FEFFS 2018

Après une édition 2017 de haut vol, avec pour invité d’honneur William Friedkin, l’équipe du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg a réussi à tenir le cap, grâce à de nombreuses animations parallèles étalées du 14 au 23 septembre derniers.
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Le défaut principal du Festival de Strasbourg, pour l’évacuer d’emblée, reste la cohérence parfois discutable de sa compétition principale, où une poignée de films entretiennent un rapport très relatif avec le fantastique. Devant porter haut l’étendard du cinéma européen, le FEFFS a tendance à ouvrir un peu trop son interprétation du genre, alors qu’il dispose d’une section « Crossover » justement dédiée aux oeuvres « limites » (nous allons en reparler). Témoin la présence du thriller grec Love Me Not. Ce délire machiavélique se réclamant de Clouzot commence plutôt bien, avant de virer au brûlot sexiste totalement irresponsable, où une quadra se fait violer et humilier en plans-séquences par un vieux pervers bien plus faible qu’elle – rien de grave toutefois, puisque la victime est elle-même coupable de faits atroces. Certes, Love Me Not n’était pas cette année le candidat le plus cynique de la compétition, puisqu’on y trouvait également le totalement fou The House That Jack Built. La différence tient à la virtuosité de la mise en scène et au sens inné de la provocation de Lars von Trier, très justement récompensés par un Méliès d’Argent. Lui aussi basé sur un argument moyennement fantastique (une attachée de presse se retrouve piégée avec des mineurs après un accident souterrain), le claustro Cutterhead sera reparti avec l’Octopus d’Or et le Prix du Public. Mentionné par le jury (constitué d’Anurag Kashyap, Martin Koolhoven et Harry Kümel), Prospect aurait peut-être mérité de figurer en haut du palmarès : porté par les excellentes performances de Pedro Pascal et Sophie Thatcher, ce détournement intergalactique du Trésor de la Sierra Madre convainc par sa gestion exemplaire d’un budget réduit, et sa mise en scène incroyablement immersive lors des scènes de voyage spatial.
En marge, le FEFFS proposait donc une sélection « Crossover » officiellement ouverte sur d’autres genres. On y trouvait ironiquement la pl [...]

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