ÇA d'Andy Muschietti

Ça

Direction la Californie, plus précisément les studios Warner Bros. à Burbank, pour découvrir les premières images de l’adaptation cinéma de Ça, le légendaire pavé de Stephen King. Les extraits nous sont commentés par les deux maîtres d’oeuvre du projet, le réalisateur Andrés Muschietti (qui semble désormais se faire appeler Andy) et sa soeur/productrice/coscénariste Barbara. Déjà remarqué pour leur Mama chapeauté par Guillermo del Toro, le duo argentin nous livre les premières clés de ce qui est d’ores et déjà le film le plus attendu de la rentrée.
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Une famille d’enfer
En mars dernier, Stephen King publiait un tweet disant que la nouvelle version de Ça dépassait ses attentes. Un bel adoubement pour deux frère et soeur argentins qui sont tombés dans la marmite de l’horreur à un âge très tendre.

Barbara Muschietti : J’ai 18 mois de plus qu’Andy, et quand nous étions adolescents, nous nous glissions dans les drive-in pour voir les films qui nous faisaient envie. Auparavant, une autre chose importante dans notre apprentissage avait été une anthologie qui passait les vendredis soirs à la télévision argentine. Il y avait les Dr. Phibes, de la vieille horreur italienne, des Dario Argento, des téléfilms d’épouvante espagnols. C’était un grand mélange de choses, très riche.

Andy Muschietti : Oui, nous avons découvert ce programme alors que nous avions 6 ou 7 ans et que nous n’avions donc pas encore l’âge d’aller au cinéma. Dans ces cas-là, vous êtes terrifié pour la vie, et soit vous rejetez l’horreur comme le font beaucoup de gens, soit vous devenez accro. Et si c’est la seconde solution, quand les films ne suffisent plus, vous vous tournez vers la littérature. Or, c’était l’époque de Stephen King et aussi du surgissement de Clive Barker. Ces gars m’ont donc niqué la tête, et ont eu une grande influence sur ma vision d’artiste. Je devais avoir 13 ans quand j’ai lu Ça pour la première fois, mais mon préféré reste Simetierre, qui a été une de mes expériences de lecture les plus fortes et puissantes. Une semaine avant que des images du film soient montrées à Stephen King, j’ai donc commencé à me faire du mouron. (rires) Car c’est son oeuvre, et que vous le vouliez ou non, vous attendez toujours quelque chose de la part de l’auteur. Mais il a été génial dans ses réactions.

B.M. : Oui, Stephen King a écrit un long mail à Andy, disant notamment qu’il avait aimé les libertés qu’il avait prises.




Kids des années 80
Une des premières libertés prises avec l’original réside dans le déplacement de l’histoire des enfants des années 50 aux années 80, souligné par quelques clins d’oeil. Commentant un des extraits qui nous sont dévoilés, Andy Muschietti pointe ainsi une référence au boys band New Kids on the Block. Plus tard, une autre scène montrera les garçons reluquer les formes naissantes de la jolie Beverly, tandis qu’un radiocassette passe le tube Bust A Move de Young MC.

A.M. : Ce qui m’avait frappé dans le livre, c’était l’impression générale d’effroi qui s’en dégageait. Quand on m’a proposé de faire le film, j’ai donc veillé à maintenir un certain équilibre. D’une part, je voulais rester fidèle à mon expérience de lecture, et d’autre part, il s’agissait d’opérer les mises à jour nécessaires pour obtenir un long-métrage qui ferait flipper l’adulte que je suis devenu. Car même si vous adaptez une oeuvre, vous devez vous l’approprier, y apposer votre vision. C’est la seule manière d’être excité par un projet, et c’est quelque chose qui vient naturellement. Vous verrez que, même si nous respectons le livre et la mini-série (« Il » est revenu, réalisée en 1990 par Tommy Lee Wallace – NDR), le film prend beaucoup de libertés. Mais celles-ci ne sont pas forcées du tout. C’est juste que Ça était un roman écrit dans les années 80 et parlant de l’enfance dans les années 50. C’est une expérience universelle, mais c’est aussi une expérience très particulière pour quelqu’un qui n’a pas été enfant à cette époque, ce qui est mon cas. Par exemple, le livre utilisait le catalogue des monstres classiques comme la Momie ou le Loup-garou, car c’était justement ce dont avaient peur les kids des années 50 quand ils allaient au cinéma. J’ai au contraire puisé dans les expériences effrayantes que j’ai eues étant gamin, si bien que les terreurs que je montre sont plus composites, et peut-être plus « geek ». Enfin, les références sont importantes car elles créent un humour vous permettant de nouer un lien avec les personnages, en particulier si vous avez grandi dans les années 80. Si je signalais l’allusion aux New Kids on the Block dans la scène que vous avez vue, c’est parce qu’elle fait partie d’un running-gag. En fait, Beverly a surpris Ben en train de les écouter sur son walkman, et même s’il a rétorqué « Heu… non, je n’aime même pas leurs chansons », on n’arrête pas de le chambrer pour cela !




Les ratés, et seulement eux

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