DVD/Blu-ray/VOD N°278

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Lui, Mariano
THE TRINITY OF DARKNESS + DARK WATERS
Zone All. The Ecstasy of Films.

Redécouvrez celui qui fut, il y a vingt ans, l’un des espoirs les plus prometteurs de l’épouvante européenne.

Au milieu du désert séparant les derniers feux du bis italien et diverses tentatives isolées de ressusciter l’horreur transalpine (dans les années 2000, l’excellent Occhi di cristallo, et plus récemment, des titres comme Shadow, Morituris ou Across the River), il y eut un franc-tireur tombé aujourd’hui dans l’oubli : Mariano Baino. Bon, c’est vrai qu’il n’est pas resté longtemps dans son pays natal. Après un court-métrage en vidéo analogique (Dream Car, 1989, dont les grosses bandes 3/4 de pouce ont été miraculeusement sauvegardées), ce Napolitain prend en effet le chemin de l’Angleterre. C’est là qu’il réalise un autre court, Caruncula (1990), mais ce dernier entremêle justement des influences cosmopolites : si un décor très cuir et chaînes évoque l’univers SM très british d’un Clive Barker, le mélange de thriller et de fantastique pur ramène l’ensemble dans le giron de l’épouvante italienne. On pense ainsi à des oeuvres comme Suspiria d’Argento ou La Maison aux fenêtres qui rient de Pupi Avati devant Dark Waters (1994), unique long-métrage de Baino à ce jour. Une jeune Anglaise s’y lance à la recherche du secret de ses origines, en arrivant dans une île coupée du monde où les bonnes soeurs d’un couvent pratiquent les joies de l’autoflagellation…

Le résultat évite cependant l’imagerie facile des nonnes en folie, en préférant soigner l’aspect visuel. La présence obsédante des éléments (l’eau qui dégouline sans cesse pour annoncer le Mal, le feu des torches des religieuses) engendre ainsi une ambiance organique et entêtante, culminant dans l’apparition finale d’une créature on ne peut plus lovecraftienne. Une réussite d’autant plus méritoire que cette improbable coproduction russe a connu un tournage rocambolesque en Ukraine (ou sur des territoires qui en faisaient partie à l’époque…), dont les vicissitudes sont racontées dans les suppléments. En effet, les galettes de The Ecstasy of Films reprennent peu ou prou le contenu de l’édition américaine de NoShame, avec force commentaires audio et autres making of touchant aussi bien Dark Waters que les courts-métrages (les deux cités ci-dessus plus le très twilight-zonesque Never Ever After de 2004), ces derniers étant réunis sous le titre The Trinity of Darkness. Depuis, Mariano Baino a un peu disparu des radars, si ce n’est comme scénariste d’obscurs DTV, mais on serait curieux de le voir revenir un jour à la réalisation.

Gilles ESPOSITO

 

 


80’s en 4K
S.O.S. FANTÔMES + S.O.S. FANTÔMES 2
Zone B. SPHE.

L’une des franchises les plus emblématiques des glorious eighties revient en Blu-ray. « Encore ?! »nous direz-vous. Oui mais cette fois, c’est en 4K. Une excuse suffisante pour repasser à la caisse ? 

« Who you gonna call ? » Peut-être notre banquier, si on doit continuer à racheter sans cesse nos madeleines de Proust 80’s à chaque ressortie vidéo. Toutefois, cette nouvelle fournée ectoplasmique riche en pixels ressemble fort à une édition définitive, tant elle surpasse ses aînés à tous les niveaux. Déjà en termes d’image, le master très critiqué du Blu-ray du premier S.O.S. fantômes, sorti en 2009, laissant place à un spectacle plus propre et mieux défini, peut-être un peu lissé, mais jamais rajeuni de façon abusive. La section sonore est elle aussi upgradée, puisque le Dolby True HD s’éclipse au profit d’un DTS-HD Master Audio plus pêchu (notons toutefois que la VF de n’est dispo qu’en bon vieux Dolby Digital 5.1 des familles). La quasi-totalité des bonus déjà existants (commentaire audio, making of d’époque, PiP…) répondent à l’appel, avec en sus quelques friandises inédites. S’il est amusant de trouver les prises alternatives du montage TV américain (au langage plus « acceptable »), la grande nouveauté consiste en deux récentes interviews (une pour chaque film) de Dan Akroyd et Ivan Reitman. Non pas qu’on y apprenne grand-chose de neuf, mais voir Akroyd parler de son script de Ghostbusters 3 en expliquant qu’il lui arrive d’entendre la voix de Harold Ramis lui donner quelques conseils devrait en émouvoir certains.  

Quant aux films, le verdict ne change pas : le premier est toujours un modèle de comédie fantastique, avec son postulat très Abbott et Costello/Three Stooges/Marx Brothers remis au goût du jour. La truculence du cast et la mise en images classique mais experte de Reitman n’ont pas vieilli d’un poil, d’autant que le master 4K ne défigure pas les SFX du film. En revanche, la remasterisation est impuissante à changer le statut de la séquelle : mécanique, désincarné et mou du genou, totalement dénué de péripéties dignes de ce nom (MON DIEU, UNE PEINTURE QUI PARLE !), S.O.S. fantômes 2 reste un échec artistique cuisant qui, contrairement à son prédécesseur, n’essaie même plus de faire peur à son public (à l’exception de l’étonnant passage des têtes coupées dans le tunnel souterrain). Du coup, la perspective d’un troisième opus reste moyennement excitante, mais on n’y coupera pas : this is Hollywood, baby ! Au moins, quand on sortira déçu de la salle, on pourra toujours se refaire le premier en 4K…

Laurent DUROCHE


 


LE 6
ème SENS
Zone 2. Éléphant.

L’intégralité d’une série rare, dont 19 épisodes sur 25 étaient jusque-là inédits en France. Très branchée « activités paranormales », elle ouvre la voie à beaucoup d’autres en jouant la carte de la peur… scientifique.

Bien que Le 6ème sens ne soit pas une série très connue, elle est pourtant essentielle dans l’Histoire du fantastique à la télévision : elle est la première à aborder le surnaturel. Pourtant, rien à voir, en cette même année 1972, avec Kolchak, qui aligne zombies, vampires, loups-garous et autres créatures du folklore. Le 6ème sens touche quant à elle à des phénomènes plus « scientifiq [...]

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