Ces gars-là ne passent pas des années à écrire des centaines de notes pour les confier aveuglément à un autre réalisateur. Ils préféreraient que le film ne se fasse pas plutôt qu’il soit mal fait. Ils ont une vision tellement précise dans leur tête… Quand j’ai lu Alita, tout était déjà très clair. J’ai donc décidé de ne pas changer le film, et de respecter au mieux la vision de Jim. C’est évidemment un sacré challenge. Jim a une philosophie très différente de la mienne, et j’ai dû beaucoup apprendre pour pouvoir m’adapter. Quand je fais mes propres films, je peux me permettre d’être cartoonesque et de verser dans la pure fantaisie. Je peux montrer un gars qui transforme son & [...]

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