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C’est dans les pages du mythique numéro 22 de Mad Movies (février 1982) que Benoît Lestang communique pour la première fois sa passion des SFX physiques. Il animera à plusieurs reprises la « Rubrique du Cinéfan », expliquant aux lecteurs comment reproduire tel ou tel effet. Si la carrière de Benoît a toujours été placée sous le signe du maquillage et des prothèses, l’homme aura plusieurs fois flirté avec la mise en scène et l’écriture, non sans avoir défendu le cinéma de genre de sa plume dans les colonnes de Starfix.
Mais le cinéma de genre, il le défend aussi et surtout sur les plateaux de tournage, et dès sa première expérience professionnelle : il débute en effet sur La Morte vivante (1982) de Jean Rollin. Quelle plus belle entrée en matière, quelle plus belle profession de foi ? Il continue ensuite à participer à des projets « dissidents », de rares tentatives de genre à la française plus ou moins réussies, mais toutes dignes d’intérêt : le très strange Clash (1984) de Raphaël Delpard, le court-métrage Sanguine (1985) du regretté Pierre Pattin. Il officie même sur le fabuleux french nanar La Revanche des mortes-vivantes (1987), avant de donner un sérieux coup de boost à sa carrière avec deux titres restés dans toutes les mémoires : Elmer le remue-méninges (1988) de Frank Henenlotter et Baby Blood (1990) d’Alain Robak. Bref, un début de filmographie placé sous le signe du gore iconoclaste, qui dénote chez Benoît une vraie passion pour les SFX horrifiques : le bonhomme va là où les choses se passent, ce qui veut dire à l’époque sur les plateaux de tournage les plus désargentés et bricolés !

Une pugnacité payante, car c’est en multipliant les contrats pour des films confidentiels ou des pubs qu’il accède enfin à des projets plus prestigieux : Lunes de fiel de Polanski et Diên Biên Phu de Pierre Schoendoerffer (tous deux en 1992), puis La Cité des enfants perdus (1995) de Caro et Jeunet… Dès lors, sa carrière de maquilleur est lancée et ne cessera de prendre de l’ampleur, surtout pour des effets de vieillissement, technique qu’il affinera avec un talent incroyable, cherchant toujours à tendre vers le réalisme le plus saisissant. De fait, il est demandé sur un nombre croissant d’œuvres plus mainstream ou d’auteur (Le Bossu de Philippe de Broca en 1997, Le Double de ma moitié de Yves Amoureux et Le Temps retrouvé de Raoul Ruiz en 1999, Les Destinées sentimentales d’Oliver Assayas en 2000, etc.), sans pour autant renier son amour du genre, ni son sens de l’amitié. Il participe en effet à une bonne partie des projets issus des cerveaux de la légendaire équipe fondatrice de Starfix : ceux de Nicolas Boukhrief (Le Plaisir (et ses petits tracas) en 1998, Le Convoyeur en 2004), de Christophe Gans (Le Pacte des loups en 2001) et par extension de Pascal Laugier (Saint Ange en 2004, Martyrs), et surtout de Doug Headline. Car en plus d’officier sur les effets de Brocéliande (qui comporte notamment une magnifique gloumoute), Lestang en cosigne le scénario. Si le résultat final laisse pour le moins à désirer, on est en sans conteste face à un authentique film de fanboys enthousiastes, comme en témoignent les multiples références au giallo.



- Vos Réactions
- Réaction de boxer
- le 07/08/2008 à 01h24
- Idée un peu saugrenue peut-être, mais comme je m'attendais à quelque chose d'un peu plus conséquent sur l'oeuvre du maître, et que je suis bien persuadé que le dossier qu'il lui sera consacré dans le mag papier sera autrement plus fourni, pourquoi ne pas imaginer une belle couv' signée Mister Melki et retraçant les les glorieux travaux de celui qui, dès le numéro 22, nous abreuvait de conseils tous plus judicieux les uns que les autres ? En plus ça tombe bien, 'Martyrs', son oeuvre testament, sort le même mois...
- Réaction de world of shit
- le 01/08/2008 à 14h09
- Encore un véritable artisan voué la cause du vrai cinéma qui nous quitte.
C'est énervant, ça me rend tristre et ça me fait peur pour l'avenir du cinéma de genre.
Moi qui a toujours supporté les SFX physique, ça me blaze.
Bravo pour cette article hommage, il n'y a rien ajouter.
Ciao l'ami et à nous de rendre justice à Benoit et son travail en allant voir "Martyrs" au cinéma.
J'insiste : AU CINEMA ! - Réaction de boxer
- le 31/07/2008 à 18h07
- Fait chier. Maintenant le moins que l'on puisse faire pour lui rendre hommage, c'est de se précipiter voir Martyrs, et prendre conscience de ce que l'on a perdu...
Merci pour tout Benoìt, et délire bien avec Stan... - Réaction de bigger boat
- le 31/07/2008 à 16h04
- C'est un bien triste nouvelle en effet. Benoît Lestang faisait parti de ces personnes qui mettait de la bonne volonté pour essayer d'apporter un véritable cinéma de genre en France. Par le biais de ses S.F.X, il ne souhaitait rien d'autre que d'imprimer les rétines des spectateurs d'images folles. Effectivement, après Stan Winston, c'est un autre grand monsieur du monde magique des effets spéciaux qui s'en est allé... R.I.P
- Réaction de EricNS
- le 31/07/2008 à 15h24
- Triste de voir un gars si talentueux partir comme ça...
Mes condoléances à ses proches. - Réaction de raoulito
- le 31/07/2008 à 14h08
- C'est là un des meilleurs techniciens français en FX qui tire sa révérence.
Bonne route Benoît et merci pour les cauchemars - Réaction de stan corben
- le 31/07/2008 à 13h43
- Tres bon article...
Et salut l'Artiste. - Réaction de TIMM
- le 31/07/2008 à 13h17
- Rest In Peace, Benoît, et merci sincèrement pour tout.
- Réaction de MURKBOY
- le 31/07/2008 à 12h53
- Je me joins à Marsellus, et merci pour cet article haut en respect et en pudeur.
- Réaction de Marsellus
- le 31/07/2008 à 12h00
- Après Stan Winston, le 7e art perd un autre "artisan", un vrai, un amoureux de la pelloche et de l'effet en direct, sur le plateau.
Toutes mes pensées vont à la famille et aux amis de ce big boss du maquillage, qui nous aura fait tant plaisir en rendant souvent "plus moche la vie", sur grand écran.

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