ÉTRANGE FESTIVAL

Des hommages à Andrzej Zulawski et Shôhei Imamura, une carte blanche au leader du groupe Killing Joke Jaz Coleman, une rétro consacrée à Frank Henenlotter : la 22e édition de l’Étrange Festival qui s’est tenue au Forum des Images de Paris du 7 au 18 septembre derniers proposait à boire et à manger, malgré une compétition internationale qui nous a un peu laissés sur notre faim.
Array

En dépit d’une programmation qui est allée puiser dans le meilleur de celle du NIFFF (avec notamment Trash Fire, Jeeg Robot et The Lure, cf. notre compte-rendu dans le précédent numéro), il nous restait tout de même quelques bandes à découvrir au sous-sol du Forum des Halles : bah oui, c’est un festival « underground ». Commençons donc avec Sono Sion, qui a procuré l’un des électrochocs du festival avec Antiporno, réalisé dans le cadre de la renaissance du roman porno orchestrée par la firme japonaiseNikkatsu. Le réalisateur de Cold Fish ne faisant jamais rien comme les autres, il détourne le genre en s’intéressant à une top model qui aime humilier son assistante. Mais les rôles vont vite s’inverser dans un récit théâtral et surréaliste un peu foutraque et parfois hystéro, mais bourré d’idées visuelles colorées et poétiques, et où s’estompent peu à peu les frontières spatiales et temporelles. Idéal pour un film qui parle de traumas mémoriels et de la condition peu enviable de la femme japonaise, figurée ici par la bluffante Ami Tomite, déjà vue chez Sono Sion dans The Virgin Psychics et Tag. Tourné pour la même « collection » par Akihiko Shiota (Dororo), Wet Woman in the Wind est plus anecdotique avec son dramaturge devenu ermite pour échapper à la gent féminine, et qui se retrouve aux prises avec une tigresse nymphomane surgie de nulle part qui en fait son petit toutou. Amusant et polisson mais vite oublié, le film est encore une fois porté par son actrice en la personne de Yuki Mamiya, qui avait fait ses débuts dans les gratinés Hello, My Dolly Girlfriend et Sweet Whip de Takashi Ishii.

ASIAN DECEPTION

Après avoir été ainsi émoustillés, nous sommes restés en Asie pour aller prendre une douche froide avec quelques titres qui n’ont en rien tenu leurs promesses. Vendu comme « le plus grand film d’arts martiaux réalisé depuis 20 ans » par son réalisateur/acteur Yue Song (The King of the Streets), le chinois The Bodyguard bastonne sec mais sa mise en scène ringarde et boursouflée (on dirait un mix Z de Crying Freeman et Hyper tension), la nullité des acteurs et un script affreusement mal branlé faisant ressembler celui de Kickboxer Vengeance à du Victor Hugo rendent la chose assez irregardable. Et ce ne sont pas les écarts parodiques à la ZAZ illustrant la love story entre le garde du corps et sa mignonne protégée qui arrangeront l’affaire. Le rythm [...]

Il vous reste 70 % de l'article à lire

Ce contenu éditorial est réservé aux abonnés MADMOVIES. Si vous n'êtes pas connecté, merci de cliquer sur le bouton ci-dessous et accéder à votre espace dédié.

Découvrir nos offres d'abonnement

Ajout d'un commentaire

Connexion à votre compte

Connexion à votre compte