DVD MAD (N°332)

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Le succès réserve parfois de mauvais tours. Au lendemain de Halloween, Jamie Lee Curtis s’attend à ce que l’incroyable succès du film de John Carpenter lui soit bénéfique. Pourtant, c’est le calme plat. Indifférence totale de la profession. La raison : les comédiennes de films d’horreur ne sont pas prises au sérieux. Jamie Lee Curtis n’a donc pas le choix : pour continuer à travailler, elle rempile dans le slasher, genre dont elle est désormais une icône. Ainsi, après avoir été informée de la mise en chantier du Bal de l’horreur au Canada, son agent contacte le producteur Peter Simpson qui, heureux de ce ralliement inespéré, congédie l’actrice initialement engagée, Eve Plumb. Contre un honorable cachet de 60.000 dollars et la promesse que le projet n’est pas un énième clone de Halloween, Jamie Lee Curtis s’engage dans cette histoire de meurtres perpétrés sur un campus. Un script très voisin de celui qu’illustre, pratiquement au même moment, Happy Birthday to Me (DVD Mad du mois de mai dernier). Elle ignore à ce moment-là que le réalisateur Paul Lynch, d’abord bien décidé à illustrer l’histoire d’un chirurgien psychopathe, suivra finalement les conseils d’Irwin Yablans (le producteur de… Halloween) et choisira, comme le film de Carpenter, d’appuyer le concept de son film sur une institution de la société américaine… Interpellé par un écriteau, Paul Lynch jette son dévolu sur la « prom night », ce bal qui, aux États-Unis, marque la fin des études secondaires. Qu’importe que Brian De Palma en ait déjà fait usage dans Carrie
Après le tournage, Jamie Lee Curtis découvre que Le Bal de l’horreur a sensiblement évolué en postproduction. Peu satisfait du premier montage, Peter Simpson le ponctue de quatre scènes additionnelles qu’il réalise lui-même, notamment quelques minutes passées avec un psychiatre dont la parenté avec le Dr. Loomis de John Carpenter n’est pas le fruit du hasard… Jamie Lee Curtis pique une colère, mais que peut-elle y faire ? Rien. D’ailleurs, à peine a-t-elle achevé ce slasher qu’elle enchaîne sur un autre, Le Monstre du train, toujours au Canada. Quant à Paul Lynch, s’il digère mal les greffons de son producteur, il s’en accommode rapidement, le film constituant une belle opération financière pour lui et ses promoteurs. Indubitablement, la participation providentielle de la vedette de Halloween y est pour beaucoup, mais pas seulement : Le Bal de l’horreur arrive en effet au bon moment, avant que les slashers n’envahissent les écrans américains, tout en capitalisant sur la popularité de La Fièvre du samedi soir grâce à une longue séquence disco. Ainsi va le projet, un hybride où se manifeste même Leslie Nielsen, en proviseur et père de l’héroïne. Un dernier rôle sérieux, quelques mois avant Y a-t-il un pilote dans l’avion ? D’ailleurs, sur le plateau du Bal d’horreur, tout en rigidité imperturbable dès que les caméras tournent, Leslie Nielsen fait profiter l’équipe technique et ses partenaires de son goût de la plaisanterie. Sa favorite : la poire péteuse ! Pas vraiment dans l’esprit d’un slasher.
À l’écran, Le Bal de l’horreur en est pourtant un, un vrai, avec ses lycéens plus ou moins délurés, son tueur masqué, ses suspects, ses fausses pistes… Tous les archétypes du genre, autour desquels se construit un scénario qui resservira fréquemment par la suite. Pour ses trois séquelles, dont l’excellent Hello Mary Lou, mais aussi pour son mauvais remake de 2008. 

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