DVD MAD (N°333)

Nightmare Cinema

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Les anthologies de contes macabres, c’est le dada de Mick Garris (avec, bien sûr, les adaptations de Stephen King), lui qui a fait ses débuts de scénariste avec les Histoires fantastiques de Steven Spielberg. Après la série Masters of Horror suivie de Masters of Science Fiction et un Quicksilver Highway partagé entre King et Clive Barker, il remet ça via Nightmare Cinema, qui devait à l’origine prendre la forme d’une série télé. Le projet avorte, faute de diffuseur. En 2017, Garris l’adapte pour le cinéma en compilant cinq contes macabres qui renvoient directement à la glorieuse époque des Asylum et autre Caveau de la terreur produits par la firme Amicus. Toutefois, pas d’asile ni de caveau ici, mais une salle de cinéma d’un autre âge, le Rialto, dont le programme s’adapte à quiconque passe devant. Son projectionniste boiteux, incarné par Mickey Rourke, montre à une jeune femme un film dont elle est elle-même l’héroïne, une série B entre le slasher et la science-fiction des années 50, avec un tueur portant un masque de soudeur et des araignées extraterrestres. Totalement parodique et joyeusement gore, The Thing in the Woods est signé par l’Argentin Alejandro Brugués (Juan of the Dead). Le suivant, Mirari, porte la signature d’un Joe Dante très à l’aise à raconter comment un fils de bonne famille pousse sa fiancée à accepter une petite intervention chirurgicale qui la débarrassera d’une légère difformité au visage. Difficile de rire d’une histoire aussi cruelle, mais Dante n’hésite pas, influencé par l’épisode L’OEil de l’admirateur de La Quatrième dimension qui, dans une société future, s’amusait à inverser les canons de beauté. Mashit, le troisième segment de Nightmare Cinema, est également le plus faible. Emballé par Ryûhei Kitamura (Midnight Meat Train), il prend pour cadre un pensionnat catholique pour jeunes filles dont les pensionnaires tombent sous l’emprise d’un démon… Bien que le Japonais fasse la démonstration d’un anticléricalisme radical et d’un savoir-faire visuel indéniable, il pompe à ce point le Dario Argento de Suspiria qu’il rend sa démarche puérile, digne d’un court-métrage de fin d’études. Avec This Way To Egress, David Slade (30 jours de nuit) se référe, lui, à Stanley Kubrick et à la géométrie de Shining pour illustrer, dans un noir et blanc cafardeux, le cas d’une divorcée qui perd totalement pied. Un singulier exercice de style. Quant à Mick Garris, il se réserve l’épisode final, Dead, sur lequel plane une fois de plus l’ombre de Stephen King. L’histoire d’un gamin qui, après l’assassinat de ses parents par un voleur de voiture, se réveille dans un hôpital où, pendant 17 minutes, son coeur s’est arrêté de battre. Une résurrection qui lui donne la faculté de voir les morts autour de lui… Pas très original, mais l’initiateur de Nightmare Cinema connaît la petite musique de la terreur. 

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