DVD MAD (N°316)

The Void

Au carrefour de Prince des ténèbres et de From Beyond : aux portes de l’au-delà, un thriller horrifique surnaturel et science-fictionnel porté par des réalisateurs branchés sur Lovecraft, les trucages de la vieille école et les années 80.

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Jeremy Gillespie et Steven Kostanski ont derrière eux plus de dix ans de création graphique et d’effets visuels sur de grosses (Pacific Rim, RoboCop, Ça) ou moins grosses (The Divide) productions lorsqu’ils entreprennent The Void. Une collaboration qu’ils ont déjà éprouvée en 2010 sur Father’s Day, revenge story estampillée Troma dont ils partagent la responsabilité avec trois autres cinéastes du collectif Astron-6. Petite expérience supplémentaire pour Steven Kostanski avec cinq courts-métrages, un long (le foutraque Manborg), plus un segment d’ABCs of Death.

Le tandem affirme un grand attachement aux années 80 : les premières minutes de The Void ne tendent-elles pas vers le John Carpenter de Prince des ténèbres ? Le récit rattrape ensuite The Thing, glisse vers le Stuart Gordon de From Beyond : aux portes de l’au-delà puis, in fine, s’agrippe à Clive Barker et Hellraiser, non sans faire allusion à L’Au-delà de Lucio Fulci ou à La Forteresse noire de Michael Mann. Une profusion d’influences qui pourrait faire de The Void un fourre-tout, une enfilade de clins d’oeil adressés à des cinéphiles monomaniaques. C’est certes le cas dans une certaine mesure, mais le film vaut mieux qu’un simple exercice de citations pour initiés. Hormis l’introduction, toute son action se concentre dans un petit hôpital de campagne, de nuit. S’y trouvent le personnel, deux policiers, un fugitif poursuivi par un père et son fils, une femme enceinte… Une dizaine de personnages et, autour de l’établissement, des hommes (?) encapuchonnés. Une menace extérieure doublée d’une autre, doublement intérieure : une créature visqueuse et tentaculaire issue des entrailles d’un malade… Le début d’un visqueux cauchemar cosmique où un médecin, affligé par la mort de sa fille, défie Dieu en se livrant à des expériences interdites, en formant une petite armée de monstres dans la pure tradition lovecraftienne… « D’ailleurs, à ce titre, je dois également reconnaître que The Void nous a aussi été soufflé par une interview de Guillermo del Toro qui évoquait son intention de porter à l’écran le roman Les Montagnes hallucinées de Lovecraft » glisse Gillespie. « Il disait vouloir présenter des créatures encore jamais vues au cinéma. Une vision de ces monstres m’a aussitôt submergé. » Vision fugace mais prégnante de cet « indicible » sur lequel le romancier fondait son fiévreux imaginaire. « Pour animer nos monstres, il aurait été tentant de recourir aux images de synthèse » souligne Gillespie. « De vrais effets spéciaux à l’ancienne, avec du latex, du caoutchouc, du sang synthétique bien gluant et des systèmes animatroniques, nous ont paru beaucoup plus efficaces à l’écran, plus adaptés à l’esprit du projet. » Indéniable.

Comment Gillespie et Kostanski réussissent-ils à monter The Void qui, de sa conception à sa sortie, les mobilise cinq ans durant ? S’ils trouvent en Jonathan Bronfman (The Witch), Casey Walker (A Little Bit Zombie) et une poignée d’autres professionnels des partenaires traditionnels, ils bouclent in extremis leur budget en lançant une souscription sur le site de crowdfunding Indiegogo. Résultat : 82.500 dollars directement injectés dans une production qui n’attendait que ce « coup de pouce » pour donner vie à ses hybrides dantesques, surtout actifs dans le dénouement. « Aidez-nous à fabriquer les monstres de The Void ! » implorait l’annonce. Jeremy Gillespie et Steven Kostanski savent exactement à qui ils font du pied. Et ils ne les ont pas trahis.

Commentaire(s) (4)
Burnett
le 10/03/2018 à 00:52

Salut,

J'avais trouvé cela sur YouTube, la bande-annonce avec une musique alternative, elle est encore disponible. Et si j'en crois les commentaires; le musicien l'a faite de sa propre initiative, sans lien avec les cinéastes qui l'ont "heureusement" appréciée :

https://www.youtube.com/watch?v=t6QiQqiMK6E

Jérôme satriani
le 16/03/2018 à 08:22

Vu hier....sans être parfait le film transpire la sincérité et se trouve être fréquentable ...
Il est vrai que la scène finale fait penser à L'AU DELA de FULCI. .
Bon choix de sélection donc...

Anoano
le 23/03/2018 à 01:13

ouais je kiff à fond, bravo pour le DVD du mois !

Man On Fire
le 06/04/2018 à 16:32

Pour un fan de la série des jeux Silent Hill (les 3 premiers surtout et un peu le 4), voir ce genre de bande fait vraiment plaisir. Ce qui amène cette question existentielle: Pourquoi les meilleures adaptations de ces monument d'horreur et de tristesse (Silent Hill 2 est à se flinguer) ne sont-elles pas officielles? La plus kifante restant à ce jour La Secte Sans Nom. The Darkness suivant de très près. Et c'est le même réal, humm....

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