Conan le Cimmérien (Premier volume : 1932-1933)

- Titre Original : The Coming of Conan the Cimmerian (Conan of Cimmeria, Book 1)
- Auteur : Robert Ervin Howard
- Nb. de Pages : 608
- Éditeur : Bragelonne
- ISBN : 978-2352941170
- Prix Moyen Constaté : 35,00 €
Les Derniers Sang d'Encre
- ...Le Retour Du Faiseur D'épouvantes
- ...Du Sang pour Manitou de Graham Masterton
- ...Reedition Barbare
- ...Conan le Cimmérien de Robert E. Howard
- ...Legende Grecque
- ...Le lion de Macédoine et Le prince noir
Après avoir publié une tonne de romans de fantasy et avoir récemment décidé de s’aventurer dans l’épouvante avec Graham Masterton et l’espionnage avec de nouvelles traductions des James Bond de Ian Fleming, Bragelonne frappe un grand coup de marteau sur l’enclume en s’attaquant à Robert E. Howard (REH pour les fans). Et c’est bien sûr Conan qui engage les hostilités. L’événement est de taille : vous pouvez d’ores et déjà oublier les « révisions » (le terme est poli) effectuées par Lyon Sprague de Camp et Lin Carter, qui faisaient jusqu’ici autorité. Le responsable de cette édition, Patrice Louinet, à qui l’on doit également la version américaine de cet ouvrage, est allé chercher les manuscrits originaux de l’auteur, qu’ils soient complets ou inachevés, et en a effectué une nouvelle traduction, sans toutefois éliminer complètement celles de François Truchaud, qui offre des mises à jour de ses propres travaux. Le résultat, de prime abord, désarçonne. Pas étonnant quand on a été habitué à une seule et même version depuis un quart de siècle. Ainsi, « Dans cette contrée vint Conan le Cimmérien, cheveux noirs, œil sombre, épée au poing, voleur, brigand, assassin, avec ses peines immenses et ses joies démesurées, qui piétina de ses sandales les trônes somptueux de la Terre » devient « C’est en cette contrée que vint Conan, le Cimmérien, cheveux noirs, regard sombre, épée au poing, un voleur, un pillard, un tueur, aux accès de mélancolie tout aussi démesurés que ses joies pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre ». Autant dire qu’il suffit de quelques lignes pour adhérer à cette version magnifique, beaucoup plus respectueuse de la prose poétique et robuste de l’auteur que la précédente, aussi réussie fut-elle. Redécouvrir Conan dans ces conditions apparente donc cette exhumation à une véritable renaissance d’autant que rien n’est censuré comme ce fut le cas par le passé.
Pour ce qui est du contenu de ce premier volume (il y en aura trois, en attendant, on l’espère, Kull, Solomon Kane, El Borak, Cormac Mac Art, Bran Mak Morn, Sonya la Rouge, Agnès de Chastillon et les autres), les textes nous sont présentés dans l’ordre de leur rédaction, faisant fi de la chronologie inventée par Sprague de Camp et Carter, qui contredisait la volonté de REH, à savoir établir des chroniques des aventures de son héros. Méthode « serialesque », certes, et adaptées aux revues qui les publiaient à l’époque (Weird Tales en tête), mais également proche de celles employées par les journalistes ayant retracé les exploits de Wyatt Earp ou de Custer dans des récits embellissant la réalité pour imprimer la légende, tels les troubadours du Moyen-Age. C’est dire à quel point REH est un conteur, avant d’être un écrivain : guère étonnant que John Milius ait été séduit par son œuvre. L’ouvrage couvre la période 1932-1933, avec un poème et treize nouvelles, le reste étant consacré aux appendices, ou l’on trouve une version rejetée du « Phénix sur l’épée », des notes sur l’Age Hyborien, des synopsis, des histoires inachevées, des cartes (le tout signé REH), ainsi qu’une préface et un essai passionnants (parce que bourrés d’infos et d’éléments de réflexion) signés Louinet.

Abondamment illustré par les superbes dessins de Mark Schultz, ce livre est donc une date dans l’histoire de la fantasy en France. De par son authenticité en premier lieu, mais aussi parce qu’elle est idéale pour faire découvrir à toute une génération de lecteurs le meilleur auteur du genre, dont l’influence sur ce qui s’écrit aujourd’hui est aussi importante que celle de Tolkien ou de Lovecraft. Qu’on se rassure : le style de REH est incroyablement moderne, et bien plus racé, élégant et épique que la plupart des pavés publiés à l’heure actuelle, qui s’encombrent de digressions interminables quand ils ne sombrent pas dans l’action redondante (Robert Jordan, Terry Goodkind, David Gemmell et Robin Hobb, aussi doués soient-ils, n’y échappent pas). Du rêve à l’état pur, du sang, du sexe, les pages de Conan le Cimmérien en regorgent et ne font qu’aiguiser l’appétit pour la suite : chef-d’œuvre absolu !

- Vos Réactions
- Réaction de Mzk0
- le 10/01/2008 à 18h02
- La suite ! La suite !!
- Réaction de Exarkun
- le 28/11/2007 à 18h19
- Je suis tombé sur ce bouquin tout à fait par hasard il y a qq jours dans une librairie. Inutile de vous dire que je me suis précipité dessus. Actuellement en train de le lire, c'est régal !
Je confirme la modernité d'écriture de REH, on croirait lire un contemporain.
Indispensable à tout amateur de littérature d'Heroic Fantasy. - Réaction de boudou33
- le 27/11/2007 à 13h43
- Mon achat indispensable pour nöel ! Les 2 recueils de nouvelles épuisés que j'avais lu il y a quelques mois étaient un bonheur, tout simplement un idéal de bouquins d'aventures. Ravi de voir que je vais pouvoir découvrir Conan dans de bonnes conditions. Au passage mille mercis à Cédric Delelée, dont j'apprécie le boulot depuis des années.
- Réaction de gamera
- le 27/11/2007 à 11h06
- Et un grand merci à François Truchaud pour avoir fait vivre les héros de REH . Un travaildans la magnifique collection NEO (avec les couvertures de Nicollet qui déchirent tout) Un travail de titan !
- Réaction de kea
- le 26/11/2007 à 22h32
(Kopaings ?)
En tout cas, merci à la mad team de commencer à couvrir ici la littérature de genre. C'est Kewl.- Réaction de DreamProphet
- le 26/11/2007 à 19h26
- Par Crom, Mars et Leatherface !
En voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Enfin, les lecteurs français pourront se régaler des histoires démentielles écrites par le grand Robert Howard. Enfin, les tables de nuit arboreront fièrement ces monuments de la littérature, récits violents, sexuels, mythologiques, mystiques. Enfin, le fier Conan aura droit à la renommé qui lui est du. Enfin, après le péplum mythologique de Snyder, le survival mystique de Gibson et l'épopée magique de Zemeckis, voici la preuve définitive que cette année 2007 aura été bénie des Dieux de la guerre, une année où les héros les plus purs reviennent prendre la place qu'ils méritent au Panthéon des créations fictionnelles immortelles. Et Conan le Cimmérien, voleur, assassin, esclave et enfin, Roi, ne pouvait mériter plus bel écrin que cette réédition monumentale. Vive Bragelonne, et vivement le volume consacré à Solomon Kane, le Puritain fanatique et déviant. This is Conan !!!!!
RSS 2.0