Hommage : Narciso Ibáñez Serrador

Deux films seulement pour le cinéma, puis une carrière imposante à la télévision, aussi bien en Argentine qu’en Espagne. Étrange parcours que celui du surdoué Narciso Ibáñez Serrador, père spirituel du fantastique ibérique moderne…
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Narciso Ibáñez Serrador s’est discrètement éteint le 7 juin dernier à Madrid, dans l’indifférence générale ou presque, du moins hors d’Espagne. Il avait 83 ans. En 1969, il marque le cinéma fantastique ibérique par une incursion originale, radicalement éloignée des productions locales comme Les Vampires du Dr. Dracula ou Malenka la vampire. Avec La Résidence, Narciso Ibáñez Serrador lorgne plutôt du côté du Jack Clayton des Innocents et se révèle l’esthète inattendu d’un gothique qu’il appréhende plus intelligemment que beaucoup d’autres. Une plastique séduisante pour mieux percer les déviances de personnages pas si nets et mettre à jour des pulsions refoulées. Tour à tour démonstratif et suggestif, La Résidence domine le cinéma fantastique ibérique des années 60 et 70 et vaudra à son auteur l’admiration éternelle d’une nouvelle génération de cinéastes parmi lesquels Guillermo del Toro ou Alejandro Amenábar. 


NAISSANCE D’UNE PASSION 
Né le 4 juillet 1935 à Montevideo, en Uruguay, Narciso Ibáñez Serrador grandit dans une famille d’acteurs de théâtre. « J’ai connu une enfance malheureuse » déclare-t-il. « Non pas à cause de mes parents, mais de la maladie dont je souffrais. Pendant des années, je n’ai pas pu quitter le domicile familial. À partir de sept ans, je me suis réfugié dans la lecture, mon seul moyen d’évasion. J’ai découvert Jules Verne et H.G. Wells, entre autres. C’est là qu’est apparu mon intérêt pour le fantastique et la science-fiction. » Obéissant à la tradition parentale, le gamin devient à son tour comédien. En 1947, ses parents s’installent en Espagne pour des raisons professionnelles. À 28 ans, Narciso inaugure une deuxième étape de sa carrière en dirigeant sur la scène de Barcelone une adaptation de La Ménagerie de verre de Tennessee Williams. Un peu plus tard, sous le pseudonyme de Luis Penafiel, d&rsq [...]

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