Alita : Battle Angel de Robert Rodriguez

Alita: Battle Angel

À la fin des années 90, sur les conseils de son pote Guillermo del Toro, James Cameron découvre le manga Gunnm, intitulé Battle Angel Alita aux États-Unis. Après avoir acheté les droits, le cinéaste lance la série Dark Angel avec Jessica Alba, sorte de brouillon à petit budget de ce que sera son adaptation. Annoncé pour la première fois en 2003, puis ajourné au profit d’Avatar, Alita : Battle Angel renaît en 2015 sous l’impulsion de Robert Rodriguez, qui se propose de porter à l’écran le script de Cameron. Hallucinant, le produit fini valait bien 20 années de développement…
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Après un court prologue situé dans une décharge baignant dans une superbe lumière matinale, une cyborg s’éveille dans le confort d’un lit d’adolescente. Langoureuse, la séquence s’ouvre sur un plan visible depuis le tout premier teaser : un cadrage serré sur des yeux gigantesques qui ont remué l’impitoyable communauté geek. Toutefois, un détail a depuis été ajouté par Weta : une petite cicatrice située en haut du nez du personnage attire en priorité le regard du spectateur, et l’amène à s’interroger sur le passé de cette « femme » plutôt que de questionner son étrange physionomie. Détourner l’attention pour faire accepter l’improbable, tel est le principe de base de l’illusionnisme, un art dans lequel excellent tous les films de James Cameron. Alita : Battle Angel ne faillit pas à la règle : scène après scène, le long-métrage se focalise sur un élément bien précis, permettant de crédibiliser une vision d’ensemble qui défie la raison. En premier acte, l’héroïne est volontairement mise en avant comme l’élément étranger, alors même que la ville qui l’entoure, décrite de façon banale et quotidienne, est un monstre de design et a exigé des prouesses technologiques rares. Bien plus tard dans le récit, lorsqu’elle prend part au tournoi futuriste ultra violent du motorball, Alita devient au contraire un point de repère familier, contrebalançant le look et les gadgets invraisemblables de ses adversaires. Bien que facilitée par les effets visuels avant-gardistes de Weta Digital et la performance très nuancée (quoique trop expressive dans une ou deux séquences) de Rosa Salazar, cette accommodation est évidemment progressive, comme pouvait l’être le voyage mental de Jake Sully face aux us et coutumes des Na’vi d’Avatar. La « normalité » d’Alita s’acquiert peu à peu, par une somme d’interactions entre le personnage et son environnement qu’évitent généralement comme la peste les films usant de la performance capture. 



L’IMPORTANCE DU TOUCHER 
L’oeuvre ayant été développée parallèlement à Avatar, son script emploie des stratagèmes étonnamment similaires : à sa première sortie dans les rues d’Iron City, Alita manque de se faire renverser par un véhicule, tout comme Jake dans le hangar où l [...]

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Commentaire(s) (2)
Lorenz
le 19/02/2019 à 07:11

Bonjour la Madteam !
Fan de la série Gunnm, qui me fit découvrir les mangas lors de sa publication dans les années 90, ce film est vraiment pour moi un rêve de (grand) gosse! Que d'émotion !
Sinon pourriez-vous me donner la définition exact du terme Climax ?

G.C.M
le 11/07/2019 à 17:25

belle surprise, bravo Rodriguez et j'aime votre (1) qui donne un autre sens au film.
le climax, c'est le bouquet final

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