Animenation n°299

Quatrième long-métrage produit par le studio Laika, Kubo et l’armure magique est à la fois l’aboutissement de plusieurs années de recherches stylistiques et technologiques, et une proposition artistique particulièrement réconfortante, compte tenu du niveau littéralement anxiogène de la cuvée 2016.
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Si l’on peut se réjouir de chaque photogramme de Kubo et l’armure magique, habité dans ses moindres recoins par une passion et un savoir-faire comparables à nuls autres, l’accueil tiède réservé au film par le public américain ternit néanmoins le tableau. Faisant suite au bide du BGG de Spielberg, autre tentative de sortir le cinéma familial des schémas épuisants de Dreamworks ou Blue Sky, les recettes anémiques de Kubo outre-Atlantique marquent à l’heure où nous bouclons un nouveau recul dans la croisade de Laika. Il est nécessaire de rappeler que le studio, implanté en plein Oregon (à deux heures et demie d’avion de L.A.), fut justement créé pour échapper aux esthétiques imposées par les grands studios. Mieux, l’idée première était de promouvoir une forme artisanale presque aussi vieille que le cinéma lui-même : la stop motion, autrement dit l’animation en volume image par image. Après le succès encourageant de Coraline de Henry Selick en 2009, la voie semblait toute tracée pour que la compagnie de Travis Knight, ancien animateur devenu chef d’entreprise indé, puisse rejoindre Pixar et Ghibli dans le coeur des fans d’animés. Les faits sont tout autres, chaque projet de Laika ayant attiré un peu moins de spectateurs que le précédent, en dépit d’enveloppes budgétaires toujours bloquées à 60 millions de dollars. Étant parvenue à signer un contrat les liant à Focus Features et Universal pour trois nouvelles productions après la sortie des Boxtrolls, l’équipe de Knight n’est pas dans l’immédiat au pied du mur. On est toutefois en droit de se poser un certain nombre de questions : d’une part, jusqu’à quand une démarche aussi marginale parviendra-t-elle à s’assurer un soutien financier de la part d’une major ; et d’autre part, comment diable peut-on expliquer que le public, toujou [...]

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