AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON de Joss Whedon

Avengers : l’ère d’Ultron

Après un premier opus ayant amassé 1,5 milliard de dollars dans le monde, Marvel/Disney ne pouvait qu’enfanter un AVENGERS 2 mastodonte, destiné à accomplir le même exploit. Un tel enjeu peut-il donner un bon film ? Les avis divergent, comme le prouvent les pages qui suivent.
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POUR

Il y a trois ans, Joss Whedon annonçait sa volonté de réaliser un Avengers 2 autrement plus intimiste que le premier, cette fois-ciessentiellement focalisé sur les tensions et les drames au sein decette unité de super-héros fragile. Longue de presque quaranteminutes et débordant d’effets visuels aux proportions phénoménales, la bataille finale de L’Ère d’Ultron prouve à quel point le scénariste/réalisateur nous a menti, le niveau de surenchère ici atteint posant quelques sérieuses questions quant à l’avenir des productions Marvel, et du cinéma fantastique en général. Très (trop) généreux en termes de spectacle, le long-métrage perd également une grande partie de la pureté du premier opus, qui bénéficiait il est vrai d’unedynamique inédite dans le genre. En résulte une oeuvre schizophrène, où Whedon mène sa barque comme bon lui semble tout en prenant bien soin de servir la formule de ses producteurs.
Ironiquement, Avengers 2 ne souffre que relativement de sa bipolarité créative. L’esprit aventureux, pour ne pas dire autodestructeur, de son auteur éloigne même rapidement le projet du tout-venant hollywoodien : tout blockbuster soit-il, le film tente de corrompre les règles du système qui le régit, à la fois par une caractérisation bien plus soignée qu’elle n’y paraît, une violence inattendue (un brastranché qui pisse le sang dans un Marvel, c’est désormais possible !) et un éclatement scénaristique souvent provoqué par Whedon lui-même, débouchant par moments sur des expérimentations structurelles passionnantes. Officiellement amputé d’une heure vingt, Avengers 2 flirte bien sûr avec le chaos, et souffre de ses nombreuses ellipses et raccourcis. Sa capacité à juxtaposer les intrigues, les trajectoires dramatiques et les univers les plus contradictoires reste unique, d’autant que Whedon parvient cette fois-ci à mettre l’ensemble de ses héros sur un pied d’égalité. Campé en performance capture par un James Spader redoutable, le personnage d’Ultron incarne cette pl [...]

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