BELLADONNA de Eiichi Yamamoto

Belladonna

La malédiction est brisée et l’extase retrouvée : la Belladonne de la tristesse, créature précieuse d’un cinéma pop et scandaleux, inonde les écrans français de ses larmes toxiques à l’occasion d’une restauration 4K événementielle.
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Le culte est discret mais tenace, se répand dans quelques milieux autorisés et fait gonfler une réputation que d’aucuns n’ont jamais pu vraiment vérifier. Belladonna, c’est une histoire secrète, un mot de passe sexy qu’on se souffle à l’oreille en guise de ralliement idéologique, un de ces mystères auxquels sont habitués les goûteurs de l’underground, un philtre sulfureux qui – paraît-il – provoque spasmes et convulsions de plaisir. Belladonna, c’est effectivement tout cela, mais c’est aussi une triste épopée, une vision ambitieuse stoppée net, une lourde condamnation qui a valu la peau d’un studio entier. Rembobinage : Japon, fin des années 50. Osamu Tezuka besogne sur quelques productions animées pour la Toei Dôga (il y coréalise notamment Saiyûki avec Taiji Yabushita, adapté de son propre manga La Légende de Songoku). Frustré, fatigué, le futur grand réformateur du manga et de l’animation remballe ses crayons et crée son propre studio, Mushi Production. Nous sommes au début des années 60, Tezuka vient de décrocher son doctorat en médecine, savoure son indépendance et lance sa première production animée (Histoires du coin de la rue, réalisé par Eiichi Yamamoto – futur réalisateur de Belladonna – et Yusaku Sakamoto en 1962). L’heure est à l’expérimentation et au succès : en 1963, Tezuka propulse son plus célèbre robot sur les écrans de télé nippons. Succès colossal pour Astro Boy, dont le rythme de production (un épisode par semaine obéissant à un cahier des charges techniques très rudimentaire) impose un modèle économique imbattable. Les caisses se remplissent et les animes s’enchaînent : Le Roi Léo (première série japonaise en couleur, diffusée en 1965), Big X, Princesse Saphir, La Légende de Songoku, [...]

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