Animenation n°307

Eurozoom fait preuve d’une belle versatilité en dégainant dans nos salles deux titres que tout oppose : un conte écolo-dark espagnol et un long tiré d’une grosse licence de la japanime.

PSICONAUTAS 
2015. Espagne. Réalisation : Pedro Rivero & Alberto Vázquez. Interprétation (voix VO) : Andrea Alzuri, Pedro Rivero, Eva Ojanguren…Sortie le 25 mai 2017 (Eurozoom).

Sur une île ravagée par une catastrophe industrielle, Dinki, une jeune souris ayant perdu son papa dans l’accident, est contrainte de cohabiter avec son beau-père réac’. Avec des amis, elle rêve de quitter l’île mais aimerait emmener avec elle Birdboy. Ce dernier, oiseau solitaire depuis la mort de son père, et recherché par la police, convaincue qu’elle a affaire à un dealer notoire. Pourtant, en secret, Birdboy tente de raviver l’écosystème de l’île tout en contenant grâce à la drogue ses propres démons…
L’anthropomorphisme animalier a toujours été un allié de poids pour s’adresser aux jeunes générations, des contes jusqu’aux majors de l’animation grand public, Disney en tête. Mais si le procédé permet la plupart du temps de déréaliser un récit pour le rendre plus accessible via une imagerie « mignonne », des auteurs l’ont fréquemment détourné pour dissimuler ou au contraire décupler la portée de leurs histoires. La Fontaine et ses fables, Calvo et La Bête est morte, Spiegelman et Maus, Topor et Téléchat, Sokal et son CanardoPsiconautas, lui, déploie une imagerie oscillant entre Ernest et Célestine et Tim Burton pour décrire un microcosme ravagé par la pollution, la drogue et le désespoir. Alberto Vázquez, qui s’est associé à Pedro Rivero pour mettre sur pied une adaptation animée de sa propre BD (parue en Espagne en 2006, et dont ils tireront d’abord le court-métrage Birdboy en 2011) n’utilise pas l’anthropomorphisme comme un stratagème ayant pour but de diluer subtilement son propos. Car la technique entre ici de plein fouet en collision avec la rudesse thématique et graphique du film, qui n’hésite pas à se transformer en pur cartoon horrifique pour décrire un microcosme où l’espoir d’un lendemain meilleur passe par une fuite en avant désespérée. Quand la jeunesse ne rêve que de délaisser les terres stériles qui l’ont vue na&ic [...]

Il vous reste 70 % de l'article à lire

Ce contenu éditorial est réservé aux abonnés MADMOVIES. Si vous n'êtes pas connecté, merci de cliquer sur le bouton ci-dessous et accéder à votre espace dédié.

Découvrir nos offres d'abonnement

Ajout d'un commentaire

Connexion à votre compte

Connexion à votre compte